LES GRANDS CENTENAIRES FRANÇAIS

Investigations sur de possibles grands centenaires français décédés (anciens et modernes)

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Centenaires anciens et fake news ?

Message par Barti le Mer 24 Jan 2018 - 11:58

Voici deux articles découverts par notre ami Dany Chambre, publiés respectivement dans le Journal des débats politiques et littéraires du 21 septembre 1872 et dans Le Gaulois du 3 février 1874.





Vous avez bien lu : ces deux articles ont beau faire référence à deux hypothétiques personnes différentes mortes à 1 an et demi d'intervalle, leur biographie est rigoureusement identique à trois détails près : Le nom de famille, la commune de décès et les héritiers.

On pourrait penser que le 1er a réellement existé et que le 2ème relève d'une fake news. Cependant, l'acte du décès d'Odiot est impossible à retrouver dans les registres de Clamart (ville où se situe le lieu du "Petit-Bicêtre"). Quant à Marlesse, sa commune de décès est imprécise : il existe des dizaines de Courcelles en France sans compter la ville belge. Mais il est évident que pour lui, au moins la biographie (si ce n'est l'individu) est une pure invention, ou devrais-je dire un pur plagiat.

Ma conclusion serait qu'aucun de ces deux hommes n'a existé et que l'article fake fut créé en 1872 dans un 1er but sensationnaliste avant d'être repris en 1874 pour le même objectif. Même pour l'époque, voilà un esprit professionnel bien déconcertant ! C'est à se demander si d'autres nombreux centenaires dont l'acte de décès est introuvable ne sont pas juste des inventions de la presse dans le but de surprendre leurs lecteurs. Je n'en serais pas étonné et ces fakes parasites ne vont pas simplifier nos investigations...
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Romain BOISSI (1837-1937) de Nozières (Ardèche)

Message par Cyril le Mar 23 Jan 2018 - 19:17

D'après son acte de décès, Romain Boissi, né à Nozières le 05/05/1837, fils de feus Jean Pierre Boissi et Reine Betton, veuf de Rose Chomel, est décédé le 20/07/1937 à Nozières.

Le recensement de 1911 à Nozières indique que Romain Boissi, né en 1839 [au lieu de 1837] à Nozières, vivait aux Côtes de Salettes chez son fils Louis (né en 1875 à Nozières), marié et père de 4 enfants.

La table des successions et des absences confirme qu'il était déjà veuf, puisque Rose Chomel (72 ans), épouse de J[ea]n J[osep]h Romain Boissie, a perdu la vie le 09/03/1905 à Nozières.

Ils avaient contracté mariage le 05/10/1871 à Nozières. Ce jour-là, Rose Chomel, née le 13/02/1833 à Lamastre, est ainsi devenue l'épouse de Jean Joseph Romain Boissi, né le 05/05/1837 à Salettes [commune de Nozières], fils de feus Jean Pierre Boissi et Reine Betton. Les prénoms "Jean Joseph" ont été ultérieurement ajoutés à l'acte au moyen d'un renvoi. D'ailleurs, les publications de mariage, datées des 10 et 17 septembre 1871, annonçaient l'union de Romain Boissi (33 ans) et Rose Chomel (37 ans). L'âge de Romain Boissi y était sous-estimé d'une année par rapport à sa date de naissance pourtant connue de l'administration, mais cela ne révèle rien d'autre que des lacunes en calcul mental, puisque Rose Chomel a subi exactement le même sort.

A Nozières, le couple Boissi-Chomel a donné naissance à deux fils :
1) Louis Firmin, fils de Jean Joseph Romain Boissi (36 ans) et Rose Chomel (40 ans), né le 08/12/1873 à Salettes
2) Jean Louis, fils de Jean Joseph Romain Boissi (38 ans) et Rose Chomel (42 ans), né le 19/02/1875 à Salettes [celui qui hébergeait son père en 1911]

Les prénoms "Jean Joseph" font leur réapparition, mais les âges déclarés sont compatibles avec une date de naissance le 05/05/1837, même si notre présumé centenaire a devancé son anniversaire putatif de 2 mois et demi dans le second acte.

En dépit d'un léger rajeunissement dans le recensement de 1911, il n'y a aucune raison de douter de la date de naissance revendiquée de Romain Boissi. D'ailleurs, acte de décès à l'appui, son père a quitté ce monde lorsqu'il était encore bébé : Jean Pierre Boissie (46 ans), époux de Reine Betton, est décédé le 06/07/1837 à Salettes, dans la commune de Nozières.

L'acte de naissance de Romain, fils de Jean Pierre Boissi (49 ans) et Reine Betton (31 ans), qui témoigne de sa venue au monde le 05/05/1837 à Salettes, dans la commune de Nozières, est bel et bien le bon. Peu importe que l'âge de son père fluctue bizarrement (c'était la routine en Ardèche) ou que les prénoms "Jean Joseph" apparaissent et disparaissent comme par enchantement (ils pourraient fort bien lui avoir été donnés au moment de son baptême).

Je conclus de ce qui précède que Romain Boissi a effectivement atteint l'âge de 100 ans et 76 jours.
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Anne SERRE veuve SAUTEL (1821-1922) de Lablachère (Ardèche)

Message par Cyril le Lun 22 Jan 2018 - 21:39

D'après son acte de décès, Anne Serre, née à Beaumont le 18/11/1821, fille de feus Pierre Serre et Isabelle Guédan, veuve de Pierre Sautel, est décédée le 09/02/1922 en son domicile au lieu-dit Sébet-Haut, dans la commune de Lablachère.

Selon le recensement de 1911, seul recensement de Lablachère disponible en ligne, Anne Sautel, née en 1821, vivait à Sebet-Haut, avec sa fille Louise Sautel (née en 1855), chez son autre fils Casimir Sautel (né en 1851) et son épouse Louise Sautel (née en 1865).

Voici ce que nous apprennent les actes de naissance des 3 enfants d'Anne Serre :
1) Pierre Auguste Innocent, fils de Pierre Sautel (32 ans) et Anne Serre (28 ans), est né le 29/12/1848 à Sebet Heau.
2) Casimir Joseph, fils de Pierre Sautel (34 ans) et Anne Serre (28 ans), est né le 06/02/1851 [comme prévu] à Sebet Heaut, et a épousé Louise Pierrette Broissand [censément née en 1865] le 20/05/1905 à Lablachère.
3) Louise Philippine, fille de Pierre Sautel (39 ans) et Anne Serre (34 ans), est née le 10/12/1856 [au lieu de 1855] à Sebet Haut.

Je n'ai pas pu localiser l'acte de décès de Pierre Sautel, mais l'acte de mariage est bien en ma possession. Ainsi, c'est le 27/04/1847 à Beaumont que Pierre Sautel (22 ans [29 ans dans les bans publiés à Lablachère]), né et domicilié à Lablachère, a épousé Anne Serre (25 ans), née et domiciliée à Beaumont, fille de vivants Pierre Serre et Elizabeth Jourdan. Les nom et prénom de cette dernière ne correspondent pas à ce qui était attendu, mais n'en sont pas trop éloignés non plus, si l'on se rappelle que les prénoms "Elisabeth" et "Isabelle" étaient interchangeables en Ardèche à l'époque des faits, et que "Jourdan" et "Guédan" ont des sonorités assez proches...

Du côté des recensements de Beaumont :
- En 1841, Anne Serre vivait dans le quartier d'Issac, chez ses parents Pierre Serre et Elisabeth Jourdan, en compagnie de sa sœur Marie Serre, probablement plus âgée qu'elle si l'on considère que les enfants sont généralement inscrits par ordre décroissant d'âges.
- En 1836, Anne Serre (14 ans) vivait chez ses parents Pierre Serre (46 ans) et Elisabeth Jourdan (49 ans), en compagnie de sa sœur Marie Serre (18 ans) et de son frère Jean Serre (16 ans).

Il semblerait donc que le patronyme de la mère d'Anne Serre soit bien "Jourdan"...

D'après les divers documents collectés, Anne Serre serait née entre 1820 et 1823. Or, la date de naissance revendiquée par son acte de décès tombe en plein milieu !

L'examen des tables décennales puis des registres d'état-civil de Beaumont permet de mettre la main sur le seul acte de naissance qui puisse correspondre à notre présumée centenaire : Anne, fille de Pierre Serre (34 ans) et Elizabete Geudan, est bel et bien née le 18/11/1821 au lieu d'Issa. L'identité et l'âge du père, de même que le lieu-dit, correspondent à ce qui était attendu. Quant au patronyme de la mère, bien que difficile à déchiffrer, il est intermédiaire entre "Jourdan" et "Guédan", ce qui fait bien notre affaire.

Par conséquent, Anne Serre a réellement atteint l'âge de 100 ans et 83 jours.
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Des bébés et des grands centenaires

Message par Barti le Lun 22 Jan 2018 - 20:26

Antoine76 a écrit:J'apporte ici quelques cas (dont 2 sont mère et fille, 3 décédées dans les années 1970) à intégrer à la base 4. Dans l'ordre chronologique :

-Paul Tinel, né le 25/02/1808 à Graimbouville (76) et décédé le 24/12/1909 à Sainneville (76)
Paul Tinel

-Augustine Lebaillif, née le 05/03/1856 à Beaurepaire (76) et décédée le 11/02/1962 à Le Havre (76), mariée à François Décultot
Augustine Lebaillif

-Louis Dengremont, né le 17/05/1864 à Cysoing (59) et décédé le 04/12/1969 à Cysoing (59)
Louis Dengremont

- Marie-Valentine Baume, née le 03/09/1863 à Beauvais (60) et décédée le 18/10/1970 à Saint-Gervais-du-Perron (61), veuve d'Ernest Louis Perrodon
Marie-Valentine Baume

-Florence Lesne, née le 07/08/1869 à Asnières-sur-Seine (92) et décédée le 20/04/1978 à Villeneuve-Saint-Georges (94), veuve de François Lamberet
Florence Lesne

- Maria Goupil, née le 28/11/1872 à Ouainville (76) et décédée le 17/12/1978 à Voiron (38), veuve de Guillaume Fischer
Maria Goupil

-Odette Perrodon , née le 03/05/1892 à St-Germain-Poterie (60) et décédée le 08/07/2000, veuve d'Henri Comerson.
Odette Perrodon

- Paul Tinel > Décédé en 1809 à l'âge de 1 an

- Augustine Lebaillif > Pas de mention sur l'acte de naissance ; je garde le cas en réserve étant pour l'instant dans l'impossibilité de démontrer une éventuelle erreur ou d'étayer l'âge indiqué

- Louis Dengremont > Décédé en 1869 à 5 ans

- Marie Valentine Baume > Déjà vérifiée : voir base 2

- Florence Lesne > La mention marginale sur son acte de naissance confirme en toutes lettres et en chiffres le décès en 1978, mais en août, ce qui lui ferait 109 ans. Pour l'époque, c'est du lourd : merci beaucoup !

- Maria Goupil > La mention marginale confirme également la date et le lieu de décès

- Odette Perrodon > Déjà trouvée en effectuant des recherches sur sa mère Marie-Valentine Baume. L'âge en 2000 est un peu juste pour figurer dans une des listes, mais l'âge combiné mère-fille promet d'être intéressant

Bien joué mon pote. Wink
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Présentation de cas à intégrer à la base 4

Message par Antoine76 le Lun 22 Jan 2018 - 16:25

J'apporte ici quelques cas (dont 2 sont mère et fille, 3 décédées dans les années 1970) à intégrer à la base 4. Dans l'ordre chronologique :

-Paul Tinel, né le 25/02/1808 à Graimbouville (76) et décédé le 24/12/1909 à Sainneville (76)
Paul Tinel

-Augustine Lebaillif, née le 05/03/1856 à Beaurepaire (76) et décédée le 11/02/1962 à Le Havre (76), mariée à François Décultot
Augustine Lebaillif

-Louis Dengremont, né le 17/05/1864 à Cysoing (59) et décédé le 04/12/1969 à Cysoing (59)
Louis Dengremont

- Marie-Valentine Baume, née le 03/09/1863 à Beauvais (60) et décédée le 18/10/1970 à Saint-Gervais-du-Perron (61), veuve d'Ernest Louis Perrodon
Marie-Valentine Baume

-Florence Lesne, née le 07/08/1869 à Asnières-sur-Seine (92) et décédée le 20/04/1978 à Villeneuve-Saint-Georges (94), veuve de François Lamberet
Florence Lesne

- Maria Goupil, née le 28/11/1872 à Ouainville (76) et décédée le 17/12/1978 à Voiron (38), veuve de Guillaume Fischer
Maria Goupil

-Odette Perrodon , née le 03/05/1892 à St-Germain-Poterie (60) et décédée le 08/07/2000, veuve d'Henri Comerson.
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Marie Sylvie ROCHEGUDE veuve MAZADE (1821-1921) de Saint-Andéol-de-Bourlenc (Ardèche)

Message par Cyril le Dim 21 Jan 2018 - 21:49

D'après son acte de décès, Marie Sylvie Rochegude, née à Saint-Andéol-de-Bourlenc le 05/06/1821, fille de feus Louis Rochegude et Marie Chastellière, veuve de Régis Mazade, est décédée le 12/08/1921 à Saint-Andéol-de-Bourlenc [aujourd'hui Saint-Andéol-de-Vals].

