LES GRANDS CENTENAIRES FRANÇAIS

Investigations sur de possibles grands centenaires français décédés (anciens et modernes)

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Alexis Jean BÉGO (1825-1928), de Nantes (Loire-Inférieure)

Message par Barti le Mar 14 Nov 2017 - 20:44

L'Eclaireur du Finistère du 28 juillet 1928 annonçait le décès à Nantes d'un certain Alexis Bégo, chevalier de la légion d'honneur, âgé de 103 ans et 26 jours.



L'acte de décès, retrouvé dans les registres du 4ème canton de Nantes, indique qu'Alexis Jean Bégo, chevalier de la légion d'honneur, né le 28 juin 1825 à Billiers (Morbihan), fils de Perrine Bégo, veuf de Jeanne Marie Le Nevée et de Jeanne Marie Louise Le Bodo, est décédé le 24 juillet 1928. Il serait donc âgé de 103 ans révolus. Le décès a été déclaré par son gendre Eugène Jeanneau, qui habitait la même adresse, et qui est très probablement "l'enfant" cité dans le sus-joint article.

Or, un autre article paru dans L'Ouest-Eclair du 23 juin 1925 nous apprend qu'à l'occasion de son centième anniversaire, Alexis Bégo vivait encore à Billiers, sa commune natale. Le déménagement à Nantes chez Eugène Jeanneau s'est donc vraisemblablement fait sur le tard.



Les 2 mariages de notre bonhomme ont été célébrés à Billiers. Ainsi :
- Le 15 janvier 1859, Alexis Jean Bégo, né le 28 juin 1825 à Billiers, fils de Perrine Bégo, a épousé Jeanne Marie Neué.
- Le 18 septembre 1897, Alexis Jean Bégo, né le 28 juin 1825 à Billiers, veuf de Jeanne Marie Le Nevée ("décédée à Saint-Nazaire le neuf décembre mil huit cent quatre vingt seize"), fils de Perrine Bégo, a épousé Jeanne Marie Louise Le Bodo. Il avait déjà 72 ans lors de son second mariage.

L'acte de décès de Jeanne Marie Le Nevée confirme qu'elle est bien décédée à Saint-Nazaire le 9 décembre 1896, et qu'elle était l'épouse d'Alexis Bégo qui a déclaré son décès et qui y est dit âgé de 72 ans.

Tous les documents jusqu'alors récupérés confirment l'identité et la date de naissance revendiquée. L'acte de décès de la première épouse lui attribue d'ailleurs 1 an de plus que l'âge qu'il aurait dû avoir.

Tout ceci nous est confirmé par l'acte de naissance du centenaire : le 28 juin 1825 est né à Billiers Alexis Jean Bégo, fils naturel de Perrine Bégo. En marge de l'acte sont indiqués la date et le lieu du second mariage (18 septembre 1897 à Billiers, ce qui est confirmé par l'acte cité précédemment).

Alexis Jean Bégo est donc mort à l'âge de 103 ans et 26 jours.

Dossier de légion d'honneur disponible ici :
Base Leonore - BEGO Alexis Jean
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Marie Anne FRANÇOIS (1755-1858), de Cayeux-en-Santerre (Somme)

Message par Barti le Lun 13 Nov 2017 - 16:46

L'acte de décès précise que Marianne François, âgée de "cent deux ans dix mois et demi", "lieu de naissance et père et mère inconnus", veuve de Charles François Léger ("décédé à Cayeux le 18 octobre 1808"), est décédée à Cayeux le 8 février 1858.
Les déclarants sont son beau-fils Bernard Bléry (61 ans) et son petit-fils Arsène Mollet (39 ans).

L'acte est riche et pauvre à la fois : l'âge indiqué nous permet d'estimer sa naissance en fin mars 1755, deux identités de ses proches parents nous sont données, le lieu et la date de décès de l'époux également. En revanche, impossible de savoir pour le moment qui étaient ses parents et quelle était sa commune de naissance. Il va falloir remonter dans le temps pour en apprendre davantage.

Deux recensements de Cayeux sont disponibles dans lesquels nous pouvons retrouver notre présumée centenaire. Ainsi :

- En 1851, Bernard Bléry (55 ans) vivait avec sa femme Emélie Léger (66 ans) et la mère de cette dernière Marianne François (96 ans, veuve). On retrouve donc le fameux beau-fils qui a déclaré le décès, et nous apprenons l'identité de l'une des filles de Marianne issue vraisemblablement de son union avec Charles François Léger.
- En 1836, le ménage était déjà constitué de Bernard Blery (40 ans), Emelie Leger (51 ans) et Marie Anne François (81 ans, veuve).

Dans chacun des deux recensements, l'âge indiqué pour Marianne François corrobore une naissance en 1755. Ça sent plutôt bon, mais l'enquête doit se poursuivre.

2 actes de mariage à Cayeux doivent à présent retenir notre attention :

- Le 6 mars 1826 marque l'union des sus-nommés Antoine Bernard Blery et Marie Emélie Léger. La mariée y est dite née à Cayeux le 2 novembre 1784, fille de Charles François Léger ("décédé à Cayeux le 18 octobre 1808") et de Marianne François ("âgée de soixante dix ans"). Les informations concernant le couple Léger/François sont concordantes, aussi bien pour la date de décès de Charles que pour l'âge de Marianne si celle-ci est réellement née en fin mars 1755.
Cet acte nous permet également de présumer que Charles et Marianne étaient déjà mariés et vivaient à Cayeux en 1784.

- Le 29 décembre 1814, Martin Victor Mollet s'est marié à Marie Anne Euphrosine Leger, née à Cayeux le 14 Floreal an 2, fille de Marie Anne François (présente au mariage de sa fille) et de feu Charles François Léger décédé à Cayeux le "18 octobre 1808". Le couple Mollet/Léger étant très probablement les parents d'Arsène Mollet qui a déclaré le décès de sa grand-mère en 1858.

Après 3 documents nous renseignant sans contradiction sur la date de décès de Charles François Léger, inutile de douter de cette dernière. Et son acte de décès nous confirme bien qu'il est décédé à Cayeux le 18 octobre 1808. La situation maritale n'est malheureusement pas renseignée dans l'acte, mais elle nous parait bien inutile au vu des informations renseignées ultérieurement dans d'autres actes qui relient incontestablement Charles François Léger à Marianne François.

Après toute cette investigation, nous ne sommes pas plus avancés sur le lieu de naissance et les parents de Marie Anne. Il a donc fallu que je tente un coup de poker en présumant qu'elle se soit mariée à Cayeux au plus tard en 1784. Et c'était bien le cas : le 8 octobre 1782 s'y sont unis Charles François Léger et Marie Anne François, fille majeure d'Antoine François et d'Anne Maricour. Le terme "majeure", suggérant que Marie Anne avait plus de 25 ans à son mariage, conforte une naissance au plus tard en 1757 et donc possiblement en fin mars 1755. Dans tous les cas, nous devrions être en présence d'une centenaire authentique.

Cependant, un problème demeure : nous n'avons toujours pas sa paroisse de naissance ! Etant donné que Marie Anne s'est mariée à Cayeux, le plus plausible aurait été qu'elle y soit née. Et re-coup de bol, c'était bien le cas : le 23 mars 1755 est née à Cayeux et a été baptisée Marie Anne, fille d'Antoine François et d'Anne Maricourt. Il s'agit du seul acte de baptême pouvant correspondre, et la naissance est bien située fin mars 1755 comme tous les actes postérieurs le laissaient présumer.

Marie Anne François est donc morte le 8 février 1858 à l'âge de 102 ans et 322 jours.
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Marie Augustine-Chérie Perron veuve Leroy

Message par Arnaud56 le Dim 12 Nov 2017 - 23:24



Marie Augustine-Chérie Leroy, habitante du Héricat, «  première centenaire du village  », a été honorée par une grande fête le 1er juillet 1923. Très connue, on était allé la chercher en carriole, qui appartenait à son voisin, car elle refusait obstinément la voiture : «  On avait célébré une messe solennelle en son honneur, puis la fête avait duré toute la journée, au cours de laquelle s’étaient succédé un défilé, probablement des vêpres et un bal  ».
Au-delà de son bel âge, une autre histoire s’est répandue à son sujet : «  L’un de ses fils, réquisitionné lors de la guerre de 1870, avait disparu. Tout le monde le croyait mort, jusqu’à ce qu’il réapparaisse… dix ans plus tard !  »
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Marie Françoise PARAGE (1760-1865), de Doué-la-Fontaine (Maine-et-Loire)

Message par Barti le Dim 12 Nov 2017 - 17:37

Le Courrier de Saumur, rapporté par le Messager du Midi du 28 avril 1865, annonce le décès d'une possible ancienne doyenne des Français qui viendrait s'intercaler entre Scholastique Prieur (1758-1865) et François Besson (1761-1865).



L'acte de décès précise que Marie Françoise Parage, veuve d'Armand Nicolas Bascher, fille de Louis Parage et de Marie Hubert, née à Doué, âgée de "cent quatre ans, six mois et vingt cinq jours", née le 21 septembre 1760, est décédée en son domicile de Doué le 15 avril 1865.
Le décès a été déclaré par son neveu Maurice Parage, 53 ans, et par son petit-neveu Louis Parage, 39 ans.

Une différence d'informations peu importante peut être évoquée : selon l'article, Marie Françoise Parage est née le 20 septembre 1760. Selon l'acte de décès, elle serait née le lendemain. Reste à savoir si au moins l'une de ces deux dates est correcte...

Dans les registres de Doué, on peut retrouver l'acte de décès de Maurice Parage, le neveu qui a déclaré son décès. Ce dernier a rendu l'âme le 31 décembre 1872 à l'âge déclaré de 61 ans et 6 mois, ce qui est en accord avec les informations inscrites sur l'acte de décès de sa tante. Il est également précisé qu'il est né à Doué et qu'il est le fils de Louis Parage et de Perrine Guerineau.

Cela nous permet de retrouver son acte de naissance qui nous apprend que Maurice est né à Doué le 18 juin 1812. Il était donc un an plus jeune que prévu (60 ans 6 mois au lieu de 61 ans 6 mois). On y a confirmation du nom des parents : Louis Parage et Perrine Guérineau.

Passons donc à ce dernier couple : Louis Pierre Parage s'est uni à Perrine Louise Guerineau le 4 juillet 1803 à Doué. On y apprend que Louis est le fils de Louis Parage et de Jeanne Hubert. Or, sur l'acte de décès de Marie Françoise, ses parents sont nommés Louis Parage et Marie Hubert. En faisant abstraction du prénom différent de la génitrice, il semble que Louis soit bien le frère de Marie Françoise, et que Maurice Parage était donc bien son neveu, à moins que l'on arrive à prouver que le couple Parage/Hubert ne soit finalement pas les parents de Marie Françoise.

C'est à La Fosse-de-Tigné, une commune proche de Doué, que je retrouve l'acte de décès d'Armand Nicolas Bascher, "mary de Delle Marie Parage" qui s'est éteint le 2 mai 1822 à l'âge déclaré de 73 ans.

Le couple s'est marié à Doué le 18 novembre 1783. Armand Nicolas Bascher s'est uni à Marie Françoise Parage, fille de Louis Parage et de Marie Jeanne Hubert.
Cet acte est très important car il permet de faire le point sur différentes choses :

- Le couple Parage/Hubert sont bien les parents de Marie Françoise. La filiation avec son neveu Maurice est donc confirmée.
- Si la mère se prénommait Marie Jeanne, cela peut expliquer la confusion entre les prénoms "Marie" cité sur l'acte de décès de Marie Françoise, et le prénom "Jeanne" cité sur l'acte de mariage de son frère Louis.
- Le frère Louis Parage est cité comme témoin dans l'acte.
- Marie Françoise est dite mineure. La majorité étant fixée à 25 ans à l'époque, cela signifie qu'elle est née au plus tôt en novembre 1758. Une date de naissance en septembre 1760 est donc possible.
- le mot "mineure" a été écrit en remplacement du mot "majeure". Le curé pensait donc que Marie Françoise était majeure avant de corriger cette information. Cela pourrait vouloir dire que, si Marie Françoise était bien mineure, elle était probablement très proche du seuil de majorité, ce qui conforterait une naissance en 1760.

En dépouillant les registres afin de reconstituer la fratrie Parage, je n'ai trouvé qu'un seul acte de baptême pouvant correspondre à notre femme : Marie Françoise, fille de Louis Parage et de Marie Hubert, est née à Doué le 21 septembre 1760 et a été baptisée le 26 du même mois.

Marie Françoise Parage est donc morte à l'âge de 104 ans et 206 jours, ce qui faisait d'elle la doyenne des Français du 21 janvier au 15 avril 1865.
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Paul BERTRAND (1732-1835), de Vitry-le-François (Marne)

Message par Barti le Sam 11 Nov 2017 - 0:06

Je reprends dorénavant le flambeau en commençant avec un cas encore plus extraordinaire, car plus âgé et plus ancien que le précédent.

L'acte de décès précise que Paul Bertrand, né à Vitry-le-François le 17 mai 1732, fils de Claude Bertrand et Françoise Franquet, veuf de Marie Picard, est décédé à Vitry-le-François le 22 décembre 1835. Les deux comparants étant Paul Alexandre Bertrand et Nicolas Bertrand, ses neveux de 66 et 58 ans.
Mathématiquement, sa date de naissance lui conférerait l'âge de 103 ans. Ceci est attesté par la Gazette du Bas-Languedoc du 10 janvier 1836 qui nous fournit quelques renseignements intéressants sur la situation économique du défunt :



Les histoires de viager très mal rentabilisés ne datent donc pas de Jeanne Calment. Pour couronner le tout, notre doyenne de l'humanité passe pour une petite joueuse à côté de Paul Bertrand dont la durée du viager a été 2 fois plus longue !

Passons à l'authentification de l'âge du centenaire. Les dépouillements du site marne-archive.com aident rapidement à localiser les actes nécessaires sans devoir fouiller dans les innombrables registres d'une si grande ville.

C'est ainsi que je retrouve l'acte de sépulture de "Marie Picard, femme du Sr Paul Bertrand" qui s'est éteinte à Vitry-le-François le 8 novembre... 1758 ! Eh oui, la pauvre fille avait seulement 24 ans selon l'acte, et tout porte à croire que Paul est resté veuf pendant plus de 77 ans, ce qui était énorme pour l'époque.

Le couple n'était marié que depuis 2 bonnes années : en effet, c'est le 27 janvier 1756 à Vitry-le-François que Paul Bertrand, âgé de 24 ans, demeurant à Vitry, fils de Claude Bertrand et de Marie Françoise Franquet, a scellé son union avec Marie Picard qui n'est plus affublée que de 19 ans au lieu des 22 qu'elle aurait théoriquement dû avoir.
Mais le plus important dans cet acte sont les informations concernant l'époux : elles confirment exactement celles de l'acte de décès de Paul Bertrand, à savoir les noms des parents mais surtout la date de naissance théorique, car 24 ans en janvier 1756 nous ramène à une naissance en 1731 ou 1732. D'ailleurs, si Paul Bertrand était né le 17 mai 1732, il n'aurait eu que 23 ans bien sonnés.

