LES GRANDS CENTENAIRES FRANÇAIS

Investigations sur de possibles grands centenaires français décédés (anciens et modernes)

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Marianne dite Madeleine AULAGNET veuve GAILLARD (1795?/v.1805 - 1898) de Dornas (Ardèche)

Message par Cyril Hier à 15:25

D'après son acte de décès, Marianne dite Madeleine Aulagnet, 102 ans, née à Dornas, fille de père non déclaré et de Françoise Aulagnet (domestique), veuve de Casimir Gaillard, est décédée le 18/12/1898 à Dornas.

Cet acte de décès permet de retrouver facilement celui de son mari. Casimir Gaillard, 90 ans, né à Marcols, fils de feu Casimir Gaillard (moulinier), époux de Madeleine Aulagnier, est décédé le 10/12/1890 à Dornas.

C'est à Marcols[-les-Eaux] que leur mariage a eu lieu le 29/11/1827 :
- Sur l'acte de mariage, l'époux est Casimir Ga(i)lhard (ouvrier employé), 27 ans, né à Albon [lieu-dit devenu commune d'Albon-d'Ardèche en 1912] mais domicilié à Dornas, fils de feu Jean Jacques Gailhard (cultivateur) et de vivante Marie Champ domiciliée au Vialard [commune de Marcols]. Le prénom du père ne correspond pas à celui indiqué dans l'acte de décès de Casimir, mais cela n'a rien d'étonnant puisqu'il était décédé depuis plus de 60 ans et que ledit acte de décès a été rédigé sur les déclarations de voisins du défunt.
- Quant à la mariée, il s'agit de Magdelaine Aula(g)nier, 21 ans, née et domiciliée à Dornas, fille naturelle de Marianne Aulagnier (ménagère) domiciliée à Dornas, présente à la cérémonie. Là non plus, le prénom de la mère de la mariée ne correspond pas, mais l'acte de décès de Madeleine Aulagnet a aussi été rédigé sur la base des déclarations de simples voisins. Par ailleurs, on remarque que la mariée s'appelle "Magdelaine Aulanier" au recto, mais "Marianne Aulagnier" au verso de l'acte de mariage, ce qui pourrait soit accréditer la thèse d'une "Marianne dite Madeleine", soit résulter d'une erreur (le nom de la mère de la mariée inscrit à la place de celui de sa fille).

Le principal problème est lié à l'âge de la mariée. Si Casimir a un âge cohérent avec son acte de décès (27 ans en 1827 et 90 ans en 1890, soit une naissance vers 1800), ce n'est pas le cas de Marianne/Madeleine : 21 ans en 1827 suggèrent une année de naissance autour de 1806, alors que 102 ans en 1898 renvoient en 1796, soit 10 ans de décalage !

Pour essayer d'y voir plus clair, j'ai rassemblé divers documents familiaux...

Les publications du mariage, à Dornas et à Marcols, confirment uniformément (à quelques variations orthographiques près) la teneur de l'acte de mariage en ce qui concerne Casimir. Du côté de la mariée, son prénom est toujours Magdelaine et sa mère reste prénommée Marianne. Cependant, alors qu'à Marcols, Magdelaine Aulanier a 21 ans, à Dornas, Magdelaine Aulagnet a 22 ans. C'est une différence minime, mais qui prouve bien que son âge n'était pas une donnée maîtrisée.

Malgré de longues recherches, je n'ai pas pu mettre la main sur les actes de naissance et de décès de tous leurs enfants, mais j'ai tout de même pu reconstituer la fratrie suivante :
1) Louis Gaillard, né le 09/01/1829 à Dornas [AN] et décédé le 02/04/1829 à Dornas [AD]
2) Appoline Gaillard, née le 09/02/1830 à Dornas [AN] et décédée le 09/04/1830 à Dornas [AD]
3) Louis Gaillard, né le 12/06/1831 à Dornas [AN] et décédé célibataire le 22/05/1851 à Dornas [AD] (d'après la table des successions et des absences, sa mère Madelaine Aulagner, son père Casimir Gaillard et ses sœurs et frère Anne, Fany et Casimir lui ont survécu)
4) Marie Anne Gaillard, née le 05/11/1833 à Dornas [AN]
5) Marie Fany Gaillard, née le 07/03/1835 à Dornas [AN]
6) Félicité Gaillard, née en 1837 ou 1838, décédée le 22/07/1839 à Dornas [AD] à l'âge de 1 ou 2 ans (1 an d'après la table des successions et des absences, 2 ans d'après son acte de décès)
7/8/9) Casimir Gaillard, né vers 1841, décédé célibataire le 11/05/1906 à Dornas à l'âge de 65 ans [d'après la table des successions et des absences, laquelle précise que ses héritiers sont ses sœurs et neveux]
7/8/9) Félicité Gaillard, née le 02/03/1841 à Dornas [AN]
7/8/9) Joséphine Gaillard, née vers 1842 (à Saint-Barthélémy[-le-Meil] d'après la table des successions et des absences, mais je n'y ai pas trouvé son acte de naissance), décédée célibataire le 14/07/1872 chez ses parents à Dornas [AD] à l'âge de 30 ans

Dans les 11 actes d'état-civil collectés, la mère se prénomme toujours Magdel[a/e]ine. Jamais le prénom de Marianne ne refait surface...

J'ai résumé les dates de naissance possibles de Madeleine/Marianne Aulagnet (calculées à partir des âges mentionnés dans les actes) dans le graphique ci-dessous :


Ce graphique montre des âges chaotiques et, surtout, en dehors de l'acte de décès, une date de naissance toujours comprise entre 1800 et 1810, avec une moyenne en 1805 et un nombre maximal d'actes suggérant 1807. Si l'on se fie à ce graphique, Madeleine Aulagnet ne semble pas avoir été centenaire.

Il existe pourtant un acte de naissance qui correspond à l'acte de décès de 1898 : à Dornas, le 01/12/1795 (10 frimaire IV), est née Marianne Aulagnet, fille de Françoise Aulagnet (environ 40 ans), elle-même fille de Jean Antoine Aulagnet, meunier au lieu-dit la Chèze. Il est presque troublant de voir à quel point les informations de cet acte de naissance sont identiques à celles de l'acte de décès de 1898. C'est d'autant plus bizarre que, sur toute la vie de Madeleine Aulagnet, si l'on excepte la possible erreur d'écriture au verso de son acte de mariage, seul son acte de décès lui donne le prénom de Marianne. De même, sa mère ne se prénomme Françoise que sur l'acte de décès de 1898, alors qu'elle s'appelle Marianne sur l'acte de mariage de sa fille.

Les âges trop faibles, de même que les divergences dans les prénoms de la mère et de la fille, suggèrent que l'acte de décès de 1898 a été établi à partir des informations retrouvées dans l'acte de naissance de 1795, lequel était à portée de mains dans les registres de la mairie de Dornas. Il y a trop d'incohérences pour que l'on ne pense pas à une supercherie. C'est probablement à la recherche du prestige que cela conférait à l'époque, que Madeleine Aulagnet se serait fait passer pour centenaire à la fin de sa vie.

Malheureusement, après avoir parcouru les registres d'état-civil de Dornas et les tables des successions et des absences des 3 cantons les plus proches, j'ai été incapable de trouver un document qui puisse accréditer ma théorie :
- Pas d'acte de décès correspondant à l'authentique Marianne Aulagnet née en 1795, à sa mère Françoise Aulagnet, ou à Marianne Aulagnet mère de notre centenaire potentielle
- Pas d'acte de naissance qui puisse correspondre à Madeleine Aulagnet non plus

Dans les registres des formalités hypothécaires de l'Ardèche, mes seules trouvailles ont été les fiches de :
- Madeleine Aulagner femme Gaillard de Dornas (ventes transcrites en 1871 et 1880, créances inscrites en 1881 et 1891)
- Son mari Casimir Gaillard père (aubergiste, cafetier) de Dornas, qui partage sa "case" avec Casimir Gaillard fils (moulinier en soie "sourd et muet") de Dornas (ventes transcrites en 1871 et 1880, créances inscrites entre 1860 et 1891)

Cela ne prouve pas qu'une Marianne Aulagnet distincte pouvant correspondre à l'acte de naissance de 1795 n'ait pas existé, mais si c'est le cas, elle n'a jamais acheté ni vendu de bien immobilier en Ardèche. C'est tout à fait possible, pourvu qu'elle soit restée célibataire et de condition modeste, si elle est décédée jeune ou a quitté l'Ardèche. La preuve en est que, en dehors de Casimir, aucun des 4 autres enfants Gaillard ayant atteint l'âge adulte n'est inscrit sur le registre des formalités hypothécaires :
- Louis et Joséphine sont décédés chez leurs parents, célibataires et jeunes, sans possessions personnelles
- Marie Anne et Marie Fany n'ont tout simplement hérité d'aucun bien immobilier, ni de leurs parents (un certificat du 27/09/1899 constate que leur mère ne possédait aucun actif au moment de son décès, exactement comme leur père le 11/11/1891), ni de leur frère Casimir (qui a fait l'objet d'un certificat d'indigence daté du 25/03/1907)

Quoi qu'il en soit, même dans les actes notariés, notre centenaire potentielle utilisait exclusivement le prénom de Madeleine, ce qui renforce ma conviction qu'elle ne s'est jamais prénommée Marianne.

L'âge de Madeleine Aulagnet à la naissance de ses enfants ne nous aide pas davantage car, qu'elle soit née en 1795 ou vers 1805, elle peut fort bien avoir donné la vie entre 1829 et 1841.

Toutefois, le fait que l'âge déclaré de Madeleine Aulagnet fluctuait beaucoup d'un acte à l'autre est une indication en soi : l'origine de ces fluctuations était vraisemblablement une méconnaissance de son âge réel. Tout porte donc à croire que la naissance de Madeleine Aulagnet n'a jamais été déclarée en mairie, ce qui n'était pas rare à l'époque.

Dans la mesure où le seul argument qui suggère un statut de centenaire est l'acte de décès, et que tous les autres documents militent en faveur d'une supercherie tardive, je conclus que Madeleine Aulagnet est probablement née vers 1805 et aurait donc vécu environ 93 ans.
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Marie FARGIER veuve LAURENT (v.1793/94 - 1886) d'Usclades (Ardèche)

Message par Cyril le Mar 12 Déc 2017 - 19:11

D'après son acte de décès, Marie Fargier, 105 ans, née à Cros-de-Géorand, fille de feus Jean Fargier et Marie Solléhac, épouse de Jean Pierre Laurent, est décédée le 11/08/1886 à Rieutord, dans la commune d'Usclades. Cette date de décès est un fait solide. Je le souligne car je n'en ai pas beaucoup à proposer...

Ce qui est étonnant, c'est qu'elle n'était pas veuve. J'ai effectivement trouvé l'acte de décès de son mari, apparemment bien plus jeune qu'elle : Jean Pierre Laurent, 83 ans, né à Usclades, fils de feus Jean Pierre Laurent et Marianne Chaussignan, veuf de Marie Fargier, décédé le 01/05/1893 à Usclades. C'est le second fait solide.

Après ça, j'ai pataugé pendant des jours : pas de recensement à Cros-de-Géorand avant 1861, ni à Usclades avant 1906, de grosses lacunes dans les registres d'état-civil de Cros-de-Géorand et Usclades entre 1792 et 1802, et également une lacune dans les tables des successions et des absences du canton de Montpezat entre 1845 et 1889. Et, bien entendu, aucun mariage pouvant correspondre à l'union de Jean Pierre Laurent et Marie Fargier... Pourtant, j'ai cherché dans les tables décennales d'une trentaine de communes, de 1823 à 1886 !

La seule façon que j'ai trouvée pour essayer d'y voir un peu plus clair, c'est de procéder à un dépouillement quasi-intégral des actes concernant les Fargier ou les Laurent dans les communes de Cros-de-Géorand et Usclades, afin de reconstituer les fratries des deux époux.