Le recensement de 1911 à Saint-Andéol-de-Bourlenc indique que Sylvie Mazade, née en 1821, vivait alors au chef-lieu de la commune, chez son fils Marius Mazade (né en 1862) et son épouse Hortense (née en 1869), tous les membres de la famille étant natifs de Saint-Andéol-de-Bourlenc.

L'acte de mariage de Marius et Hortense atteste qu'ils se sont unis le 10/05/1894 à Saint-Andéol-de-Bourlenc. Félix Marius Mazade, né le 29/05/1862 à Saint-Andéol-de-Bourlenc, y est dit fils de feu Jean Régis Mazade (décédé le 26/08/1893 à Saint-Andéol-de-Bourlenc) et de vivante Marie Silvie Rochegude (domiciliée à Saint-Andéol-de-Bourlenc).

L'acte de décès de Jean Régis Mazade confirme la date du trépas de l'époux de Sylvie Rochegude, né à Antraigues[-sur-Volane], fils de feus Régis Mazade et Agathe Joanny, à l'âge déclaré de 63 ans.

Selon le recensement de 1872, Sylivie (sic) Rochegude, 52 ans, née à Saint-Andéol-de-Bourlenc, vivait déjà au chef-lieu de cette commune, avec son mari Régis Mazade (41 ans), né à Antraigues, et leurs enfants Léon (12 ans), Marius (9 ans) et Paul (7 ans).

[Marie] Silvie/Sylvie Rochegude était censément âgée de :
- 39 ans à la naissance de son fils Louis Léon Mazade en 1859
- 40 ans à la naissance de son fils Félix Marius Mazade en 1862
- 40 ans à la naissance de son fils Léopol Firmin Mazade en 1866

Malgré la stagnation de son âge déclaré à l'époque de la naissance de ses enfants, on peut circonscrire la période de naissance de Marie Sylvie Rochegude à 1820-1826, en accord avec le recensement de 1872 qui suggère 1820, ainsi qu'avec le recensement de 1911 et l'acte de décès de l'intéressée, qui revendiquent explicitement 1821.

L'acte de mariage, daté du 26/10/1858 à Saint-Andéol-de-Bourlenc, témoigne de l'union de Jean Régis Mazade (28 ans), né à Antraigues, fils de vivant Régis Mazade et de feue Agathe Joanny, avec Marie Sylvie Rochegude (37 ans), née et domiciliée à Saint-Andéol-de-Bourlenc, fille de vivants Louis Rochegude et Marie Chastellière. Notre présumée centenaire serait donc bien née vers 1821.

L'examen des tables décennales puis des actes de naissance de Saint-Andéol-de-Bourlenc confirme que Marie Silvie Rochegude, fille de Louis Rochegude (29 ans) et Marie Chastellierre, a effectivement vu le jour le 05/06/1821.

Par conséquent, Marie Sylvie Rochegude a vécu 100 ans et 68 jours.
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Jean Antoine DESCOTE (1841-1941) de Tournon/Arras (Ardèche)

Message par Cyril le Sam 20 Jan 2018 - 22:40

D'après son acte de décès, Jean Antoine Descôte, né à Arras[-sur-Rhône] le 28/09/1941, fils de feus Jean Descôte et Elisabeth Giraud, veuf de Flavie Julien, domicilié à Arras, est décédé le 17/10/1941 à l'hospice de Tournon[-sur-Rhône]. Le déclarant était son fils Henri Descôte (61 ans), domicilié à Arras.

Le recensement d'Arras en 1911 indique qu'Antoine Descotte, né à Arras en 1841, vivait chez son fils Henri Descotte, né à Arras en 1880, en parfait accord avec son acte de décès.

En 1901, Antoine Descotte, 59 ans, vivait à Arras, avec sa femme Flavie Julien (61 ans) et leur fils Henri (20 ans). La table des successions et des absences nous informe que Flavie Julien, épouse d'Antoine Descotte, est décédée à Arras le 10/05/1907, à l'âge déclaré de 69 ans.

En 1891, Antoine Descotte, 50 ans, vivait à Arras avec sa femme Flavie Julien (52 ans) et leurs enfants Jean (24 ans), Aglaée (18 ans), Antoinette (16 ans), Gabrielle (13 ans) et Henri (10 ans).

En 1881, Antoine Descottes, 41 ans, vivait à Arras avec sa femme Flavie Julien (43 ans) et leurs enfants Louis (18 ans), J[ea]n Baptiste (13 ans), Aglaé (8 ans), Antoinette (6 ans) et Henri Prospert (2 ans).

En 1872, Antoine Descote, 31 ans, vivait à Arras avec sa femme Flavie Julien (32 ans) et leurs enfants Louis (8 ans), Jean (4 ans) et Antoinette (8 mois), tous les membres de la famille étant nés à Arras.

[Jean] Antoine De[s]cot[t]e[s] avait :
- 23 ans à la naissance de son fils Antoine Jean Louis en 1863
- 25 ans à la naissance de son fils Alexandre Antoine en 1866
- 27 ans à la naissance de son fils Jean Baptiste en 1868
- 29 ans à la naissance de sa fille Marie Antoinette en 1871
- 32 ans à la naissance de sa fille Aglaée Alexandrine en 1873
- 33 ans à la naissance de sa fille Josephine Antoinette en 1875
- 36 ans à la naissance de sa fille Gabrielle Natalie en 1877
- 39 ans à la naissance de son fils Prospert Henri en 1880

Tous ces âges sont compatibles, à une faible marge d'erreur près, avec une naissance en 1841.

Acte en main, c'est le 31/01/1863 à Arras qu'a été célébré le mariage de :
- Jean Antoine Descôte, 22 ans, né et domicilié à Arras, fils de vivant Jean Descôte et de feue Elizabet Giraud
- Flavie Julien, 24 ans, née et domiciliée à Arras, fille de vivants Jean Baptiste Julien et Marguerite Dantony

Tous les documents collectés concordent. L'acte de naissance de Jean Antoine Descote, fils de Jean Descote (52 ans) et Elizabet Gireau (34 ans), se permet le luxe de le vieillir de 10 jours : déclaré en mairie d'Arras le 18/09/1841 à 16 heures, notre futur centenaire était né le matin même à 6 heures.

Par conséquent, Jean Antoine Descôte a vécu 100 ans et 29 jours.
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Marie Victorine SOUTRENON veuve VEYRE et LARDINOIS (1827-1927) de Tournon-sur-Rhône (Ardèche)

Message par Cyril le Ven 19 Jan 2018 - 18:55

Exceptionnellement, pendant une durée exacte de 15 jours, je vais vous proposer des cas de véritables centenaires ardéchois, décédés après 1920 mais nés avant 1850, puisque ceux-ci entrent dans le cadre des recherches pharaoniques de notre ami Barti.

D'après son acte de décès, Marie Victorine Soutrenon, née à Bourg-Argental (Loire) le 22/03/1827, fille de feus Claude Victor Soutrenon et Claudine Arnaud, veuve en premières noces de Jean Baptiste Veyre et en secondes noces de Victor Constantin Lardinois, est décédée le 01/04/1927, en son domicile sis quai Farconnet à Tournon[-sur-Rhône] (Ardèche). La personne qui a inscrit "100 ans et 8 jours" en marge de l'acte n'avait visiblement pas de grands dons en calcul mental...

Le recensement de 1911, qui est le seul disponible en ligne pour Tournon, indique que Victorine Lardinois, née en 1835 à Bourg-Saint-Andéol, vivait quai Farconnet avec son mari Victor Lardinois, né en 1832 à Montrichard. Soit c'était une fausse centenaire, soit nous avons affaire à des erreurs grossières ! En effet, Bourg-Saint-Andéol est une commune ardéchoise, située 150 km au sud de la commune ligérienne de Bourg-Argental, à l'exact opposé du département.

L'acte de décès de Victor Constantin Lardinois nous apprend que l'époux de Marie Victorine Soutrenon, né à Montrichard (Loir-et-Cher) le 29/01/1832, fils de feus Louis Honoré Lardinois et Reine Marguerite Badrouille, est décédé le 10/08/1912, en sa demeure du quai Farconnet à Tournon. J'avais donc bien localisé le bon couple dans le recensement de 1911.

Leur acte de mariage, daté du 18/01/1879 à Tournon, a uni Victor Constantin Lardinois, né le 29/01/1832 à Montrichard, fils de feu Louis Honoré Lardinois et de vivante Reine Marguerite Badrouille, et Marie Victorine Soutrenon, née le 22/03/1827 à Bourg-Argental [les mêmes date et commune de naissance que sur son acte de décès], fille de feus Claude Victor Soutrenon et Claudine Arnaud.

L'un des témoins était le fils de la mariée, Claudius Veyre (29 ans), domicilié à Lyon (Rhône). Par chance, il est aisé de mettre la main sur l'acte de décès de son père, rédigé à Tournon : Jean Baptiste Veyre, né le 20/08/1824 à Saint-Julien-Molin-Molette (Loire), fils de feus François Veyre et Magdeleine Marchal, époux de Victorine Soutrenon, y a ainsi passé l'arme à gauche le 21/12/1876, à l'âge déclaré de 52 ans. C'est justement dans la commune de naissance de Jean Baptiste Veyre qu'est né son fils précédemment cité : Claudius Francisc, fils de Jean Baptiste Veyre (24 ans) et Marie Victorine Soutrenon (23 ans), est venu au monde le 04/05/1849 à Saint-Julien-Molin-Molette.

Le recensement de 1846 indique que Victorine Soutrenon, 20 ans, habitait déjà à Saint-Julien-Molin-Molette, avec son époux J[ea]n B[aptis]te Veyre (22 ans) à l'époque. Le couple s'était uni le 14 janvier de la même année à Saint-Julien-Molin-Molette, l'acte de mariage confirmant les identités de Jean Baptiste Veyre et Marie Victorine Soutrenon, celles de leurs parents, ainsi que leurs dates et lieux de naissance.

Par conséquent, l'acte de naissance qui atteste que Marie Victorine, fille de Claude Victor Soutrenon (44 ans) et Claudine Arnaud, est née le 22/03/1827 à Bourg-Argental, est bien celui de notre centenaire : Marie Victorine Soutrenon a vécu 100 ans et 10 jours.
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Marguerite Albine COMBIER veuve FERRAND (1808-1908) du Cheylard (Ardèche)

Message par Cyril le Jeu 18 Jan 2018 - 22:12

D'après son acte de décès, Marguerite Albine Combier, 100 ans, fille de feus Charles Simon Roch Combier et Louise Adélaïde Ruelle, veuve de Léon Ferrand, est décédée le 29/03/1908 dans sa maison sise place du Serre au Cheylard. Le premier comparant était son arrière-petit-fils André Saléon-Terras, 23 ans, domicilié au Cheylard.

En 1906, le recensement du Cheylard cite Albine Combier, née en 1808 à Aubenas, comme grand-mère de Joseph Saléon Terras (né en 1855 au Cheylard), avec qui elle vivait dans le quartier de la place du Serre. Ledit petit-fils était le mari d'Alexandrine Camus (née en 1857 à Lyon) et le père d'André (né en 1884 au Cheylard), qui a déclaré le décès de sa bisaïeule 2 ans plus tard.

En 1896, Marguerite Albine Combier, 88 ans, a été recensée dans le même quartier, en tant que belle-mère de Just Marie Joseph Saléon Terras (76 ans). Dans la maison voisine vivaient Marie Just Joseph Saléon (40 ans), que nous savons être son petit-fils, et son épouse Jeanne Alexandrine Camut (38 ans).

L'arrière-petit-fils de notre présumée centenaire était né le 24/10/1884 au Cheylard, sous le nom de Just Marie Joseph André Saléon (rectifié en "Saléon-Terras" par jugement en 1908), fils de Just Marie Joseph Saléon[-Terras] (29 ans) et Jeanne Marie Alexandrine Camus (27 ans). Dans l'acte de mariage de ses parents, célébré le 21/06/1880 en mairie du 1er arrondissement de Lyon, on apprend que son père Marie Just Joseph Saléon-Terras, né au Cheylard le 31/10/1855, était le fils de Just Marie Joseph Saléon-Terras [le gendre du recensement de 1896] et Marie Antoinette Léonie Ferrand, ce qui est confirmé par son acte de naissance.

Le recensement de 1876 au Cheylard nous informe qu'Aline Combier [qui a momentanément perdu un "b"], veuve, 68 ans, née à Aubenas, était la belle-mère de Just Saléon-Terras (55 ans, né au Cheylard), époux de Léonie Ferrand (42 ans, née au Cheylard), chez qui elle vivait place du Serre.

Vingt ans plus tôt, en 1856, Albine Combier, 47 ans, vivait avec son mari Léon Ferrand (60 ans) place du Serre au Cheylard, avec leur fille célibataire Pauline (20 ans). Ils partageaient leur maison avec le ménage formé par leur "beau-fils" Just Saléon Terras (32 ans) et sa femme Léonie Ferrand (22 ans). Ce couple était uni de fraîche date, car c'est le 28/01/1855 au Cheylard que Just Marie Joseph Saléon-Terras (35 ans) avait épousé Marie Antoinette Léonie Ferrand, née le 26/07/1833 au Cheylard, fille de vivants Jean Francois Léon Ferrand et Marguerite Albine Combier, domiciliés au Cheylard.