Avec ces indications, il est facile de retrouver l'acte de baptême et de le relier avec l'acte de mariage : ainsi, Paul Bertrand, fils de Claude Bertrand et de Françoise Franquet, est né et a été baptisé à Vitry-le-François le 17 mai 1732. Une mention marginale indique par ailleurs que ce nouveau-né est "mort le 22 xbre 1835". Probablement des contemporains de son décès qui ont été impressionnés par son âge et ont cru bon de le noter en marge du baptême.

Il s'agirait donc d'un centenaire authentique, extraordinaire pour l'époque. Cependant, un problème demeure : l'absence de documents entre 1758 (décès de l'épouse) et 1835 (décès), soit un creux de 77 ans sans aucune information. Comment retrouver alors des documents confirmant que Paul vivait encore pendant toutes ces années et est allé trouver le repos éternel à l'âge de 103 ans ?

Ces documents, ce sont les neveux de Paul qui vont nous les fournir. Rappelez-vous : Paul Alexandre et Nicolas Bertrand ont déclaré le décès de leur présumé oncle le 22 décembre 1835, et il n'a pas été difficile de retrouver des documents sur Vitry qui concernaient directement nos deux lascars.
La cerise sur le gâteau, c'est que Paul est cité dans tous les actes. Ainsi nous apprenons que :

- Le 21 mars 1770 marque le baptême de Paul Alexandre Bertrand. Le parrain n'est autre que Paul Bertrand, "son oncle"
- Le 14 juillet 1801, Paul Alexandre Bertrand a épousé Anne Boulloche. Paul Bertrand est cité parmi les témoins comme "oncle paternel de l'époux" et âgé de "soixante neuf ans".
- Le 30 juin 1805, Nicolas Bertrand a épousé Thule Félicité Charlon. Paul Bertrand est encore cité parmi les témoins comme "oncle paternel de l'époux" et âgé de "soixante douze ans".

Il n'est pas non plus difficile de prouver le lien de parenté entre Paul et ses neveux. Ainsi, Paul Alexandre et Nicolas, qui étaient frères, avaient pour parents Charles Bertrand et Marie Louise Jacqueline Delor. Or, le mariage de ces derniers a été célébré à Vitry-le-François le 23 janvier 1769 (où Paul, frère de l'époux, est encore cité), et les parents de Charles ne sont autres que Claude Bertrand et Marie Françoise Franquet : les parents de Paul. Ainsi, Paul et Charles étaient frères, et Paul était bien l'oncle paternel des deux déclarants de son décès en 1835.

Quant aux actes de mariage des neveux, ils ne font que confirmer la date de naissance, au détail près que Paul est rajeuni d'1 an sur le second acte. Les documents dans leur ensemble couvrent parfaitement sa vie et les âges sont concordants.

Paul Bertrand est donc mort le 22 décembre 1835 à l'âge de 103 ans et 219 jours, ce qui fait de lui le 7ème centenaire français connu le plus ancien !

A partir de maintenant, je ne partage plus mes actes d'état civil en public. Ceux qui sont intéressés par ces actes peuvent me faire la demande en privé.
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Pierre Louis CHOMEL (1746-1847) de Vosne (Côte-d'Or)

Message par Cyril le Jeu 9 Nov 2017 - 16:25

D'après son acte de décès, Pierre Louis Chomel (ancien notaire géomètre), né le 22/03/1746 à Annonay (Ardèche), veuf de Marie Claire Duguers, est décédé le 25/02/1847 à 3 heures du matin, en son domicile sis rue de la Fontaine dans la commune de Vosne (Côte-d'Or). Le premier comparant était son gendre Léon Trouvé (64 ans), habitant de Vosne [commune qui prendra le nom de Vosne-Romanée en 1866]. La table des successions et des absences nomme ses héritiers, à savoir ses filles Claire et Françoise Chomel (de Dijon).

A Vosne, le seul recensement dans lequel apparaît notre présumé centenaire est celui de 1846, signé par le maire de la commune le 25 juin. En parfait accord avec sa date de naissance putative, Pierre Louis Chomel, veuf, y est dit âgé de 100 ans et 3 mois. Il vivait alors au 4 rue de la Fontaine, chez sa fille Claire Chomel (60 ans) et son gendre Leon Trouvé (63 ans) [lequel a déclaré son décès 8 mois plus tard]. Dans la même maison habitait une certaine Elisabeth Chomel veuve Renaudot (68 ans)...

Ladite Elisabeth Chomel a rendu l'âme quelques semaines après avoir été recensée, le 09/08/1846, rue de la Fontaine à Vosne. On apprend dans l'acte de décès qu'elle était la fille de vivant Pierre Louis Chomel (domicilié à Vosne) et de feue Marie Claire Duguers, ainsi que la veuve de François Renaudot (décédé à Paris). Elisabeth Chomel est dite née à la fin du mois d'avril 1776 à Romans, dans le département de l'Isère. En réalité, la commune de Romans (devenue Romans-sur-Isère en 1920), bien qu'elle longe la rive droite de la rivière Isère, fait partie du département de la Drôme depuis sa création en 1790.

Quant à ses deux sœurs survivantes, elles n'ont pas non plus hérité de la belle longévité de leur père et se sont éteintes à la fin de la décennie suivante :
- Marthe Claire Chomel, née le 09/11/1784 à Bourg-de-Péage (Drôme), fille de feus Pierre Louis Chomel et Marie Claire Duguers, veuve de Léon Trouvé, est décédée le 18/09/1857 à Gilly-les-Cîteaux (Côte-d'Or).
- Françoise Claire Fanny Chomel, 76 ans, née au "péage de Romans" (Drôme), fille de feus Pierre Louis Chomel et Marie Claire Duguers, veuve de Pierre Paul Piat, est décédée le 12/01/1859 à Dijon (Côte-d'Or). A l'instar de celui de sa sœur Elisabeth, le lieu de naissance de Françoise Chomel a été écorché. Comme nous le verrons plus bas, elle est née dans la même paroisse que sa sœur Marthe "Claire", à savoir le Bourg du Péage de Pizançon : il s'agit de l'actuelle commune drômoise de Bourg-de-Péage, laquelle n'est séparée de Romans-sur-Isère que par le cours de ladite rivière.

Contrairement à ce qu'indiquait l'acte de décès de son époux, Marie Claire Duguers n'est pas décédée à Gilly[-lès-Cîteaux], mais dans la commune voisine de Flagey-lès-Gilly, toutes deux étant limitrophes de Vosne. En l'occurrence, elle y est décédée le 20/03/1833 sous le nom de Marie Duguère, née le 18/04/1757 à Romans (Drôme), fille de feus Pierre Joseph Duguère et Marie Brenier, épouse de Pierre Louis Chomel (87 ans). L'âge de notre présumé centenaire est toujours compatible avec une naissance en 1746.

Avant cela, le couple Chomel/Duguers avait bel et bien vécu à Gilly/Gilly-lès-Cîteaux [le changement de nom date de 1801], ainsi que le démontrent une série de 4 actes de mariage enregistrés dans cette commune. Trois d'entre eux concernent leurs filles :
1) Le 23/06/1794 (5 messidor II), François Renaudot a épousé Elizabetht Chomel (environ 18 ans), fille de Louis Chomel (environ 47 ans) et Marie Duguier (environ 37 ans).
2) Le 31/05/1803 (11 prairial XI), Pierre Paul Piat a épousé Françoise Claire Chomel, née le 17/03/1781 au "Bourg du Péage de Pisançon" (Drôme), fille de Pierre Louis Chomel (57 ans) et Marie-Claire Duguere.
3) Le 18/06/1807, Léon Trouvé a épousé Marthe Claire Chomel, née le 09/11/1784 au "Bourg du Péage" (Drôme), fille de Pierre Louis Chomel et Marie Claire Duguers.

Dans ces 3 actes, Pierre Louis Chomel est dit vivant et domicilié avec son épouse à Gilly[-les-Cîteaux]. Les âges indiqués sont, encore une fois, compatibles avec une naissance en 1746.

Le quatrième acte de mariage concerne Pierre Louis Chomel lui-même... En effet, le 29/07/1800 (10 thermidor VIII), Pierre-Louis Chomel (propriétaire et régisseur), né le 22/03/1746 à Annonay (Ardèche), fils de feus Pierre Chomel (notaire) et Elizabeth Ravel, a épousé Marie Claire Duguers, née le 18/03/1757 à Romans (Drôme), fille de feus Pierre Joseph Duguers et Marie Brenier. Ce mariage tardif tombe à pic puisque, non seulement il confirme les date et lieu de naissance de notre présumé centenaire 54 ans après sa naissance, mais il nous révèle en sus l'identité de ses parents.

En ce qui concerne son père Pierre Chomel, les registres paroissiaux d'Annonay témoignent que cet avocat en parlement, veuf d'Elizabet Ravel, y est décédé le 19/04/1785 à l'âge d'environ 84 ans. Son enterrement n'est pas passé inaperçu, puisque y ont assisté, selon l'acte de sépulture : l'hôpital, les congréganistes, les pénitents, les révérends pères récollets, cordeliers et missionnaires du chapitre.

Les données précédemment collectées permettent de retrouver les dates de naissance de tous les enfants du couple Chomel/Duguers, lesquels ont vu le jour soit dans la paroisse Saint-Barnard à Romans (pour les aînés), soit au Bourg du Péage de Pizançon (pour les cadets) :
1) Pierre Louis, né le 21/05/1774 à Romans, fils de Pierre Louis Chomel (commissaire à terrier) et Marie Claire Duguer [son parrain était son grand-père annonéen Pierre Chomel, avocat en parlement], décédé le 02/12/1774 au même lieu
2) Marie Anne Elizabeth, née le 13/04/1776 à Romans, fille de Pierre Louis Chomel (féodiste) et Marie Claire Duguer [la future madame Renaudot, que l'acte de décès rajeunit de quelques jours]
3) Louis Theodore, né le 10/06/1778 à Romans, fils de Pierre Louis Chomel (féodiste) et Marie Claire Duguers, décédé le 11/03/1779 au Bourg du Péage de Pizançon
4) Francoise Claire, née le 17/03/1781 au Bourg du Péage de Pizançon, fille de Pierre Louis Chomel (notaire) et Marie Claire Duguert [la future madame Piat, à qui l'acte de décès rajoute le troisième prénom de "Fanny"]
5) Marthe Claire, née le 08/11/1784 au Bourg du Péage de Pizançon, fille de Pierre Louis Chomel (notaire royal) et Claire Duguer [la future madame Trouvé, que l'acte de décès rajeunit d'un jour]

Les intitulés des professions attribuées à Pierre Louis Chomel se recoupent, puisqu'un commissaire à terrier, que l'on peut également désigner sous l'appellation de notaire féodiste, était un géomètre expert en droit féodal.

La partie drômoise de la vie de Pierre Louis Chomel nous réserve encore une petite surprise. En effet, malgré un mariage civil contracté à l'âge de 54 ans, il était déjà marié religieusement avec son épouse depuis fort longtemps... Ainsi, le 19/10/1773, dans la paroisse Saint-Barnard de Romans, Pierre Louis Chomel (commissaire aux droits seigneuriaux), fils de Pierre Chomel (avocat en parlement) et Elizabeth Ravel, sesdits parents demeurant à Annonay en Vivarais, s'est marié avec Marie Duguers (native de cette paroisse), fille de feus Pierre Joseph Duguers et Marie Brenier.

Comme prévu, on retrouve l'acte de baptême de Marie Claire Duguers dans les registres de la paroisse Saint-Barnard à Romans. Elle y est dite née le 18/03/1757 [c'est la même date que sur son acte de mariage civil, alors qu'elle est rajeunie d'un mois sur son acte de décès], fille de Pierre Joseph Duguers et Marie Brenier.

Et surtout, l'acte de baptême de notre présumé centenaire existe et confirme ce que nous croyions savoir de lui : Pierre Louis, fils de Pierre Chomel (avocat en parlement) et Elizabet Ravel, est né le 22/03/1746 à midi, dans la ville d'Annonay.

Pierre Louis Chomel a donc vécu 100 ans et 340 jours ou, si l'on a envie de prendre en compte ses heures de naissance et de décès : 100 ans, 339 jours et 15 heures.

Il s'agit provisoirement du 9ème centenaire français le plus ancien à intégrer (prochainement) la Base 2 de Guillaume : "Doyen(ne)s des Français dans le temps".
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Marie Marguerite Rosalie TRAVERSIER veuve BERTHIER (1868-1974) de Saint-Péray (Ardèche)

Message par Cyril le Mer 8 Nov 2017 - 13:33

D'après un article du Nouvelliste publié le mardi 17/12/1974, Mme veuve Berthier, née à Plats (Ardèche) le 22/07/1868, serait décédée la veille chez sa fille Mme Maisonneuve à Saint-Péray (Ardèche) :


Le journaliste avait visiblement des sources concordantes avec l'acte de décès, selon lequel Marie Marguerite Rosalie Traversier, née le 22/07/1868 à Plats, fille de Jean Traversier et Marie Joséphine Gontard, veuve de Jean Victor Berthier, est décédée le 16/12/1974 dans son domicile de l'HLM "Le Saveyre". Le déclarant était son petit-fils René Maisonneuve, 39 ans [manifestement le fils de sa fille].

Faisons un petit saut dans le temps pour remonter au mariage de notre centenaire, lequel a été célébré, en accord avec la tradition, dans la commune de la mariée, c'est-à-dire Plats, le 06/02/1890 :
- Jean Victor Berthier, fils de vivants Jean Pierre Berthier et Marie Buffière, est dit né le 21/12/1862 à Colombier-le-Jeune.
- Marie Marguerite Rosalie Traversier, fille de vivants Jean Traversier et Marie Joséphine Gontard, est dite née le 22/07/1868 à Plats.

La filiation, ainsi que les date et lieu de naissance de l'épouse, sont identiques à ce qui est indiqué sur son acte de décès près de 85 ans plus tard. L'acte de naissance correspondant existe bel et bien : Marie Marguerite Rosalie Traversier, fille de Jean Traversier (29 ans) et Marie Josephine Gontard (27 ans), est née le 22/07/1868 à 11h.

Son mari, en revanche, est né 2 ans plus tôt que ce qu'il croyait. D'après son acte de naissance, Jean Victor Berthier, fils de Jean Pierre Berthier (44 ans) et Marie Buffière (28 ans), est ainsi né le 21/12/1860 à Colombier-le-Jeune. A l'instar de Marine Valérie, cette erreur d'année l'a poursuivi toute sa vie : les tables des successions et des absences révèlent d'ailleurs que Jean Victor Berthier, époux Traversier, est décédé à Champis le 21/04/1919, à l'âge déclaré de 57 ans [certainement déduit de la soustraction 1919 - 1862 = 57].