Pour ce qui est de la fratrie Laurent, j'ai trouvé 10 enfants :
1) Jean Pierre Laurens, dont la naissance a été déclarée en mairie d'Usclades le 11/12/1798, et qui a fait publier des bans pour son mariage avec Elisabeth Gabriel en janvier 1840
2) Marianne Laurens, née le 03/11/1800 à Usclades, mariée le 16/01/1825 à Usclades avec Michel Ceytte
3) Marie Laurens, née le 29/03/1803 à Usclades, mariée en premières noces le 03/03/1829 à Vals-les-Bains avec Francois Vidal, veuve puis remariée en secondes noces le 24/07/1837 à Usclades avec Joseph Cuer
4) Magdeleine Laurants, née le 26/05/1805 à Usclades, décédée le 30/08/1806 à Usclades
5) Jean Batiste Laurens, né le 19/04/1807 à Usclades
6) Anne Marie Laurens, née le 15/11/1808 à Usclades
7) Jean Pierre Laurens, né le 12/11/1811 à Usclades, dont l'âge et le prénom correspondent à ceux de l'époux de Marie Fargier
8) Cristine Laurens, née le 26/08/1814 à Usclades
9) Jean Louis Laurens, né le 28/03/1816 à Usclades, décédé le 24/08/1841 à Lyon
10) Fransois Laurens, né le 01/06/1818 à Usclades, toujours en vie le 25/02/1859

Leurs parents étaient (Jean) Baptiste Laurent et Marianne Chaussi(g)nan(d) / Chauchinia(c) / Sousinia [elle collectionnait les orthographes], invariablement domiciliés à Usclades. D'après les âges inscrits sur les actes de naissance de leurs enfants, on peut estimer que Jean Baptiste Laurent était né vers 1772 et Marianne Chaussignan vers 1778. L'acte de décès du premier le confirme, celui de la seconde la rajeunit manifestement (car si elle a donné naissance en 1798, elle ne peut pas être née en 1789) :
- Baptiste Laurans est décédé le 20/03/1852 à l'âge de 80 ans à Usclades
- Marianne Chauscinand, veuve de Baptiste Laurand, est décédée le 25/02/1859 à l'âge de 70 ans à Usclades

Quant à la fratrie Fargier, qui nous intéresse davantage, j'y ai trouvé 12 enfants. Les voici dans l'ordre antéchronologique :
12) Marie Felicité Fargier, née le 27/10/1819 au lieu de Rognon à Cros-de-Géorand, décédée sous le nom de Félicité Fargier le 15/10/1825 au lieu du Poyet à Cros-de-Géorand
11) Jean Fargier, né le 29/07/1816 au lieu de Rognon à Cros-de-Géorand, décédé le 25/02/1819 au même endroit
10) Magdelene Fargier, née le 26/04/1814 au lieu de Rognon à Cros-de-Géorand, mariée le 17/01/1844 à Cros-de-Géorand avec Joseph Testud
9) Jean Louis Fargier [prénom usuel : Louis], né le 17/07/1811 au lieu de Lebouze à Cros-de-Géorand, décédé le 10/12/1843 au lieu du Poyet à Cros-de-Géorand
8) Jean François Fargier, né le 13/04/1810 au lieu de Lebouze à Cros-de-Géorand, décédé le 13/09/1810 au même endroit
7) Jean Louis Victor Fargier, né le 29/11/1808 au lieu de Lebouze à Cros-de-Géorand, marié vers janvier 1845 avec Agathe Testud, décédé sous le nom de Victor Fargier le 08/01/1854 à Cros-de-Géorand
6) Marianne Fargier, née vers fin 1807 à Cros-de-Géorand, mariée le 02/06/1829 à Cros-de-Géorand avec Jean François Augier
5) Augustin Fargier, né vers 1805 à Cros-de-Géorand, marié le 30/06/1839 à Cros-de-Géorand avec Marie Rose Gardès, décédé le 16/12/1869 au lieu de Rognon à Cros-de-Géorand
4) Rose Fargier, née vers 1802 à Cros-de-Géorand, mariée le 08/05/1831 à Cros-de-Géorand avec Jean Louis Brun, décédée le 02/05/1869 au lieu de Masméjean à Cros-de-Géorand
3) Jean Louis Fargier, né vers 1798 à Cros-de-Géorand, marié avant 1826 avec Françoise Valette, décédé le 05/10/1836 à Cros-de-Géorand
2) Claude Fargier, né à une date inconnue, toujours en vie le 16/11/1843 au moment de la succession de sa mère, dont les héritiers étaient ses 4 fils survivants [Claude pourrait éventuellement être né vers 1800, entre Jean Louis et Rose, mais il semble y avoir plus de place pour lui vers 1795-1796, entre Marie et Jean Louis]
1) Marie Fargier, née vers 1793-1794, mariée le 20/01/1818 à Cros-de-Géorand avec Sebastien Soleilhac/Souléliac, lequel est décédé le 21/04/1827 à Sainte-Eulalie

A mon avis, vu que Marie Fargier, l'aînée de la fratrie, s'est retrouvée veuve sans enfant (et sans héritage, vu que son défunt mari était indigent selon la table des successions et des absences) à l'âge d'environ 33 ans, et que je ne retrouve aucune trace d'elle par la suite, c'est très certainement elle qui a épousé Jean Pierre Laurent. Celui-ci n'a d'ailleurs pas eu d'enfant non plus et est également décédé indigent.

La seule indication d'âge que l'on possède sur Marie Fargier, en dehors de son acte de décès, c'est son acte de mariage, qui la dit âgée de 24 ans le 20/01/1818, c'est-à-dire théoriquement née entre janvier 1793 et janvier 1794, même s'il est aussi fort possible que "24 ans" signifie qu'elle soit née en 1818 - 24 = 1794. Dans ces conditions, même si l'écart d'âge entre elle et son mari n'est pas de 29 ans mais "seulement" de 17 ans, cela explique pourquoi son âge a subi une certaine inflation du vivant de son mari.

Quant aux parents de la fratrie Fargier, ils s'appelaient Jean Fargier et Marie (Magdeleine) Soleil(l/h)ac, invariablement domiciliés à Cros-de-Géorand. D'après les âges inscrits sur les actes de naissance de leurs enfants, on peut estimer que Jean Fargier était né vers 1771, ce que confirme son acte de décès : Jean Farger, fils de feus Jean Fargier et Marie Anne Pailles, veuf de Marie Magdelaine Soleillac, est décédé le 08/06/1852 à l'âge de 80 ans à Cros-de-Géorand. L'âge de son épouse n'est indiqué nulle part, sauf sur son acte de décès : Marie Sollellac, épouse de Jean Fargier, fille de feus Jean Antoine Sollellac et Marie Gineys, est décédée le 02/06/1843 à l'âge de 69 ans à Cros-de-Géorand. Elle serait donc née vers 1774.

A défaut de pouvoir retrouver leur acte de mariage (toujours à cause des malencontreuses lacunes des registres d'état-civil), j'ai localisé leurs actes de baptême et, bien que le prénom du père de Jean Fargier ne soit pas le bon, je n'ai absolument aucun doute sur leurs identités :
- Jean Farger, fils de Claude Farger et de Marianne Paliès, est né le 13/01/1769 au lieu du Rognon à Cros-de-Géorand.
- Marie Magdelaine Soleilhac, fille de Jean Antoine Soleilhac et de Marie Gineix, est née le 12/03/1776 au lieu du Poyet à Cros-de-Géorand.

Même si l'époque de naissance de Marie Fargier n'est qu'une approximation, il paraît évident qu'elle n'était pas centenaire, car sa mère aurait dû accoucher d'elle à l'âge maximal de 10 ans et 5 mois !

Dans l'impossibilité d'obtenir davantage de documents, je me vois contraint de conclure ceci :
- Marie Fargier n'a jamais été centenaire, ce qui est sûr à 100% étant données son absence dans les registres paroissiaux de Cros-de-Géorand (que j'ai également parcourus) et la date de naissance de sa mère.
- Marie Fargier est née vers 1793-1794 et avait donc environ 92 ou 93 ans à son décès.
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Marie Jeanne ROUX veuve POULAILLON (1783-1889) de Toulouse (Haute-Garonne)

Message par Cyril le Lun 11 Déc 2017 - 23:22

Voici le pavé monumental que j'avais pondu pour Guillaume sur la lozérienne d'origine Marie Jeanne Roux. J'avais dû compenser l'absence de certains actes ou informations plus ou moins essentiels par une collecte importante de documents, ce qui explique la longueur de ce compte-rendu.


1ère partie : TOULOUSE (Haute-Garonne)

Le 09/11/1889, dans le journal Le Gaulois, on pouvait lire :


L'acte de décès de Marie Jeanne Roux indique qu'elle est décédée le 04/11/1889 à minuit, à l'âge de 106 ans et demi, au 20 rue Valade à Toulouse. On apprend qu'elle est née à La Fage-Montivernoux (Lozère), qu'elle est veuve de Jean Pierre Poulaillon et que ses parents se nommaient Jean Roux et Marie Chazaly.

Le recensement de 1886 montre qu'elle vivait rue Valade (Marie Roux, 103 ans) avec sa fille (Victorine Poulalion, 72 ans). Son âge est cohérent avec celui de son acte de décès et milite pour une naissance en 1783.

Quant à sa fille, elle serait née vers 1814 selon ce recensement, mais l'article de journal du Gaulois la dit âgée de 76 ans donc née vers 1813. Quant au recensement de 1891, toujours rue Valade, il présente Victorine Poulaillon comme âgée de 74 ans, c'est-à-dire née vers 1817. Marie Jeanne Roux a eu d'autres filles, mais seule "Victorine" semble avoir été domiciliée au 20 rue Valade. Son acte de décès la présente sous le nom de "Marie Poulaillon", célibataire [cela semble contredire le fait qu'elle vivait avec sa petite-fille Jeanne Mary en 1891, mais nous verrons plus tard qu'une de ses sœurs a fêté Pâques avant les Rameaux au moins deux fois (alors pourquoi pas elle ?), ou alors ce peut être une simple erreur car les recensements sont loin d'être d'une fiabilité à toute épreuve]. Toujours est-il qu'à son décès le 17/10/1907, Marie Poulaillon, dont la filiation n'est pas indiquée [elle était la dernière survivante de sa fratrie et vivait très loin de sa Lozère natale] est dite âgée de 95 ans, donc née vers 1812, à la Védrine [il s'agit d'un lieu-dit de la Fage-Montivernoux].

La piste des recensements s'éteint ici car :
- Les recensements toulousains ultérieurs au décès de Marie Jeanne Roux sont sans intérêt pour notre recherche.
- Les recensements toulousains de 1872 à 1881 montrent qu'elle ne vivait pas encore rue Valade, mais ne vivait déjà plus à proximité des anciennes adresses dont j'ai trouvé mention dans divers actes que je vais détailler plus loin, tout en n'y ayant pas encore élu domicile au recensement de 1830 (sachant qu'il y a une lacune entre 1830 et 1872). Or, je ne me sens pas capable de visionner les 4000 pages de chaque recensement toulousain de 1872 à 1881, même réduites à 2000 pages étant donné que Marie Jeanne Roux n'a a priori occupé que des logements localisés dans les cantons nord et centre de Toulouse (ses domiciles connus ou ceux de sa famille sont sis rue des Pénitents Noirs + rue du Loup, devenues rue Saint-Jérôme entre 1830 et 1872 ; rue des Pénitents Gris ; rue du Taur ; rue Valade).
- Aucune des communes traversées précédemment par la famille ne permet l'accès à des recensements sur Internet, à l'exception de Montauban où je ne dispose d'aucune adresse et où rien ne prouve que Marie Jeanne Roux ait vécu.

Un examen attentif des tables décennales (très mal organisées et cauchemardesques à éplucher) de Toulouse des années 1820 aux années 1900 permet de retrouver quelques actes de décès (il manque malheureusement celui de Jean Pierre Poulaillon, qui est peut-être décédé dans une autre commune), mais aucun acte de naissance (les derniers enfants sont nés avant l'arrivée à Toulouse) :

1) Le 16/01/1893, Elise Poulailhon, 93 ans, célibataire, décède à l'hospice de la Grave. Elle est dite née à Vidrine (Lozère), fille de Pierre Poulailhon et Marie Rouch décédés. "Vidrine" est manifestement une approximation désignant le hameau de la Védrine ; "Marie Jeanne" devient "Marie" comme dans le recensement de 1886 ; "Jean Pierre" devient "Pierre" comme dans la quasi-totalité des actes que j'ai collectés ; "Roux" est transformé en "Rouch", mais la prononciation reste très proche puisqu'on dit "rouss" (et non pas "rou" comme pour la couleur de cheveux) ; et on découvre que l'orthographe de "Poulaillon" varie joyeusement d'un acte à l'autre, ce qui se confirmera tout au long de cette investigation. Il est utile de noter que les tables décennales de la ville rose ne mentionnent aucune autre famille Poulaillon après les années 1830, ce qui évite toute confusion.