Notre présumée centenaire est bien devenue veuve entre 1856 et 1876, puisque l'acte de décès de Léon Ferrand, époux d'Abine Combier [qui a été amputée d'un "l" cette fois], certifie qu'il a perdu la vie le 06/06/1860 au Cheylard, à l'âge déclaré de 64 ans.

Dans l'acte de naissance de Marie Antoinette Léonie Ferrand, qui est effectivement née le 26/07/1833 au Cheylard [en accord avec son acte de mariage], ses parents Jean François Léon Ferrand et Margueritte Albine Combier étaient dits âgés de 37 et 24 ans. Quant à l'acte de naissance de sa sœur Marie Louise Pauline Ferrand [qui vivait avec ses parents en 1856], il crédite Jean François Léon Ferrand et Albine Combier de 39 et 27 ans le 16/01/1835. Le père et la mère de "Léonie" et "Pauline" seraient donc respectivement nés vers 1796 et 1808-1809, ce qui confirme les âges portés sur leurs actes de décès.

En 1836, Léon Férand (38 ans) et sa femme Albine Combier (28 ans) ont bien été recensés au Cheylard, en compagnie de leurs filles Léonie (3 ans) et Poline (1 an). Leur acte de mariage achève nous convaincre que ce cas, aisé à documenter, propose des âges fiables. Ainsi, le 27/02/1832 à Aubenas, se sont unis :
- Jean François Léon Ferrand, 35 ans, né et domicilié au Cheylard, fils de vivant Jacques Antoine Ferrand et de feue Marie Julie Pauline de Fontaine de Lozère
- Marguerite Albine Combier, 23 ans, née et domiciliée à Aubenas, fille de vivants Charles Simon Roch Combier et Louise Adélaïde Ruelle

Muni de toutes ces informations, c'est un jeu d'enfant que de retrouver l'acte de naissance de Marguerite Albine Combier, fille de Charles Simon Roch Combier (32 ans) et Louise Adelaide Ruelle, à Aubenas. Malheureusement, elle n'a vu le jour que le 27/06/1808, ce qui signifie qu'elle a raté de peu sa 100ème bougie...

Marguerite Albine Combier a ainsi vécu 99 ans et 276 jours.
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Jean Pierre MAUREL dit TOURNAY (1764-1863) de Marcols (Ardèche)

Message par Cyril le Mer 17 Jan 2018 - 19:09

D'après son acte de décès, Jean Pierre Maurel dit Tournay, 100 ans, fils de père non déclaré et de défunte Marianne Maurel, veuf de Catherine Ambert, est décédé le 16/12/1863 à Marcols[-les-Eaux]. Le premier déclarant était son "fils aîné" Louis Tournay (59 ans), domicilié à Marcols. Ce doublement de patronyme et la non déclaration du nom du père laissent à penser que nous avons affaire au fils naturel d'une mère célibataire. Néanmoins, il est curieux que le fils du défunt se soit présenté sous le patronyme exclusif de "Tournay"...

L'acte de décès de Catherine Ambert, fille de feus Pierre Ambert et Jeanne Monteil, nous informe qu'elle est décédée à Marcols le 10/04/1859 à l'âge de 95 ans, selon les déclarations de son mari Jean Pierre Tournay, qui prétendait déjà avoir 100 ans à l'époque.

L'acte de mariage de Louis Tournay avec Magdelaine Serre, daté du 12/11/1828 à Marcols, reprend ce même patronyme, passant encore "Maurel" sous silence : l'époux, âgé de 26 ans et natif de Marcols, est dit fils de vivants Jean Pierre Tournay et Catherine Ambert. Le 03/12/1838 à Marcols, c'est-à-dire 10 ans plus tard, Louis Tournay a été témoin au mariage de sa sœur Louise avec Henry Morel. Bien que Louis soit qualifié de "frère de l'épouse", ils n'avaient pas la même mère. En effet, Louise Tournay était une veuve de 49 ans, native de Marcols, fille de vivant Jean Pierre Tournay et de feue Cecile Faure.

Le premier acte de mariage de Jean Pierre Tournay reste désespérément introuvable, mais le dernier est disponible. Ainsi, c'est le 10 ventôse VII (28/02/1799) à Saint-Pierreville que Jean Pierre Tournaix (33 ans), fils de feu Jean Pierre Tournaix et de vivante Marianne Maurel, a épousé Catherine Ambert (31 ans), fille de vivant Pierre Ambert et de feue Jeanne Monteil, tous domiciliés à Marcols. Notre présumé centenaire aurait-il connu son père ? Il fallait bien qu'il sorte son second patronyme de quelque part, après tout...

Au total, Catherine Ambert lui a donné 5 enfants :
1) Louis, fils de Jean Pierre Tournay et Catherine Ambert, né le 19 frimaire XI (10/12/1802) à Marcols [qui était donc bien son "fils aîné"]
2) Jean Pierre, fils de Jean Pierre Tournai et Catherine Ambert, né le 29 prairial XIII (18/06/1805) à Marcols
3) Henriette, fille de Jean Pierre Tournai (40 ans) et Catherine Ambert, née le 07/05/1806 à Marcols
4) Marianne, fille de Jean Pierre Tournai (40 ans) et Catherine Ambert, née le 18/01/1809 à Marcols
5) Victoire, fille de Jean Pierre Tournay (50 ans) et Catherine Ambert, née le 17/12/1813 à Marcols

L'acte de décès de sa première épouse nous apprend que Cecille Faure est décédée à Marcols le 02/09/1793 à l'âge de 34 ans, selon les déclarations de son mari Jean Pierre Tournay Maurel (30 ans). Le double patronyme de notre présumé centenaire réapparaît...

Son premier mariage avait déjà engendré une fratrie de 5 enfants :
1) Marianne, fille de Jean Pierre Tournay et Cecile Faure, née le 23/11/1787 à Marcols
2) Jean Pierre, fils de Jean Pierre Tournay et Cecile Faure, né le 15/06/1789 à Marcols
3) Marie, fille de Jean Pierre Maurel dit Tournay (31 ans) et Cecile Faure, née le 14/10/1790 à Marcols [dont la marraine était son "ayeule" Marianne Maurel]
4) Louis Lazare, fils de Jean Pierre Maurel et Cecile Faure, né le 01/04/1792 à Marcols
5) Louize, fille de Jean Pierre Maurel (environ 33 ans) et Cecile Faure, née le 07/07/1793 à Marcols [la future Mme Morel]

On constate ici que les enfants du couple Tournay/Maurel-Faure ont été déclarés, de façon un peu bizarre, sous l'un, l'autre, ou les deux noms du père...

Entre le décès de Cecile Faure et le mariage avec Catherine Ambert, il y a eu un second mariage éclair. Ainsi, le 18 vendémiaire III (09/10/1794), Jean Pierre Maurel dit Tournay (30 ans), fils de feu "Jouachin" [revoilà le mystérieux géniteur] et de vivante Marianne Maurel, a épousé Madeleine Peyrenc (30 ans). Selon la table des extraits de sépultures, celle-ci serait décédée sous le nom d'Elisabeth Perrin (32 ans), épouse de Jean P[ier]re Tounai, le 27 prairial III (15/06/1795) à Marcols.

Si l'on récapitule les 10 actes qui mentionnent l'âge de Jean Pierre Maurel dit Tournay, ce dernier serait né vers :
- 1763 d'après son acte de décès (1863)
- 1759 d'après l'acte de décès de sa 3ème épouse (1859)
- 1763 d'après l'acte de naissance de sa fille Victoire (1813)
- 1769 d'après l'acte de naissance de sa fille Marianne (1809)
- 1766 d'après l'acte de naissance de fille Henriette (1806)
- 1766 d'après son 3ème acte de mariage (1799)
- 1764 d'après son 2ème acte de mariage (1794)
- 1763 d'après l'acte de décès de sa 1ère épouse (1793)
- 1760 d'après l'acte de naissance sa fille Louize (1793)
- 1759 d'après l'acte de naissance de sa fille Marie (1790)

En dépit des fluctuations, l'année de naissance calculée de notre présumé centenaire reste globalement stable au cours de sa vie. Ici, la tendance ascendante trop souvent observée chez les soi-disant centenaires ardéchois du XIXème siècle est absente. Mathématiquement, on peut donc s'attendre à une naissance vers 1763, au diapason de l'acte de décès.

L'examen des registres paroissiaux de Marcols révèle qu'un seul acte de baptême peut correspondre à notre doyen marcolais : "L'an 1764 et le 5e avril est né et a été baptisé le lendemain joachim jean pierre maurel, fils naturel de marianne." Il s'agissait donc bien du fils naturel d'une mère célibataire. Quant à son père, rien n'interdit de penser qu'il s'appelait peut-être Joachim Tournay... Cela expliquerait pourquoi il est cité dans les 2ème et 3ème actes de mariage de son fils, du vivant même de Marianne Maurel.

Malheureusement, Jean Pierre Maurel dit Tournay a raté son 100ème anniversaire de quelques mois ! Né le 05/04/1764, il a perdu la vie à l'âge remarquable de 99 ans et 255 jours, ce qui faisait probablement de lui le doyen du département de l'Ardèche en 1863.
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Anne VALETTE veuve CLAPE (1761-1853) de Saint-Romain-d'Ay (Ardèche)

Message par Cyril le Mar 16 Jan 2018 - 18:18

D'après son acte de décès, Anne Valette, 104 ans, fille de feus Jean Valette et Marie Veyrand (domiciliés de leur vivant à Saint-Romain-d'Ay), veuve de Pierre Clape, est décédée le 06/08/1853 à Saint-Romain-d'Ay.

Elle est citée dans les deux plus anciens recensements disponibles à Saint-Romain-d'Ay :
- En 1846, Anne Valette, 82 ans, veuve, vit avec sa fille Elisabet Clappe (43 ans), son gendre Antoine Fosse (27 ans) et leurs enfants de 1 et 4 ans.
- En 1836, Marie Valet, 70 ans, veuve, vit avec Elizabette Clape (30 ans), célibataire.

Le prénom "Marie" inscrit dans le recensement de 1836 est inattendu, de même que l'âge de la dame qui serait donc née vers 1764-1766 au lieu de 1749, mais un dépouillement intégral des recensements concernés montre qu'aucune autre personne ne pourrait correspondre à notre prétendue centenaire, ni à sa fille. Cette dernière s'est effectivement mariée entre les deux recensements : le 23/02/1841 à Saint-Romain-d'Ay, Jean Antoine Fosse (24 ans) a ainsi épousé Marie Elizabeht Clappe (37 ans), née et domiciliée à Saint-Romain-d'Ay, fille de feu Pierre Clappe et de vivante Anne Vallette (aussi domiciliée à Saint-Romain-d'Ay).

Les actes de mariage de deux autres filles de Pierre Clap[p]e et Anne Valette confirment qu'elle était déjà veuve en 1820 et 1826. L'acte de décès de Pierre Clape nous apprend que l'époux d'Anne Valette, fils de feus Pierre Clape et Catherine Feraton (domiciliés de leur vivant à Saint-Romain-d'Ay), a rendu l'âme à l'âge de 60 ans à Saint-Romain-d'Ay.

Marie Elizabeth Clappe, née le 25/03/1805 à Saint-Romain-d'Ay, était le plus jeune enfant du couple. Les actes de naissance de la fratrie s'accordent, avec des variations orthographiques mineures, sur l'identité de Pierre Clap[p]e et Anne Val[l]ette. Anne Valette est dite âgée d'environ 30 ans à la naissance de son fils Jean Clappe le 12 vendémiaire III (03/10/1794). Cela semble confirmer une naissance aux alentours de 1764, mais le chiffre est à prendre avec des pincettes puisque Pierre Clappe, qui a dû lui-même déclarer cet âge, prétendait avoir 41 ans en 1794 et en 1797 : il ne devait pas être un champion du calcul mental...

C'est à Saint-Romain-d'Ay, le 28/11/1782, que se sont unis :
- Pierre Clapou, fils de feu Pierre Clapou et de vivante Catherine Ferraton, du lieu de Praperier à Saint-Romain-d'Ay
- Marie Valette, fille de vivants Jean Valette et Marie Veyrun, également du lieu de Praperier à Saint-Romain-d'Ay

L'orthographe "Clapou" peut surprendre, mais un acte à peine plus récent (25/02/1783) célébrait le mariage d'une certaine Catherine Clappe, fille de feu Pierre Clappe et de vivante Catherine Ferraton, du lieu du Praperier à Saint-Romain-d'Ay. En l'absence apparente de frère homonyme, ceci confirme l'identité du mari de notre prétendue centenaire et, par conséquent, la sienne propre, malgré ce retour du prénom "Marie".