Même si ce cas a tous les accents de l'authenticité, il ne coûte pas beaucoup plus cher d'étayer les recherches avec quelques documents supplémentaires.

Le couple Berthier/Traversier a donné naissance à 4 filles, au lieu-dit Montagnon à Colombier-le-Jeune :
1) Marie Angéline, fille de Jean Victor Berthier (29 ans) et Marie Marguerite Rosalie Traversier (29 ans), née le 12/02/1891 [mariée avec Régis Jérémie Savel le 13/05/1909 à Colombier-le-Jeune, décédée le 04/12/1957 à Saint-Romain-de-Lerps]
2) Marie Emma Eugénie, fille de Jean Victor Berthier (32 ans) et Marie Marguerite Rosalie Traversier (32 ans), née le 08/08/1894, et décédée à l'âge de 6 mois le 08/02/1895 [dans l'acte, ses parents sont nommés Victor Berthier et Rosalie Traversier, ces prénoms étant manifestement leurs prénoms usuels, que nous retrouverons dans les recensements]
3) Maria Eugenie, fille de Jean Victor Bertier (39 ans) et Marie Marguerite Rosalie Traversier (32 ans), née le 03/05/1899 [décédée le 21/02/1988 à Tournon]
4) Marie Gustavie, fille de Jean Victor Berthier (40 ans) et Marie Marguerite Rosalie Traversier (40 ans), née le 09/06/1902 [mariée avec Jean Denis le 21/04/1924 à Valence (Drôme), décédée le 28/02/1988 à Saint-Siméon-de-Bressieux (Isère)]

On constate que Marie Marguerite Rosalie Traversier n'était pas très fixée sur son âge, et que dépouiller quelques recensements à Colombier-le-Jeune ne sera pas du luxe :
- En 1891, Rosalie Traversier (22 ans) vivait avec son époux Victor Berthier (30 ans) et leur fille Angéline Berthier (2 mois), chez ses beaux-parents Jean Pierre Berthier (74 ans) et Marie Buffière (63 ans) à Montagnon.
- En 1896, Rosalie Traversier (26 ans) vivait avec son époux Victor Berthier (35 ans), leur fille Angeline Berthier (5 ans), sa belle-mère Marie Buffière (73 ans) et un nourrisson, toujours à Montagnon.
- En 1901, Rosalie Traversier (33 ans) vivait avec son époux Victor Berthier (40 ans), leurs filles Angèle (10 ans) et Maria Berthier (2 ans), ainsi que deux nourrissons, toujours à Montaignon.
- En 1911, Marie épouse Berthier (née à Plats en 1862) vivait avec son époux Victor Berthier (né à Colombier-le-Jeune en 1862), leurs filles Angéline (née en 1891 à Colombier-le-Jeune), Maria (née en 1899 à Colombier-le-Jeune) et Gustavie Berthier (née en 1902 à Colombier-le-Jeune), un domestique et un nourrisson, encore et toujours à Montagnon.

Les âges déclarés sont assez chaotiques, comme le montre le graphique ci-dessous (où les actes de naissance, mariage et décès, qui citent la date de naissance du 22/07/1868, sont matérialisés en rouge) :


Ainsi, entre 1891 et 1911, 4 âges sont un copié-collé de l'âge déclaré par Jean Victor Berthier (il s'agit manifestement d'erreurs), tandis que les 4 autres sont cohérents avec une naissance aux alentours de 1868.

Pour finir, l'acte de décès de Maria Eugénie Berthier, même s'il écorche quelque peu les prénoms de sa mère ("Maria Clémentine Rosalie" Traversier), confirme ses date et lieu de naissance (03/05/1899 à Colombier-le-Jeune) et nous apprend qu'elle était veuve d'un certain Aimé Louis Maisonneuve. C'était donc elle, la fille chez qui était décédée notre centenaire. Cerises sur le gâteau :
- Le décès a été déclaré par son fils René Maisonneuve, lequel avait logiquement vieilli de 13 ans entre décembre 1974 (lorsqu'il avait déclaré le décès de sa grand-mère) et février 1988.
- Maria Eugénie Berthier était domiciliée dans l'HLM "Le Saveyre" à Saint-Péray, lieu exact du décès de sa maman.

Malgré une fâcheuse tendance à confondre occasionnellement sa date de naissance avec celle -inexacte- de son mari, il apparaît que Marie Marguerite Rosalie Traversier veuve Berthier est bel et bien née le 22/07/1868 à Plats et décédée le 16/12/1974 à Saint-Péray. Par conséquent, elle a atteint l'âge remarquable pour l'époque de 106 ans et 147 jours, ce qui faisait certainement d'elle la doyenne de l'Ardèche, voire davantage...

Pour une fois, je crois que je n'ai pas déçu les espoirs de notre ami Guillaume, qui m'avait envoyé l'article du Nouvelliste relatif au décès de Rosalie Traversier Very Happy
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Marine VALERIE veuve BUFFARD (1820-1921) de Saint-Fortunat (Ardèche)

Message par Cyril le Mar 7 Nov 2017 - 13:13

D'après son acte de décès, Valérie Marine, née le 21/06/1821 à Valence (Drôme), fille de père et mère inconnus, veuve de François Buffard, est décédée le 25/01/1921 à Saint-Fortunat[-sur-Eyrieux]. L'acte ne dit pas clairement si la défunte s'appelle "Valérie MARINE" ou "Marine VALERIE", mais la table des successions et des absences, qui la prétend âgée de 100 ans (raison pour laquelle j'ai enquêté sur ce cas), a porté son choix sur Valérie MARINE.

Son acte de mariage, daté du 28/04/1862 à Soyons, est en désaccord sur ce point avec la table des successions et des absences : François Buffard, domestique à Soyons, né le 19/04/1834 à l'hospice de Lyon (Rhône), fils de père inconnu et de Jeanne Buffard, aurait ainsi épousé Marine VALERIE, domestique à Saint-Georges-les-Bains, née le 21/06/1821 à Valence (Drôme), fille de père et mère inconnus.

Les publications de mariage enregistrées à Soyons (entre François Buffard, 28 ans, et Marine VALERIE, 41 ans) et à Saint-Georges-les-Bains (entre François Buffard, 27 ans, et Marie VALLARY, 38 ans) les 30 mars et 6 avril 1862, malgré quelques divergences dans les âges et orthographes, confirment que "Valérie" était bien le patronyme de notre présumée nonagénaire. Force est de constater que, jusque là, rien n'indique qu'elle ait pu vivre plus de 99 ans et 7 mois.

Pourtant, dans le registre des naissances de 1821 à Valence, aucun acte de naissance ne correspond. Les tables décennales ne mentionnent la naissance que d'une seule Marine VALERIE entre 1813 et 1832, mais un an plus tôt que prévu ! En effet, le 21/06/1820 à 22h, un bébé de sexe féminin a été trouvé par une servante de l'hospice de Valence. L'officier d'état-civil qui a enregistré la naissance le surlendemain a inscrit que l'enfant paraissait "âgé de trois jours" ce qui, comme j'ai pu le constater dans d'autres actes similaires, signifiait que c'était vraisemblablement son 3ème jour d'existence, autrement dit que Marine Valérie semblait avoir été abandonnée le jour même de sa naissance.

En examinant les naissances de Valence entre 1813 et 1832, je me suis aperçu que les trois seuls enfants déclarés sous le patronyme "Valérie" étaient des nouvelles-nées abandonnées à l'hospice de la ville. Outre Marine Valérie, il y eut ainsi Epiphanie Valérie (le 11/01/1827) et Amélie Léocadie Valérie (le 21/06/1828). C'était donc probablement un nom réservé à cet usage, du moins à Valence... Quant au prénom "Marine", il n'était certes pas le plus populaire de l'époque, mais il existait bel et bien, tout comme son équivalent masculin "Marin".

Les publications de mariage confirment que François Buffard et Marine Valérie étaient tous les deux célibataires. Bien qu'ils aient vécu maritalement à Soyons jusqu'à ce que la mort les sépare, ils n'y ont jamais eu d'enfants, peut-être parce que l'épouse était déjà quadragénaire au moment du mariage. L'acte de décès de François Buffard, lequel s'est éteint le 14/01/1899 dans sa maison du village de Soyons à l'âge déclaré de 73 ans, ne nous en apprend pas plus sur son épouse survivante Marine Valérie.

Marine Valérie est absente du recensement de 1836 à Valence, ce qui n'est pas étonnant puisque les "enfants assistés" étaient généralement placés dans des familles très rapidement, dans des communes qui pouvaient être assez éloignées. En l'occurrence, elle aurait pu passer son enfance à Saint-Georges-les-Bains (Ardèche) et rester y vivre jusqu'à son mariage, mais il n'est pas possible de le vérifier car les recensements antérieurs à 1911 y ont été perdus. Il en va de même pour Soyons, sa commune de résidence après le mariage, et Saint-Fortunat, sa commune de décès. Le dépouillement des recensements de 1911 montre que Marine Valérie n'était pas encore arrivée à Saint-Fortunat à cette date. En revanche, on la retrouve bien dans le village de Soyons, sous le nom inattendu d'Henriette veuve Buffard, née en 1821 à Valence, demeurant seule.

Il s'agit pourtant bien d'elle :
- Tout d'abord, elle est dite née en 1821 à Valence, ce qui est exactement ce que prétend son acte de mariage. D'ailleurs, Marine Valérie a certainement cru toute sa vie qu'elle était née le 21/06/1821 au lieu du 21/06/1820.
- Ensuite, il faut savoir que le patronyme "Buffard" était rarissime en Ardèche. D'après le répertoire des formalités hypothécaires, entre la Révolution Française et 1955, seuls deux hommes ayant possédé des biens immobiliers en Ardèche l'ont porté. Le premier était un aubergiste impliqué dans une hypothèque en 1823 à Serrières (60 km au nord de Soyons) et le second était François Buffard, lequel a réalisé des acquisitions et des ventes à Soyons entre 1865 et 1871 conjointement avec son épouse, dénommée "MARINE Valérie ou VALERIE Marine" dans ledit répertoire. Cette dernière a réalisé une dernière vente à Soyons en tant que veuve le 08/03/1900.
- Outre le fait qu'à l'époque, en Ardèche, les prénoms étaient d'une inconstance notoire, l'apparition du prénom "Henriette" pourrait s'expliquer, même je ne peux formuler que de pures hypothèses. Par exemple, Marine aurait pu être surnommée Marinette, transformé en Henriette. Elle aurait aussi pu choisir le surnom d'Henriette (ou en avoir été affublée par sa famille d'accueil) à la place d'un prénom de baptême trop rare, mais ne l'utilisait pas dans les actes officiels comme l'acte de décès de son mari... Car les recensements, on le sait, étaient beaucoup moins formels !

Je conclus de ce qui précède que :
- La personne décédée le 25/01/1921 à Saint-Fortunat ne s'appelait pas Valérie MARINE mais Marine VALERIE.
- Contrairement à ce qu'elle semblait penser, Marine Valérie n'était pas née le 21/06/1821 à Valence mais le 21/06/1820 (en supposant qu'elle ait bien été abandonnée dans la journée).

Par conséquent, Marine Valérie veuve Buffard est décédée à l'âge de 100 ans et 218 jours (au minimum).

Pour l'instant, cette centenaire ardéchoise est donc la 7ème plus ancienne connue à avoir été authentifiée.
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Marie ANTERION veuve VALLA (1819-1920) d'Annonay (Ardèche)

Message par Cyril le Lun 6 Nov 2017 - 13:53

Commençons en douceur avec une simple centenaire du début du XXème siècle...

D'après son acte de décès, Marie Antérion, née le 26/10/1819 à Saint-Agrève, fille de feus Pierre Antérion et Anne Valla, veuve de Jacques Valla, est décédée le 19/02/1920 en son domicile sis 4 rue Saint-Michel à Annonay. Le premier déclarant était son gendre Pierre Suchail (74 ans) d'Annonay.

Le recensement de 1911 à Annonay, signé par le maire le 1er avril, met en scène Marie veuve Valla (91 ans), vivant seule au 4 rue Saint-Michel, en parfait accord avec les informations distillées par son acte de décès.

Notre présumée centenaire fut veuve durant 4 décennies. En effet, Jacques Valla, né à Tence (Haute-Loire), fils de feus Pierre Valla et Elisabeth Duny, époux de Marie Antérieux, est décédé le 17/06/1880 à Annonay, à l'âge déclaré de 59 ans. Là encore, son gendre annonéen Jean Pierre Suchail (34 ans) est cité comme comparant.

C'est le 25/07/1873 à Annonay que ledit Jean Pierre Suchail a épousé Marie Valla, née le 17/10/1849 à Tence, fille de vivants Jacques Valla et Marie Antériou.

L'acte de naissance de Marie Valla confirme ses date et lieu de naissance. Ses parents Jacques Valla (27 ans) et Marie Anterion étaient alors domiciliés au lieu-dit Chaumargeais, dans la commune de Tence.

Leur mariage a été célébré plus tôt cette année-là, le 03/03/1849 à Tence. Jean Jacques Valla, né le 22/09/1821 à Tence, fils de vivant Pierre Valla et de feue Elisabeth Duny, s'est ainsi uni à Marie Anterion, née le 26/10/1819 à Saint-Agrève, fille de vivant Pierre Anterion et de feue Anne Valla.

Enfin, l'acte de naissance de notre présumée centenaire clot cette démonstration sans fausse note : Marie Anterion, fille de Pierre Anterion (28 ans) et Anna Valla, a bel et bien vu le jour le 26/10/1819 à Saint-Agrève.

Marie Antérion veuve Valla a donc atteint l'âge de 100 ans et 116 jours.

Chronologiquement et dans l'état actuel de mon travail de recensement, il s'agit de la 6ème centenaire connue à être décédée en Ardèche. Nous nous occuperons de la 7ème demain...
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Marie Anne ALEGRE veuve GEAI (1790-1890) de Barjac (Gard)

Message par Cyril le Dim 5 Nov 2017 - 13:30

D'après son acte de décès, Marie Anne Alègre, 100 ans, née à Fabras (Ardèche), fille de Joseph Alègre et Jeanne Guichar, veuve de François Geai, est décédée le 14/03/1890 dans sa maison à Barjac (Gard).

La table des successions et des absences précise que la défunte a été inhumée à Vagnas, en Ardèche. C'est d'ailleurs dans cette commune qu'est décédé son mari : François Geai, 86 ans, né à Vagnas, fils d'Antoine Geai et Jeanne Bastidon, époux de Marie Allègre, a passé l'arme à gauche le 13/12/1878, selon les déclarations de son gendre André Barget (41 ans). Ce dernier s'était marié le 26/09/1872 à Vagnas avec Ursule Geai, née le 30/01/1829 à Vagnas, fille de vivants François Geai et Marie Allègre.

