LES GRANDS CENTENAIRES FRANÇAIS

Vieillesse et littérature

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Danser encore, envoyer valser la mort

Message par Arnaud56 le Mer 13 Déc 2017 - 0:01

Une ride dans la glace, 
Je me fais vieux. 
Dans le lit j'ai de la place pour deux. 
Avant que la vie ne passe, 
Je veux garder l'envie. 

Une ride à la surface, 
Somme nous heureux ? 
La lumière s'éteint peu à peu. 
Avant d'être dans le noir, 
Je veux garder l'espoir. 

Et danser encore. 
Avancer toutes voiles dehors. 
Et danser encore. 
Envoyer valser la mort, 
Dans le décor. 

Dernier avis de tempête, 
Dernier refrain. 
Vivre sans penser au lendemain. 
Danser que tourne la terre, 
Descente et l'air de rien. 

Une dernière cigarette, 
Un verre de vin, 
Ramasser les miettes du festin. 
Faire avant que tout s'arrête, 
La fête jusqu'à la fin. 

Danser encore. 
Avancer toutes voiles dehors. 
Et danser encore. 
Envoyer valser la mort, 
Dans le décor.

 
                        Calogero
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Une autre blagounette : le secret de longévité

Message par Barti le Lun 11 Déc 2017 - 19:58

Parue dans le Journal de Toulouse du 9 novembre 1886.


Un Parisien rencontre, en Suisse, un superbe paysan âgé de quatre-vingt dix ans :
- Qu'est-ce que vous mangez, qu'est-ce que vous buvez, lui demande-t-il, pour être arrivé à cet âge-là ?
- Peu de viande, des légumes, du lait, et jamais de vin.
Notre Parisien commençait à noter ce régime, quand le paysan ajoute :
- Mais je ne suis rien à côté de mon frère, qui a 102 ans et qui parait plus jeune que moi.
- Et où demeure-t-il ? s'écrie notre viveur.
- Vous le trouverez au cabaret du coin. Il y passe sa vie... Il ne dessoule pas !
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Blague : Divorce de centenaires

Message par Arnaud56 le Mar 5 Déc 2017 - 11:11

 Mr et Mme Martin, respectivement 108 et 107 ans viennent d'entamer une procédure de divorce ! 
Un journaliste, intrigué par cette démarche du couple doyen du pays s'en va les interroger : 
- Et alors, après plus de 80 ans de mariage, vous voulez divorcer aujourd'hui ? 
- Oh vous savez, avant il y avait les enfants, alors on a attendu qu'ils soient morts...

Laughing clown clown clown clown clown Laughing
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Honorer la vieillesse

Message par Arnaud56 le Mer 29 Nov 2017 - 0:14

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Que dire d'un arbre qui mépriserait ses racines ? Super, ton idée !
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La centenaire de Lynda Lemay

Message par Arnaud56 le Lun 4 Sep 2017 - 23:39

Une vision noire de l'extrême vieillesse que nous abordons sous l'angle littéraire.  pale


Ca fait cent longs hivers 
Que j'use le même corps 
J'ai eu cent ans hier 
Mais qu'est-ce qu'elle fait la mort  ?

J'ai encore toute ma tête 
Elle est remplie d'souvenirs 
De gens que j'ai vus naître 
Puis que j'ai vu mourir 

J'ai tellement porté d'deuils 
Qu'j'en ai les idées noires 
J'suis là que j'me prépare 
Je choisis mon cercueil 

Mais l'docteur me répète 
Visite après visite 
Qu'j'ai une santé parfaite 
Y'est là qu'y m'félicite 

J'ai vu la Première guerre 

Le premier téléphone 
Me voilà centenaire 
Mais bon, qu'est-ce que ça me donne ? 
Les grands avions rugissent 
Y'a une rayure au ciel 
C'est comme si l'éternel 
M'avait rayée d'sa liste 

Ca fait cent longs hivers 
Que j'use le même corps 
J'ai eu cent ans hier 
Mais qu'est-ce qu'elle fait la mort  ?

Qu'est-ce que j'ai pas fini 
Qu'y faudrait que j'finisse ?
Perdre un dernier ami ?
Enterrer mes petits-fils? 