Jean Valette et Marie Veyrand, les parents d'Anne/Marie se sont mariés à Saint-Romain-d'Ay le 11/02/1755. Parmi leurs 7 enfants nés et baptisés à Saint-Romain-d'Ay, ils ont eu 3 filles : Catherine (06/01/1759), Anne (23/02/1761) et Jeanne (27/02/1765).
=> Si notre prétendue centenaire se prénommait bien Anne, ce qui est de loin la théorie la plus vraisemblable, il s'agit de la seconde.
=> En revanche, si elle se prénommait en réalité Marie, il y a une probabilité non nulle qu'elle soit née entre Anne et Jeanne. En effet, le couple Valette-Veyrand n'a fait baptiser aucun enfant à Saint-Romain-d'Ay dans cette période de 4 ans (seule période entre 1755 et 1769 où il soit possible d'intercaler une naissance supplémentaire), sachant que les 3 documents qui mentionnent l'âge d'Anne Valette de son vivant situent sa naissance entre 1764 et 1766. C'est une hypothèse à laquelle je ne crois pas, non seulement parce que j'ai écumé les registres des paroisses alentour pour la mettre à l'épreuve, mais aussi parce que la précision des âges déclarés en Ardèche à l'époque me semble trop faible pour semer le doute.

Je conclus donc qu'Anne Valette est née le 23/02/1761, ce qui lui donne une longévité de 92 ans et 164 jours.
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Marie PLOUYON/PLOYE veuve BERNARD (1759-1849) d'Annonay/Vaudevant (Ardèche)

Message par Cyril le Lun 15 Jan 2018 - 18:59

D'après son acte de décès, Marie Plouyon, 100 ans, fille de Francois Pluyon et Catherine Forel, veuve Bernand, est décédée le 12/03/1849 à l'hospice d'Annonay. Avec deux orthographes pour un même patronyme sur le premier acte, ça part mal...

Malheureusement, Marie Pl[o]uyon n'était pas annonéenne ! Cependant, des recherches systématiques dans les tables décennales des communes avoisinantes permettent de retrouver les actes de mariage de 3 de ses filles, à Vaudevant :
- Marie, 24 ans, née et domiciliée à Vaudevant, fille de vivants Jean Pierre Bernard et Marianne Ployon du lieu de Chazalet, a épousé Jean Changea le 28/06/1825.
- Reine, 36 ans, née et domiciliée à Vaudevant, fille de vivants Jean Pierre Bernard et Marianne Ploye du lieu de Chazalet, a épousé Gilbert Demazieres le 25/09/1825.
- Anne Marguerite, 26 ans, née et domiciliée à Vaudevant, fille de vivants Jean Bernard et Mariane Ployon du lieu de Chazalet, a épousé Jacque Joseph Valet le 13/01/1828.

Dans ces 3 actes, Marie est prénommée Marianne, son patronyme se transforme en Ployon/Ploye et celui de son époux devient Bernard. A-t-on bien affaire à la même personne ? C'est difficile de l'affirmer pour l'instant, d'autant plus que l'acte de décès de Jean (Pierre) Bernard est introuvable dans les cantons de Saint-Félicien, Satillieu et Annonay...

Le couple Bernard-Ploye/Plouyon n'a eu que des filles :
1) Françoise, fille de Jean Pierre Bernard et Marianne Ploye, née le 13/05/1786 à Vaudevant, où elle est décédée le 03/12/1787
2) Marie Reyne, fille de Jean Pierre Bernard et Marianne Ploye, née le 17/11/1788 à Vaudevant [la future madame Demazieres]
3) Marie, fille de Jean Bernard et Marianne Ploye, née le 16 nivôse III (05/01/1795) à Vaudevant
4) Marg[ueri]te, fille de Jean Bernard et Marie Anne Ploye, née le 1er nivôse VII (21/12/1798) à Vaudevant [la future madame Valet]
5) Marianne, fille de Jean Bernard et Marianne Ploye, née le 2 brumaire X (24/10/1801) à Vaudevant [la future madame Changea]

Les noms des grands-parents maternels de ces demoiselles apparaissent dans certains de ces actes. L'acte de mariage de leurs parents finit de nous convaincre que nous avons affaire au bon couple, puisque la filiation de la mariée correspond à celle qui était spécifiée sur son acte de décès. Ainsi, le 17/05/1785 à Vaudevant, Jean Pierre Bernard a épousé Marianne Ploye, fille de vivants Francois Ploye et Catherine Fourel, tout ce petit monde étant domicilié au lieu de Chazalet.

Quant au couple Ploye-Fourel, il nous facilite singulièrement la tâche, car sur 5 enfants, seule une fille a vu le jour. D'après son acte de baptême, Marianne, fille de François Ploye et Catherine Fourel, est née le 16/11/1759 à Vaudevant.

Marie Plouyon s'appelait donc en réalité Marianne Ploye. Elle semble n'avoir jamais utilisé le prénom "Marie" de son vivant et, pour ce qui est de son patronyme, même s'il était sujet à des variations depuis longtemps (son père est notamment dénommé Francois Ployon dans l'acte de décès de son épouse en 1787), la quasi-totalité des actes la concernant emploient le nom "Ploye".

La conclusion de cette enquête est que Marianne Ploye a eu une longévité de seulement 89 ans et 116 jours.
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Catherine COMBE veuve MARGIRAT (1761-1850) d'Annonay (Ardèche)

Message par Cyril le Dim 14 Jan 2018 - 23:12

L'acte de décès de Catherine Combe, détruit par un incendie avec une partie des registres d'état-civil d'Annonay au milieu du XIXème siècle, ne fait pas partie des documents reconstitués. Heureusement, la table des successions et des absences nous informe que Cathérine Combe, 101 ans, veuve de Louis Margirat, est décédée le 24/02/1850 à Annonay.

Après de pénibles recherches dans les tables décennales pas vraiment alphabétiques d'Annonay (qui était déjà la commune la plus peuplée du département de l'Ardèche) et un interminable défilé de quasi-homonymes, j'ai localisé l'acte de mariage d'une fille de notre présumée centenaire. Ainsi, le 08/06/1813, un certain Claude Conil a épousé Marie Margiriat, 19 ans, née et domiciliée à Annonay, fille de feu Louis Margiriat et de vivante Catherine Combe.

L'acte de naissance de la future mariée confirme l'âge de Marie, puisque cette fille de Louis Margirat et Catherine Combe était née le 22 nivôse II (11/01/1794). Ses parents lui ont donné deux petites sœurs :
- Jeanne, fille de Louis Margiras et Catherine Descombes [nous verrons plus loin que le patronyme de sa famille oscille entre "Combe(s)" et "De(s)combe(s)" depuis des générations], née le 23 prairial VI (11/06/1798) à Annonay, où elle est décédée le 18 fructidor de la même année (04/09/1798)
- Marie Anne, fille de Louis Margeriat et Catherine Duvert [une substitution de patronyme qui s'explique, comme souvent, par une confusion avec celui de sa propre mère], née le 14 pluviôse X (03/02/1802) à Annonay

Le patronyme de leur père, lui aussi, a parfois subi des altérations. En effet, selon son acte de décès, Louis Margeries, 58 ans, natif de Saint-Alban(-d'Ay), fils de feus Jean Margeries et Jeanne Bouvet, époux de Catherine Combe, est décédé le 08/06/1813 à Annonay.

C'est justement à Saint-Alban-d'Ay, le 23/02/1784, qu'a été célébré le mariage de :
- Louis Margeris, fils de vivant Jean Margeris et de feue Marie Anne Susaret [laquelle sera affublée d'une identité erronée, plus de 30 ans après sa disparition, sur l'acte de décès de son fils], domicilié à Saint-Alban-d'Ay
- Catherine Combes, fille de feu Antoine Combes et de vivante Jeanne Duvert [dont le nom de jeune fille explique la confusion de 1802], domiciliée à Satillieu

L'âge de Catherine Combe n'est mentionné sur aucun acte. Néanmoins, le fait qu'elle ait accouché en 1802 rend fort improbable une naissance vers 1749.

Effectivement, ses parents n'étaient pas encore mariés à l'époque. En l'occurrence, Antoine Descombes et Jeanne Duvert ont convolé en justes noces le 08/09/1756 à Satillieu. Le couple a donné naissance à 3 enfants, une fille et deux garçons, dont le benjamin a vu le jour après le décès de son père. Jeanne Catherine, la fille unique d'Antoine Decombe et Jeanne Duvert, est née le 25/02/1761 à Satillieu.

Concernant les incertitudes patronymiques :
- L'acte de naissance de l'époux de Catherine, né le 05/10/1754 à Saint-Alban-d'Ay, le baptise Jean Louis Margiriat, en accord avec l'acte de mariage de ses parents Jean Margiriat et Marianne Seyaret, daté du 05/06/1753. Son nom était donc bien "Margiriat", une orthographe qui subsistera au moins jusque dans l'acte de mariage de sa fille Marie en 1813.
- Quant à Catherine elle-même, décédée "Combe", mariée sous le nom de "Combes", née "Decombe", son père s'étant lui-même marié sous le nom de "Descombes", il est difficile de trancher... D'autant plus que ses père et oncle (l'aîné des deux ayant été le parrain du cadet) ont été baptisés Antoine Combes en 1709 et Antoine Decombes en 1727, et que leur propre père, qui s'est marié sous le nom de Louiset Combes en 1698, était né Louis Decombes en 1675 !

Quoi qu'il en soit, force est de reconnaître que Jeanne Catherine Combe/Descombes, née le 25/02/1761 et décédée le 24/02/1850, n'a finalement vécu que 88 ans et 364 jours.
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Marie CHOMEL veuve CLOZEL (1761?-1849) d'Annonay (Ardèche)

Message par Cyril le Sam 13 Jan 2018 - 18:37

D'après son acte de décès, Marie Chomel, veuve de Joseph Clozel, domiciliée à Préaux, est décédée le 03/07/1849 à l'hospice d'Annonay. La table des successions et des absences précise que Marie Chomel était née à Préaux.

Dans les tables décennales des décès de Préaux, il n'y a heureusement que fort peu de Clozel. Le seul Joseph Clozel qui y est décédé dans la première moitié du XIXème siècle a rendu l'âme le 13/10/1807 au lieu de Fontay, à l'âge déclaré de 64 ans. Les identités de son épouse et de ses parents sont passées sous silence, mais on apprend qu'il avait un "beau-fils" nommé François Viallet, également domicilié à Fontay.

Le 12 fructidor V (29/08/1797) à Préaux, un certain Jean François Viallet a épousé civilement Maries Clozel, 23 ans, fille de Josept Clozel et Maries Chomel, domiciliée à Fontay. Lors de leur mariage religieux, le 13/10/1795 à Préaux, les parents de Marie Clozel étaient dénommés Antoine Joseph Clozel et Marie Chomel.

C'est également à Préaux, la paroisse natale de notre présumée centenaire, qu'a eu lieu son mariage. Ainsi, le 19/04/1774, Joseph Antoine Clozel, domicilié à Saint-Félicien, a épousé Marie Chomel, fille de Jean Chomel et Françoise Goudard, domiciliée au lieu de Fontay à Préaux.

Des 13 enfants nés de cette union entre 1776 et 1802 à Préaux, au moins 8 sont décédés en bas âge. Voilà les 5 autres :
2) Marie Louize, fille d'Antoine Joseph Clozel et Marie Chomel, née le 09/10/1777 au lieu du Chalars
3) Jean Baptiste, fils de Joseph Clauzel et Marie Chomel, né le 08/06/1779 au lieu du Chalar
4) Marianne, fille de Joseph Clauzel et Marie Chomel, née le 02/11/1781 au lieu du Chalar
5) Jean, fils de Joseph Clauzel et Marie Chomel, né le 24/10/1784 au lieu de Fontay
9) Joseph, fils de Joseph Closel et Marie Chomet, née le 28 fructidor II (14/09/1794) au lieu de Fontey

Jean Baptiste, Jean et Joseph sont tous les trois absents du recensement de 1836 à Préaux, où leurs décès n'ont pas été déclarés, pas plus qu'à Annonay. Ils peuvent soit être décédés en bas âge sans déclaration (ce que je considère comme tout à fait plausible), soit avoir fait leur vie ailleurs.

Seules Marie Louize et Marianne sont restées auprès de leur mère :
- Marianne, qui a brièvement assuré le rôle de marraine de ses sœur Marianne Roze (1798-1801) et frère Antoine (1802-1802), s'est mariée religieusement le 25/02/1800 à Préaux avec Jean Martin, qui lui a donné 7 enfants (nés entre 1801 et 1818 à Préaux), puis elle a perdu la vie le 15/01/1821 à Préaux, à l'âge déclaré de 40 ans [39 ans en réalité].
- Marie Louize, qui a donc épousé Jean François Viallet sous le nom de Maries Clozel en exagérant son âge de 3 ans, a donné la vie à 8 enfants (nés entre 1796 et 1815 à Préaux), avant de quitter ce monde le 21/01/1819 à Préaux, sous le nom de Marie Clauzel, à l'âge déclaré [et exact] de 41 ans.

Le seul document antérieur au décès de Marie Chomel à indiquer son âge semble confirmer qu'elle est née vers 1749. En effet, le 28/09/1824, Marie Chomel (75 ans) a déclaré en mairie de Préaux la naissance de Claude Viallet, fils naturel de Catherine Viallet. Catherine Viallet était la fille aînée de Marie (Louize) Clozel et de (Jean) François Viallet, née le 17/09/1796 à Préaux. Sur l'acte, Marie Chomel est qualifiée de "grand mère de l'anfent", mais une génération de plus les séparait en réalité.