2) Le 05/06/1886, Agnès Poulaillon, 82 ans, célibataire, décède au 34 rue du Taur. Elle est dite née à La Fage-Montivernoux, fille de Jean Pierre Poulaillon décédé et de Marie Jeanne Roux âgée de 103 ans. Malgré tous mes efforts, c'est malheureusement le dernier document sur lequel l'âge de notre centenaire apparaît. Il confirme toutefois l'année de naissance 1783.

3) Le 31/08/1841, Hyppolite Poulaillon, 1 an 6 mois, décède au 1 rue du Loup. Il est dit né à Montauban (Tarn-et-Garonne), fils naturel d'Agnès Poulaillon, elle-même domiciliée rue des Pénitents Noirs à Toulouse. Il s'agit donc d'un petit-fils de Jean Pierre Poulaillon et Marie Jeanne Roux.

4) Le 27/06/1833, Eleonie Poullaillon, 6 ans 9 mois, décède au 5 rue des Pénitents Gris. Elle est dite née à Villefranche (Aveyron) où elle est domiciliée de droit [le déménagement à Toulouse était manifestement très récent et la famille Poulaillon possédait certainement encore son logement à Villefranche], fille de Pierre Poullaillon et Marie Jeanne Roux.

C'est fini pour Toulouse. Nous avons déjà recensé 4 filles du couple Jean Pierre Poulaillon et Marie Jeanne Roux :
- Elise (La Fage-Montivernoux vers 1800 - Toulouse 1893)
- Agnès (La Fage-Montivernoux vers 1804 - Toulouse 1886)
- Marie alias Victorine (La Fage-Montivernoux 1812/1817 - Toulouse 1907)
- Eleonie (Villefranche 1826 - Toulouse 1833)


2ème partie : Un petit tour par MONTAUBAN (Tarn-et-Garonne) pour Agnès Poulaillon

A Montauban, impossible de mettre la main sur l'acte de naissance d'Hyppolite, le fils d'Agnès, qui devrait être né en février ou en mars 1840. Les tables décennales des naissances et des décès restent muettes sur la famille Poulaillon, à l'exception d'un seul acte : le 22/09/1833, Agnès Poulaillon, 28 ans, a donné naissance à un premier enfant naturel, prénommé Maurice Cyprien. La déclaration en mairie est faite par la sage-femme, l'adresse d'Agnès n'est pas indiquée mais son âge confirme à 1 an près celui qui sera inscrit sur son acte de décès 53 ans plus tard. Agnès est donc bien née vers 1804-1805.


3ème partie : VILLEFRANCHE (Aveyron)

Avant d'arriver à Toulouse, le couple Poulaillon-Roux a vécu plus d'une décennie à Villefranche (commune devenue Villefranche-de-Rouergue en 1919) dans l'Aveyron. Comme le prouvent les 7 actes d'état-civil suivants, leurs 4 dernières filles y sont nées et 3 y sont décédées en bas âge :

1) Le 19/11/1819 à 16h30, Cecile Polaillon naît à Villefranche. C'est la fille de Pierre Polaillon (45 ans), natif de la Fage (Lozère), et de Marie Jeanne Roux. On apprend également que Pierre Polaillon habite Villefranche depuis 3 ans, soit depuis 1816 environ.

2) Le même jour à 17h, Cecile Polaillon, âgée d'une demi-heure, décède dans la maison de son père faubourg du Pont. C'était la fille de Pierre Polaillon (45 ans), natif de la Fage (Lozère), et de Marie Jeanne Roux.

3) Le 13/11/1822 à 2h, Elizabeth Polaillon naît à Villefranche. C'est la fille de Pierre Polaillon (45 ans), originaire de Grandvialla dans la commune de la Fage Montibernou [les orthographes sont un peu écorchées mais La Fage-Montivernoux comporte bien un lieu-dit Grandviala], et de Marie Jeanne Roux. Pierre Polaillon habite à Villefranche depuis 6 ans [l'année 1816 est donc confirmée] et vit dans la maison de Vayssière, faubourg Haut du Pont. L'acte indique qu'Elizabeth Polaillon est décédée le 16 novembre suivant.

4) Le même jour à 4h, Marie Polaillon naît à Villefranche. Son acte de naissance est une copie conforme de celui de sa sœur jumelle, à ceci près que sa mère ne se prénomme plus "Marie Jeanne" mais seulement "Jeanne" (et que l'intéressée n'est pas décédée le 16 novembre).

5) Le 16/11/1822, Elizabeth Polaillon, âgée de 3 jours, décède dans la maison de son père faubourg Haut du Pont. C'était la fille de Pierre Polaillon (45 ans) et de Jeanne Roux.

6) Le 22/11/1825, Marie Polaillon, 3 ans, décède dans la maison de ses parents rue Basse St-Jean. C'était la fille de Pierre Polaillon et Jeanne Roux.

7) Le 04/10/1826, Eléonore Polaillon naît à Villefranche. C'est la fille de Pierre Polaillon (46 ans) et de Marie Jeanne Roux.

L'âge de (Jean) Pierre Po(u)laillon semble relativement figé dans le temps : 45 ans en 1819, 45 ans en 1822, 46 ans en 1826. La plus grande précision de cette dernière occurrence laisse présager qu'elle a davantage de chances d'être exacte, mais il est de toute manière né vers 1774-1780. L'âge de (Marie) Jeanne Roux n'est jamais mentionné, mais il ne fait aucun doute qu'il s'agit de la même personne que celle qui a vécu et est décédée à Toulouse en 1889.

Si l'on se fie aux actes de naissance de Cecile, Elizabeth et Marie Polaillon, le couple Poulaillon-Roux est arrivé à Villefranche en 1816. Vu la teneur de l'acte de décès d'Eléonore alias Eleonie, on peut supposer que le déménagement de Villefranche vers Toulouse a eu lieu en 1833 ou peu de temps avant.

A l'issue de ces recherches à Villefranche, nous connaissons 7 filles du couple Jean Pierre Poulaillon et Marie Jeanne Roux :
- Elise (La Fage-Montivernoux vers 1800 - Toulouse 1893)
- Agnès (La Fage-Montivernoux 1804-1805 - Toulouse 1886)
- Marie alias Victorine (La Fage-Montivernoux 1812-1817 - Toulouse 1907)
- Cecile (Villefranche 1819 - Villefranche 1819)
- Elizabeth (Villefranche 1822 - Villefranche 1822)
- Marie (Villefranche 1822 - Villefranche 1825)
- Eléonore alias Eleonie (Villefranche 1826 - Toulouse 1833)


4ème partie : LA FAGE-MONTIVERNOUX (Lozère)

A La Fage-Montivernoux, on met facilement la main sur 6 actes de naissance supplémentaires pour les enfants du couple Poulaillon-Roux :

1) Le 26/07/1814, Marie Victoire Poulalion, également dénommée "Marie Rose" dans la marge, naît à La Fage-Montivernoux. Ses parents sont Pierre Poulalion (35 ans), habitant à la Védrine, et Marie Jeanne Roux.

2) Le 23/01/1812, Marie Jeanne Poulalhon naît à La Fage-Montivernoux. Ses parents sont Pierre Poulalhon (36 ans), originaire de Malbouzon [une commune limitrophe de la Fage-Montivernoux] mais demeurant à la Védrine, et Marie Jeanne Roux.

3) Le 23/02/1809, Antoine Polalion naît à La Fage-Montivernoux. Ses parents sont Pierre Polalion (30 ans), du lieu de Malbouzon mais "restant" à la Védrine (sur le domaine d'un certain monsieur Védrine domicilié à Faverolles dans le Cantal, 30 km au nord), et Marie Jeanne Rous. L'un des témoins est Antoine Gabriliague (30 ans) de la Védrine, beau-frère du père de l'enfant.

4) Le 28/08/1806, Isabeau Polalion naît à La Fage-Montivernoux. Ses parents sont Pierre Polalion (environ 30 ans), de la Védrine, et Marie Jeanne Rous.

5) Le 29/01/1804 (ou 8 pluviôse de l'an XII), Anne Polalion naît à La Fage-Montivernoux. Ses parents sont Pierre Polalion, de la Védrine, et Marie Jeanne Rous. L'un des témoins est Anne Rous, femme d'Antoine Gabriliagues de la Védrine, tante maternelle de l'enfant.

6) Le 19/03/1802 (ou 28 ventôse de l'an X), Jean Baptiste Polalion naît à La Fage-Montivernoux. Ses parents sont Pierre Polalion, de la Védrine, et Marie Jeanne Rous. L'un des témoins est Jean Baptiste Rous, du Chaila [dans la commune de Termes, une autre commune limitrophe de La Fage-Montivernoux], frère de la mère.

Ces données nous permettent de compléter la liste des enfants du couple Poulaillon-Roux. Considérant la facilité avec laquelle les prénoms se modifiaient dans cette région à l'époque, il semble plus que légitime de postuler que :
- Anne, née en 1804, correspond à Agnès, née vers 1804-1805.
- Marie Victoire alias Marie Rose, née en 1814, correspond à Marie alias Victorine, née entre 1812 et 1817.

Quant à Isabeau, née en 1806, étant donné que son prénom était un synonyme interchangeable d'Elisabeth et d'Hélix [mon expérience dans les registres lozériens me l'a prouvé depuis longtemps], il est probable qu'il s'agisse de la même personne qu'Elise née vers 1800, dont l'âge aurait été légèrement exagéré à l'hospice où elle est décédée.

La fratrie au complet serait donc composée de 10 enfants, avec la possibilité qu'Elise et Isabeau soient deux personnes distinctes, auquel cas Elise serait l'aînée :
- Jean Baptiste (La Fage-Montivernoux 1802 - ?)
- Anne dite Agnès (La Fage-Montivernoux 1804 - Toulouse 1886)
- Isabeau dite Elise (La Fage-Montivernoux 1806 - Toulouse 1893)
- Antoine (La Fage-Montivernoux 1809 - ?)
- Marie Jeanne (La Fage-Montivernoux 1812 - ?)
- Marie Victoire alias Marie Rose dite Victorine (La Fage-Montivernoux 1814 - Toulouse 1907)
- Cecile (Villefranche 1819 - Villefranche 1819)
- Elizabeth (Villefranche 1822 - Villefranche 1822)
- Marie (Villefranche 1822 - Villefranche 1825)
- Eléonore alias Eleonie (Villefranche 1826 - Toulouse 1833)

Je n'ai trouvé aucun acte de décès pouvant correspondre à Jean Baptiste, Antoine ou Marie Jeanne. Compte tenu de la possibilité de non déclaration des décès en mairie, en particulier au tout début du XIXème siècle, et en l'absence de recensements exploitables, il est possible qu'ils soient décédés en bas âge avant le déménagement de 1816 vers Villefranche.

Quoi qu'il en soit, dans tous les actes trouvés de 1802 à 1889, il est indiqué que (Jean) Pierre Poulaillon et (Marie) Jeanne Roux étaient mariés et il ne fait aucun doute que c'est bien ce couple que j'ai suivi, d'acte en acte, de Toulouse à La Fage-Montivernoux en passant par Villefranche. L'âge de (Marie) Jeanne Roux n'est mentionné qu'en 1886 (à 2 reprises) et en 1889, lui donnant toujours une année de naissance en 1783. Quant à son époux, les âges que lui donnent les actes de naissance d'Isabeau, Antoine et Marie Jeanne confirment l'estimation de son année de naissance établie grâce aux actes de Villefranche : 1776-1779 contre 1774-1780. Si (Marie) Jeanne Roux est bel et bien née en 1783, elle a eu son premier enfant au plus tard à 19 ans et son dernier à 43 ans, ce qui semble parfaitement logique et ne donne pas à penser qu'elle puisse être plus jeune qu'elle ne le prétendait.