J'ai eu cent ans hier 
Ma place n'est plus ici 
Elle est au cimetière 
Elle est au paradis 

Si j'meritais l'enfer 
Alors c'est réussi 
Car je suis centenaire 
Et j'suis encore en vie 

Moi j'suis née aux chandelles 
J'ai grandi au chaudron 
Bien sûr que j'me rappelle 
Du tout premier néon 

J'ai connu la grande crise 
J'allais avoir 30 ans 
J'ai connu les églises 
Avec du monde dedans 

Moi j'ai connu les chevaux 
Et les planches à  laver 
Un fleuve tellement beau 
Qu'on pouvait s'y baigner 

Moi j'ai connu l'soleil 
Avant qu'y soit dangereux 
Faut-il que je sois veille 
Venez m'chercher, bon dieu !

J'ai eu cent ans hier 
C'est pas qu'j'ai pas prié 
Mais ça aurait tout l'air 
Que dieu m'a oubliée 

Alors j'ai des gardiennes 
Que des nouveaux visages 
Des amies de passage 
Payées à  la semaine 

Elles parlent un langage 
Qui n'sera jamais le mien 
Ca m'fait du chagrin 
D'avoir cinq fois leur âge 

Et mille fois leur fatigue 
Immobile à  ma fenêtre 
Pendant qu'elles naviguent 
Tranquilles sur Internet 

C'est vrai qu'j'attends la mort 
C'est pas qu'j'sois morbide 
C'est qu'j'ai cent ans dans l'corps 
Et qu'j'suis encore lucide 

C'est que je suis avide 
Mais qu'y a plus rien à  mordre 
C'est qu'mon passé déborde 
Et qu'mon avenir est vide 

On montre à  la télé 
Des fusées qui décollent 
Est-ce qu'on va m'expliquer 
Ce qui m'retient au sol 

Je suis d'une autre école 
J'appartiens à l'histoire 
J'ai eu mes années folles 
J'ai eu mes heures de gloire 

J'ai eu un bon mari 
Et quatre beaux enfants 
Mais tout l'monde est parti 
Dormir au firmament 

Et y'a que moi qui veille 
Qui vis, qui vis encore 
Je tombe de sommeil 
Mais qu'est-ce qu'elle fait la mort ?
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Peur de la mort ?

Message par Arnaud56 le Jeu 13 Juil 2017 - 1:28

Cet article-récit a été publié dans un journal littéraire que, malgré des recherches sur Gallica, je ne suis pas parvenu à identifier en dépit de quelques élements typographiques caractéristiques. Cette page de revue a été portée à ma connaissance par TheMan qui, lui-même la tenait de son ami Claude Grégoire.
Ce récit met en lumière un paradoxe étrange qui voit la peur de mourir s'estomper avec l'inéluctable rapprochement de l'échéance funeste.
Georges Barbarin (1882 - 1965) est un poète, écrivain et journaliste connu. Il réalise en 1936 une évolution profonde et s'oriente vers le spiritualisme. Il publiera de nombreux ouvrages accessibles à tous. Une grande conscience...

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Plutôt mourir bien vivant qu'exister à petit feu !

Message par Arnaud56 le Mar 2 Aoû 2016 - 18:40

Idea Rebelle, créatif, anticonformiste, provocateur et... attachant !


"On n’a pas toujours l’occasion. À mon âge. D’être là. Où on ne vous attend plus. D’être, sinon une surprise, un étonnement. Je n’y suis pour rien. La vie m’a ainsi fait. Petit mais costaud. Opiniâtre. Âpre. Constant. Dans l’effort. Comme dans le réconfort.
J’ignore pourquoi. Ascendance ? Atavisme ? Je sais. Mes racines sont ici. Dans ma famille. Ma grand-mère a vécu 106 ans. Ma mère beaucoup moins. Mais elle a gratté 20 ans. Sur tous les pronostics. Moi-même, voilà 35 ans, j’aurai dû quitter ce monde. La faucheuse n’a pas voulu de moi. Elle a eu peur. Sans doute. Du bordel que je pouvais mettre. Dans son organisation. Bien huilée.
Elle a préféré. Que je m’émousse un peu. Que je m’use. Un tantinet. Que je me fatigue. Quelle conne ! Elle a beau m’envoyer ses missi dominici. Aucun effet. Je m’en fous.
Pour être honnête, pas totalement. Ça me pète un peu les rouleaux. Au début, en tout cas. Maintenant, c’est plutôt un sujet d’amusement. Sauf. Qu’ils encombrent. Ma boîte mail. Avec leurs messages quotidiens. Inutiles. Déplacés.
Je ne suis pas. Celui qu’ils imaginent. Sur leurs bases de données. Oui, je suis un sénior. Non, je ne suis pas vieux ! Je vis encore. À 100 à l’heure. Je bande. Je baise. Je bois. Je fume. Je fais la fête. Pas de sieste. Dormir juste le nécessaire. Je pleure comme un enfant. Je ris comme un innocent. Je regarde chaque matin. Comme s’il était le premier.
J’ai envie d’aimer. Comme si ça ne m’était jamais arrivé.
Vous avez beau insister.
Je ne vous vois pas.
Je ne vous entends pas.
Je ne vous calcule pas (ça, c’est pour faire djeun…).
Audika,
Convention Obsèques,
Everstyl,
Stannah,
Solution Successions,
Stéradent,
Auto-bilan Santé…
Cassez-vous !
Vous ne m’impressionnez pas.
Vous ne me faites pas peur.
Au contraire.
Vous me rendez gourmand.
De ma vie.
Vous me renforcez.
Dans l’idée.
Qu’à la fin.
C’est moi.
Qui vais vous niquer."