Pourtant, notre présumée centenaire ne pouvait définitivement pas l'être, puisque ses parents Jean Chomel et Françoise Goudard n'ont convolé en justes noces que le 11/11/1755 à Préaux. Le couple a eu 10 enfants, dont 6 filles, parmi lesquelles seules 2 pourraient être la personne recherchée :
2) Marianne, fille de Jean Chomel et Francoise Goudard, née le 06/08/1757 au lieu de Fontay
4) Marie, fille de Jean Chomel et Francoise Goudard, née le 08/03/1761 au lieu de Fontay

Etant donné que :
- Marie Chomel ne s'est jamais fait appeler "Marianne" ou "Marie Anne" sur aucun acte ;
- je n'ai trouvé aucune preuve de la survie de Marianne Chomel, malgré de longues recherches ;
- le couple Chomel-Goudard a donné naissance à une seconde fille prénommé Marianne en 1767, ce qui aurait pu être motivé par le décès de la première Marianne ;
- l'âge déclaré par Marie Chomel en 1824 était exagéré de 8 ou 12 ans, ce qui ne fait finalement guère de différence (et n'est pas étonnant pour une femme veuve depuis 17 ans d'un mari plus âgé qu'elle d'environ 14 à 18 ans, dont la dernière fille est décédée depuis 3 ans, et qui se retrouve arrière-grand-mère de surcroît) ;
- les lois en vigueur à l'époque autorisaient le mariage des filles dès 12 ans ;
je pense, en l'absence d'indice pour étayer l'hypothèse d'un changement de prénom précoce, qu'il est significativement plus probable que "notre" Marie Chomel soit née en 1761, auquel cas elle se serait mariée à 13 ans et 1 mois, puis aurait eu son premier enfant à 15 ans et 3 mois.

Par conséquent, je conclus que Marie Chomel est vraisemblablement née le 08/03/1761 et a vécu 88 ans et 117 jours, bien qu'il reste une probabilité non négligeable qu'elle soit née sous le prénom de Marianne le 06/08/1757 et ait eu une longévité de 91 ans et 331 jours.

Cette investigation, dans la mesure où les registres paroissiaux et d'état-civil de Préaux sont disponibles en parallèle sur une période d'une décennie, m'a prouvé qu'au tournant des XVIIIème et XIXème siècle en Ardèche, si certains événements (naissance, mariages, décès) pouvaient n'être déclarés que dans les registres paroissiaux au mépris de la nouvelle autorité des mairies, l'inverse était aussi possible, et ce, au sein d'un même noyau familial. Une absence d'acte ne signifie pas toujours une absence d'événement : c'est bien ce qui rend ces recherches "historiques" si complexes...
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Jean BONNET (1759-1845) de Vanosc (Ardèche)

Message par Cyril le Ven 12 Jan 2018 - 20:47

D'après son acte de décès, Jean Bonnet, 102 ans, veuf de Marie Veyre, est décédé le 01/09/1845 au lieu du Pignat, dans la commune de Vanosc, dont il était natif. Le premier déclarant était son fils François Bonnet, 52 ans, du lieu du Chirollet à Vanosc.

Son veuvage était assez récent, puisque Marie Veyre, fille de feus André Veyre et Jeanne Jurdic (domiciliés de leur vivant au Bosc de Vanosc), épouse de Jean Bonnet, était décédée le 02/04/1841 aux Seux, dans la commune de Vanosc, à l'âge déclaré de 85 ans. Son "fils cadet" François Bonnet, de Chirollet, était alors dit âgé de 45 ans.

Le recensement de 1836 à Vanosc s'avère particulièrement décevant, puisque Jean Bonnet a déclaré y avoir 75 ans. Il vivait avec sa femme Marie Veyre (73 ans), ainsi que la famille de celui qui s'avèrera être son fils Louis Bonnet (42 ans), époux de Jeanne Cornillon. François Bonnet, quant à lui, vivait près de chez un futur faux centenaire ardéchois : Joseph Jurdic (1781-1875).

Les actes de mariage de François (1819) et Louis (1823) s'accordent sur leur filiation : leurs parents Jean Bonnet et Marie Veyre étaient bien vivants et domiciliés au lieu des Seux à Vanosc.

Le mariage de notre présumé pas-si-centenaire-que-ça a été célébré le 13/01/1784 à Vanosc, unissant :
- Jean Bonnet, fils de Jean Bonnet et Claudine Desmartins, du lieu des Seux
- Marie Veyre, fille d'André Veyre et Jeanne Jurdic, du lieu du Bosc

Bien que les âges des époux ne soient pas indiqués, il est intéressant de remarquer que le second témoin de Marie Veyre était son frère Jean Pierre Veyre, que nous connaissons depuis le compte-rendu d'hier puisqu'il s'agit (encore) d'un futur faux centenaire ardéchois. L'étude de sa fratrie ayant déjà été faite, je peux affirmer que Marie Veyre est née le 29/06/1758 au Bosc de Vanosc. Son âge au recensement de 1836 a donc été sous-estimé de 5 ans, tandis que son acte de décès la vieillissait de 2 ans.

Aucun des 8 actes de baptême/naissance de leurs enfants [parmi lesquels on retrouve Louis en 1789 et François en 1794] ne précise l'âge de Jean Bonnet, mais ses propres parents Jean Bonnet et Claudine Desmartins y sont cités comme parrain (2 fois) et marraine (1 fois). Leur mariage est daté du 06/02/1758 à Vanosc, ce qui met un terme aux revendications d'âge extrême de Jean Bonnet.

Parmi les 6 enfants de Jean Bonnet et Claudine Desmartins, tous nés aux Seux dans la paroisse de Vanosc :
- Deux Jean ont vu le jour, les 10/02/1759 et 04/05/1765, sans que le premier soit apparemment décédé en bas âge.
- Un certain Jean Pierre est décédé à l'âge d'environ 20 ans le 07/04/1781, mais après vérification, il s'avère que son nom de baptême était Pierre Maurice et qu'il était né le 25/10/1761.
- Le benjamin Jean Baptiste Bonnet, né le 16/07/1772, était trop jeune pour s'être marié en janvier 1784.

Il m'a fallu de longues recherches pour départager les deux Jean... En fin de compte, celui qui est soi-disant décédé centenaire était l'aîné, puisque le cadet a eu la bonne idée de se marier au Monestier, où l'officier d'état-civil a soigneusement recopié sa date de naissance ("quatrieme may mil sept cent soixente cinq"). Après deux veuvages, le cadet des Jean Bonnet est finalement décédé le 04/12/1843 à Saint-Julien-Vocance, à l'âge déclaré de 81 ans [un âge légèrement gonflé de 3 ans]. Quant à l'aîné, son âge réel au recensement de 1836 était de 77 ans, soit seulement 2 ans de plus que ce qui a été déclaré.

Jean Bonnet, né le 10/02/1759, est donc décédé à l'âge pas si extraordinaire que ça de 86 ans et 203 jours.
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Jean Pierre VEYRE (1760-1851) de Vanosc (Ardèche)

Message par Cyril le Jeu 11 Jan 2018 - 19:38

D'après son acte de décès, Jean Pierre Veyre, 101 ans, né au Bosc à Vanosc, fils de feus Jacques Veyre et Marie Anne Jurdic, veuf de Jeanne Gery, est décédé le 14/11/1851 à Bourgaud, dans la commune de Vanosc.

Voici ce que nous apprennent les recensements de Vanosc :
- En 1851, J[ea]n Pierre Veyre, 98 ans, veuf, vivait à Bourgaud avec sa fille Marianne (41 ans), son mari Joseph Dessemond (36 ans), leurs 3 enfants âgés de 2 à 6 ans, ainsi que J[ea]n Pierre Rouchon (23 ans), "enfant d'un 1er lit".
- En 1846, J[ea]n Pierre Veyre, 90 ans, veuf, vivait à Bourgaud dans la même famille, où J[ea]n Pierre Rouchon (18 ans) est erronément dit "oncle" de son demi-frère Frédéric Dessemond (1 an).
- En 1836, J[ea]n Pierre Veyre, 81 ans, veuf, vivait avec son gendre Claude Rochon (28 ans), lui-même époux de Marie-Anne Veyre (29 ans), lesquels étaient parents de 3 enfants, dont J[ea]n Pierre Rochon (7 ans) était l'aîné.

En 1828 et 1843, dans les deux actes de mariage de "Marianne", dont les prénoms officiels étaient en réalité "Jeanne Marie", son père Jean Pierre Veyre est présent et veuf de Jeanne Gery.

L'âge de notre présumé centenaire est indiqué dans les deux actes suivants :
- Au décès de son gendre Claude Marie Rouchon le 06/06/1839 à Bourgaud, Jean Pierre Veyre a déclaré avoir 82 ans.
- Au décès de son épouse Jeanne Marie Gery, 63 ans, fille de feus Joseph Gery et Marie Bardon, le 25/02/1825 à Bourgaud, Jean Pierre Veyre a déclaré avoir 64 ans.

Leur mariage n'aura duré qu'un quart de siècle, puisque c'est le 19/02/1800 (30 pluviôse VIII) à Annonay que Jean Pierre Veyre, fils de feu André Veyre et de vivante Jeanne Jurdic [dont les prénoms étaient erronés dans son acte de décès], domicilié au Bosc à Vanosc, a épousé Jeanne Gery, fille de feu Joseph Gery et de vivante Marie Bardon, domiciliée à Bourgaud dans la commune de Vanosc.

Après cette union tardive [Jeanne Gery avait à peu près 38 ans au mariage], le couple semble n'avoir eu que 2 enfants :
1) Louis, fils de Jean Pierre Veyre et Jeanne Gery, né le 22/08/1801 (4 fructidor IX) à Bourgaud
2) Jeanne Marie, fille de Jean Pierre Veyre (46 ans) et Jeanne Gery, née le 29/07/1806 à Bourgaud

Jean Pierre Veyre serait donc né vers :
- 1750 d'après son acte de décès (1851)
- 1753 d'après le recensement de 1851
- 1756 d'après le recensement de 1846
- 1757 d'après l'acte de décès de son gendre (1839)
- 1755 d'après le recensement de 1836
- 1761 d'après l'acte de décès de son épouse (1825)
- 1760 d'après l'acte de naissance de sa fille (1806)

Par conséquent, on peut s'attendre à une exagération de son âge d'environ 10 ans.

Ses parents, André Veire et Jeane Jurdic, ont convolé en justes noces le 17/09/1743 à Vanosc. Sur 12 enfants, nés entre 1745 et 1769, ils ont eu 4 fils : Etienne (1745), Louis (1749), Francois (1756) et... Jean Pierre, né au Bosc le 12/05/1760. Son âge concorde avec ceux qui lui sont attribués à la naissance de sa fille et à la mort de sa femme.

J'en conclus que Jean Pierre Veyre est décédé à l'âge de 91 ans et 186 jours.
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Alexandre DELIRY (1777-1878), de Soissons (Aisne)

Message par Barti le Mer 10 Jan 2018 - 23:23

Les rares centenaires des temps anciens bénéficiaient de belles cérémonies pour la célébration de leur anniversaire. Le Journal de Senlis du 23 décembre 1877 annonce les fêtes organisées à Soissons pour la célébration du centenaire de M. Alexandre Deliry.



Le site landrucimetieres.fr nous apprend que sa pierre tombale est toujours présente dans l'ancien cimetière de Belleu, commune voisine de Soissons. L'inscription suivante y est visible : "Alexandre Deliry décédé le 23 septembre 1878 à l'âge de 101 ans".



L'acte de décès indique qu'Alexandre Deliry, âgé de cent ans et neuf mois, veuf en premières noces de Marie Angélique Vauvillé, en secondes noces de Catherine Mouflet et en troisièmes noces de Géneviève Adélaïde Lévêque, né à Soissons le 15 décembre 1777, fils de Nicolas Louis Deliry et de Marie Anne Leblanc, est bien décédé à Soissons le 23 septembre 1878. Le décès a été déclaré par son "petit-fils" Ernest Menot (43 ans) domicilié à Belleu et son "arrière petit-fils" Eugène Chevallier (29 ans) domicilié à Soissons.

3 mariages ! Notre centenaire semblait beaucoup aimer les femmes. Aucune d'entre elles n'aura malheureusement eu la chance de lui survivre.

L'acte de décès de la 3ème indique que Geneviève Adélaïde Léveque, "épouse de Alexandre Deliry", née à Soissons, est décédée à Soissons le 3 avril 1849.

Leur mariage a été célébré à Soissons le 27 décembre 1836. Géneviève Adélaide Leveque a épousé Alexandre Deliry, "veuf de dame Catherine Mouflet son épouse décédée à Soissons le onze mars mil huit cent trente cinq", âgé de 59 ans, né à Soissons le 15 décembre 1777, fils de feu Nicolas Louis Deliry décédé à Soissons le 13 juillet 1813 et de vivante Marie Anne Leblanc. L'un des témoins est Sébastien Joseph Deliry, boulanger demeurant à Soissons, frère de l'époux.

Comme l'indiquait le précédent acte, l'acte de décès de Marie Catherine Mouflet, "epouse du sieur Alexandre Deliry", née à Belleu, indique qu'elle est décédée à Soissons le 11 mars 1835. Le déclarant du décès était son "beau frère" Joseph Sébastien Deliry, boulanger demeurant à Soissons.