Ursule était la 3ème des 4 enfants du couple Geai/Alègre, tous nés à Vagnas :
1) Marie Anne, née le 13/06/1823, fille de Francois Geai (28 ans) et Marie Anne Alègre
2) Simon François, né le 14/10/1825, fils de François Giai (30 ans) et Marion Anne Allegre
3) Ursulle Paulline Bathilde, née le 29/01/1829, fille de François Geai (34 ans) et Marie Allegre (30 ans)
4) Frégine Epaulite, née le 15/01/1833, fille de François Gei (38 ans) et Marie Alégre (40 ans)

Les âges de Marie/Marion (Anne) AL(L)EGRE, bizarrement arrondis, ne semblent pas très fiables, mais pour peu qu'on leur accorde quelque crédit, elle a de grandes chances d'être née entre 1793 et 1799 et donc de n'avoir été que nonagénaire.

Son acte de mariage, daté du 21/05/1823 à Vagnas, redonne un peu d'espoir en sa longévité. En effet, Marie Anne Alegre, qui épousait alors François G[e]ai, 28 ans, né à Vagnas, fils de feus Antoine G[e]ai et Jeanne Bastidon, était dite âgée de 33 ans, née à Fabras, fille de feu Joseph Alegre et de vivante Jeanne Guichar.

Trente-trois ans en 1823 (donc née vers 1790) et décédée en 1890 : cela va se jouer à un cheveu...

Malheureusement, le cheveu va tomber dans la soupe, puisque l'acte de baptême de Marianne Alegré, fille de Joseph Alegré et Jeanne Guischard, indique qu'elle est née le 01/09/1790 aux Champels, dans la paroisse de Fabras. Patatras !

Du haut de ses 99 ans et 194 jours, Marie Anne Alègre n'a donc jamais été centenaire, et moi, je continue de démolir la réputation de viviers de centenaires qu'essayait de se construire l'Ardèche en 1900.

Après cette longue série de faux centenaires, je vais exceptionnellement vous proposer quatre centenaires authentiques, à partir de demain et jusqu'au 9 novembre, date qui sera à marquer d'une pierre blanche.
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Antoine BERNARD (1779-1871) de Marcols (Ardèche)

Message par Cyril le Sam 4 Nov 2017 - 14:09

D'après son acte de décès, Antoine Bernard, 100 ans, né au Royaume de Naples, fils de [prénom non précisé] Bernard et Catherine Jotte, époux de Catherine Dejoux (native de Marcols), est décédé le 21/07/1871 à Marcols. Le premier déclarant était son petit-fils François Sanial (33 ans) de Marcols[-les-Eaux].

Contrairement à ce que sous-entend cet acte, Antoine Bernard était veuf. En effet, Catherine Déjoux, fille de feus Alexandre Déjoux et Marianne Astorgue, épouse d'Antoine Bernard, est décédée à l'âge de 62 ans, le 07/11/1845 à Marcols. Son décès a été déclaré par son gendre Jean Pierre Sanial (37 ans) de Marcols.

Selon l'acte de naissance du petit-fils, celui-ci s'appelait en réalité Jean Pierre François Sanial et avait vu le jour le 29/01/1838 à Marcols. Ses parents Jean Pierre Sanial [le fameux gendre] et Roge Mélanie Bernard (19 ans, née à Marcols), fille d'Antoine Bernard et Cathérine Déjoux, s'étaient mariés le 23/10/1833 à Marcols.

Roge Mélanie Bernard était la 4ème d'une fratrie de 8 enfants, tous nés dans la commune de Marcols :
1) Catherine, née le 22/11/1803 (30 brumaire XII), fille d'Antoine Bernard et Catherine Dejoux
2) Marie, née le 08/06/1806, fille de Jean Antoine Bernard (30 ans) et Catherine Déjoux
3) Bernard [eh oui, Bernard Bernard...], né le 10/12/1808, fils de [prénom non précisé] Bernard (30 ans) et Catherine Dejoux
4) Roze Melanie, née le 25/03/1814, fille d'Antoine Bernard (34 ans) et Catherine Dejoux
5) Marianne Julie, née le 17/12/1817, fille d'Antoine Bernard (36 ans) et Catherine Dejoux
6) Blaize Rubein, né le 12/05/1821, fils d'Antoine Bernard (40 ans) et Catherine Dejoux
7) Louise Philipine, née le 04/01/1824, fille d'Antoine Bernard (40 ans) et Catherine Dejoux
8) Helaine, née le 18/04/1827, fille d'Antoine Bernard (47 ans) et Catherine Dejoux

Les âges indiqués sur ces actes permettent de déduire qu'Antoine Bernard serait né entre 1776 et 1784. Son acte de mariage, daté du 06/09/1802 (19 fructidor X) à Marcols, vient le confirmer, puisqu'il a uni :
- Antoine Bernard, originaire du Royaume de Naples, né le 10/07/1779 à Bonnat dans le département de Salerne, fils de feu [prénom indéchiffrable ressemblant à "Deveque"] Bernard (de la cité de Bonnat) et de vivante Catherine Jotte
- Catherine Dejoux, née à Marcols le 19/07/1784, fille de feu Alexandre Dejoux et de vivante Marianne Astorgues

Malgré l'écriture de cochon de Jacques Salomon-Colombier, le maire de Marcols de l'époque, j'ai pu lire à la fin de l'acte que l'époux avait "signé en langue napolitaine, ne connoissant pas l ecriture francoize". Effectivement, il a inscrit "Tonio Bernag(j)" en lettres maladroites au bas du document :


Le plus difficile dans cette recherche a été de comprendre où se trouvait la "cité de Bonnat", mais j'ai fini par découvrir qu'à l'époque des faits, l'actuelle ville de Vibonati (province de Salerne, région Campanie, Italie) s'appelait "Città di Bonati". Cette cité faisait alors partie du Royaume de Naples et, plus précisément, de la Principauté Citérieure (Principato Citra), dont le chef-lieu était Salerne. "Bonati" a été francisé en "Bonnat" sous la plume frénétique du maire de Marcols.

Aucun acte italien aussi ancien que l'acte de baptême d'Antoine Bernard n'est encore disponible en ligne sur un site institutionnel, c'est pourquoi je n'ai pas pu remonter au-delà de cet acte de mariage, qui a néanmoins le mérite de nous offrir une date de naissance, vraisemblablement fiable.

Par conséquent, je conclus qu'Antoine Bernard a atteint une longévité de 92 ans et 11 jours.

Si quelqu'un savait déchiffrer le prénom du père d'Antoine Bernard, sur l'image ci-dessous ou sur l'acte original (disponible en haute résolution à la vue 327 du registre des NMD de 1793-1802 à Marcols-les-Eaux sur le site des AD07, à l'adresse http://archives.ardeche.fr/Accueil/Consulter_les_archives_numerisees/Registres_paroissiaux_et_d_etat_civil/Etat_civil), cela m'intéresserait ! Personnellement, je lis "Defunt Deveque Bernard", mais le prénom "Deveque" ne semble pas exister, que ce soit en Italie ou ailleurs...
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Anne CHANGEAT veuve NIAISON (1769-1865) d'Annonay (Ardèche)

Message par Cyril le Ven 3 Nov 2017 - 12:54

D'après son acte de décès, Anne Changeat, 100 ans, née à Bozas, fille d'Antoine Changeat et Anne Fauritte, veuve de Pierre Niaison, est décédée le 17/10/1865 à l'hospice d'Annonay.

Après de vaines recherches dans les tables décennales d'Annonay, je me suis tourné vers Bozas (à une trentaine de kilomètres au sud), où j'ai localisé les actes de mariage de deux fils d'Anne Changeat :
- Le 24/01/1834, Pierre Niaizon (34 ans, né à Davézieux), fils de feu Jean Pierre Niaizon et de vivante Anne Changea (domiciliée à Bozas), a épousé Marie Madeleine Palisse.
- Le 25/09/1836, Antoine Niaison (26 ans, né à Bozas), fils de feu Pierre Niaison et de vivante Anne Changeat (domiciliée à Bozas), a épousé Marie Marguerite Sivat.

Muni de ces informations, j'ai pu retrouver mention de notre présumée centenaire dans le recensement de 1836 à Bozas. Anne Changeat (66 ans, veuve) y vivait avec son fils Antoine Niaison (27 ans). Elle serait donc née vers 1770.

Antoine, né le 16/03/1810 à Bozas, était le plus jeune enfant du couple Niaison/Changeat, et pour cause... Sa naissance fut postérieure au décès de son père Jean Pierre Niaison (53 ans), époux d'Anne Changeat, décès survenu le 28/08/1809 à Davézieux.

Antoine est né à Bozas parce que sa mère, une fois veuve, est retournée vivre dans sa commune natale, mais ses frères et sœurs plus âgés ont vu le jour à Davézieux :
- La naissance la plus récente fut celle de Joseph, fils de Jean Pierre Niaison (46 ans) et Anne Changeat, le 25/03/1806.
- La naissance la plus ancienne fut celle de Catherine, fille de Pierre Niezon (40 ans) et Anne Changea, le 23/10/1794 (2 brumaire III).

Dans la mesure où j'ai été incapable de localiser l'acte de mariage de Jean Pierre Niaison et Anne Changeat, que ce soit à Bozas ou à Davézieux, il n'est pas possible d'exclure qu'ils aient eu des enfants dans une autre commune avant 1794...

Fort heureusement, parmi les 10 enfants du couple Changeat/Fauritte, nés entre 1752 et 1778 à Bozas, une seule fille portait le prénom qui nous intéresse : Anne, fille d'Antoine Changeat et Anne Forite, née au lieu de Chamberieu le 07/07/1769. De plus, sa date de naissance confirme l'âge déclaré par Anne Changeat dans le recensement de 1836.

Par conséquent, Anne Changeat a vécu jusqu'à l'âge de 96 ans et 102 jours.
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Marie CHIRAUSSEL veuve FOURNIOL (1799-1894) de Coux (Ardèche)

Message par Cyril le Jeu 2 Nov 2017 - 16:43

D'après son acte de décès, Marie Chiraussel, 100 ans, née à Pranles, fille de Pierre Chiraussel et Jeanne Gounon, veuve de Louis Fourniol, est décédée le 23/12/1894 à Prachy, dans la commune de Coux. Le premier comparant était son fils Jacques Louis Fourniol (59 ans), du même lieu.

Notre présumée centenaire était veuve depuis le 18/04/1860, date du décès à Coux de Louis Fourniol (68 ans), fils de Jacques Fourniol et Marie Defaud, époux de Marie Chirossel (68 ans).

Leur acte de mariage, daté du 10/04/1837 à Coux, témoigne de l'union de Louis Fourniol (41 ans, né à Lyas), fils de feus Jacques Fourniol et Marie Défaud, avec Jeanne Chiraussel (36 ans, née à Pranles), fille de feus Jean Chiraussel et Jeanne Gounon. La confusion entre les prénoms "Marie" et "Jeanne" ne va pas simplifier les recherches...

Les actes relatifs aux enfants du couple Fourniol/Chiraussel laissent libre cours à cette confusion :
1) Jacques Louis, né le 26/08/1836 à Coux, fils naturel de Marie Chiraussel, a été légitimé dans l'acte de mariage de ses parents, où sa mère est prénommée Jeanne.
2) Pierre, né le 21/09/1837 à Coux, a été déclaré comme fils de Louis Fourniol (45 ans) et Marie Chiraussel (42 ans).
3) Jeanne Marie Louise, née le 11/12/1839 à Coux, fille de Louis Fourniol (43 ans) et Jeanne Chiraussel (38 ans), a épousé Antoine Blayn le 07/02/1861 à Coux sous le nom de Marie Louise Fourniol (21 ans, née à Coux), fille de feu Louis Fourniol et vivante Jeanne Chiraussel.

Le mariage des parents de Marie/Jeanne a été célébré le 10/03/1798 (20 ventôse VI) à Pranles. Jean Chirauceul (23 ans), fils de Jean François Chirauceul et Marie Graujanne, a ainsi épousé Jeanne Gounon (22 ans), fille de Jean Gounon et Marie Charbonnier.

Dans la descendance du couple Chiraussel/Gounon, on découvre avec stupeur deux Jeanne, mais pas de Marie :
- Jeanne, née le 27/03/1799 (7 germinal VII) à Pranles, fille de Jean Chiraucheul et Jeanne Gounon
- Jeanne, née le 12/08/1800 (24 thermidor VIII) à Pranles, fille de Jean Chirochel et Jeanne Gounon

Aucune des deux Jeanne ne semble être décédée en bas âge. En réalité, l'une est notre présumée centenaire (qui, par la force des choses, n'était donc que nonagénaire), tandis que l'autre :
1) a épousé Jean Pierre Aubert le 27/09/1821 à Pranles en tant que Jeanne Chiraussel (21 ans, née à Pranles), fille de Jean Chiraussel et de feue Jeanne Gounon ;
2) a donné naissance à 6 enfants (Rosalie le 11/07/1822, Marie le 19/01/1824, Louis le 08/06/1826, Jean Pierre le 27/03/1831, Ellizabeth le 10/03/1834 et Jacques Cazimir le 11/02/1837) à Pranles, en utilisant systématiquement le prénom "Jeanne" ;
3) se faisait toujours appeler Jeanne au moment du mariage de son plus jeune fils le 08/10/1861 à Privas, étant désormais veuve et domiciliée dans cette commune ;
4) est décédée le 27/07/1885 à l'asile des vieillards de Privas, sous le nom de Jeanne Chiroussel (84 ans), veuve de Jean Pierre Aubert et mère de Cazimir Aubert (48 ans).

Vus les âges déclarés sur les actes de naissance de ses 3 derniers enfants (31 ans en 1831, 33 ans en 1834, 35 ans en 1837) et son acte de décès (84 ans en 1885), on peut raisonnablement supposer que Jeanne Chiraussel épouse Aubert était la cadette, née en août 1800. Les âges déclarés par celle que je considère être sa sœur aînée, Jeanne dite Marie Chiraussel épouse Fourniol, étaient plus chaotiques. On peut penser qu'elle connaissait moins bien sa date de naissance et surtout, qu'ayant un prénom usuel différent de celui porté sur son acte de naissance, cela a pu perturber les éventuelles vérifications opérées par les officiers d'état-civil...

Le graphique ci-dessous permet de mieux visualiser la situation. Les losanges rouges correspondent à Jeanne/Marie Fourniol, les bleus à Jeanne Aubert, et les carrés violets (à gauche) matérialisent les 2 actes de naissance "concurrents" :


On voit facilement que le seul document selon lequel l'âge de Jeanne Aubert est plus proche de l'acte de naissance de 1799 que de celui de 1800 (d'un cheveu) est celui de son fils Jean Pierre en mars 1831. Par conséquent, même si l'on ne peut pas se fier aux âges déclarés par Jeanne/Marie Fourniol, force est de reconnaître que l'acte de naissance de 1800 avait de très grandes chances d'appartenir à sa sœur.