 « Je préfère mourir bien vivant qu’exister à petit feu.  »
Léo Myself

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Le viager piégé

Message par Arnaud56 le Sam 23 Avr 2016 - 14:21

Jeanne Calment et son mari (et cousin issu de germains) Fernand n'eurent qu'une seule fille, Yvonne, née le 20 janvier 1898 et un seul petit-fils, Frédéric, né en 1926. Sa fille succomba à l'âge de 35 ans des suites d'une pneumonie et son petit-fils, devenu médecin cessa de vivre en 1963 à l'âge de 36 ans d'une rupture d'anévrisme due à un accident de moto. Destins tragiques...

En 1965, à l'âge de 90 ans, Jeanne n'avait donc plus d'héritiers. Par ailleurs, elle souhaitait finir sa vie dans sa maison alors qu’elle n’avait plus les moyens financiers de la conserver.Elle vendit alors, sans la moindre hésitation, son bien immobilier en viager à son notaire, André-François Raffray. Ce dernier, sentant la bonne affaire, s'engagea contractuellement à lui payer mensuellement une confortable rente de 2 500 francs. Il avait alors 47 ans. 

Il payera jusqu'à sa mort en 1995, à l'âge de 77 ans ; sa femme continuera ensuite de payer, jusqu'à la mort de Jeanne Calment. Au total, les époux Raffray auront versé plus de deux fois le prix du bien immobilier de Jeanne Calment conformément aux règles du viager !

Maigre consolation pour M. Raffray puisqu'il put tout de même profiter un peu de la maison lorsque Jeanne Calment migra vers la maison de retraite en 1985.
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Fugue de la maison de retraite

Message par Arnaud56 le Mar 5 Avr 2016 - 0:28

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"Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire" de Jonas Jonasson

Une histoire qui commençait bien... Il semble, d'après les critiques, qu'elle s'égare ensuite dans un déroulement rocambolesque et farfelu. Dommage !
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Le centenaire d'en-dessous

Message par Arnaud56 le Lun 4 Avr 2016 - 22:36

Nous l’apprenons samedi en descendant faire des courses. Une petite feuille avec sa photo est scotchée au carreau de la porte d’entrée en bas ; Carlotta pense d’abord à l’affichette qui prévient les gens d’une fête. Non. Il avait 105 ans. Le voisin juste en dessous. Nous apprenons son nom. Dans la semaine, mardi, il a crié mon bras, mon bras. Au retour des courses, la femme qui s’occupe des immeubles, Nazhia, m’arrête, est très émue, dit qu’elle s’occupait de lui depuis deux ans, était très gentil ; à la dernière galette avec sa famille, il a dit il faut garder une part pour Nazhia et c’est elle qui a été reine. C’est le troisième mort de l’immeuble en un an. La propriétaire est morte également ; tous les appartements sont à vendre.

"Mort jeudi" d'Alain SEVESTRE

Voilà qui évoque à la fois l'anonymat des grandes villes et l'isolement des personnes âgées. Les tournures littéraires sont froides. Le style télégraphique va droit au but. Pas de point d'exclamation : le ton est détaché, de l'ordre du constat.
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Vieillesse et littérature

Message par Arnaud56 le Sam 12 Mar 2016 - 23:49

MESSAGE FONDATEUR DU SUJET


Dernière édition par Arnaud56 le Sam 23 Avr 2016 - 14:01, édité 1 fois
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