J'ai eu beau chercher, à La Fage-Montivernoux et dans les communes alentour, je n'ai pas été capable de mettre la main sur l'acte de mariage de (Jean) Pierre Poulaillon et (Marie) Jeanne Roux. C'est rageant ! Pour confirmer la filiation de (Marie) Jeanne Roux, j'ai donc été obligé de m'appuyer sur les membres de sa famille cités dans les actes de naissance de Jean Baptiste, Anne et Antoine :
- Jean Baptiste Roux, le frère de (Marie) Jeanne Roux, domicilié au Chaylar dans la commune de Termes
- Anne Roux, la sœur de (Marie) Jeanne Roux, épouse d'Antoine Gabrillargues (né à la fin des années 1770), le couple étant domicilié à La Védrine dans la commune de La Fage-Montivernoux

J'ai épluché les registres de La Fage-Montivernoux des années 1770 au début des années 1790 et j'y ai trouvé plusieurs naissances d'enfants dont le patronyme était "Roux". Je me suis vite rendu compte qu'il y avait 2 fratries distinctes puis, en voyant qu'elles ne se chevauchaient pas et que le père portait le même prénom (Jean Roux), j'ai fini par comprendre qu'il s'agissait sûrement d'un veuf remarié. J'ai alors examiné les sépultures entre la dernière naissance de la première fratrie (1778) et la première naissance de la seconde (1781) et je suis tombé sur l'acte de sépulture de la première épouse. Il s'agissait d'Agnes Bouchavein, femme de Jean Rous, décédée le 12/04/1779 à La Fage-Montivernoux. L'acte précise que le couple est du village du Chayla dans la paroisse de Termes, mais vit à Aldy dans la paroisse de La Fage-Montivernoux. Cette configuration se retrouve dans l'ensemble des actes de baptême des enfants de Jean Roux, quelle que soit son épouse, dont :

- Marie Jeanne Roux, née le 02/03/1783, fille de Jean Roux et Marie Chassani [le patronyme de sa mère est très mal orthographié]. Il s'agit du 2ème et dernier enfant du second lit. C'est clairement notre centenaire.

- Jean Baptiste Roux, né le 11/07/1781, fils de Jean Roux et Marie Chasali. Il s'agit du premier enfant du second lit.

- Annette Rous, née le 11/10/1778, fille de Jean Rous et Agnes Bouchavein. Il s'agit du dernier enfant du premier lit. C'est la seule personne qui puisse correspondre à Anne Roux épouse Gabrillargues, ce qui est d'ailleurs très facile à démontrer en s'appuyant sur son acte de décès et celui de son mari. Le 21/11/1844, elle décède dans sa maison au Védrinel [juste au nord de la Védrine] sous le nom d'Agnès Roux [après une mutation de prénom identique à celle de sa nièce Anne Poulaillon], âgée de 68 ans [en réalité 66 ans révolus]. Quant à Antoine Grabillargues, malgré une orthographe mouvante de son nom de famille, il est facile de l'identifier lorsqu'il décède dans sa maison du Védrinel, veuf d'Agnès Roux, âgé de 75 ans le 13/07/1853 [donc bel et bien né à la fin des années 1770].

- Jean Baptiste Rous, né le 02/12/1774, fils de Jean Rous et Agnes Bouchavein. Le couple a eu d'autres enfants, mais celui-ci et son demi-frère né en 1781 sont les seuls qui puissent correspondre au Jean Baptiste Roux cité dans l'acte de naissance de Jean Baptiste Poulaillon en 1802. Il est censé être domicilié au Chaylar à Termes, donc je suppose qu'il s'agit du Jean Baptiste Roux né en 1781 [car j'ai trouvé l'acte de décès d'un Jean Baptiste Roux du Chaila mort à 42 ans le 30/01/1821], mais cela n'a pas tellement d'importance. L'important était de démontrer que les parents de Marie Jeanne Roux étaient bel et bien Jean Roux et Marie Chazaly, comme indiqué sur son acte de décès. Or, elle avait bien un frère et une demi-sœur (Jean Baptiste et Anne) dont la filiation confirme la sienne.

A toutes fins utiles, je précise que ces recherches sont basées sur un examen exhaustif des tables décennales de La Fage-Montivernoux et de Termes à partir de 1802, ainsi qu'un examen approfondi des registres paroissiaux et d'état-civil des mêmes communes du début des années 1770 à l'an X. J'ai également fait des recherches complémentaires, sans succès, dans toutes les communes limitrophes de ces deux-là, sans oublier de vérifier la présence possible du mariage de Jean Pierre Poulaillon et Marie Jeanne Roux dans les chefs-lieux des cantons proches (Aumont-Aubrac, Fournels, Nasbinals et Saint-Chély-d'Apcher) en l'an VII et en l'an VIII. J'ignore où a pu passer leur acte de mariage...

En revanche, l'acte de mariage de Jean Roux et Marie Chazaly, je sais pourquoi je ne l'ai pas trouvé : il y a une lacune dans les registres paroissiaux de La Fage-Montivernoux entre novembre 1779 et septembre 1780 ! Or, Jean Roux est devenu veuf en avril 1779 [on peut imaginer qu'il ait attendu quelques mois avant de se remarier] et Marie Chazaly lui a donné un fils en juillet 1781 [il semble donc logique qu'ils aient déjà été mariés depuis au moins 9 mois à ce moment-là].

Je finirai mon exposé en citant, pour le plaisir, l'acte de décès de la mère de Marie Jeanne Roux. Marie Chazali, fileuse, veuve de Jean Baptiste Roux [petite modification de prénom], née au Védrinel à La Fage-Montivernoux, est décédée au Chaila dans la commune de Termes, à l'âge déclaré de... cent ans ! Même si je n'ai pas été capable de retrouver son acte de baptême malgré de longues recherches dans les registres paroissiaux de La Fage-Montivernoux et de Termes, on peut imaginer que Marie Jeanne Roux avait de bons gènes. Sa fille nonagénaire Victorine peut en témoigner.


CONCLUSION

Le résultat de mes investigations démontre que Marie Jeanne Roux est née le 2 mars 1783 à La Fage-Montivernoux et est décédée le 4 novembre 1889 à Toulouse, âgée de 106 ans et 247 jours.
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Anne dite Marie Rose TEIL veuve SAINT CLEMENT (1817?/1820-1918) de Vanosc (Ardèche)

Message par Cyril le Dim 10 Déc 2017 - 18:36

D'après son acte de décès, Marie Rose Teil, née à Vocance (Ardèche) le 27/10/1817, fille de Pierre Teil et Marianne Monteylimard, veuve de Joseph Saint Clément, est décédée le 18/02/1918 à Vanosc (Ardèche).

L'acte de mariage de Joseph Saint Clément et Marie Teil, daté du 09/04/1839 à Vocance, non content d'omettre le second prénom de l'épouse, ne lui donne que 19 ans... Et en effet, bien qu'un acte de naissance corresponde exactement aux informations données dans l'acte de décès de Marie Rose Teil, la fille qui est née sous ce nom le 27/10/1817 à Vocance n'a jamais été centenaire : elle est décédée à l'âge de 12 ans, le 02/01/1830 à Vocance !

Les actes de naissance des 8 enfants de notre présumée centenaire l'affublent d'un âge qui concorde avec celui mentionné sur son acte de mariage :
1) Marie Thée avait 22 ans à la naissance de Pierre Clément le 28/08/1841 à Vanosc.
2) Marie They avait 23 ans à la naissance d'Henry François Clément le 15/07/1843 à Vanosc.
3) Marie Teil avait 25 ans à la naissance de Jean Régis Clément le 21/02/1846 à Vanosc.
4) Marie Thay avait 28 ans à la naissance de Jean Pierre François Teyssier Clément le 13/11/1848 à Vanosc.
5) Marie Theil avait 30 ans à la naissance de Baptiste Ferdinand Clément le 02/03/1851 à Vanosc.
6) Marie Thay avait 35 ans à la naissance de Marie Clément le 15/11/1853 à Vanosc.
7) Marie Teil avait 37 ans à la naissance de Jean Marie François Clément le 02/03/1856 à Vanosc.
8) Marie Theil a donné naissance à son dernier enfant, Henri Maurice Clément, le 11/05/1858 à Vanosc.

Tous les documents convergent vers une naissance en 1819-1820. Or, le couple Teil-Monteylimard avait justement une fille née le 31/03/1820 à Vocance. Prénommée Anne, elle ne semble ni s'être mariée ni être décédée sous cette identité...

L'explication la plus vraisemblable est que l'acte de décès établi au nom de Marie Rose Teil le 18/02/1918 était en réalité celui d'Anne dite Marie Teil (elle semble n'avoir jamais utilisé de second prénom de son vivant), laquelle aurait donc vécu 97 ans et 324 jours.
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Bruno MARTIN (1804-1904) de Berrias (Ardèche)

Message par Cyril le Sam 9 Déc 2017 - 14:36

D'après son acte de décès, Bruno Martin, 100 ans, né à Chassagnes, fils de Jean Martin et Marie Barre, veuf de Marie Emilie Rose Grève, est décédé le 25/02/1904 à Berrias.

Après quelques recherches, j'ai découvert que notre présumé centenaire avait convolé en justes noces avec Marie Rose Emilie Grève (32 ans) le 16/11/1833 à Vernoux[-en-Vivarais]. Bruno Martin, 30 ans, né à Chassagnes, fils de vivant Jean Martin et de feue Marie Barre, était alors gendarme.

L'âge de Bruno Martin est cohérent sur les recensements où il apparaît, à Vernoux (1836, 1846 et 1851) comme à Berrias (1881, 1886, 1891, 1896 et 1901). Il a eu une fille unique à l'âge déclaré de 31 ans : Marie Nohémie, née le 24/09/1834 à Vernoux. Cinq ans plus tard, il est devenu veuf : Marie Rose Emilie Grèves est décédée le 17/08/1839 aux Vans (une commune limitrophe de Chassagnes et toute proche de Berrias), où Bruno Martin était alors en garnison.

Sa fille, mariée avec Jean Pierre Roure, lui a donné plusieurs petites-filles. Bruno Martin a même été témoin au mariage de l'une d'entre elles, Marie Noémie Berthe Roure, le 18/05/1891 à Berrias. Or, on apprend dans cet acte de mariage que notre présumé centenaire, qui se dit alors âgé de 85 ans, était Chevalier de la Légion d'Honneur : son dossier Léonore révèle qu'un acte de notoriété, dressé par le juge de paix du canton des Vans le 02/02/1832, atteste qu'il est né en mars 1804 à Chassagnes (Ardèche).

On peut en déduire que la longévité de Bruno Martin s'inscrit dans la fourchette 99 ans et 331-361 jours, ce qui est extrêmement proche des 100 ans déclarés.

Si l'on creuse un peu plus, on découvre qu'entre le mariage de ses parents le 12/02/1800 (23 pluviôse VIII) et le décès de sa mère le 08/03/1813, seuls 2 enfants de sa fratrie ont bénéficié d'un acte de naissance : Rose Fine [une façon originale d'orthographier "Joséphine" dont seuls les premiers officiers de l'état-civil post-Révolution Française avaient le secret] le 24/07/1808 et Antoine Joachain le 01/10/1810. Mais la table des successions indique que Marie Barre avait 6 enfants héritiers (Jean, Marie, Victoire, Bruno, Josephine et Jouachim), donc les 4 aînés n'ont manifestement pas été déclarés en mairie. Ceci explique pourquoi Bruno Martin a dû faire établir un acte de notoriété.

Toutefois, il n'est pas impossible qu'il ait quand même été baptisé et que, par conséquent, l'on puisse retrouver un jour sa date de naissance exacte dans les registres paroissiaux de Chassagnes. Il suffirait d'une erreur minime dans l'acte de notoriété (5 jours seulement) pour que Bruno Martin ait été effectivement centenaire...
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Pauline CHARIN veuve ANTOINE (1848-1955) de Tournon (Ardèche)

Message par Cyril le Ven 8 Déc 2017 - 18:36

D'après son acte de décès, Pauline Charin, née le 15/07/1848 à Lyon II, veuve de Jean François Régis Antoine, est décédée le 17/01/1955 à son domicile, avenue de Beaucaire à Tournon (Ardèche).

Ne trouvant pas son acte de naissance, je me suis mis à la recherche de son acte de mariage, que j'ai rapidement localisé à Tournon. C'est le 11/02/1874 que s'y sont mariés :
- Jean François Régis Antoine, né le 05/11/1846 à Arlebosc (Ardèche), fils de feu Jean Antoine et de vivante Marianne Barriol
- Pauline Charin, née le 15/07/1848 à l'hospice de Lyon, fille de parents inconnus

En tant qu'enfant abandonnée, Pauline Charin apparaît dans les registres des placements des hospices civils de Lyon :
- Pauline Charin, numéro de matricule 19019, née le 15/07/1848, a été placée le 17/07/1848 chez Jacq Moulin à Saint-Bazile (aujourd'hui Saint-Basile) dans arrondissement de Tournon, puis il est indiqué que son [nouveau] patron habite à Lamastre à la date du 01/04/1859.
- Pauline Charin, numéro de matricule 19019, née le 15/07/1848, a été placée le 01/04/1859 chez Jean Moulin à Lamastre dans l'arrondissement de Tournon, puis elle a fait sa première communion le 24/05/1860 (et une prime de 50 francs a été versée au 3ème trimestre 1860).