Leur mariage a été célébré à Soissons le 7 mai 1817. Marie Catherine Mouflet a épousé Alexandre Deliry "veuf de Marie Angélique Vauvillé, son épouse décédée à Soissons le dix neuf août mil huit cent treize", né en la paroisse Saint-Rémi de Soissons le 15 décembre 1777, fils de Nicolas Louis Deliry décédé à Soissons le 13 juillet 1813 et de vivante Marie Anne Leblanc. Joseph Sébastien Deliry, boulanger, "frère de l'époux", est encore une fois présent, mais il était domicilié à l'époque à La Ferté-Milon (Aisne).

Les actes d'état civil et registres paroissiaux de Soissons rédigés avant 1815 ont bénéficié, pour une raison que j'ignore, d'une reconstitution probablement à cause d'une destruction des documents. Nous ne sommes donc pas en possession des originaux mais d'actes partiellement reconstitués. La date de décès de la 1ère épouse nous redirige vers son acte de décès qui, heureusement pour nous, a été reconstitué : Marie Angélique Vauvillé, "epouse de Alexandre Deliry", née à Soissons, est décédée à Soissons le 19 août 1813.

Le 1er acte de mariage d'Alexandre, en revanche, demeure introuvable à Soissons où il a pourtant théoriquement été célébré entre 1793 et 1813, les deux époux étant originaires de cette ville. Il est probable qu'il ait bien eu lieu là-bas, mais que l'acte n'ait malheureusement jamais été reconstitué. Il va donc falloir s'en passer.

Par chance, l'acte de baptême reconstitué est disponible. On apprend ainsi qu'Alexandre, fils de Nicolas Louis Deliry et de Marie Anne Leblanc, est né le 15 décembre 1777 sur la paroisse Saint-Rémy de Soissons.

Pour l'instant, les documents que nous possédons concordent tous entre eux. L'acte de baptême, les 2 actes de mariage et l'acte de décès mentionnent tous la même date de naissance : 15 décembre 1777. J'ai néanmoins décidé de rechercher d'autres documents de milieu de vie qui prouveraient, par simple mention de l'âge, que cette date de naissance a toutes les chances d'être correcte.
Pour se faire, et en l'absence de recensements, j'ai décidé d'orienter mes investigations vers sa famille : Nous savons par son acte de décès que son petit-fils se nommait Ernest Menot, qu'il était âgé de 43 ans et était domicilié à Belleu en 1878. Nous savons également par les 2 derniers actes de mariage et le décès de la seconde épouse d'Alexandre que ce dernier avait un frère nommé Joseph Sébastien (ou Sébastien Joseph) Deliry domicilié à La Ferté-Milon en 1817 et à Soissons en 1835 et 1836.

Commençons par le petit-fils : les informations que l'on détient sur lui permettent de retrouver son acte de mariage célébré le 11 janvier 1859 à Belleu. Arnesse Menot, fils de Louis Amand Menot et de Virginie Félicité Priolet, a épousé Clarisse Honorine Chevallier, fille de Honoré Chevallier et de Joséphine Clarisse Deliry. A première vue, l'absence de Deliry dans les noms de famille des parents d'Arnesse/Ernest contredisent le fait qu'Alexandre soit son grand-père. Cependant, on constate que la mère de Clarisse Honorine Chevallier, son épouse, a pour nom de famille Deliry. Serait-il possible que Clarisse soit la petite-fille d'Alexandre et qu'Arnesse/Ernest soit en réalité son petit-fils par alliance ? L'hypothèse ne tarde pas à être confirmée car parmi les témoins est cité Alexandre Deliry, "âgé de quatre-vingt et un ans sans profession, grand-père de l'épouse domicilié audit Belleu". C'était donc bien le cas, et coup de pot : cela nous fait déjà un document supplémentaire où l'âge d'Alexandre est indiqué et cohérent.

L'acte de mariage de François Honoré Chevailler et Joséphine Clarice Deliry, célébré à Soissons le 10 décembre 1833, nous apprend que la mariée était une fille née du premier mariage d'Alexandre car ses parents sont respectivement "Alexandre Deliry jardinier demeurant à Soissons" et "Marie-Angélique Vauvillé son épouse décédée audit Soissons le dix neuf août mil huit cent treize". L'acte ne renseigne malheureusement pas sur l'âge du père, mais l'un des témoins présents au mariage est à nouveau "Sébastien-Joseph Deliry Boulanger demeurant à Soissons [...] oncle paternel de l'épouse". Nos recherches vont maintenant s'orienter vers lui.

Grâce aux tables décennales de Soissons, je parviens à retrouver 3 actes de mariage intéressants :

- Le 22 juillet 1850 à Soissons se sont unis "Joseph Sébastien Deliry, veuf de Louise Eulalie Charpentier [...], fils de défunt Louis Nicolas Deliry [...] décédé le treize juillet mil huit cent treize et de défunte Marie Anne Leblanc [...] décédée [...] le vingt janvier mil huit cent quarante" et Thérèse Victoire Choquart. L'un des témoins est "Alexandre Deliry [...] âgé de soixante douze ans, frère de l'époux".
- Le 6 février 1839 à Soissons se sont unis "Joseph Augustin Deliry [...] fils majeur du sieur Joseph Sébastien Deliry, m(aît)re boulanger [...] et de dame Honnorée Geneviève Visbecq [...] celle ci décédée" et Sophie Apoline Paquier. L'un des témoins est "Alexandre Deliry, propriétaire demeurant à Soissons agé de soixante et un ans, oncle paternel de l'époux".
- Le 30 juin 1835 à Soissons se sont unis "Félix Alexandre Henry Deliry [...] fils [...] de M. Joseph Sébastien Deliry m(aît)re boulanger demeurant à Soissons [...] et de dame Honnorée Geneviève Visbecq son épouse décédée" et Jeanne Marie Louise Adélaïde Clarice Desboves. L'un des témoins est "Alexandre Deliry jardinier demeurant à Soissons âgé de cinquante sept ans oncle paternel de l'époux".

Les âges et les liens familiaux sont tous cohérents. L'acte de mariage de Joseph Sébastien Deliry et Honnorée Geneviève Visbecq n'étant pas trouvable à Soissons, j'ai émis l'hypothèse qu'il avait été célébré à La Ferté-Milon, lieu de naissance des neveux et lieu de résidence du frère en 1817.

J'ai effectivement vu juste. Cet acte, indique que "Joseph Sebastien Deliry [...] fils de Nicolas Louis Deliry jardinier et de Marie Anne Leblanc" a épousé Honnorée Geneviève Visbecq le 27 novembre 1809 à La Ferté-Milon. Et si jusqu'ici, acte de baptême mis à part, le document le plus ancien que nous possédions où l'âge d'Alexandre était indiqué était son 2ème acte de mariage rédigé 39 ans après sa naissance, nous avons maintenant cet acte daté du 27 novembre 1809 où l'âge des témoins est indiqué et parmi eux se trouvait "Alexandre Deliry agé de trente deux ans [...] frère de l'époux". Cet âge bien plus rapproché de la naissance corrobore une nouvelle fois une naissance en 1777.

Au bout du compte, tous les documents sont cohérents aussi bien sur les liens familiaux que sur les âges du protagoniste. Après ces longues mais fructueuses recherches, il convient de conclure qu'Alexandre Deliry est décédé le 23 septembre 1878 à l'âge de 100 ans et 282 jours.
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Marie Rose SIMON (1809-1911), de Chamoy (Aube)

Message par Barti le Mar 9 Jan 2018 - 23:27

L'acte de décès indique que Marie Rose Simon, âgée de cent deux ans, née à Chamoy le 3 septembre 1809, veuve de Louis Gaillier décédé à Chamoy le 28 septembre 1873, fille de Jean Baptiste Simon et de Marie Bertrand, est décédée à Chamoy le 18 novembre 1911 en la maison de sa fille Louise Joséphine Gaillier veuve Truchy âgée de 64 ans. Le décès a été déclaré par son "cousin" Eugène Bourgeois (49 ans) et son "arrière-petit-neveu" Henri Fleuriot (39 ans). Cet acte se révèle particulièrement riche en informations.

En cherchant dans le recensement de 1901 à Chamoy, j'ai pu localiser une certaine Rosalie Simon (91 ans) qui vivait avec Louise Gaillier (54 ans). Le lien de parenté n'est pas précisé et le prénom ne correspond pas mais il semble évident qu'il s'agit de notre centenaire et de sa fille : les âges correspondent et les identités également si on excepte le prénom de Marie Rose transformé en "Rosalie".

Comme l'indiquait l'acte de décès de sa femme, Louis Gaillier "époux de Marie-Rose Simon âgée de soixante quatre ans" est décédé à Chamoy le 28 septembre 1873.

Louise Joséphine Gaillier, la fameuse fille chez qui s'est éteinte notre centenaire et qui semblait déjà vivre avec elle en 1901, est née à Chamoy le 19 mai 1847 du mariage de Louis Gaillier et de Rosalie Simon "agée de trente huit ans". Son nom marital, indiqué dans l'acte de décès de sa mère, est confirmé par son acte de mariage célébré à Chamoy dans lequel on apprend que Louise Joséphine Gaillier, née à Chamoy le 20 mai 1847 (en fait déclarée ce jour-là), "fille légitime de Gaillier Louis âgé de soixante cinq ans et de Marie Rose Simon âgée de cinquante quatre ans", a épousé Louis Médard Truchy le 15 novembre 1864.

Le mariage de notre centenaire, quant à lui, a été célébré à Chamoy le 26 juin 1832. Louis Gaillier s'est ainsi uni à Marie Rose Simon, âgée de vingt deux ans, née à Chamoy le 3 septembre 1809, fille de Jean Baptiste Simon et de défunte Marie Bertrand décédée à Chamoy le 3 avril 1811 (soit un an et demi après la naissance présumée de Marie Rose).

Nous avons la chance ici que les 6 documents utilisés jusqu'à maintenant mentionnent l'âge de notre centenaire. Un seul d'entre eux (l'acte de mariage de sa fille) rajeunit Marie Rose d'1 an. Les autres sont parfaitement cohérents pour corroborer une naissance au 3 septembre 1809. Enfin, Marie Rose est nommée Rosalie dans deux documents (recensement de 1901 et acte de naissance de sa fille), ce qui semble étayer l'hypothèse qu'il s'agissait d'un surnom.

Finalement, un seul acte de naissance peut lui correspondre : Marie Roze, fille de Jean Baptiste Simon et de Marie Bertrand, est née à Chamoy le 3 septembre 1809 et a été déclarée en mairie le lendemain.

Marie Rose Simon était donc bien âgée de 102 ans et 76 jours à son décès.
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François COMBECAVE (1801-1902), de Duravel (Lot)

Message par Barti le Lun 8 Jan 2018 - 23:03

L'Express du Midi du 5 octobre 1902 rapporte le décès de l'abbé François Combecave, né à Duravel le 28 août 1801 et mort dans la même commune le 2 octobre précédent.



L'acte de décès indique que François Combecave, "ancien desservant", âgé de cent un ans, né à Duravel, fils de Jean Combecave et de Marie Anne Laval, est décédé à Duravel le 2 octobre 1902.

Le statut d'ancien prêtre de François ne fait aucun doute sur sa situation de célibataire. Il va donc falloir faire sans acte de mariage. J'ai eu un peu de mal à authentifier la longévité de ce monsieur, et je pense que l'authentification aurait été impossible, voire très difficile, si je n'avais pu être aidé par une source précieuse et difficile à débusquer.

Il est premièrement possible de retrouver François dans 3 recensements à Duravel. Ainsi :
- En 1901, Marcelin Castagné (56 ans), vivait avec sa femme Félicie Delmon (45 ans), leurs 6 enfants et son oncle François Combecave (100 ans), "prêtre".
- En 1896, Ant(oi)ne Marcellin Castagné (51 ans), vivait avec sa femme Jeanne Delmon (39 ans), leurs 6 enfants et "leur oncle" François Combecave (94 ans), "prêtre".
- En 1891, Antoine Castagné (46 ans), vivait avec sa femme Félicie Delmon (35 ans), leurs 6 enfants et le "Gd oncle" François Combecave (90 ans), "prêtre".

En 1886, François Combecave ne vivait pas à Duravel avec le ménage constitué de Frederic Castagné (42 ans), sa femme Felicie Delmon (31 ans) et leurs enfants. Cela parait logique si on tient compte de l'article disant qu'il "s'était retiré [à Duravel] depuis quelques années". De plus, on peut également lire qu'il "appartenait au clergé du diocèse d'Agen" ce qui signifierait qu'il fut prêtre dans le Lot-et-Garonne. Mais où exactement ? Le Lot-et-Garonne est voisin de la commune de Duravel, mais cela ne nous donne pas le lieu exact...

Le lien de parenté entre François et son neveu présumé est clairement établi par deux actes de mariage : Le premier célébrant l'union d'Antoine Marcelin Castagné avec Jeanne Delmond le 22 juillet 1874 à Duravel dans lequel l'époux est dit fils de Pierre Castagné et de feue Madelaine Combecave, et le deuxième célébrant l'union de Pierre Castagné avec Madelaine Combecave le 10 septembre 1829 à Duravel dans lequel l'épouse est dite fille de Jean Combecave "employé dans les impôts indirects, en retraite" et Marie Anne Laval. Madelaine Combecave était la soeur de François Combecave, lequel était donc bien l'oncle d'Antoine Marcelin Castagné. Toutefois, aucune information sur François et son lieu de résidence n'apparaît dans ces actes. Bien que les recensements de Duravel indiquent des âges cohérents, j'ai besoin de documents de milieu de vie et j'en reste pour l'instant au point mort...