J'en conclus que Jeanne dite Marie Chiraussel est née le 27/03/1799, ce qui lui donne un âge de 95 ans et 271 jours à son décès.
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Jeanne DELHOMME veuve BILHE (1709-1794) d'Ozon (Ardèche)

Message par Cyril le Mer 1 Nov 2017 - 14:46

D'après son acte de décès, Jeanne Delhomme, âgée d'environ 100 ans, est décédée le 19/07/1794 (1er thermidor II) au lieu de Ponchon, dans la commune d'Ozon. Le décès a été déclaré par son fils Jean Bilhe (environ 60 ans) et le fils de ce dernier, Jean Bilhe (environ 29 ans), du même lieu.

Il manque donc à la fois la filiation et le nom du conjoint de Jeanne Delhomme... Cette seconde lacune est heureusement palliée par l'acte de décès de son fils : Jean Bilhe (75 ans), fils de feus Jean Bilhe et Jeanne Delhome, est décédé le 31/08/1810 au lieu de Ponchon à Ozon. Jean Bilhe 3ème du nom n'a pas survécu longtemps à son père, puisqu'il a rendu l'âme à l'âge déclaré de 52 ans le 28/11/1814, toujours au lieu de Ponchon à Ozon. On apprend dans l'acte que sa mère Marianne Dechaux lui a survécu. En effet, celle-ci n'a trépassé que le 06/05/1823, au même endroit que son fils, son mari et sa belle-mère. Elle était âgée de 80 ans et ses parents s'appelaient Jean Dechaux et Antoinette Blachon.

Grâce à ces informations, il est possible de remonter au mariage du fils de notre centenaire potentielle. Dans le registre paroissial d'Ardoix, à la date du 28/08/1764, est enregistrée la bénédiction nuptiale de Jean Bilhe (fils de feu Jean Bilhe et de vivante Jeanne Delosme), habitant de Ponchon dans la paroisse d'Ozon, avec Marianne Deschaux (fille de feu Jean Deschaux et de vivante Antoinette Blachon), habitante des Mures dans la paroisse d'Ardoix.

Ceci fait, on peut se lancer dans le recensement des enfants du couple Bilhe/Delhomme, tous nés au lieu de Ponchon dans la paroisse d'Ozon, laquelle était à l'époque une paroisse déléguée d'Eclassan :
1) Marianne, fille de Jean Bille et Jeanne Delome, baptisée le 07/10/1731
2) Marguerite, fille de Jean Bilhe et Jeanne Delome, baptisée le 06/01/1733 [son parrain était Jean Delome du lieu de Fourel dans la paroisse d'Etables]
3) Jean, fils de Jean Bilhe et Jane Delome, né le 10/12/1734 [sa marraine était sa tante Marie Delome de la paroisse d'Etables]
4) Caterine, fille de Jean Bille et Jeanne Delaume, née le 23/10/1737
5) Marianne, fille de Jean Billard et Jeanne Delaume, née le 26/11/1739 [son parrain était Pierre Delaume de la paroisse d'Etables]
6) Claudine, fille de Jean Bilhe et Jeanne Delaume, née le 12/08/1742
7) Anne, fille de Jean Bille et Jeanne Delaume, née le 25/01/1745 (et décédée mi mai 1745)
8) Jeanne, fille de Jean Bille et Jeanne Delaume, née le 26/06/1746 (et décédée fin octobre 1748)
9) Henri, fils de Jean Bilhe et Jeane Delolme, baptisé le 19/11/1749

Jean, le futur époux de Marianne Deschaux, était donc le 3ème de la fratrie. Son père Jean Bilhe est effectivement décédé avant de le voir marié, le 04/01/1756 au lieu du Ponchon, à l'âge d'environ 49 ans (donc né vers 1707).

Le fait que les trois Delome qui sont devenus parrains ou marraine des enfants de Jeanne aient été domiciliés à Etables indiquent qu'elle était probablement elle-même originaire de cette paroisse. En l'occurrence, c'est bien à Etables qu'a été célébré le mariage de Jean Bille, paroissien d'Eclassan, avec Jeanne Delosme, paroissienne d'Etables. Le fait que l'acte ne précise pas les âges des époux et, pire, qu'il soit non filiatif, ont été de sérieux obstacles dans ma recherche. Tout au plus sait-on que parmi les témoins se trouvaient :
- Pierre Delosme, oncle de l'épouse
- Christofle Champet, son cousin

Heureusement, ledit cousin est facile à retrouver. Christofle Champet, fils de Jean Champet et Marie Delosme, est né le 01/03/1701 à Etables. Il a passé sa vie dans la paroisse, puisqu'il s'y est marié le 02/11/1723 avec Margueritte Pleiné, et que ses enfants y ont ensuite vu le jour.

J'ai logiquement supposé que notre Jeanne Delhomme était sa cousine germaine et que, par voie de conséquence, Marie Delosme épouse Champet était sa tante. Malheureusement, si les grands-parents maternels de Christofle Champet ont eu pléthore de petites-filles nommées Jeanne Delosme (j'en ai dénombré 6, probablement en hommage à la matriarche de la famille, Jeanne Montaignon veuve Delosme), la plus jeune d'entre elles est née le 21/12/1694. Il s'agissait de la fille de Christofle Delosme, l'oncle et parrain de Christofle Champet. Cette Jeanne Delosme était née à Saint-Romain-d'Ay de Marie Chièze, la seconde épouse de son père, laquelle est décédée en 1701, après quoi son père s'est remarié, installé à Etables, puis à Quintenas, et a perdu la vie en 1709 à Eclassan. Elle aurait fait une bonne candidate, si seulement cela n'avait pas impliqué une grossesse menée à terme à l'aube de ses 55 ans...

Christofle Champet n'était donc pas le cousin germain de Jeanne Delhomme, mais cela ne l'empêchait pas d'être son cousin quand même ! Par ailleurs, la formulation de l'acte de mariage est ambiguë, puisqu'elle peut aussi bien signifier que ledit Christofle était le cousin de Pierre Delosme, l'oncle de la mariée. Ces deux analyses sont équivalentes et m'ont conduit à descendre d'une génération, pour vérifier si Jeanne Delhomme pouvait être la fille d'un cousin germain de Christofle Champet. Et en effet, j'ai réussi à reconstituer l'arbre généalogique suivant :

Jean Delosme
x Jeanne Montaignon (v.1612-1676)
|
|_ _ Marie Delosme
|      x (1688) Jean Champet
|      |
|      |_ _ Christofle Champet (1701-?)
|             x (1723) Margueritte Pleiné
|
|_ _ Jean Delosme (v.1639-1715)
      x (1er mariage) Catherine Pailla (v.1642-1682)
      |
      |_ _ Jean Delosme (?-1733)
      |      x (1699) Marianne Perrin
      |      |
      |      |_ _ Jeanne Delosme (1709-?)
      |      |
      |      |_ _ Jean Delosme (1712-?)
      |      |      x (1735) Jeanne Chiese
      |      |
      |      |_ _ Marie Delosme
      |             x (1740) André Reynaud
      |
      |_ _ Pierre Delosme (v.1679-1744)
      |
      x (2ème mariage) Marie Berne (v.1653-1733)
      |
      |_ _ Pierre Delosme (1696-?)
             x (1730) Jeanne Balayn

La personne inscrite en gras au milieu de cet arbre, Jeanne Delosme, baptisée le 17/05/1709 à Quintenas, fille de Jean Delosme et Marianne Perrin, est la candidate idéale :
- Son père était un cousin germain de Christofle Champet, mais elle n'avait que 8 ans de moins que lui, donc il aurait pu être plus proche de Jeanne que de son père (qui avait au moins 20 ans de plus que lui) et la considérer comme étant de la même génération que lui.
- Elle avait une sœur prénommée Marie qui vivait à Etables, avant comme après son mariage.
- Jean Delosme, le parrain de sa fille Marguerite en 1733, pourrait avoir été son frère Jean, lequel vivait justement au lieu de Fourel à Etables.
- Elle avait 2 oncles appelés Pierre Delosme qui vivaient à Etables, le plus jeune étant le demi-frère et filleul du plus âgé.
- Pierre Delosme, le parrain de sa fille Marianne en 1739, pourrait avoir été l'un d'entre eux. Je pense notamment au plus jeune, qui n'avait que 13 ans de plus que sa nièce et s'était marié la même année qu'elle. Ils avaient d'ailleurs un lien généalogique particulier, puisque le père de Pierre était le grand-père paternel de Jeanne, tandis que la mère de Pierre était la grand-mère maternelle de Jeanne.
- Jeanne Delosme a vraisemblablement vécu à Etables dès l'âge de 6 ou 7 ans, car après le décès de son grand-père paternel à Quintenas en 1715, tout indique que ses parents et Marie Berne (la veuve de son grand-père) ont rapidement déménagé à Etables, où Jeanne s'est mariée en 1730.
- Aucun des actes de décès mettant en scène une Jeanne Delosme à Etables ou dans les communes alentour ne semble pouvoir lui correspondre.
- Elle aurait un âge cohérent avec sa vie de famille : mariée à 21 ans avec un homme d'environ 2 ans son aîné, et mère à 9 reprises entre 22 et 40 ans.

Notons que cette Jeanne Delosme née en 1709 semble avoir été la seule à s'appeler ainsi dans sa génération, en contraste total avec la précédente. Un effet ras-le-bol, peut-être ?

Même si ma démonstration n'est pas scientifiquement inattaquable, j'ai poussé les investigations le plus loin possible et je crois avoir mis le doigt sur la bonne personne. Il est dommage que l'âge de Jeanne Delhomme ne soit indiqué sur aucun document (autre que son acte de décès) et que sa filiation ne soit jamais citée. Peut-être aurons-nous un jour accès à son éventuel contrat de mariage, ce qui permettra de mettre ma perspicacité à l'épreuve !

D'ici là, je conclus que Jeanne Delhomme veuve Bilhe était née le 17/05/1709 (à un jour près) et est donc décédée à l'âge de 85 ans et 63 jours seulement.

PS : Au cours de mes investigations sur Jeanne Delhomme, je suis tombé sur un acte particulièrement insolite, que je voulais partager avec vous, même s'il n'a pas le moindre rapport avec la longévité. "Le 5e fev(rie)r 1747 Alban Forel campanier à Eclassan, auquel je dis de maccompagner le lendemain 6e fev(rie)r pour porter le St viatique et l extremonction au vieux Clemenson aagé de 80 ans, me repondit avec beaucoup dinsolence que sil luy plaisoit il y iroit mais que sil ne lui plaisoit pas il ny iroit pas. Cette reponse m'a été faite en p(rése)nce de Jean Revirand dit Broc le pere et de Charles Revirand du lieu de Beraud". Le bon curé était si excédé par l'outrecuidance de son sonneur de cloches qu'il a consigné cet épisode honteux sous une forme quasi officielle dans le registre paroissial et que, 270 ans plus tard, on en parle encore !
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Thérèse RICHARD veuve GIBERT (1808-1899) de Lavillatte (Ardèche)

Message par Cyril le Mar 31 Oct 2017 - 13:58

D'après son acte de décès, Thérèse Richard, 100 ans, née à Mazan, fille des défunts Claude Richard et Marie Cheyte (autrefois domiciliés à Lanarce), veuve de Claude Gibert, est décédée le 07/01/1899 à Lacombe, dans la commune de Lavillatte. Le premier comparant était son petit-fils Auguste Gibert, 30 ans, domicilié audit Lacombe.

Le petit-fils en question était né le 20/11/1867 à Lacombe, mais dans la commune de Lavillatte [dont Mazan est restée limitrophe jusqu'en 1899]. Ses prénoms officiels étaient Augustin Antoine Claude et il était le fils d'Antoine Gibert (32 ans) et Rosalie Mathieu (24 ans), qui se sont mariés le 03/09/1863 à Lavillatte. D'après l'acte, Antoine Gibert (29 ans, né à Lavillatte) était assisté de ses parents Claude Gibert et Thereuse Richard, tous trois étant domiciliés au lieu de Lacombe.

Le décès de Claude Gibert (60 ans), l'époux de notre présumée centenaire, a justement été déclaré par son fils Antoine 4 ans plus tard, le 04/07/1867 à Lavillatte. On y apprend que ses défunts parents, Louis Gibert et Margeuritte Robert, demeuraient à "Peirobeille". Eh oui, ils vivaient tout près de ce triste lieu qu'était l'Auberge Rouge, à l'époque même des faits, puisque la cinquantaine de voyageurs tués par Pierre Martin, Marie Breisse et leur domestique Jean Rochette l'auraient été entre 1805 et 1831. Pour la petite histoire, les seuls actes d'état-civil relatifs aux époux Martin qui sont parvenus jusqu'à nous sont leurs actes de décès : Pierre Martin dit Pierre de Blanc (60 ans) et Marie Breisse (54 ans) sont décédés le 02/10/1833 à midi, au lieu de Peyrebeille dans la commune de Lanarce, aux confins des communes de Lavillatte et Mazan. Les actes ne précisent pas la filiation des époux Martin, une omission qui fut peut-être volontaire, si l'on considère que leurs actes de baptême et de mariage auraient été arrachés des registres. Le détail qui tue : bien que l'acte de décès de Pierre ait été rédigé avant celui de Marie, elle a probablement été guillotinée la première, puisqu'elle est dite "épouse de Pierre Martin" alors que lui était "veuf de Marie Breisse". Honneur aux dames ! Aujourd'hui, étant donnés le contexte historique de l'époque et ce que l'on sait du déroulement douteux du procès, la culpabilité réelle du couple Martin est remise en question par certains historiens. Mais il sera difficile de faire la lumière sur cette affaire, car de nombreuses pièces du dossier judiciaire ont disparu des archives...


Après cette parenthèse un peu sordide, revenons à nos moutons et étudions quelques documents qui citent l'âge de Thérèse Richard :
- Le recensement de 1886 à Lavillatte indique que Thérèse Richard veuve Gibert (80 ans) vivait alors chez Marie Belin veuve Benoit (68 ans).
- L'acte de naissance d'Antoine Gibert, né le 07/06/1834 à Lavillatte, précise que ses parents Claude Gibert et Therese Richard étaient respectivement âgés de 37 et 29 ans.
- Le 15/02/1830 à Lanarce, un acte de mariage a scellé l'union de Claude Gibert (23 ans, né et domicilié à Peirobeille dans la commune de Lanarce), fils de feu Louis Gibert et de vivante Margeurite Robert, avec Treize Richar (20 ans, née au mas de Banne dans la commune de Mazan), domiciliée chez ses parents Claude Richar et Marie Ceyte à Peirobeille.