J'ai retrouvé 2 recensements de l'époque où Pauline Charin était en nourrice à Saint-Basile :
- En avril 1851, Pauline Saurin (mauvaise orthographe, prononciation approximative), élève de l'hospice de Lyon, 2 ans, vivait chez Jacques Moulin (48 ans), sa femme et ses 3 enfants, au lieu-dit Bel Air.
- En septembre 1856, Pauline (aucun patronyme indiqué), élève de l'hospice de Lyon, 6 ans, enfant trouvé, vivait chez Jacques Moulin (58 ans) et ses 2 enfants, au lieu-dit Faugères.
=> Le second recensement rajeunit Pauline Charin (qui venait d'avoir 8 ans), mais l'âge du premier recensement confirme bien sa date de naissance.

J'ai complété mes recherches avec les actes relatifs à la progéniture de Pauline Charin et Jean François Régis Antoine :
1) Une fille âgée de 5 minutes, décédée le 01/02/1875 chez ses parents (Jean François Régis Antoine, 28 ans, et Pauline Charrin) à Chapotte, commune de Tournon
2) Marie Pauline Antoine, née le 04/03/1876 chez ses parents (Jean François Régis Antoine, 29 ans, et Pauline Charrin, 27 ans) à Tournon, décédée le 28/10/1970 à Tournon
3) Louis François Antoine, né le 01/03/1887 chez ses parents (Jean François Régis Antoine, 40 ans, et Pauline Charin, 38 ans) à la Porte du Doux à Tournon, marié avec Emilie Antonine Rochet le 10/09/1908 à Villeurbanne (Rhône), décédé le 15/02/1960 à Lyon V
=> Les âges indiqués confirment la date de naissance de Pauline Charrin et l'acte de mariage de Louis François Antoine indique que ses parents sont toujours en vie à Tournon le 10/09/1908.

Le mystère de l'acte de naissance introuvable a été résolu par Laurent, que je remercie d'ailleurs à nouveau pour son aide. Grâce à lui, je sais désormais que, lorsque l'on recherche une naissance antérieure à 1852 à Lyon, il est possible qu'elle ait eu lieu dans les 3 communes absorbées par Lyon cette année-là (qui est aussi l'année de la création des 5 premiers arrondissements de Lyon) : la Croix-Rousse, la Guillotière et Vaise.

En l'occurrence, Pauline Charin est née dans la commune de la Guillotière le 15/07/1848. Son acte de naissance la dit fille naturelle de Marguerite Charin, âgée de 29 ans.

Sa date de naissance étant confirmée, Pauline Charin est effectivement décédée à l'âge de 106 ans et 186 jours.
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Rose MERCHAT veuve TAULEIGNE (1823-1926) d'Ancône (Drôme)

Message par Cyril le Jeu 7 Déc 2017 - 14:28

D'après son acte de décès, Rose Merchat, née à Saint-Cirgues-en-Montagne (Ardèche) le 15/06/1823, fille de feus Merchat Joseph et Madeleine Lavastre, veuve de Jean Louis Tauleigne, est décédée le 27/02/1926 au lieu-dit la Vachère, dans la commune d'Ancône (Drôme).

Rose Merchat est présente dans 2 recensements à Ancône :
- En 1906, Rose Tauleigne, née en 1820 à Saint-Cirgues-en-Montagne, vivait avec son gendre Jules Hilaire, sa fille Virginie Tauleigne (née en 1858 à Cros-de-Géorand), et leurs enfants Jules et Reymond Hilaire, dans le quartier de Jonquières. Ici, Rose Merchat est appelée par son nom d'épouse et elle est vieillie de 3 ans, mais comme je le montrerai, les informations sur sa fille et son gendre sont exactes.
- En 1901, Rose Mersat, 78 ans, vivait avec le couple Gustave Tauleigne (33 ans) et Marie Vialle (22 ans), ainsi que leur nièce Juliette Tauleigne, à Jonquières. Ici, il y a une faute d'orthographe dans le patronyme de Rose Merchat, mais son âge coïncide avec la date de naissance donnée dans son acte de décès. Elle est dite "belle-mère" du chef de famille, mais nous verrons plus tard que c'est une erreur d'écriture, car Gustave Tauleigne était son plus jeune fils.

A Cros-de-Géorand (Ardèche), nous retrouvons Rose Merchat dans 4 recensements :
- En 1881, Rose Merchat, 60 ans, vivait avec ses enfants Jean (27 ans), Virginie (22 ans), Marie (21 ans), Louis (16 ans) et Augustin Tauleigne (13 ans), dans le quartier de la Palisse.
- En 1876, Rose Merchat, veuve, 54 ans, vivait avec ses enfants (tous nés à Cros-de-Géorand) Joseph (24 ans), Baptiste (22 ans), Virginie (17 ans), Marie (16 ans), Louis (12 ans) et Auguste Tauleigne (9 ans), au village de Rognon.
- En 1872, Rose Merchat, 50 ans, vivait avec son mari Louis Tauleigne (54 ans) et leurs fils Louis (7 ans) et Augustin (4 ans), au village des Combes.
- En 1861, Rose Merchat, 39 ans, vivait avec son mari Louis Taulègne (40 ans) et leurs enfants Joseph (9 ans), Jean (6 ans), Virginie (3 ans) et Marie (6 mois), au lieu-dit Sourd.

Les âges indiqués pour Rose Merchat indiquent une année de naissance vers 1821-1822. Son mari Louis Tauleigne est manifestement décédé entre 1872 et 1876, et le couple a eu au moins 6 enfants : Joseph (né vers 1852), Jean/Baptiste (né vers 1854-1855), Virginie (née vers 1858-1859), Marie (née vers 1860), Louis (né vers 1864-1865) et August[e/in] (né vers 1867-1868).

Pour ce qui est du défunt mari, son acte de décès nous indique qu'il est bien décédé à Cros-de-Géorand à la période supposée. Jean Louis Taulègne, 55 ans, fils de feus Jean Louis Taulègne et Jeanne Marie Olier, époux de Rose Merchat, est décédé le 23/09/1874 au mas du Sourd à Cros-de-Géorand. [J'aime bien la mention marginale qui précise que M. Gineys est autorisé à signer l'acte à la place de M. Rochette, "actuellement décédé" !]

Quant aux enfants, j'ai également retrouvé leurs actes de naissance à Cros-de-Géorand :
1) Joseph, fils de Louis Thaulègne (32 ans) et Rose Merchat (30 ans), est né le 29/08/1852 au mas de Ladroit
2) Jean Baptiste, fils de Louis Tauleigne (38 ans) et Rose Merchat (34 ans), est né le 24/09/1855 au mas du Sourd
3) Rose Virginie, fille de Jean Louis Tauleigne (40 ans) et Rose Merchat (35 ans), est née le 15/08/1858 au Sourd [son acte de mariage précise qu'elle a épousé Jules Hilaire (né le 20/04/1855) le 05/11/1877 à Cros-de-Géorand, ce qui confirme les informations portées dans le recensement de 1906]
4) Marie Rosalie, fille de Jean Louis Taulègne (42 ans) et Rose Merchat (38 ans), est née le 07/10/1860 au mas du Sourd
5) Louis Félicien, fils de Jean Louis Taulègne (46 ans) et Rose Merchat (40 ans), est né le 26/06/1865 au mas du Sourd
6) Jean Augustin Julien, fils de Jean Louis Taulègne (50 ans) et Rose Merchat (40 ans), est né le 09/03/1868 au Sourd [en marge de son acte de naissance, il est indiqué qu'il a épousé Marie Melanie Vialle le 12/11/1898 à Cros-de-Géorand, et qu'il est décédé le 27/06/1958 à Ancône : c'est donc bien lui le fameux "Gustave" Tauleigne chez qui vivait Rose Merchat en 1901]

Dans ces 6 actes de naissance, l'âge de Rose Merchat indique qu'elle est née entre 1821 et 1828, en moyenne en 1823.

Nous en arrivons à l'acte de mariage. C'est le 15/02/1844 à Cros-de-Géorand que se sont mariés :
- Louis Taulègne, 25 ans, né et domicilié à Cros-de-Géorand, fils de vivant Louis Taulègne et de feue Jeanne Marie Ollier
- Rose Merchat, 20 ans, née et domiciliée à Saint-Cirgues[-en-Montagne], fille de vivant Joseph Merchat et de feue Madeleine Lavastre

L'âge indiqué dans les documents recueillis au fil de la vie de Rose Merchat est stable et tourne autour de 1823, avec des extrêmes en 1820 et 1828. Un examen des tables décennales de Saint-Cirgues-en-Montagne permet de s'assurer qu'une seule Rose Merchat est née dans la commune entre 1813 et 1832 : son acte de naissance indique que Rose Merchat, fille de Joseph Merchat (35 ans) et de Madelaine Lavastre, a vu le jour le 15/06/1823.

C'est donc officiel : Rose Merchat, née à Saint-Cirgues-en-Montagne (Ardèche) le 15/06/1823 et décédée à Ancône (Drôme) le 27/02/1926, a vécu 102 ans et 257 jours.
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Louise Catherine Elisabeth BAC veuve GALLY (1766-1865) de Beauchastel (Ardèche)

Message par Cyril le Mer 6 Déc 2017 - 14:46

D'après son acte de décès, Louise Catherine Elisabeth Bac, 101 ans, native de Beauchastel, veuve de Jean Louis Gally, fille de feus Jean Annet Mathieu Gally et Marie Catherine Elisabeth Garnier, est décédée le 13/05/1865 à la Fontaine du Chat, dans la commune de Beauchastel.

La table des successions et des absences nous apprend que, en date du 10/11/1865, ses héritiers sont "ses petits-enfants Gally Rose Françoise Eugénie, Frédéric, Jean Paul Albert et Jean François Théodore Henri". Elle n'avait donc manifestement plus d'enfant vivant.

Quelques recherches dans les registres de Beauchastel montrent en effet que le couple Gally-Bac n'a eu qu'un seul enfant, Jean François Gally, né le 28/07/1807 et décédé le 29/04/1861. Le 02/07/1835 à La Voulte-sur-Rhone, il a épousé Rose Françoise Louise Eugénie Fuzier, une jeunette de 12 ans sa cadette, laquelle lui a donné 4 enfants :
- Rose Françoise Louise Eugenie Gally, née le 26/05/1836
- Frédéric Gally, né le 17/03/1840 [qui avait donc bien 25 ans lorsqu'il a déclaré le décès de sa grand-mère]
- Jean Paul Albert Gally, né le 06/04/1844
- Jean François Théodor Henri Gally, né le 26/07/1851

Tout cela n'est pas très utile, mais je plante le décor. Les membres de cette famille portaient presque tous 3 ou 4 prénoms bien avant que cela devienne l'usage (c'était déjà le cas des parents de Louise Catherine Elisabeth Bac, nés au début du XVIIIème siècle) et ces prénoms étaient systématiquement notés sur tous les actes d'état-civil, ce qui est suffisamment rare en Ardèche pour être souligné.

Venons-en aux quelques actes utiles pour ce cas... D'après son acte de décès, Jean Louis Gally, 52 ans, fils de feus Jean Annet Gally et Elisabeth Lallemand, époux de Louise Catherine Elisabeth Bac, est décédé le 11/10/1830 en la Grand rue de Beauchastel.

En dehors de son acte de décès, l'âge de Louise Catherine Elisabeth Bac n'est jamais mentionné, sauf sur son acte de mariage. Ledit mariage a eu lieu à Beauchastel le 29/07/1807, c'est-à-dire quelques heures après la naissance de son fils unique Jean François Gally, qui était né la veille à 23h30. Les mariés étaient :
- Jean Louis Gally, 31 ans, natif de Beauchastel, fils de vivant Jean Annet Gally et de défunte Elisabeth Lallemand
- Louise Catherine Elisabeth Bac, 39 ans, native de Beauchastel, fille de feus Jean Annet Mathieu Bac et Marie Catherine Elisabeth Garnier

Donc, si l'acte de décès de Louise Catherine Elisabeth Bac implique une année de naissance aux alentours de 1764, son acte de mariage indique plutôt 1768...