Une lueur d'espoir m'apparaît lorsque je localise cet article de l'Est Républicain daté du 17 septembre 1901 :



Ainsi donc, François Combecave aurait été curé d'Alloux... Alloux... késako ? Cette commune n'existe pas ! En vérifiant la liste des communes du Lot, je ne trouve aucun nom ressemblant. En revanche, la consultation de la liste des communes du Lot-et-Garonne me permet d'apprendre l'existence d'un de ses villages nommé "Allons". Bien que ce village soit situé à l'extrême opposé du département par rapport à la frontière avoisinant Duravel, et à plus de 100 km de la commune de naissance et décès de notre centenaire, ce serait la seule commune pouvant correspondre à "Alloux".

Avec un mince espoir, je me lance dans une petite recherche Internet, et je découvre avec surprise, dans une liste de curés du village d'Allons figurant sur une page du site genealogie-en-47.fr, la phrase suivante : "10° François COMBECAVE, né le 28 août 1801, nommé à Allons le 9 mai 1861, titulaire d’Ambrus le 11 décembre 1871 (voir art. à Saint-Maurin)". Ainsi donc c'était bien ce village ! La date présumée de naissance et l'identité du prêtre en témoignent : c'est bien notre centenaire.
La source de cette liste est indiquée un peu plus bas : "Texte du chanoine DURENGUES. 18 J 36 à 42".

Ces textes sont en réalité les Notes historiques sur les paroisses du diocèse d'Agen rédigées par l'abbé Antoine Durengues au début du XXème siècle. Après quelques recherches, je parviens à trouver une version numérique de ce document et à accéder aux notes du village d'Allons. Sur les fameuses notes figure exactement la même phrase que celle
recopiée sur le site genealogie-en-47. Or, ce court extrait nous redirige vers "art. à Saint-Maurin". Saint-Maurin est une autre commune du Lot-et-Garonne. Se pourrait-il que d'autres informations apparaissent dessus ?

C'est exactement le cas, et ces notes sont probablement la meilleure source d'informations qu'il m'était possible de retrouver, car tout le parcours ecclésiastique de François Combecave y est cité avec d'autres informations complémentaires. Voici l'extrait en question :
"4° François Combecave né le 29 août 1801 à Duravel (Lot), incorporé au diocèse d'Agen en 1821, prêtre le 9 juin 1827, vicaire de Ste Catherine (Villeneuve) le 1er septembre 1827, recteur de Fourques, de Coussan le 1er septembre 1828, de St Maurin en janvier 1836, de Lamontjoie en septembre 1845, de Masquières le 1er juillet 1853, de Salles le 16 novembre 1855, d'Allons le 9 mai 1861, titulaire d'Ambrus le 11 décembre 1871, de [Bonnes-Nouvelles ?] le 16 juillet 1875, décédé à Duravel le 2 octobre 1902".

Antoine Durengues se contredit sur la date de naissance précise : "28 août" pour l'article d'Allons, "29 août" pour celui de Saint-Maurin. La différence est cependant très minime et le principal reste la connaissance des différentes paroisses dans lesquelles a officié notre centenaire tout au long de sa vie. Et on peut dire qu'il a vu du pays...

Cela me permet de le retrouver dans plusieurs recensements. Ainsi :
- En 1866, François Combecave (65 ans), "curé", vivait à Allons avec sa servante Jeanne Lespès (62 ans)
- En 1856, François Combecave (54 ans), "prêtre", vivait à Salles avec son père Jean Combecave (82 ans)
- En 1851, François Combecave (50 ans), "prêtre", vivait à Lamontjoie avec son père Jean Combecave (75 ans) "pensionné de l'Etat"
- En 1846, François Combecave (45 ans), "prêtre", vivait à Lamontjoie avec sa nièce Thérèse Rabiès (35 ans)
- En 1841, François Combecave, "recteur", vivait à Saint-Maurin avec Jean Combecave "sans profession" et Thérèse Radié "gouvernante". Jean Combecave est placé en tête du ménage, mais son lien de parenté avec François n'est pas indiqué. Toutefois, on peut penser qu'il s'agit de son père.
- En 1836, on retrouve à Saint-Maurin un certain Jean Combecave (36 ans), "curé de St-Maurin" qui vivait avec sa domestique Margueritte Fraysi veuve Forestié (60 ans). Le prénom ne correspond pas, mais l'âge, la profession et l'impossibilité de retrouver François ailleurs dans le recensement semblent confirmer l'hypothèse qu'il s'agit bien de lui.

Les âges sont tous cohérents, l'identité et l'état du père le sont aussi : Jean Combecave est dit "employé dans les impôts indirects, en retraite" lors du mariage de sa fille en 1829 et "pensionné de l'Etat" en 1851. Reste maintenant à retrouver l'acte de naissance de François...

Alors, 28 ou 29 août 1801 ? Ou peut-être aucune date parmi les deux ? Les registres de Duravel ne contiennent qu'un seul acte pouvant correspondre : Pierre et François Combecave, frères jumeaux nés du mariage de Jean et de Marianne Laval, sont nés à Duravel le 11 Fructidor an 9 (= 29 août 1801) et ont été déclarés le lendemain.

François Combecave était donc né le 29 août 1801 et s'est éteint le 2 octobre 1902 à l'âge de 101 ans et 34 jours.

Un grand merci à l'abbé Antoine Durengues (1860-1948) sans qui je serais encore en train de m'arracher les cheveux sur ce cas !
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Marie Madeleine CHAUVIN (1781-1882), de Gassin (Var)

Message par Barti le Dim 7 Jan 2018 - 21:21

Cas découvert par Dany Chambre.

Le Petit Journal du 26 septembre 1882 annonce, sans beaucoup de précisions, la mort d'une certaine "Marie N." à Hyères dans le "quartier des Gassins" à l'âge de 102 ans.



Ce quartier n'existe pas, mais Gassin est en revanche une commune varoise située assez loin de Hyères, dans lequel on retrouve bien, à la même période, l'acte de décès d'une centenaire présumée : Marie Magdeleine Chauvin, veuve de Jean Joseph Tropez Gautier, âgée de cent un ans, née à Gassin, fille de Jean Baptiste Chauvin et de Marie Aliès, est décédée à Gassin le 3 septembre 1882.

Les recensements de cette commune permettent de retrouver notre bonne dame. Ainsi :
- En 1876, Marie Chauvin veuve Gautier (95 ans), vivait avec Charles Gautier (62 ans), sa femme Magdeleine Aubin (51 ans) et leur domestique italien Pierre Aquaronne (47 ans).
- En 1866, Marie Gautier (84 ans), "mère de Gautier Charles", vivait avec Charles Gautier (51 ans) et sa femme Madeleine Gautier (41 ans).
- En 1856, Marie Chauvin veuve Gautier (69 ans), "mère du chef de ménage", vivait avec Charles Gautier (42 ans), sa femme Magdelaine Aubin femme Gautier (30 ans) et leur fille Rosa Gautier (7 ans).
- En 1846, Marie Chauvin veuve Gautier (70 ans), vivait avec Charles Gautier "fils" (28 ans) qui était alors célibataire.
- En 1836, Marie Chauvin femme Gauttier (53 ans) vivait avec son époux Tropez Gauttier (61 ans) et leurs enfants Joseph (25 ans), Thomas (33 ans), Ferdinand (17 ans) et Jean Baptiste (13 ans).

Ce qu'on peut retenir de ces recensements :
- L'époux est décédé entre 1836 et 1846
- Marie Chauvin était domiciliée en 1846, 1856, 1866 et 1876 avec son fils Charles dont les différents âges déclarés semblent tous indiquer une naissance en 1814 ou 1815 (sauf en 1846 où l'année de naissance se situerait plutôt vers 1818)
- Les âges de la protagoniste fluctuent beaucoup dans les recensements les plus anciens. Ainsi, par rapport à son acte de décès, celui de 1836 la rajeunit de 2 ans, celui de 1846 la vieillit de 5 ans, celui de 1856 la rajeunit de 6 ans (on notera qu'elle est plus jeune en 1856 qu'en 1846...).

Difficile d'établir quelle est donc la date de naissance approximative de Marie. Dans leur ensemble, les recensements ne contredisent pas l'hypothèse que l'on soit en présence d'une vraie centenaire : l'un d'eux est en faveur d'un âge de 106 ans au décès, deux autres ne veulent pas franchir la barre des 100, et les deux plus récents sont cohérents avec l'acte de décès.

Jean Joseph Tropez Gautier, "époux de Chauvin Marie Magdeleine", est décédé à Gassin le 23 mars 1845, dans la fourchette de dates logique citée plus haut.

Charles Thomas Gautier, quant à lui, est né à Gassin le 7 décembre 1814 comme en attestait la majorité des recensements. Il est dit fils de Tropez Gautier et de Marie Chauvin, sans indication de l'âge des parents. Cela ne nous avance pas plus.

Finalement, c'est l'acte de mariage qui va lever le voile : Le 25 octobre 1802 à Gassin ont été unis Jean Joseph Tropez Guautier et Marie Madelaine Chauvin, née à Gassin le 12 novembre 1781, fille de Jean Baptiste et de Marie Allies.

Date de naissance confirmée (à peu près) par l'acte de baptême : Marie Madelaine Chauvin, fille de Jean Baptiste et de Marie Allies, a bien été baptisée le 12 novembre 1781 mais était "née le jour d'hier à [dix/deux?] heures du matin".

Notre centenaire était donc bien centenaire mais n'avait pas encore 101 ans révolus : Marie Madelaine/Madeleine/Magdeleine Chauvin est née le 11 novembre 1781 et est morte par conséquent à l'âge de 100 ans et 296 jours.
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Jeanne ARBINET (1832-1934), de Bévy (Côte-d'Or)

Message par Barti le Sam 6 Jan 2018 - 23:03

L'Express du Midi du 4 décembre 1934 annonçait assez sobrement la mort, à 102 ans révolus, de "Mme Louis Arbinet" dans le village de Bévy.



L'acte de décès indique que Jeanne Arbinet, née à Bévy le 17 août 1832, fille de Jean Arbinet et Rose Pillet, veuve de Louis Arbinet, est décédée à Bévy le 2 décembre 1934. La déclaration du décès a été faite par son petit-fils Alfred Boiveaux (55 ans).

Les recensements de Bévy nous indiquent qu'il y vivait seule :
- En 1926, Jeanne veuve Arbinet, née à Bévy en 1832
- En 1911, Jeanne veuve Arbinet née Arbinet à Bévy en 1832

Louis Arbinet est quant à lui décédé à Bévy le 18 mai 1898. L'homme est dit "époux de Jeanne Arbinet, âgée de soixante cinq ans, vigneronne domiciliée audit Bévy".
L'un des déclarants était son gendre Louis Boiveaux (49 ans). On peut logiquement penser qu'il s'agit du père d'Alfred Boiveaux, déclarant du décès de sa grand-mère Jeanne 36 ans plus tard.

Leur mariage a été célébré à Bévy le 26 novembre 1854. Cet événement a scellé l'union de Louis Arbinet et de Jeanne Arbinet, vigneronne âgée de 22 ans, née à Bévy le 17 août 1832, fille de Jean Arbinet et de Rose Pillet.

Tous les documents concordent parfaitement et c'est donc sans risque que l'on peut admettre que l'acte de naissance de Jeanne, née et déclarée à Bévy le 17 août 1832 du mariage de Jean Arbinet et de Rose Pillet, est bien celui de notre centenaire.

Jeanne Arbinet a donc vécu 102 ans et 107 jours.
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Marie Adélaïde ETRET (1783-1883), de Crézancy (Aisne)

Message par Barti le Sam 6 Jan 2018 - 0:30

Cas découvert par Dany Chambre.

Il m'a causé un peu de fil à retordre, non pas pour authentifier la longévité, mais pour déterminer quel était le réel nom de famille de cette dame.

Le Petit Journal du 13 mars 1883 annonçait sa mort en précisant qu'elle aurait atteint les 100 ans de justesse.



L'acte de décès confirme les données de l'article à savoir que Marie Adélaïde Létré, âgée de cent ans, veuve de Blaise Monnerat décédé à Reuilly-Sauvigny, née à Chartèves (Aisne) le 25 février 1783, fille de Marc Caprais Létré et de Claudine Fernier décédés à Chartèves, est décédée à Crézancy le 3 mars 1883. La déclaration du décès a été faite par Jean Lecart (67 ans), son neveu, chez qui elle demeurait.

Le lieu de trépas de l'époux nous amène tout droit vers son acte de décès : Blaise Monnera, âgé de 95 ans, né à Reuilly-Sauvigny le 13 mai 1868, "époux de Marie Adélaïde Caprais Etret, propriétaire, âgée de quatre vingt et un ans", est décédé à Reuilly-Sauvigny le 22 juillet 1863. L'âge de l'épouse correspond, mais son nom de famille semble avoir été très sérieusement amoché... ou pas ?