Ces trois documents permettent de circonscrire l'année de naissance de Thérèse Richard à la période 1805-1810. Un acte vient le confirmer, même s'il ne relève pas de la commune de Mazan : Therese Richard, fille de Claude Richard (45 ans) et Marie Ceyte, est née le 29/02/1808 à Mayres, au lieu de "Narsse Fouliouse". Or, Narce Fouliouse, qui fait aujourd'hui partie de la commune d'Astet [créée par démembrement de Mayres en 1907], est justement limitrophe du lieu-dit Banne à Mazan-l'Abbaye. C.Q.F.D.

Par conséquent, Thérèse Richard a vécu jusqu'à l'âge de 90 ans et 313 jours.
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Marie Henriette CHANNAC veuve DIVOL (1764-1859) de Beaulieu (Ardèche)

Message par Cyril le Lun 30 Oct 2017 - 14:55

D'après son acte de décès, Marie Henriette Channac, 100 ans, fille de Jean Baptiste Channac et Marie Suzanne Rey (autrefois domiciliés à Berrias), veuve de Jean Baptiste Divol, est décédée le 13/01/1859 au lieu des Divols, dans la commune de Beaulieu. Le premier comparant était son fils âgé de 65 ans (dont le prénom n'a pas été inscrit), également domicilié aux Divols. D'après la table des successions et des absences, il se serait appelé Jean Baptiste Divol, comme son défunt père.

Les recensements de Beaulieu confirment le prénom du fils et indiquent qu'il habitait avec sa mère :
- En 1856, Henriette Channac (92 ans, veuve) vivait à Divol chez son fils Jean Baptiste Divol (62 ans) et sa femme Pauline Desboulet (55 ans), avec leur fils Benjamin (32 ans), un domestique et un berger.
- En 1851, Henriette Divol (88 ans, veuve) vivait aux Divols avec Jean Baptiste Divol (55 ans) et sa femme Pauline de Boulet (43 ans), ainsi que leur fils Benjamin (25 ans), un domestique et un berger.

L'acte de mariage de Jean Baptiste Divol (25 ans) avec Marie Threze Poline Emilie Desboullestz (19 ans), daté du 08/02/1820 à Saint-André-de-Cruzières, nous apprend que le marié était natif du lieu des Divols à Beaulieu et que son père Jean Baptiste Divol était déjà décédé, contrairement à sa mère Marie Henriette Channac.

C'est effectivement aux Divols de Beaulieu que le couple Divol/Channac a déclaré la naissance de ses 5 enfants :
1) Jean Louis, né le 26/02/1797 (8 ventôse V), fils de Jean Baptiste Divol (35 ans) et Marie Hanriette Channac
2) Jean Baptiste Maurice, né le 27/02/1799 (9 ventôse VII), fils de Jean Baptiste Divol (36 ans) et Marie Enriette Channac
3) Jean Baptiste, né le 14/05/1801 (24 floréal IX), fils de Jean Baptiste Divol et Enriete Channac
4) Jean Baptiste Auguste, né le 07/11/1804 (16 brumaire XIII), fils de Jean Baptiste Divol et Anriete Channat
5) Marie Jullie, née le 13/08/1807, fille de Jean Baptiste Divols (45 ans) et Hanriete Channac

Jean Baptiste père est finalement décédé le 25/07/1813 aux Divols de Beaulieu, à l'âge déclaré de 52 ans. Ses défunts parents Louis Divols et Rose Boissel demeuraient déjà de leur vivant au lieu des Divols. La table des successions et des absences confirme que son épouse Marie Henriette Channac et leurs 5 enfants (Jean Baptiste, Jean Louis Lacombe, Joseph Maurice, Auguste et Marie Julie) lui ont survécu, même si leurs prénoms ont été quelque peu modifiés depuis leur naissance, certainement pour éviter les confusions entre les trois Jean Baptiste.

Même en connaissant la paroisse d'origine de chacun des époux (Beaulieu pour monsieur et Berrias pour madame), et malgré que les actes de naissance de leurs enfants précisent qu'ils sont unis en "légitime mariage", l'acte de mariage reste introuvable. Par conséquent, les documents les plus anciens qui mentionnent l'âge de Marie Henriette Channac sont les recensements (extrêmement tardifs) de 1851 et 1856, selon lesquels elle aurait vu le jour vers 1763-1764...

Ses parents Jean Baptiste Channac (décédé le 05/05/1807 à la Rouveirolle dans la commune de Berrias, à l'âge de 77 ans) et Marie Suzanne Rey (décédée le 19/11/1815 au même endroit, à l'âge de 73 ans), s'étaient unis le 27/01/1761 à Berrias. Jean Baptiste Channac, avocat en Parlement, fils d'Antoine Channac et de feue Marguerite Thibon, habitait au lieu des Tournaires à Berrias, tandis que Suzanne Rey, fille de Jean Rey et Marie Toure, habitait au lieu de la Rouveirole à Berrias. Si l'on se fie aux âges indiqués sur leurs actes de décès, ils auraient respectivement eu 31 ans et 19 ans au moment de leur mariage.

Ce mariage a vu naître 8 enfants dans la paroisse de Berrias, au lieu-dit la Rouveyrolle :
1) Marie, née le 26/04/1762, fille de Jean Baptiste Channac (avocat en Parlement) et Susanne Ray
2) Suzanne Henriete, baptisée le 08/06/1764, fille de Jean Baptiste Channac et Suzanne Rey
3) Agathe Anne, née le 21/01/1767, fille de Jean Baptiste Channac (avocat en Parlement) et Suzanne Rei
4) Jean Marie Antoine, baptisé le 12/02/1770, fils de Jean Baptiste Channac (avocat en Parlement) et Suzanne Rey
5) Marie Rosalye, baptisée le 19/11/1772, fille de Jean Baptiste Channac (avocat en Parlement) et Suzanne Rey [dont la marraine, qui a signé d'une écriture impeccable "marie therese channac", était sa sœur "demoiselle Threse Marie Channac", que je suppose fortement être l'aînée de la famille, Marie, née en 1762]
6) Marie, baptisée le 20/03/1774, fille de Jean Baptiste Channac et Susanne Rey
7) Jean Baptiste Bonaventure, baptisé le 10/05/1778, fils de Jean Baptiste Channac (avocat en Parlement) et Suzanne Rey [dont la marraine était sa sœur Marie Agate Channac, c'est-à-dire manifestement Agathe Anne, née en 1767]
8) Joseph Honoré Saint Angé, né le 03/02/1787, fils de Jean Baptiste Channac (avocat) et Susanne Rey [dont la marraine était sa sœur "demoiselle Marie Henriette", qui a signé "henriete channac" exactement de la même écriture qu'au bas de l'acte de mariage de son fils en 1820]

A ce stade des recherches, on peut encore hésiter entre deux actes de baptême :
- Celui de Suzanne Henriete Channac (née en 1764), laquelle aurait pu abandonner le prénom "Suzanne" tout en utilisant de temps à autre un classique "Marie" en bonus, et aurait fort bien pu accoucher de sa plus jeune fille à l'âge de 43 ans
- Celui de Marie (née en 1774), laquelle aurait pu récupérer le prénom "Henriete" d'une sœur aînée potentiellement décédée même s'il est peu probable que je sois passé à côté, et aurait parfaitement pu assumer un rôle de marraine à l'aube de ses 13 ans

La réponse se trouve dans le registre des mariages de la commune de Berrias : le 03/02/1807, Jean Victor Marron (29 ans) y a épousé une certaine Anne Marie Channac (33 ans, née et domiciliée à la Rouveirolle à Berrias), fille de Jean Baptiste Channac et Marie Suzanne Rey. L'âge de la mariée correspond exactement à celui de Marie Channac, née en 1774. Ce ne saurait être qu'elle !

En fin de compte, les âges indiqués par Marie Henriette Channac lors des recensements de 1851 et 1856 étaient proches de la réalité. Elle est donc née sous le nom de Suzanne Henriete Channac le 08/06/1764 (à un jour près) et a atteint l'âge de 94 ans et 219 jours.
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Jean André EXBRAYAT (1776-1869) d'Annonay (Ardèche)

Message par Cyril le Dim 29 Oct 2017 - 14:59

D'après son acte de décès, Jean André Exbrayat, 101 ans, né à Araules (Haute-Loire), fils d'André Exbrayat et Anne Argaud, veuf de Marie Thérèse Nouvet, est décédé le 09/02/1869 à Annonay, place du Champ. Le premier comparant était son fils Jean Exbrayat, 62 ans, cabaretier à Annonay.

Vingt-deux années plus tôt, c'est un autre de leurs fils, Jean Mathieu Exbrayat (34 ans, forgeron à Annonay), qui a déclaré le décès de Marie Thérèse Nouvet, 67 ans, fille de Pierre Nouvet et Jeanne Izabeau Jential, épouse de Jean André Exbrayat, décès survenu le 02/08/1847 à Annonay, rue de Tournon.

Les actes de mariage des deux frères permettent de situer précisément l'époque à laquelle le couple Exbrayat/Nouvet a quitté la Haute-Loire pour l'Ardèche :
- Le 21/07/1843, quand Jean Exbrayat (35 ans, né à Araules) a épousé Anne Grand dans la commune ardéchoise de Saint-Agrève, ses parents Jean André Exbrayat et Marie Thereze Nouvet habitaient encore à Araules.
- Le 15/01/1845, quand Jean Mathieu Exbrayat (31 ans, né à Araules) s'est uni à Louise Ponsonnet dans la commune ardéchoise de Roiffieux, ses parents Jean André Exbrayat et Marie Nouvet avaient déjà déménagé à Annonay.

C'est donc à Araules qu'est née toute la progéniture de notre présumé centenaire, dont Jean le 05/08/1808 et Jean Mathieu le 20/09/1813. Cependant, seuls les actes de naissance de ses plus jeunes enfants mentionnent l'âge de Jean André Exbrayat, qui était plus jeune que prévu, puisqu'il avait :
- 43 ans à la naissance de Jean Louis Exbrayad le 05/03/1824
- 47 ans à la naissance d'Elizabeth Exbrayat le 21/03/1827
- 49 ans à la naissance de Marianne Exbrayad le 23/10/1829

Par chance, son acte de mariage, daté du 24/10/1805 (2 brumaire XIV) à Araules, donne sa date de naissance exacte. Ainsi, lorsque Jean André Exbrayat, fils d'Andre Exbrayat et Anne Argaut, s'est marié avec Marie Thereze Nouvet, fille de Pierre Nouvet et Isabeau Gential, a déclaré être né le 27/09/1776 au lieu du Coufi dans la commune d'Araules.

Même muni de ces renseignements très précis, j'ai échoué à localiser l'acte de baptême de Jean André Exbrayat, de même que ceux de ses éventuels frères et sœurs... Et pour cause ! Leurs parents étaient protestants. Les registres "du désert" n'ayant pas été numérisés par les archives départementales de la Haute-Loire, il faudra se contenter de la date indiquée dans l'acte de mariage. Cette date est toutefois confirmée par la déclaration qu'André Exbraya (45 ans) et Anne Argaud (45 ans) ont faite le 01/12/1788 au curé d'Araules, conformément à l'Edit de Tolérance de 1787, selon laquelle ils étaient mariés et parents de 7 enfants au lieu du Coufy :
1) Jeanne Izabeau (22 ans)
2) Jeanne (19 ans)
3) Pierre (16 ans)
4) Jean André (12 ans) [donc effectivement né vers 1776]
5) Marie (10 ans)
6) Jean François (7 ans)
7) Jean Louis (18 mois)

J'en conclus que Jean André Exbrayat est né le 27/09/1776 à Araules et a vécu jusqu'à l'âge de 92 ans et 135 jours.
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Barthélémy OCTRU (1778-1868) de St-Alban-d'Ay (Ardèche)

Message par Cyril le Sam 28 Oct 2017 - 13:39

D'après son acte de décès, Barthelemy Octru, 100 ans, époux de Marie Ramier, est décédé le 22/12/1868 au lieu-dit Romanieux dans la commune de Saint-Alban-d'Ay, où vivaient autrefois ses parents Jean Pierre Octru et Marie Anne Trouiller.

Marie Ramier, qui a survécu à son (présumé) centenaire de mari pendant une décennie, n'avait que 75 ans lorsqu'elle a perdu la vie le 14/09/1878 à Saint-Alban-d'Ay. C'est sous le nom de Marie Magdeleine Ramier et à l'âge de 33 ans, le 19/05/1836 à Saint-Alban-d'Ay, qu'elle avait épousé Barthelemi Octrue (fils de feus Claude Octrue [au lieu de "Jean Pierre"] et Marie Anne Troullier). Le promis était son aîné d'un quart de siècle, puisqu'il était né le 28/10/1778 à Saint-Alban-d'Ay selon l'acte de mariage, lequel précise également qu'il était veuf d'Anne Gache.

Ladite Anne Gache était décédée 6 mois plus tôt, le 02/11/1835 à Saint-Alban-d'Ay, à l'âge déclaré de 58 ans. Il s'en est fallu de peu qu'elle puisse fêter ses 20 ans de mariage, vu qu'elle s'était unie à Barthelemy Octrue (38 ans, né à Saint-Alban-d'Ay), fils de feus Claude Octrue et Marie Anne Troullier, le 26/02/1816 à Satillieu. Là encore, on découvre que le jeune marié était déjà veuf, cette fois-ci de Marie-Anne Vialette.

L'acte de décès de cette dernière indique que Marianne Vialette, femme de Barthelemy Octrue, avait 40 ans lorsqu'elle a perdu la vie, le 10/05/1814 à Satillieu. Le mariage précédent, daté du 05/07/1808 à Satillieu, scelle enfin la première union de Barthelemy Octrue (29 ans, né à Saint-Alban-d'Ay), fils de feus Claude Octrue et Marianne Troulier, avec Marianne Margueritte Vialette (30 ans).

Les âges revendiqués par Barthélémy Octru lors de ses deux premiers mariages sont cohérents avec la date de naissance citée lors du troisième. Dès lors, c'est un jeu d'enfant que de mettre la main sur l'acte de baptême de Barthelemi Octrue, fils de Claude Octrue et Marianne Trouillier, effectivement né le 28/10/1778 à Saint-Alban-d'Ay.

Barthélémy Octru était donc âgé de 90 ans et 55 jours à son décès.
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Joseph ELIE (v.1789-1885) de Satillieu (Ardèche)

Message par Cyril le Ven 27 Oct 2017 - 15:03

D'après son acte de décès, Joseph Elie, 100 ans, né à Annonay, fils de feu Joseph Elie, veuf de Marie Anne Perriol, est décédé le 27/08/1885 à Satillieu. Le premier comparant était son petit-fils Joseph Elie, 34 ans, également habitant de Satillieu.