Après des recherches éperdues dans les registres paroissiaux de Beauchastel sans trouver le moindre acte en rapport avec le couple Bac-Garnier (à l'exception du décès du père de Jean Annet Mathieu Bac, où ce dernier est cité), je commençais à perdre courage, quand j'ai réussi à mettre la main sur l'acte de décès d'un frère de Louise Catherine Elisabeth Bac, dont voici la transcription complète : "Le vingt sixième avril de l'an susdit [1773] a été inhumé dans le cimetière de la paroisse de Beauchastel le corps de jean jacques Bac fils naturel de sr jean anne mathieu Bac et de dlle marie catherine élisabeth Garnier du lieu de Beauchastel, prétendus mariés au désert, mort le jour précédant agé d'environ deux ans, ont assisté à son convoy jean pierre Goujon qui a signé avec nous et pierre avec plusieurs autres illitterés. Goujon Salvaige ptre".

"Prétendus mariés au désert" : voilà pourquoi je ne trouvais rien ! Il s'agissait d'une famille protestante... En examinant les registres paroissiaux de Beauchastel, j'avais compris qu'il y avait beaucoup de protestants dans le coin : près de la moitié des actes de sépulture parlent d'inhumation "en terre prophane" (sic), voire de défunts ayant "persisté dans les erreurs de Calvin", mais je n'avais pas envisagé que les Bac en soient, tout simplement parce que je n'avais jamais effectué de recherche généalogique sur des protestants auparavant.

Rappel historique : Entre la révocation de l'édit de Nantes par l'édit de Fontainebleau en 1685 et l'édit de tolérance de Versailles de 1787, les protestants n'avaient pas le droit de tenir d'état-civil en France. Sous Louis XIV, les persécutions étaient si grandes que beaucoup de pasteurs ont fui à l'étranger, donc les registres protestants sont quasiment inexistants entre 1685 et 1715. Ensuite, la répression s'est faite plus laxiste, la tolérance s'est installée petit à petit et les pasteurs ont repris la rédaction de leurs registres des baptêmes et des mariages "au désert". Enfin, en 1788, en application de l'édit de tolérance de Versailles, les familles protestantes ont été sommées de régulariser leur mariage et de déclarer la naissance de leurs enfants auprès du greffe du tribunal civil ou du curé.

C'est dans le registre des baptêmes tenu par le pasteur Alexandre Vernet (registre qui concerne une centaine de paroisses) que j'ai finalement trouvé l'acte de baptême de Louïse Catherine Elizabeth Bac : "Le onze du susd.t mois [juillet 1766], j'ay batisé Louïse Catherine Elizabeth Bac, née le premier du courant, fille leg.me à s.r Jean Annet Matthieu & à Dem.lle Marie Catherine Elizabeth Garnier, du lieu et par.se de Beauchastel, son parrain a été Etïenne Bac & sa marraine Dem.lle Louïse Blache".

En fin de compte, Louise Catherine Elizabeth Bac était plus jeune de 2 ans que ne le prétendait son acte de décès, mais plus vieille de 2 ans que ne l'indiquait son acte de mariage : elle a vécu du 01/07/1766 au 13/05/1865, soit une longévité de 98 ans et 316 jours.
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Catherine FULACHIER veuve BOYER (1771-1865) de Vinezac (Ardèche)

Message par Cyril le Mar 5 Déc 2017 - 22:12

Une fois n'est pas coutume, voici un compte-rendu en style quasi télégraphique, car telle est la forme que j'avais choisi de lui donner le 1er mars dernier... L'objectif était de souligner le fait que cette enquête ardéchoise, contrairement aux précédentes, avait été facile et rapide à mener !

Acte de décès : Le 02/04/1865, Catherine Fulachier, 103 ans, originaire d'Ailhon, fille de Claude Fulachier et Marie Tourrette, veuve de Noé Boyer, est décédée au mas du Tinal à Vinezac.

Recensement de 1861 : Catherine Feulacher, veuve, 97 ans, mère de Joseph Boyer, vivait chez lui à Thinal, commune de Vinezac.

Recensement de 1851 : Catherine Feulacher, 88 ans, mère de Joseph Boyer, vivait chez lui au Tinal, commune de Vinezac.

Si l'on se base sur ces 3 documents, Catherine Fulachier serait née vers 1762-1764. Mais ensuite, ça se gâte...

Recensement de 1846 : Catherine Filacher, veuve, 77 ans, vivait chez Joseph Boyer au Tinal, commune de Vinezac. D'après ce recensement, elle serait plutôt née aux alentours de 1769.

Acte de décès du mari : Le 26/12/1817, Noë Boyer, 55 ans, époux de Catherine Folachier, est décédé au mas du Tinal à Vinezac.

Acte de mariage : Le 12/01/1790, Noé Boyer (fils de feu Jean Louis Boyer et de Marie Boyer), de la paroisse de Vinezac, et Catherine Feulachier (fille de Claude Feulachier et de Marie Tourette), de la paroisse d'Ailhon, se sont mariés à Ailhon.

Le couple Fulachier-Tourrette a eu 11 enfants entre 1759 et 1776 à Ailhon, dont deux sœurs homonymes :
- En 3ème position, Catherrine Fulachier, née le 05/02/1762
- En 8ème position, Catherine Fulachier, née le 30/01/1771

Or, l'aînée est décédée le 23/02/1764 à Ailhon, à l'âge de 2 ans...

Catherine Fulachier est donc indiscutablement née le 30/01/1771 à Ailhon. Par conséquent, elle est décédée à l'âge de 94 ans et 62 jours.
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"Madelon" COURIOL veuve SILHOL (1771-1861) de Larnas (Ardèche)

Message par Cyril le Lun 4 Déc 2017 - 15:56

Son acte de décès dit que Madelon Couriol, 103 ans, fille de feus François Couriol et Jeanne Jamme (habitants de Saint-Gineis-en-Coiron), veuve de Pierre Silhol, est décédée le 04/05/1861 à Larnas. Le premier déclarant était Pierre Silhol, son fils de 57 ans vivant à Larnas.

Le recensement de Larnas de 1856 confirme l'article du Courrier de la Drôme et de l'Ardèche du 24/02/1861, dans le sens que la présumée centenaire vivait chez son fils et sa belle-fille. En revanche, l'âge de Magdaléne Couriol, veuve, n'est que de 93 ans (année de naissance estimée : 1763).

Après de très longues recherches, j'ai rassemblé une tripotée de documents sur cette dame, ses enfants, ses parents et ses collatéraux. Il serait aussi inutile que fastidieux de relater mes recherches par le menu. Voici, sous la forme d'un résumé chronologique (avec les sources utilisées entre crochets), les événements que j'ai retrouvés :

I. Entre 1766 et 1779 à Saint-Gineis-en-Coiron, naissance des 5 enfants du couple François Couriol et Jeanne Marie Jammes, aux Beaumes de Montbrun :
1) Jeanne Marie Couriol le 15/01/1766 [Acte de Baptême]
2) Marie Anne Couriol le 21/04/1768 [AB] (elle a épousé Jean Baptiste Seuzaret le 17/01/1794 à Saint-Gineis-en-Coiron [Acte de Mariage] et ils étaient toujours en vie tous les deux le 03/04/1810 à Saint-Maurice-d'Ibie [AD enfant])
3) Marie Magdeleine Couriol le 20/04/1771 [AB]
4) François Couriol le 02/05/1775 [AB]
5) Catherine Couriol le 19/05/1779 [AB] (elle a épousé Jean Louis Chare le 05/11/1811 à Saint-Gineis-en-Coiron [AM] et est décédée le 25/04/1860 à Saint-Pons [AD])

Le mariage des parents n'a pas eu lieu à Saint-Gineis-en-Coiron. Malgré les indications données dans les actes de baptême sur les parrains et marraines des enfants, je n'ai pas été en mesure de retrouver l'origine de Jeanne Marie Jammes. Je ne peux donc pas prouver que le couple n'a pas eu d'enfant avant 1766.

II. Le 23/01/1797 à Saint-Gineis-en-Coiron, décès de Jeanne Marie Jammes femme Couriol, 63 ans, mendiante [Table des Successions et des Absences]. La mère de Madelon Couriol était donc née vers 1734 et aurait eu ses enfants entre 32 et 45 ans environ.

III. Entre 1799 et 1805 à Lagorce, naissance des 3 enfants du couple Paul Silhol et Magdeleine Couriol. L'acte de décès de Madelon Couriol désigne son défunt mari sous le prénom de Pierre, ce qui est clairement une erreur car il s'appelle Paul sur tous les actes relatifs à ses enfants. Quant à Madelon, il s'agissait d'un surnom : tous les actes et les recensements qui la citent s'accordent à l'appeler Ma(g)dele(i)ne. Aucun de leurs enfants n'ayant été déclaré à l'état-civil, rien ne prouve qu'il n'en aient pas eu plus que les 3 que j'ai retrouvés. Leurs dates et commune de naissance sont connus par leurs actes de mariage (pour les 2 plus jeunes, qui ont dû produire un acte de notoriété homologué pour pouvoir se marier) ou estimés grâce à divers actes les concernant (pour l'aînée) :

1) Thérèse Silhol entre 1799 et 1803 (elle a épousé Louis Pascal le 01/05/1838 à Saint-Remèze [AM] et est décédée le 05/04/1851 à Bourg-Saint-Andéol [AD])
2) Victoire Silhol le 28/12/1804 (elle a épousé Jean Louis Etienne le 25/10/1836 à Bourg-Saint-Andéol [AM] et est décédée le 24/07/1837 à Bourg-Saint-Andéol [AD])
3) Pierre Silhol en novembre 1805 (il a épousé Eléonore le 05/03/1832 à Bourg-Saint-Andéol [AM] et est décédé le 28/07/1877 à Larnas [AD])

IV. Le 24/11/1809 à Largentière, décès de Paul Silhol, 55 ans (donc né vers 1754), originaire de la commune de Lagorce [AD]. Ni sa situation matrimoniale ni l'identité de ses parents ne sont indiqués sur l'acte, mais je suis sûr que c'était bien le mari de Madelon Couriol, car il est décédé entre 1805 et 1832 et qu'après avoir écumé les tables décennales de nombreuses communes ainsi que les tables des successions et des absences de plusieurs cantons il est le seul à pouvoir correspondre, sans compter que l'acte de mariage de sa fille Victoire dit qu'il était domicilié à Largentière de son vivant.

V. Le 02/01/1816 à Saint-Gineis-en-Coiron, décès de Francois Couriol, 79 ans (donc né vers 1737), cultivateur au Baume. Les dates et le nom du lieu-dit ne laissent que peu de doutes sur le fait qu'il s'agit bien du père de Madelon Couriol.

VI. Entre 1832 et 1851, de nombreux documents précisent les communes où Madelon Couriol vivait :
1) Villeneuve-de-Berg en 1832 [AM de son fils Pierre]
2) Saint-Remèze en 1836-1838 [AM et AD de sa fille Victoire + AM de sa fille Thérèse]
3) Bourg-Saint-Andéol en 1841-1851 [Recensements de 1841 et 1851 + AD de sa fille Thérèse]

Comme on le sait déjà, elle a ensuite fini sa vie à Larnas.

Quant au début de sa vie, Madelon Couriol a manifestement passé ses première années chez ses parents à Saint-Gineis-en-Coiron, puis a vécu avec son mari et donné naissance à ses enfants à Lagorce. Entre 1805 et 1809, il est possible que le couple ait vécu à Largentière, où Paul Silhol est mort, mais comme il est décédé dans la maison d'arrêt de Largentière, ce n'est pas certain... Le couple peut aussi avoir vécu à Saint-Montan, puisqu'il est indiqué dans l'acte de mariage de Thérèse Silhol que son père y était domicilié de son vivant. Entre 1809 et 1832, la veuve peut également avoir déménagé plusieurs fois.

Terminons ce tour d'horizon avec les recensements de Bourg-Saint-Andéol :
- En 1841, Madelaine Couriole veuve Silhol vivait avec son fils Pierre
- En 1851, Magdeleine Couriol, veuve, vivait seule à Bourg-Saint-Andéol (son fils Pierre avant déjà déménagé à Larnas) et était âgée de 84 ans (année de naissance estimée : 1767)

Finalement, nous ne disposons que de peu de documents citant l'âge de Madelon Couriol, laquelle avait (soi-disant) 84 ans en 1851, 93 ans en 1856, 103 ans en 1861. Une énorme inflation !