Les recensements de Reuilly-Sauvigny jettent un peu plus le doute sur ce nom de famille, mais l'âge lui, reste toujours super cohérent (et c'est bien là le principal) :

- En 1856, Blaise Monnera (88 ans), rentier et chef de ménage, vivait avec sa femme Adélaïde Etret (73 ans).
- En 1851, Blaise Monnera (83 ans), vivait avec Adélaïde Etret (68 ans).

Leur mariage a eu lieu à Reuilly-Sauvigny le 28 janvier 1818 : Blaise Monnera, 49 ans, a épousé Marie Adelaïde Caprais Etret, 35 ans, née à "Charteve", fille de Pierre Caprais Etret (décédé le 10 mars 1790 ; son acte de sépulture le nomme en réalité "Marc" Caprais Hetrait, et ce prénom s'accorde avec celui indiqué sur l'acte de décès de sa fille) et de Claudine Françoise Fermier (décédée le 17 Vendémiaire an 9). Le frère de l'épouse, "Louis Joseph Etret" est cité parmi les témoins.
Encore une fois, aucun problème avec l'âge ni avec la commune de naissance. Le nom de famille semble bien être "Etret" si l'on en croit l'identité du frère qui signe "Etret" et tous les autres documents recueillis jusqu'à présent (acte de décès excepté). Quant à "Caprais", qui serait donc bien le 2ème prénom de son père, serait alors aussi le 3ème prénom de notre présumée centenaire, ce qui serait assez bizarre étant donné qu'il s'agit d'un prénom masculin, mais pourquoi pas ?

Le mariage de ses parents nous confirme que "Caprais" est bien un prénom du père car le 24 novembre 1772 ont été unis à Chartèves Caprais Marc Etret, fils de Philippe Etret et de Berthe Gilbert, et Claudine Françoise Fernier. Plus de doute non plus sur le nom de famille : il s'agit bien de "Etret".

Reste à retrouver l'acte de baptême de notre héroïne : d'après les âges cohérents déclarés tout au long de sa vie et son identité présumée, un seul acte de baptême peut correspondre : Marie Adelaide, fille de Marc Caprais "Hétré" et de Claudine Fernier, est née et a été baptisée le 25 février 1783 à Chartèves. Point de "Caprais" dans le prénom de notre centenaire à contrario de celui de son père, donc je ne vois pas d'où peut bien provenir cette addition de prénom bizarre dont elle a été affublée dans son acte de mariage et l'acte de décès de son époux.

En fin de compte, il n'y a que son âge qui n'a jamais été sujet à controverse : Marie Adélaïde Etret a bien vécu 100 ans et 6 jours !
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Barbe DAMIN (1768?/1773-1868), de Lahaymeix (Meuse)

Message par Barti le Jeu 4 Jan 2018 - 22:41

L'acte de décès indique que Barbe Damin, âgée de cent ans, née à Commercy (Meuse), fille de François Damin et de Marie Anne Henriette, veuve de Jean Mangeot, est décédée à Lahaymeix le 3 mars 1868. Les déclarants étaient Jean Louis Ray (63 ans) et Jean-Louis Bichebois (23 ans), respectivement gendre et petit-fils de la défunte.

Jean Mangeot l'a précédée dans la tombe 45 ans plus tôt. En effet, son acte de décès précise que le "mary de Barbe Damin" s'est éteint à Lahaymeix le 6 février 1823 à l'âge de 53 ans.

Les époux se sont mariés à Commercy, ville de naissance de notre centenaire présumée, le 27 août 1799. Mais à la lecture de cet acte, il n'y a plus grand chose de présumé ! Il est effectivement écrit que Jean Mangeot a épousé Barbe Damin, née à Commercy le 11 mai 1773, fille de François Damin et de Marie Anne Henriette. Tout correspond... exceptée la date de naissance qui conférerait à Barbe cinq ans de moins !

Pourtant, il n'y a pas de coquille dans l'acte de mariage car l'acte de baptême est là et nous prouve que cette date de naissance est tout ce qu'il y a de plus correcte : Barbe, fille de François Damin et de Marie Anne Henriette, est née et a été baptisée le 11 mai 1773 en la paroisse Saint-Pantaléon de Commercy.

Il n'y a aucune centenaire ici mais Barbe Damin s'est tout de même éteinte à l'âge honorable pour l'époque de 94 ans et 297 jours.
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Antoinette Marie Adélaïde PETIN (1766-1868), de Saint-Omer (Pas-de-Calais)

Message par Barti le Jeu 4 Jan 2018 - 0:01

L'acte de décès indique que Antoinette Marie Adelaïde Petin, âgée de cent un ans onze mois et vingt jours, née à Saint-Omer, veuve de Louis François Marie Decroix, fille de Jacques Hubert Petin et de Marie Antoinette Josèphe Delattre, est décédée en son domicile de Saint-Omer, n°34 rue de Dunkerque, le 21 juillet 1868.
En marge de l'acte, il est indiqué d'une écriture différente que la concernée est née le 1er août 1766 à Saint-Omer, paroisse Saint-Sépulcre. Cette date de naissance correspondrait précisément à l'âge qui lui est attribué dans l'acte de décès.

Grâce à l'adresse, je parviens à retrouver notre présumée centenaire dans le recensement de 1856. Sur celui-ci, Adelaïde Petin veuve Decroix, rentière de 89 ans, vit avec Estelle Decroix (55 ans), Adèle Lourme (31 ans) et Joséphine Meullemestre (23 ans), sa domestique, toutes trois célibataires.
L'âge indiqué est cohérent avec une naissance le 1er août 1766. A noter que le nom de famille d'Estelle Decroix pourrait laisser penser qu'elle est apparentée à la doyenne du ménage.

Louis François Marie Decroix, quant à lui, a rendu l'âme le 26 juin 1836 à Saint-Omer. Sur son acte de décès, il est indiqué qu'il était "époux de Marie Antoinette Adelaïde Petin".

Dans les registres de naissance de Saint-Omer se trouve un acte intéressant : il s'agit de celui d'une fille du couple prénommée Esthel Fany Narcisse Decroix, née à Saint-Omer le 13 octobre 1800. Aucun doute : il s'agit bien d'Estelle Decroix qui vivait donc avec sa mère en 1856. La mention marginale présente sur son acte de décès "decedée à St Omer le 10 janvier 1886" conforte cette hypothèse.
Ce même acte comporte des informations non négligeables sur les parents : Le père étant "Louis François Marie Decroix [...] âgé de trente huit ans natif de cette ville" et la mère "Antoinette Adélaïde Petin, sa femme, âgée de trente cinq ans native de cette ville et y mariés".
Cela confirmerait donc que notre présumée centenaire est bien née à Saint-Omer et qu'elle aurait vu le jour vers 1765. Cet acte la vieillit d'1 an par rapport à l'acte de décès, ce qui est bon signe. On apprend également que le mariage eut lieu à Saint-Omer.

C'est en la paroisse Saint-Sépulcre, là où elle serait née, que mademoiselle Petin s'est mariée avec Louis François Marie Decroix le 21 juin 1785. Il est indiqué que "Marie Antoinette Adélaide Petain native de cette paroisse, agée de dix neuf ans" est la "fille de Jacque Hubert et de Marie Antoinette Josephe Delattre". Tout concorde une nouvelle fois, et on retrouve une nouvelle mention marginale apposée à l'acte, de la même écriture et de la même encre que celle apposée sur son acte de décès, qui stipule que "l'épouse" est "décédée à St Omer le 21 juillet 1868 à l'âge de 101 ans".

L'acte de baptême confirme toutes les informations dans le sens que Antoinette Marie Adelaide, fille de Jacques Hubert Petin et de Marie Antoinette Josephe Delattre, est née et a été baptisée en la paroisse Saint-Sépulcre de Saint-Omer le 1er août 1766. Toujours de la même écriture et de la même encre que tout à l'heure est apposée une mention marginale stipulant que la titulaire de l'acte est "décédée à St Omer le 21 juillet 1868 âgée de 102 ans". Difficile de louper l'info !

Je conclue de tout ceci qu'Antoinette Marie Adélaïde Petin s'est éteinte le 21 juillet 1868 à l'âge de 101 ans et 355 jours.
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Marie Marguerite PROTIN (1751-1852), de Vraux (Marne)

Message par Barti le Mar 2 Jan 2018 - 23:03

L'acte de décès indique que Marie Marguerite Protin, âgée de cent deux ans, née à Vraux, veuve de Nicolas Regnault, fille de Charles Protin et de Marie Marguerite Mailly, est décédée à Vraux le 4 mai 1852. Les déclarants étaient Isidore Marie Regnault (49 ans) et Augustin Doucet (54 ans), "petits-fils de la défunte du côté maternel".

Un examen du lien de parenté via Geneanet m'a permis d'établir que les sieurs Regnault et Doucet étaient en fait ses petits-fils par alliance, ce que plusieurs documents ci-après viendront confirmer.

Le recensement de Vraux rédigé en 1851 permet de retrouver notre présumée centenaire : Marie Protin (100 ans), veuve, vivait alors avec sa belle-fille Marie Regnault (55 ans).

Il est possible de retrouver à Vraux quelques actes de décès d'enfants antérieurs au propre décès de Marie Marguerite. C'est ainsi que l'on apprend que :

- Marie Marguerite Julie Regnault, 68 ans, veuve de Pierre Isidore Coutiez, née à Vraux, est décédée à Vraux le 31 décembre 1850. Elle était la "fille de défunt Nicolas Regnault de leur vivant cultivateurs domiciliés en ladite commune, et de Marie Marguerite Protin, rentière au même lieu". L'un des déclarants était son beau-neveu Augustin Doucet (52 ans).
- Jean Baptiste Regnault, 70 ans, époux de Marie Catherine Jacquette Reine Terrier, est décédé à Vraux le 20 novembre 1846. Il était le "fils de défunt Nicolas Regnault de son vivant propriétaire, et de Marie Marguerite Protin rentière au même lieu". Les déclarants étaient ses gendres Isidore Marie Regnault (42 ans) et Augustin Doucet (48 ans).
- Louis Regnault, 68 ans, époux de Marie Regnault domiciliée à Vraux, est décédé à Vraux le 20 juin 1839. Il était le "fils de défunt Nicolas Regnault de son vivant cultivateur et de Marie Marguerite Protin, rentière, domiciliée en cette commune".

Ces 3 actes nous apprennent plusieurs choses :
- Bien que j'ai échoué à la retrouver sur les recensements de 1836 et 1846, Marie Marguerite Protin est à chaque fois sous-entendue vivante en qualité de rentière à Vraux.
- Isidore Marie Regnault et Augustin Doucet étant gendres de Jean Baptiste Regnault, ils étaient de ce fait mariés avec les filles de ce dernier, elles-mêmes nièces de Marie Marguerite Julie Regnault, ce qui faisait donc bien d'eux les petits-fils par alliance (et non petits-fils maternels) de Marie Marguerite Protin et les beaux-neveux de sa fille.
- La veuve de Louis Regnault, "Marie Regnault", était probablement la fameuse belle-fille avec qui vivait Marie Marguerite en 1851.
- Nicolas Regnault, défunt époux de Marie Marguerite, était déjà décédé le 20 juin 1839. On apprend dans l'acte de décès de sa fille qu'il était domicilié à Vraux : il y est donc probablement décédé.

En effet, l'acte de décès de Nicolas Regnault, 74 ans, indique que "l'époux en légitime mariage de Marguerite Protin" s'est éteint à Vraux le 7 janvier 1824.

Dans les registres paroissiaux de Vraux, on retrouve les actes de baptême des 3 enfants cités précédemment :

- Le 10 juillet 1782 est née Marie Margueritte Julie, fille de Nicolas Regnault et de Marie Margueritte Protin, "habitants dudit Vraux".
- Le 31 octobre 1776 est né Jean Baptiste, fils de Nicolas Regnault et de Marie Marguerite Protin, "habitans de ladite paroisse". La marraine fut "Marie Mailly femme de Charles Protin".
- Le 25 mars 1771 est né Louis, fils de Nicolas Regnault et de Marie Marguerite Protin, "habitans de laditte paroisse". Le parrain fut "Charles Protin laboureur son grand-père".

Il semblerait donc, à la lecture de deux de ces actes de baptême, que les identités des parents présumés de Marie Marguerite "Charles Protin" et "Marie Marguerite Mailly", figurant sur son acte de décès, soient correctes.

L'acte de mariage nous confirme bien la chose, à savoir que le 21 novembre 1769 à Vraux ont été épousés Nicolas Regnault et Marie Marguerite Protin, "agée d'environ dix neuf ans", fille de Charles Protin et de Marie Marguerite Mailly.

Pour la première fois depuis le recensement de 1851, l'âge de Marie Marguerite Protin est indiqué ! 19 ans en 1769 nous ramènerait à une naissance vers 1750 comme le sous-entendait l'acte de décès en la gratifiant de 102 ans en mai 1852.

Finalement, le seul acte de baptême pouvant correspondre à notre présumée centenaire est celui de Marie Marguerite, fille de Charle Protin et de Marie Marguerite Mailly, qui est née et a été baptisée à Vraux le 9 janvier 1751.

Tout est donc concordant pour dire que Marie Marguerite Protin est décédée le 4 mai 1852 à l'âge très extraordinaire pour l'époque de 101 ans et 116 jours.
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Re: Investigations sur de possibles grands centenaires français décédés (anciens et modernes)

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