L'acte de naissance du petit-fils en question nous apprend que Joseph Eli, fils de Joseph Eli (31 ans) et Rose Roche (34 ans), est né le 11/12/1848 à Satillieu. Une petite minute... Joseph, fils de Joseph, lui-même fils de Joseph, encore fils de Joseph ? Mais quelle originalité dans cette famille !

L'acte de décès de l'épouse de notre présumé centenaire indique que Marie-Anne Peiriol, 58 ans, fille de feus Antoine Peiriol et Catherine Vercasson, épouse de Joseph Eli (58 ans), est décédée le 01/12/1846 dans sa maison à Satillieu.

Le couple était marié depuis 33 ans, puisque c'est le 01/09/1813 à Satillieu que Joseph Elit (23 ans, né à Annonay), fils du défunt charcutier annonéen Jean Elit [qui a visiblement hérité du prénom "Joseph" à titre posthume] et de sa veuve Catherine Dumas (épouse en seconde noces de Jean Forel), a lié sa destinée à celle de Marie-Anne Peyriol (26 ans, née à Préaux), fille d'Antoine Peyriol et Catherine Vercasson.

De cette union sont nés 4 enfants :
1) Joseph, fils de Joseph Elit (27 ans) et Marie-Anne Peiriol, né le 18/01/1818 à Satillieu
2) Catherine Dorothée, fille de Joseph Elit (30 ans) et Marie-Anne Peiriol, née le 15/10/1819 à Satillieu
3) Marie Reine Eufrasie, fille de Joseph Eli (32 ans) et Marie-Anne Peiriol, née le 11/08/1821 à Satillieu [qui, malgré sa trop courte vie, a accompli l'exploit de décéder à l'âge de "douze jours" seulement 8 jours après sa naissance]
4) Jean Pierre, fils de Joseph Eli et Marie-Anne Peiriol, né le 12/09/1823 à Satillieu

Rédigé le 02/06/1858, l'acte de décès de Joseph [je parle de Joseph, le fils de Joseph et père de Joseph ; on suit dans le fond, il y aura une interrogation écrite Wink] confirme que son père Joseph Elie senior (70 ans) était toujours en vie à Satillieu. Malheureusement pour lui, le 17/01/1878, notre présumé centenaire a aussi perdu de son vivant sa fille Catherine Dorothée Elie épouse Rey, domiciliée à Quintenas.

C'est là que les choses se corsent... L'acte de baptême de Joseph Elie senior est introuvable dans les registres paroissiaux d'Annonay (pas plus que dans les environs), lesquels ne livrent que des bribes sur la composition de sa fratrie :
1) L'acte de sépulture de Claude, fille du charcutier Jean Heli et de Catherine Dumas, décédée le 21/09/1786 à Annonay, âgée de 25 mois, suggère qu'elle serait née vers août 1784.
2) L'acte de baptême de Jean Antoine, fils du marchand Jean Elly et de Catherinne Dumas, situe sa naissance au 27/05/1786 à Annonay.
3) L'acte de baptême de Jean André, fils du charcutier Jean Heli et de Catherine Dumas, situe sa naissance au 06/05/1787 à Annonay.

Les âges relevés dans les actes d'état-civil collectés permettent d'établir le graphique ci-dessous :


Manifestement, Joseph est né après Claude, Jean Antoine et Jean André, donc pas avant 1788. Sachant que sa mère Catherine Dumas, "veuve de Jean Eli" (dont je n'ai malheureusement pas découvert la date de décès), s'est remariée avec Jean Forel le 11/08/1791 à Annonay, Joseph ne peut pas non plus être né après 1791.

Je conclus de ce qui précède que Joseph Elie est né aux alentours de 1789 et qu'il avait environ 96 ans à son décès.
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Jacques SEVENIER (1807-1892) de Fabras (Ardèche)

Message par Cyril le Jeu 26 Oct 2017 - 13:19

D'après son acte de décès, Jacques Sévenier, 100 ans, né à Fabras, fils de Louis Sévenier et Catherine Derocles, veuf de Marianne Escalier, est décédé le 15/12/1892 au pont de la Vigne, dans la commune de Fabras.

Je n'ai pas pu localiser l'acte de décès de Marianne Escalier, mais il apparaît qu'elle et son mari, bien qu'ayant toujours vécu maritalement dans la commune de Fabras au lieu-dit Combe Chaude, ont déclaré la naissance de leurs 7 enfants en mairie de Jaujac :
1) Marie Rose, née le 20/06/1839, fille de Jacques Philippe Sevenier (32 ans) et Marie Anne Escalier (21 ans)
2) Félicité Salange, née le 18/05/1841, fille de Jacques Philippe Sevenier (41 ans) et Marianne Escalier (22 ans)
3) Rosine, née le 16/07/1843, fille de Jacques Philippe Sevenier (40 ans) et Marianne Escalier (24 ans)
4) Victor, né le 14/06/1845, fils de Jacques Sevenier (40 ans) et Marie Escalier (24 ans)
5) Jean Louis Auguste, né le 10/01/1848, fils de Jacques Philippe Sevenier (46 ans) et Marie Escalier (29 ans)
6) Pierre Achille, né le 19/08/1850, fils de Jacques Philippe Sévinier (46 ans) et Marianne Escalier (30 ans)
7) Victoire Louise, née le 23/01/1854, fille de Jacques Philippe Sévénier (50 ans) et Marianne Escalier (30 ans)

Les âges déclarés par les époux évoluent de façon un peu chaotique (notamment celui de madame, qui ne voulait visiblement pas dépasser les 30 ans), mais l'acte de mariage va nous offrir des estimations plus fiables. Le 06/06/1838, c'est à Jaujac, pays de la mariée, comme le veut l'antique tradition, que se sont unis :
- Jacque Philippe Sevenier, 31 ans, né à Fabras, fils de Louis Sevenier et Catherine Derocles
- Marianne Escalier, 18 ans, née à Jaujac, fille de Jean Escalier et de Rose Vigier

Soudain, un doute m'assaille... L'épouse "junior" de Jacques Sévenier ne lui aurait-elle pas survécu ? Mais oui ! Marianne Escalier, née à Jaujac, fille de Jean Escalier et Rose Vigier, veuve de Jacques Sévigné, n'a finalement trépassé que le 09/02/1900 au lieu-dit Combe Chaude à Fabras, âgée de 83 ans selon son acte de décès. Ce type d'erreurs est monnaie courante !

Quoi qu'il en soit, notre présumé centenaire avait bien 31 ans lorsqu'il s'est marié, puisque d'après son acte de naissance, Jacques Philipe Sevenier, fils de Louis Sevenier (26 ans) et Catherine Derocles, est né le 07/04/1807 à Fabras, au mas de Combe Chaude.

Par conséquent, Jacques Philippe Sévenier a vécu jusqu'à l'âge pas tellement canonique de 85 ans et 252 jours.
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Marie Anne PEIRONEL veuve ALIBERT (v.1779-1874) de St-Symphorien (Lozère)

Message par Cyril le Mer 25 Oct 2017 - 15:01

D'après son acte de décès, Marie Anne Peironel, 100 ans, épouse de Jean Alibert, est décédée le 23/08/1874 à Veirieres, dans la commune de Saint-Symphorien (Lozère). Même si sa situation maritale n'est pas précisée dans son acte de décès, il apparaît que Jean Alibert a rendu l'âme le 10/03/1845 à Veirières, à l'âge déclaré de 68 ans, donc Marie Anne Peironel était veuve.

Leur mariage a été célébré à Saint-Symphorien 40 ans plus tôt, le 25/02/1805 (6 ventôse XIII) : Jean Baptiste Alibert (27 ans, habitant de Saint-Vénérand dans le département de la Haute-Loire) a épousé Marianne Peironel (23 ans, habitante de Veirieres), fille de feu Regis Peironel (mort à Veirieres en l'an IX) et de vivante Marguerite Nauton (âgée d'environ 50 ans).

Le couple Alibert/Peironel a donné naissance à 9 enfants à Saint-Symphorien [on constate une inconstance dans les prénoms du père entre 1806 et 1809] :
1) Marguerite, née le 22/01/1806 à Veirieres, fille de Jean Pierre Alibert (34 ans) et Marianne Peironel
2) Jean Antoine, né le 27/11/1807 à Veyrieres, fils de Jean Alibert (30 ans) et Marianne Peyronnet (29 ans)
3) Jean Pierre, né le 16/10/1809 à Veyrieres, fils de Jean Baptiste Alibert (32 ans) et Marianne Peyronnel (30 ans)
4) Louise, née le 04/06/1813 à Veyrieres, fille de Jean Alibert (37 ans) et Marie Anne Peyronel (35 ans)
5) Marie Agniès, née le 06/02/1817 à Verieres, fille de Jean Aliber (42 ans) et Marie Anne Peironel
6) Jean Joseph, né le 29/05/1819 à Verieres, fils de Jean Aliber (42 ans) et Marie Anne Peironel (38 ans)
7) Marie Anne, née le 23/05/1821 à Verieres, fille de Jean Aliber (36 ans) et Marie Anne Peironel
8) Jean Jacques, né le 10/06/1824 à Veyrieres, fils de Jean Alibert (44 ans) et Marianne Peyronnel
9) Jean Baptiste, né le 10/09/1826 à Veyrieres, fils de Jean Alibert (48 ans) et Marie Anne Peironel

D'après les âges revendiqués dans les actes d'état-civil, il est possible de construire le graphique suivant :


Marie Anne Peironel serait donc née aux alentours de 1779, mais aucun acte de baptême ne vient le confirmer... En fait, bien que les registres paroissiaux de Saint-Symphorien soient complets sur la période qui nous intéresse, seuls les frères et sœurs les plus jeunes de Marie Anne Peironel y sont enregistrés :
- Marguerite, née le 19/01/1785 à Veyrieres, fille de Regis Peyronel et Marguerite Nauton
- Jean Antoine, né le 11/02/1787 à Veyrieres, fils de Regis Peyronel et Marguerite Nauton
- Marianne, née le 25/06/1788 à Veyrieres, fille de Regis Peyronel et Margeuritte Noton
- Jean Antoine, né le 18/11/1790 à Veyrieres, fils de Regis Payronel et Margueritte Noton

Marianne, née en 1788, pourrait-elle être notre présumée centenaire ? C'est peu probable. Elle aurait techniquement (et légalement) pu se marier à l'âge de 16 ans, mais le décalage entre son âge réel et ses âges déclarés en 1805-1819 me semble trop élevé si tôt dans sa vie. De plus, une certaine Marie Peyronel, dont l'âge n'est pas précisé, fille de feu Regis Peyronel et de vivante Marguerite Nauton, a épousé Antoine Peyrilier le 28/10/1812 à Saint-Symphorien... Cerise sur le gâteau, son prénom avait originellement été écrit "Marie Anne" sur l'acte : "Anne" a été rayé à la 8ème ligne mais oublié à la 20ème. Je pense qu'il s'agissait de la petite sœur de Marie Anne Peironel, et qu'elle se faisait appeler "Marie" pour éviter les confusions.

Quant à Marguerite, elle a conservé son nom de baptême pour convoler en justes noces avec Ambroise Aujaulat le 17/01/1815 à Saint-Symphorien, à l'âge déclaré de 32 ans (surestimé de 2 ans).

Avant 1785, impossible de mettre la main sur un acte de baptême ou de mariage qui puisse concerner le couple Peyronel/Nauton, que ce soit à Saint-Symphorien ou dans la quinzaine de paroisses les plus proches, aussi bien en Lozère au sud qu'en Haute-Loire au nord ! Il est possible que j'aie joué de malchance et que, comme son mari, Marie Anne Peyronel soit née à Saint-Vénérand, dont les registres paroissiaux semblent avoir disparu...

Dans tous les cas, il semble acquis que Marie Anne Peyronel n'était pas centenaire. Compte tenu des documents rassemblés, j'estime son âge réel au décès à environ 94 ans.
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Françoise NOYER veuve BOURDON (1785-1873) de Montélimar (Drôme)

Message par Cyril le Mar 24 Oct 2017 - 14:23

D'après son acte de décès, Françoise Noyer, 100 ans, née à Chomérac (Ardèche), veuve d'Etienne Bourdon, est décédée le 26/05/1873 à l'hospice de Montélimar (Drôme).

Les indices sont maigres. La filiation de Françoise Noyer est inconnue, les déclarants du décès ne lui sont pas apparentés, aucun recensement n'est disponible...

A Chomérac, selon un acte de mariage du 30/09/1839, Etienne Bourdon (21 ans, né à Chomérac), fils d'Etienne Bourdon et Françoise Noyer, a épousé Jeanne (18 ans, née à Saint-Vincent-de-Durfort), fille naturelle de feue Suzanne Pagès. Nous retrouvons notre présumée centenaire dans le rôle de la mère du marié. Notons qu'elle a "déclaré sous serment que le lieu du décès et du dernier domicile de son mari lui est inconnu".

La disparition dudit mari a probablement été précoce, car Etienne Bourdon junior était fils unique. D'après son acte de naissance, Etienne Bourdon, fils de Pierre Bourdon (23 ans) et Françoise Noyer, est né le 19/06/1818 à Chomérac. Le prénom du père ne correspond pas, mais la rareté du patronyme "Bourdon" ne laisse aucun doute : il s'agit bien de notre futur disparu.

L'année précédente à Chomérac, le 18/02/1817, Pierre Bourdon (21 ans, né à Chomérac), fils de feu Pierre Bourdon et de vivante Marie Hilaire, avait épousé Françoise Noyer (33 ans, née à Chomérac), fille de Jean Noyer et Catherine Julien.

Mais c'est en réalité à Flaviac, une paroisse limitrophe de Chomérac, qu'a été inscrit l'acte de baptême de Francoise Noyer, fille de Jean Noyer et Catherine Julien. Née le 18/02/1785, elle se serait donc mariée le jour de son 32ème anniversaire, quoique cela ne semble pas lui avoir spécialement porté chance...

J'en conclus que Françoise Noyer a vécu 88 ans et 97 jours.
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Jeanne BRUN épouse ROMIEU (v.1811-1898) de Mazan (Ardèche)

Message par Cyril le Lun 23 Oct 2017 - 15:00

D'après son acte de décès, Jeanne Brun, 100 ans, née à Cros-de-Géorand, fille de Jean Brun et Magdeleine Laurent, épouse de Louis Romieux (76 ans), est décédée le 10/06/1898 à Vernazon, dans la commune de Mazan[-l'Abbaye].

L'écart d'âge avec son mari se réduit singulièrement lorsque celui-ci rend l'âme, moins de 2 ans plus tard. D'après son acte de décès, Louis Romieu, 85 ans, né à Mazan, fils de Joseph Romieu et Marie Giron, "veuf de feue Jeanne Brun âgée de cent ans", est décédé le 01/04/1900 dans le même lieu-dit de Vernazon.