D'après ce que l'on sait de la composition de sa fratrie et malgré l'impossibilité de retrouver son acte de mariage, je conclus que l'identité réelle de "Madelon" est Marie Magdeleine Couriol, née le 20/04/1771 à Saint-Gineis-en-Coiron. Elle n'aurait donc été âgée que de 90 ans et 14 jours à son décès.
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Jean Jacques SABATIER (1792-1894) de Vernoux (Ardèche)

Message par Cyril le Dim 3 Déc 2017 - 22:00

Voici le premier cas de centenaire ardéchois authentique qu'il m'ait été donné de vérifier, il y a 10 mois de cela. A l'époque, Guillaume avait un léger doute sur l'existence possible d'un frère cadet homonyme, ce qui explique que j'ai exploré de long en large la vie de ce doyen.

L'acte de décès, établi le 25/05/1894, est celui de Jean Jacques Sabatier, 102 ans, né et demeurant à Vernoux[-en-Vivarais], fils de Jean Jacques Sabatier et Jeanne Marie Bos, veuf en secondes noces de Claudine Filit.

Ces informations permettent de remonter facilement le cours de sa vie, en commençant par le décès de sa 2ème épouse. Claudine Filit est décédée au domicile de son mari Jean Jacques Sabatier, place Grenette à Vernoux, le 11/07/1870. Elle était âgée de 77 ans et ses parents s'appelaient Jacques Filit et Catherine Monchal.

A partir de là, on trouve facilement l'acte de mariage de Jean Jacques Sabatier et Claudine Filit, daté du 21/10/1837 à Vernoux. Les noms des parents des mariés correspondent (seule différence, la mère du marié s'appelle "Bosc" au lieu de "Bos") et on apprend que Jean Jacques Sabatier (45 ans) est veuf de Marie Deyre, tandis que Claudine Filit (44 ans) est veuve de Jean-François Regis Lallier.

On en arrive au décès de Marie D(h)eyres (38 ans), survenu le 17/08/1836 au domicile de son mari Jacques Sabatier (40 ans), place des Quartes à Vernoux.

Le mariage de Jacques Sabatier (26 ans) et Marie Deyres (24 ans) a eu lieu le 06/02/1822 à Vernoux. Tout concorde.

Comme Jean Jacques Sabatier vivait aux Isles avec ses parents, il a déclaré leurs décès en mairie :
- Jacques Sabatier est dit âgé de 36 ans quand sa mère Jeanne Marie Baux [autre orthographe], 72 ans, épouse de Jean Jacques Sabatier (76 ans), y est décédée le 16/08/1828 ;
- Jacques Sabatier est dit âgé de 37 ans quand son père Jean Jacques Sabatier, 77 ans, veuf de Jeanne Marie Baux, y est décédé le 12/02/1829.

Je me suis aussi intéressé à ses enfants :
1) Marie Sabatier, née à Vernoux le 30/03/1823 (fille de Jacques Sabatier, 27 ans, et Marie Deyres) et décédée à Vernoux le 09/04/1824 (fille de Jacques Sabatier et Marie Deyres)
2) Marie Dorothée Sabatier, née à Vernoux le 30/04/1825 (fille de Jacques Sabatier, 29 ans, et Marie Deyre) et décédée à Vernoux le 01/10/1829 (fille de Jacques Sabatier, 36 ans, et Marie Dheyres)
3) Jean Jacques Sabatier, né à Vernoux le 09/03/1828 (fils de Jacques Sabatier, 36 ans, et Marie Dheyres) et décédé à Vernoux le 18/09/1829 (fils de Jacques Sabatier, 36 ans, et Marie Dheyres)
4) Pierre Sabatier, né à Vernoux le 12/11/1829 (fils de Jacques Sabatier, 37 ans, et Marie Dheyres), manifestement décédé avant le recensement de 1836
5) Dorothée Sabatier, née à Vernoux le 06/03/1832 (fille de Jacques Sabatier, 38 ans, et Marie Deyres) et décédée à Vernoux le 16/03/1832 (fille de Jacques Sabatier, 38 ans, et Marie Deyres)
6) Pierre Isidore Sabatier, né à Vernoux le 26/06/1833 (fils de Jacques Sabatier, 40 ans, et Marie Dheyres)
7) Joséphine Christine Sabatier, née à Vernoux le 10/02/1835 (fille de Jacques Sabatier, 40 ans, et Marie Dheyres) et décédée à Vernoux le 17/02/1835 (fille de Jacques Sabatier, 40 ans, et Marie Dheyres)
8) Regis Marius Sabatier, né à Vernoux le 23/12/1838 (fils de Jean Jacques Sabatier, 46 ans, et Claudine Filit) et décédé à Vernoux le 08/08/1839 (fils de Jean Jacques Sabatier et Claudine Filit), seul enfant de son second mariage

Les recensements de Vernoux prouvent qu'il avait eu une autre fille prénommée Marie, laquelle a survécu jusqu'à l'âge adulte. Voici la teneur de ces recensements :
- En 1836, Jacques Sabatier (43 ans) vivait à Vernoux avec Marie Deyres femme Sabatier (40 ans), Marie Sabatier (13 ans) et Isidore Sabatier (3 ans). [Marie Sabatier est probablement née entre Marie et Marie Dorothée, peut-être quelques jours ou quelques semaines après le décès de Marie. Si elle était née en avril 1824, elle aurait eu presque 13 ans au moment du recensement de novembre 1836.]
- En 1841, Jacques Sabatier vivait à Vernoux (section du Clocher) avec sa femme Claudine Felix (mauvaise orthographe), Marie Sabatier, Isidore Sabatier et Madeleine Lallier (certainement une fille issue du 1er mariage de Claudine).
- En 1846, Jacques Sabatier (52 ans) vivait à Vernoux (section du Clocher) avec Claudine Felix (50 ans) et Isidore Sabatier (13 ans).
- En 1851, Jacques Sabatier (58 ans) vivait à Vernoux (rue Panassac) avec sa femme Claudine Felix (52 ans) et "leur" fils étudiant Isidore Sabatier (16 ans).
- En 1856, Jacques Sabatier (64 ans) vivait à Vernoux avec sa femme Claudine Felix (60 ans).
- En 1866, Jacques Sabatier (74 ans) vivait à Vernoux avec sa femme Claudine Felix (70 ans).
- En 1886, Jacques Sabatier (95 ans, veuf) était pensionnaire de l'hospice de Vernoux.

Jacques Sabatier est absent des recensements de 1872, 1876 et 1881 de Vernoux. Pourquoi ? Parce qu'il vivait à Saint-Laurent-du-Pape (Ardèche) chez son fils Pierre Isidore Sabatier, qui l'a probablement accueilli lorsqu'il est devenu veuf en 1870. D'après son acte de décès, Pierre Isidore Sabatier, 49 ans, célibataire, curé, né à Vernoux, est mort chez lui à Saint-Laurent-du-Pape le 13/12/1882. Il était le fils de défunte Marie Deyre et de Jacques Sabatier, cultivateur demeurant à Saint-Laurent-du-Pape. C'est suite au décès de son fils que Jean Jacques Sabatier a dû intégrer l'hospice de Vernoux.

D'après la table des successions et des absences du canton de Vernoux, la succession de Pierre Isidore Sabatier, curé décédé à Saint-Laurent-du-Pape le 13/12/1883 (erreur d'année) a été enregistrée le 11/06/1883 et ses successeurs étaient sa sœur Marie Sabatier et son père Jacques Sabatier. Donc Marie Sabatier était encore en vie en 1883, mais j'ignore où elle vivait.

L'ensemble de ces documents, du premier mariage de Jean Jacques Sabatier en 1822 à son décès en 1894, forme un ensemble parfaitement cohérent. Les noms des parents, des épouses et des enfants concordent à quelques fautes d'orthographe près. Il n'y a aucun doute que nous ayons affaire à la même personne du début à la fin.

A aucun moment la date de naissance de Jean Jacques Sabatier n'est donnée (sauf dans un article du journal du Loiret, qui cite le 15 avril 1792), mais son âge est présent dans la quasi-totalité des documents. On peut en déduire des dates de naissance approximatives, que j'ai récapitulées dans le graphique ci-dessous :



Les différences observées me semblent relativement faibles. Mathématiquement, la moyenne correspondrait au début de l'année 1793, mais c'est l'année 1792 qui revient le plus tout au long de la vie de Jean Jacques Sabatier. Les extrêmes sont mi-1790 et mi-1796.

Après examen attentif des registres de Vernoux, il n'y a qu'un seul acte qui peut correspondre à Jean Jacques Sabatier sur cette période : Jean Jacques Sabbatier, né et baptisé le 25 avril 1792 (10 jours plus tard que la date avancée par le journal du Loiret), fils de Jean Jacques Sabbatier et de Jeanne Marie Bos, qui vivaient aux Isles à Vernoux.

J'ai eu beau chercher, Jean Jacques Sabatier et Jeanne Marie Bos n'ont eu aucun autre fils prénommé Jean, Jacques ou Jean Jacques après 1792, et aucun acte de décès entre 1792 et 1894 à Vernoux ne peut correspondre à Jean Jacques Sabatier. Le fait que son prénom usuel soit Jacques et que "Jean Jacques" n'ai été utilisé que dans peu de documents ne change rien à l'affaire, d'autant plus qu'il n'y a pas de rupture dans l'usage des deux dénominations : elles alternent tout au long de sa vie (Jean Jacques en 1792, Jacques de 1822 à 1836, Jean Jacques de 1837 à 1839, Jacques de 1841 à 1866, Jean Jacques en 1870, Jacques de 1882 à 1886, Jean Jacques en 1894).

Il n'y a pas le moindre doute : Jean Jacques Sabatier est né le 25 avril 1792 aux Isles dans la paroisse de Vernoux et est décédé le 25 mai 1894 à l'hospice de la commune ardéchoise de Vernoux, âgé de 102 ans et 30 jours.
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Jeanne BRUN veuve CHAFFIEL (1796-1885) de Labégude (Ardèche)

Message par Cyril le Sam 2 Déc 2017 - 15:35

Aujourd'hui, j'entame une série de 12 cas qui n'ont pas fait l'objet de compte-rendus sur le forum, bien que mes conclusions quant à leur longévité aient été succinctement annoncées par Guillaume à l'époque. Il s'agit des recherches que j'ai effectuées au tout début de notre collaboration. Vous remarquerez donc que le style des compte-rendus est un peu différent, même si le soin apporté aux investigations est le même.

D'après son acte de décès, Jeanne Brun, 101 ans, née à Saint-Cirgues-en-Montagne, veuve de François Chaffiel, est décédée le 11/12/1885 à la Basse Bégude, dans la commune de Labégude. Le premier déclarant était son fils Auguste Chaffiel (57 ans).

Dans les recensements de Labégude, on constate que l'âge de Jeanne Brun a évolué de façon suspecte avec le temps. Après une petite cure de jouvence (+ 18 ans en l'espace de 25 ans), elle s'est mise à vieillir prématurément (elle a pris 14 ans en l'espace de 5 ans, puis encore 21 ans au cours des 15 années suivantes) :
- 40 ans en 1836 (date de naissance estimée : 1796)
- 50 ans en 1846 (date de naissance estimée : 1796)
- 50 ans en 1851 (date de naissance estimée : 1801)
- 58 ans en 1861 (date de naissance estimée : 1803)
- 72 ans en 1866 (date de naissance estimée : 1794)
- 81 ans en 1872 (date de naissance estimée : 1791)
- 87 ans en 1876 (date de naissance estimée : 1789)
- 93 ans en 1881 (date de naissance estimée : 1788)

Son mari François Chaffiel a perdu la vie peu de temps avant le recensement de 1846, puisqu'il est décédé le 12/05/1846 à Labégude, à l'âge de 48 ans, selon la déclaration de son fils aîné François Chaffiel (23 ans).

Le couple a eu 4 enfants : Jean François (né le 14/02/1823 à Mercuer) [qui a déclaré le décès de son père], Régis Jacques (né le 24/08/1824 à Mercuer), Antoine Victor (né le 31/07/1826 à Mercuer) et Jean Auguste (né le 06/02/1829 à La Souche) [qui a déclaré le décès de sa mère]. Les actes de naissance ne donnent pas d'information sur l'âge de leur mère.

L'acte de mariage, daté du 14/05/1822 à Montpezat[-sous-Bauzon], indique que Jeanne Marie Brun, fille de feus Regis Brun et Rose Moulin, est née à Saint-Cirgues-en-Montagne 26 années auparavant, soit aux alentours de 1796. Cette estimation coïncide avec les recensements les plus anciens (1836 et 1846), ce qui m'a permis de mettre facilement la main sur son acte de naissance.