Les recensements trouvés à Mazan semblent confirmer que Jeanne Brun était significativement plus âgée que son mari :
- En 1891, Jeanne Brun (85 ans) vivait au lieu-dit Riouclard avec son époux Louis Romieux (68 ans).
- En 1881, Jeanne Brun (70 ans) vivait au lieu-dit Riouclard avec son époux Louis Romieux (62 ans) et son frère Jean Brun (74 ans).
- En 1876, Jeanne Brun (65 ans, née à Cros-de-Géorand) vivait au lieu-dit Rieuclard avec son époux Louis Romieux (55 ans, né à Lafarre dans le département de la Haute-Loire) et ses frère et sœur célibataires, Jean (70 ans) et Marie Anne Brun (50 ans), nés à Cros-de-Géorand.
- En 1872, Jeanne Brun (60 ans) vivait au lieu-dit Rieuclard avec son époux Louis Romieux (51 ans), son frère Jean Brun (66 ans) et un domestique de 11 ans.
- En 1866, Jeanne Brun (52 ans) vivait au lieu-dit Riouclard avec son époux Louis Romieu (45 ans) et une bergère de 16 ans.

Force est de constater que notre présumée centenaire a subi un vieillissement accéléré, puisqu'elle a pris 48 ans d'âge en l'espace de seulement 32 années civiles !

Jeanne Brun s'est mariée à deux reprises mais semble être restée sans descendance, ce qui est compréhensible étant donné l'âge qu'elle avait lorsqu'elle a fini par convoler :
- Le 28/05/1858 à Mazan, Louis Romieu (35 ans, né à Lafarre en Haute-Loire), fils de feu Joseph Romieu et de vivante Anne Marie Giron, est devenu le second époux de Jeanne Brun (45 ans, née à Cros-de-Géorand), fille de feus Jean Brun (décédé le 02/01/1849) et Magdelaine Laurent (décédée le 29/06/1855), veuve en premières noces d'Antoine Vantalon.
- Le 25/10/1848 à Cros-de-Géorand, Jean Antoine Ventalon (39 ans, né à Mazan) avait déjà épousé Jeanne Brun (40 ans, née à Cros-de-Géorand), fille de vivants Jean Brun et Magdelaine Laurans.

Bizarrement, de tous les enfants qu'ont eu Jean Brun et Magdeleine Laurent, seuls deux possèdent un acte de naissance dans les registres d'état-civil de Cros-de-Géorand (j'ai écumé les communes alentour en pure perte) :
- Rozalie Brun, née le 23/02/1811 au lieu-dit Rochessac, fille de Jean Brun (40 ans) et Magdelene Laurans [Rozalie a épousé Exprit Jean Francois Regis Ollier le 06/09/1840 à Saint-Cirgues-en-Montagne, à l'âge sous-estimé de 26 ans]
- Jean Louis Augustin Brun, né le 03/03/1817 au lieu-dit Rochessac, fils de Jean Brun (44 ans) et Magdelene Laurans

Outre notre présumée centenaire Jeanne Brun, le couple Brun/Laurent a eu au moins 3 enfants supplémentaires :
- Jean, qui a déclaré les décès de ses deux parents et apparaît dans les recensements de 1872-1881 à Mazan, où il est décédé le 01/10/1882 [les âges déclarés au fil de sa vie montrent qu'il serait né entre 1805 et 1810]
- Marie, qui a épousé Jean Taulègne le 22/05/1844 à Cros-de-Géorand, où elle était censée être née 31 ans plus tôt [elle avait 37 ans à la naissance de sa fille Marie Virginie le 05/02/1851 à Cros-de-Géorand, ce qui est cohérent]
- Marie Anne, qui apparaît dans le recensement de 1876 à Mazan, où elle est dite âgée de 50 ans [ce qui est possible, vu que sa mère est censée être née autour de 1779 et aurait donc eu environ 47 ans en 1826]

Les documents collectés sur Jeanne Brun permettent d'établir le graphique suivant, où le trait rouge matérialise la naissance de sa sœur Rozalie avec, en pointillés, l'intervalle de plus ou moins 9 mois dans lequel Jeanne n'a théoriquement pas pu naître (à moins d'avoir été la sœur jumelle de Rozalie) :


Jeanne est-elle née avant Rozalie, comme le suggère son premier acte de mariage, ou après Rozalie, comme semblent l'indiquer son second acte de mariage et le recensement de 1866 ? Peut-elle avoir été la sœur jumelle non déclarée de Rozalie ? J'avoue que cette dernière hypothèse n'a pas mes faveurs, car pourquoi s'embêter à aller déclarer un jumeau en mairie et cacher l'autre ? Certes, on ne peut pas se mettre à la place des gens de l'époque et penser comme eux, mais je suis quand même dubitatif... D'autant plus que les recensements de 1872 à 1881, qui pourraient accréditer cette hypothèse, sont trop tardifs dans la vie de Jeanne Brun pour que les âges déclarés puissent être considérés comme rigoureusement exacts.

Malheureusement, je ne vois pas de moyen convaincant de trancher entre une naissance en 1808-1809 ou 1812-1814 :
- D'un côté, les âges déclarés par Jeanne Brun entre 1858 et 1881 sont relativement cohérents entre eux, donc potentiellement dignes de confiance.
- D'un autre côté, on peut penser que l'âge de Jeanne Brun était plus précis en 1848 parce que, non seulement elle était plus jeune, mais qu'en plus ses parents, les personnes les plus susceptibles de savoir quand elle était née, étaient présents. Et puis, pourquoi se serait-elle vieillie au moment de son premier mariage ? Mystère... Alors qu'inversement, je comprendrais qu'elle se soit rajeunie au moment de son remariage, vu que Louis Romieu était bien plus jeune qu'elle.

Au sujet de Louis Romieu, il faut savoir qu'il est né le 19/08/1823 à Lafarre (Haute-Loire), sous le nom de Jean Louis Celestin Romieu, plus de 6 mois après la mort de son père. Il n'avait qu'un seul frère aîné, Jean Antoine Romieu, né le 10/01/1822 à Salettes (Haute-Loire). Le mariage de leurs parents n'aura duré que 2 ans et 1 jour : leur mère Anne Marie Giron, qui avait épousé Joseph Romieu quelques jours avant son 17ème anniversaire, n'avait pas encore 19 ans quand son mari est mort. La pauvrette a alors regagné le domicile paternel, où elle a donné le jour au futur époux de Jeanne Brun. Donc Louis Romieu avait 74 ans quand il est devenu veuf.

En attendant de peut-être découvrir un jour l'acte de baptême de Jeanne Brun, je ne peux qu'affirmer qu'elle n'a jamais fêté son 100ème anniversaire, puisqu'elle semble être née entre 1808 et 1814. Elle serait donc décédée à un âge compris entre 84 et 90 ans.
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Marguerite CROUZET (1786-1870) d'Annonay (Ardèche)

Message par Cyril le Dim 22 Oct 2017 - 14:31

D'après son acte de décès, Marguerite Crouzet, 103 ans, née à Varagnes [un lieu-dit de la paroisse de Boulieu, aujourd'hui commune de Boulieu-lès-Annonay], est décédée le 24/02/1870 à Annonay.

La table des successions et des absences, qui augmente incidemment son âge de 2 ans, nous en apprend un peu plus sur Marguerite Crouzet. Il s'agit d'une ancienne domestique, célibataire, et la liste de ses héritiers est recopiée dans la colonne prévue à cet effet (ce qui est trop peu souvent le cas à mon goût) :
"Crouzet Anne f. Bouchet sa nièce
les enfants d'Izabeau Crouzet, ses petits neveux
Chavanon André, Henri, Louise et les
enfants de Jean Auguste
légataires universels
Gay Marie Anne et Victorine
les enfants de Jean Crouzet son neveu
Misery Marie, légataires particuliers"


Aucun recensement n'est disponible pour faciliter les recherches. Par ailleurs, bien que j'aie réussi à retrouver la trace de la quasi-totalité des héritiers de Marguerite Crouzet, je ne sais pas dans quelle commune elle a été domestique. Je n'ai donc aucun document de milieu de vie pour étoffer son dossier.

Voici, en résumé, ce que je sais des héritiers de Marguerite Crouzet...

1) Sa nièce Anne Crouzet est née sous le nom de Marie Anne Crouzet (fille de Jean Crouzet et Marie Anne Bouchet) le 29/12/1801 à Annonay. Elle a épousé Jean Bouchet (fils d'André Bouchet et Marie Crouzet) le 13/08/1825 à Annonay. Jean Bouchet était son double cousin germain, puisque son père était le frère de la mère de sa femme, et que sa mère était la sœur du père de sa femme ! Autrement dit, les enfants du couple Bouchet/Crouzet n'avaient que 4 arrière-grands-parents dans leur arbre généalogique... (Marie) Anne Crouzet est décédée le 13/09/1874 à Annonay.

2) Izabeau Crouzet était probablement Elizabeth Crouzet, la sœur de (Marie) Anne Crouzet, qui est née le 09/05/1810 à Annonay. Elle a épousé Pierre Gay le 25/08/1829 à Boulieu, puis Jean Antoine Lapluye le 03/03/1859 à Annonay. Marie Anne et Victorine Gay étaient vraisemblablement liées, d'une façon ou d'une autre, au premier mariage d'Elizabeth Crouzet.

3) André, Henri et Louise Chavanon, respectivement nés sous les prénoms d'André (né le 22/11/1831 à Annonay), Henri Jean Marie (né le 25/03/1843 à Roiffieux) et Marie Antoinette Louise (née le 06/06/1835 à Annonay), étaient les enfants d'un couple marié le 13/06/1825 à Annonay : Claude Chavanon et Antoinette Margueritte Bouchet, laquelle était la sœur de Jean Bouchet, c'est-à-dire la belle-sœur et cousine germaine de Marie (Anne) et d'Elizabeth "Isabeau" Crouzet, donc une autre nièce de Marguerite Crouzet. Notons qu'André et Louise Chavanon, à l'instar de leur grand-tante, ont tous les deux été domestiques (à Annonay).

4) Jean Auguste était le prénom usuel de Jean Claude Chavanon, né le 12/09/1833 à Annonay. Comme son frère André et sa sœur Louise, il a été domestique (à Roiffieux).

5) Enfin, le neveu nommé Jean Crouzet était le frère de Marie (Anne) et d'Elisabeth "Izabeau" Crouzet. Il était né sous le nom de Jean André Crouzet le 30/11/1803 à Annonay et avait épousé Marie Anne Actru le 30/06/1827 à Boulieu.

6) La seule héritière dont j'ignore tout est Marie Misery.

Concernant les parents de Marguerite Crouzet, leur mariage a été célébré le 21/11/1769 à Annonay : Jean Crozet (29 ans), travailleur de terre à Boulieu, a épousé Marie Chaleat (26 ans), servante au château de Saint-Alban. Le couple a eu 5 enfants :
1) Marie Crouzet, née le 26/09/1770 à Boulieu [la future épouse d'André Bouchet et mère de Jean Bouchet]
2) Jean Crouzet, né le 28/12/1773 à Boulieu et décédé le 06/01/1774 dans la même paroisse
3) Jean Crouzet, né le 19/11/1776 à Boulieu [le futur époux de Marie Anne Bouchet et père de Marie (Anne), Elizabeth "Izabeau" et Jean (André) Crouzet]
4) Marianne Magdeleine Crouzet, née le 09/02/1780 à Boulieu et décédée le surlendemain dans la même paroisse
5) Margueritte Cruset, née le 20/03/1786 à Boulieu

La table des successions et des absences, suite au décès du père de Marguerite Crouzet le 21/09/1808 à Annonay, confirme qu'il avait 3 enfants survivants : "Jean Crouzet, Marie epouse d'Andre Bochet et Marg[ueri]tte Crouzet dem[euran]t aud[its] Varagnes et Annonai".

En fin de compte, il semble clair que Marguerite Crouzet était la plus jeune des enfants du couple Crouzet/Chaléat. Elle a survécu très longtemps à son frère et sa sœur (Jean et Marie Crouzet étaient tous deux décédés lorsque leurs enfants se sont mariés entre eux en 1825), ce qui peut expliquer l'énorme inflation de son âge.

Ma conclusion est que Marguerite Crouzet est née le 20/03/1786 et est donc décédée à l'âge de 83 ans et 341 jours seulement.
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Jean Jacques SABATIER (1798-1894) de St-Vincent-de-Durfort (Ardèche)

Message par Cyril le Sam 21 Oct 2017 - 14:11

D'après son acte de décès, Jean Jacques Sabatier, 100 ans, né à Saint-Vincent-de-Durfort, fils de David Sabatier et Marie Clutier, veuf de Suzette Combier, est décédé le 29/09/1894 au Chambon, dans la commune de Saint-Vincent-de-Durfort.

Par chance, notre présumé centenaire apparaît dans une tripotée de recensements à Saint-Vincent-de-Durfort :
- En 1891, Jean Jacques Sabatier, 96 ans, vivait seul au Chambon.
- En 1886, Jean Jacques Sabatier, 89 ans, vivait seul au Chambon.
- En 1881, Jean Jacques Sabatier, 84 ans, vivait seul au Chambon.
- En 1872, Jean Jacques Sabatier, veuf, 74 ans, né à Saint-Vincent-de-Durfort, vivait seul au Chambon.
- En 1861, Jean Jacques Sabatier, veuf, 60 ans, vivait seul au Chambon.
- En 1851, Jean Jacques Sabatier, veuf, 50 ans, vivait seul au Chambon.
- En 1841, Jean Jacques Sabatier, déjà veuf, vivait au Chambon.

Effectivement, l'acte de décès de feue son épouse nous apprend que Suzanne Combie, 40 ans, femme de Jean Jacque Sabatie (48 ans), est décédée le 03/12/1840 au Chambon à Saint-Vincent-de-Durfort.

C'est dans la même commune que, 8 ans plus tôt, le 08/09/1832, le couple s'était uni :
- Jean Jacques Sabatier, 34 ans, fils de feu Louis Sabatier et de vivante Jeanne Clutier (domiciliée au lieu de la Mollierre), est dit natif de Saint-Vincent-de-Durfort.
- Sugenne Combier, 30 ans, fille de feu Pierre Combier et de vivante Louisse Brunel, est aussi native de Saint-Vincent-de-Durfort.

Bien que les prénoms des parents de l'époux ne correspondent pas, il paraît clair qu'il est bien le présumé centenaire recherché. D'après les documents localisés, il s'est manifestement vieilli progressivement, mais après 54 ans de veuvage, on ne peut pas lui en vouloir pour une exagération de 5 ans !

Car son acte de naissance, en parfait accord avec l'âge apposé sur son acte de mariage, l'affirme : Jean Jacques Sabattier, fils de Louis Sabattier et Jeanne Clutier, est né le 12/11/1798 (22 brumaire VII) au lieu de la Moulière, dans la commune de Saint-Vincent-de-Durfort.

Jean Jacques Sabatier est donc décédé à l'âge de 95 ans et 321 jours.
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