En fin de compte, Jeanne Marie Brun, fille de Regis Brun et de Roze Moulin, est née le 1er prairial de l'an IV (20/05/1796) à Saint-Cirgues-en-Montagne. Par conséquent, elle est décédée à l'âge de seulement 89 ans et 205 jours.


Dernière édition par Cyril le Mer 6 Déc 2017 - 14:47, édité 1 fois
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Jean JUNCHAT (1797-1900), de Drevant (Cher)

Message par Barti le Ven 1 Déc 2017 - 19:10

L'Express du Midi du 4 novembre 1900 rapporte la mort du "père Junchat", survenue à Drevant (Cher) à l'âge de 103 ans.



Son acte de décès indique que Jean Junchat, veuf d'Elisabeth Laumonier, âgé de cent deux ans, né à Faverdines (Cher), fils de Jean Junchat et d'Anne Meurat demeurant en leur vivant à Urçay (Allier), est décédé à Drevant le 29 octobre 1900.
Le décès a été déclaré par Denis Fourdachon, 57 ans, son petit-fils.

Jean ne figure pas sur le recensement de Drevant en 1891. C'est finalement dans la commune voisine précédemment citée d'Urçay que j'ai retrouvé, à la même date, la présence d'un Jean Junchat dont l'âge pouvait correspondre. Ainsi, en remontant dans le temps, on apprend que :

- En 1891, Jean Junchat (94 ans) vivait avec sa domestique Madeleine Caquin (58 ans)
- En 1886, Jean Junchat (89 ans), veuf, vivait avec sa domestique Anne Junchat (75 ans)
- En 1881, Jean Junchat (84 ans), vivait avec sa domestique Anne Junchat (71 ans)
- En 1876, Jean Junchat (80 ans), né à Urçay, vivait avec sa domestique Anne Junchat (66 ans)
- En 1872, Jean Junchat (75 ans), né dans le Cher, vivait avec sa femme Elisabeth Laumonier (72 ans), née à Urçay

De 1891 à 1876, il n'existait pas clairement de lien entre ce Jean Junchat et le centenaire décédé en 1900, surtout qu'il serait né à Urçay au lieu de Faverdines si l'on en croit le recensement de 1876. Fort heureusement, le recensement de 1872 rétablit la vérité et confirme son identité grâce au nouveau lieu de naissance (département du Cher, dans lequel se situe bien Faverdines) et l'épouse Elisabeth Laumonier, dont Jean Junchat était censé être veuf en 1900.

En ayant maintenant confirmation de l'identité de Jean, on peut en conclure par analyse des différents âges indiqués que les recensements sont cohérents et suggèrent une naissance soit en 1796, soit en 1797. Or, si Jean Junchat avait 102 ans le 29 octobre 1900, il devrait être né en 1798 ou en fin 1797 s'il avait 102 ans bien sonnés. Ces documents sont donc de bonne augure et prédisent un résultat positif.

Il n'est pas difficile de retrouver l'acte de décès de son épouse qui était théoriquement décédée entre 1872 et 1876 : Elisabeth Laumonier, 72 ans, "épouse de Jean Junchat âgé de soixante quinze ans", s'est éteinte à Urçay le 22 juin 1872. L'âge de Jean indiqué sur cet acte est identique à celui du recensement rédigé la même année, ce qui est à nouveau une bonne nouvelle.

Le mariage des deux époux a été célébré à Urçay le 8 juillet 1823. Jean Junchat, âgé de 25 ans, né à Faverdines (Cher) le 17 Brumaire an VI, fils des défunts Jean Junchat (mort le 30 août 1811) et Anne Meurat (morte le 11 avril 1809), a épousé Elisabeth Laumonier, âgée de 22 ans, native d'Urçay.

Contrairement à ce qui est indiqué sur cet acte, le 17 Brumaire an VI ne correspond pas au 8 octobre 1797 (qui conférerait 103 ans à Jean au lieu de 102) mais au 7 novembre 1797 (qui serait en accord avec l'âge de 102 ans malgré la forte proximité avec le 103ème anniversaire).

Finalement, son acte de naissance nous confirme bien que Jean, fils de Jean Junchat et d'Anne [nom illisible], est né à Faverdines le matin du 17 Brumaire an VI et a été déclaré le même jour.

Passons, pour terminer, à une lumière sur les dernières années vécues par Jean Junchat à Drevant.
Le recensement de 1891 nous confirme qu'il résidait encore à Urçay à cette date, mais il n'y était plus domicilié en 1896. Bien que le recensement de 1896 à Drevant ne soit pas disponible pour le confirmer, il y a donc tout lieu de croire que Jean est parti s'y installer entre 1891 et 1896.

Or, son présumé petit-fils, Denis Fourdachon, ne semble pas lui être apparenté... En effet, ses parents se nommaient Denis Fourdachon et Marie Elisabeth Dubet, lesquels n'avaient aucun parent nommé Junchat. Alors, pourquoi Denis Fourdachon se serait-il présenté comme son petit-fils, et surtout : pourquoi Jean Junchat serait-il venu terminer ses jours à Drevant auprès de lui s'ils n'avaient finalement aucun lien de parenté ?

Une idée m'a traversé l'esprit : Jean Junchat serait peut-être le petit-fils par alliance de Denis Fourdachon. Cependant, dans le recensement de 1891 à Drevant, Denis n'y vit qu'avec son père homonyme. Aucune femme ne semble partager sa vie. Mais il est toujours possible qu'il se soit marié entre 1891 et la mort de Jean en 1900.

C'est le recensement de 1901 qui me confirme cette dernière hypothèse : Denis Fourdachon ne vit plus avec son père (décédé en 1899) mais avec sa femme Françoise Beaumière, âgée de 53 ans. Cette femme est donc ma dernière piste pour prouver un éventuel lien de parenté.

Devant l'impossibilité de retrouver leur acte de mariage, j'ai utilisé le recensement de 1911 à Drevant pour retrouver son lieu de naissance. Ainsi, Françoise, qui vivait toujours avec Denis Fourdachon mais également avec sa nièce Germaine Baumière, serait née à Colombiers (Cher) en 1848.

Son acte de naissance va ajouter beaucoup d'espoir. En effet, Françoise Beaumière, née à Colombiers le 18 février 1848, était la fille de Jean Beaumière et de Marie Junchat ! Marie serait-elle la fille de Jean, ce qui ferait donc de Françoise la petite-fille de ce dernier ?

C'est l'acte de mariage du couple Beaumière/Junchat qui va nous l'apprendre : Le 13 avril 1847 à Urçay, Jean Baumière a épousé Marie Junchat, née à Urçay le 12 octobre 1828, fille de Jean Junchat et d'Elisabeth Laumonier. Bingo ! Le mystère du petit-fils est enfin résolu !
En prime, cet acte nous renseigne sur l'âge de Jean Junchat : il aurait été âgé de 51 ans, ce qui le ferait naître en 1796 et le vieillirait donc d'un an, ce qui n'est pas pour déplaire.

J'avoue en avoir un peu chié pour la partie filiation, mais les recherches sont au final très bien récompensées puisque Jean Junchat est décédé à l'âge de 102 ans et 356 jours.


Dernière édition par Barti le Dim 3 Déc 2017 - 19:45, édité 1 fois
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Julie Désirée BEAUVALLET (1814-1916), de Château-Thierry (Aisne)

Message par Barti le Jeu 30 Nov 2017 - 18:01

Le Journal du Loiret du 9 octobre 1916 rapporte la mort, à Château-Thierry, de Mme Juliette Beauvallet veuve Delanoue, née à Chaussy (Loiret) le 22 janvier 1814 et par conséquent âgée de 102 ans et 8 mois.



Son faire-part de décès retrouvé sur Geneanet nous permet d'apprendre sa véritable identité : Julie Désirée Beauvallet veuve Charles Delanoue, et la date exacte de sa mort : 29 septembre 1916.

L'acte de décès indique que Julie Désirée Beauvallet, née le 23 janvier 1814 à "Chaussey (Loiret)", fille d'Etienne Beauvallet et de Julie Emélie Marcille, veuve de Charles Delanoue, est décédée à Château-Thierry le 29 septembre 1916.
Le décès a été déclaré par Louis Georges Delanoue, 43 ans, son petit-fils.

Charles Delanoue, "époux de Julie Désirée Beauvallet [...] âgée de soixante-quatorze ans", a trouvé la mort à Étampes, au n°7 Rue Saint-Mars (adresse indiquée dans l'article), le 3 janvier 1890 à l'âge de 87 ans. C'est donc après cette date que Julie est partie vivre à Château-Thierry.
L'âge de l'épouse la rajeunirait d'un an puisqu'elle était théoriquement censée être âgée de 75 ans à cette date. Reste à voir ce que vont donner les autres documents.

Le mariage du couple a eu lieu à Chaussy, commune de naissance présumée de la centenaire, le 19 juillet 1832. Charles Delanoue a épousé Julie Désirée Beauvallet, "âgée de dix huit ans et demi", née à Chaussy "le vingt quatre janvier mil huit cent quatorze", fille d'Etienne Beauvallet et de Julie Emélie Marcille.

Julie serait donc bien née en 1814. Mais est-ce le 22 janvier (selon l'article), le 23 janvier (selon l'acte de décès) ou le 24 janvier (selon l'acte de mariage) ?

L'acte de naissance nous apprend que Julie Désirée, fille d'Etienne Beauvallet et de Julie Emelie Marcille, a été déclarée à Chaussy le 24 janvier 1814. Mais celle-ci était née "hier", c'est à dire le 23 janvier. C'est donc l'acte de décès qui avait la bonne date.

Julie Désirée Beauvallet est par conséquent morte à l'âge de 102 ans et 250 jours.
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Raphaël CAHN (1819-1923), de Westhoffen (Bas-Rhin)

Message par Barti le Mer 29 Nov 2017 - 18:31

Les éditions de l'Est Républicain du 22 mai 1923 et du 24 mai 1923 rapportent la mort de M. Raphaël Cahn, âgé de 103 ans et 9 mois, à Westhoffen.



Quelques mois plus tôt, le 2 septembre 1922, La Presse de Montréal parlait déjà du centenaire et nous donnait sa date présumée de naissance : 18 octobre 1819.



Son acte de décès indique que Raffael Cahn, âgé de cent trois ans, né et demeurant à Westhoffen, fils de Marx Cahn et de Dorothée Wurmser, est décédé à Westhoffen le 18 mai 1923.
Sur l'acte, qui n'est pas rédigé selon la forme nationale de l'époque, ne figure ni situation maritale ni date de naissance exacte. Or, il est écrit dans l'article de la Presse que Raphaël Cahn vivait avec son épouse âgée de 92 ans.

C'est finalement grâce à Geneanet que je mets la main sur l'identité de la fameuse épouse, ce qui me permet d'obtenir son acte de décès : Fanny Debré, épouse de feu Raphaël Cahn, est décédée à Westhoffen le 7 août 1923 à l'âge de 92 ans, soit 3 mois après son mari qui n'était donc pas encore veuf au moment de sa mort.

Le déclarant du décès de Fanny Debré est un certain Léopold Cahn, que l'on peut soupçonner d'être son fils. En effet, le 2 décembre 1855, Léopold, fils de Raphaël Cahn (36 ans) et de Fanny Debré (24 ans), est né à Westhoffen.

Un autre fils du couple, Jacques, mort à l'âge de 17 mois, nous permet grâce à ses actes de naissance et de décès d'obtenir l'âge déclaré de Raphaël au 28 juillet 1864 (44 ans) et au 28 décembre 1865 (46 ans).

Le mariage du couple a été célébré à Westhoffen le 17 août 1853. Raphaël Cahn, 33 ans, né à Westhoffen le 21 septembre 1819, fils de Marx Cahn et de Dorothée Wurmser, a épousé Fanny Débré, 22 ans, également native de Westhoffen.

Tous les documents sont concordants pour admettre que Raphaël Cahn est né fin 1819. Cependant, l'acte de mariage et l'article de La Presse s'opposent : 21 septembre 1819 pour l'un, 18 octobre 1819 pour l'autre. Où est la vérité ?

L'acte de naissance vient donc à la rescousse. Sans surprise, il donne raison à l'acte de mariage puisque le 21 septembre 1819 est né à Westhoffen un enfant du sexe masculin, fils de Marx Cahn et Dorothée Wurmser, nommé Raphaël.

Raphaël Cahn, né le 21 septembre 1819, est donc mort le 18 mai 1923 à l'âge de 103 ans et 239 jours.
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Eusèbe MUSY (1826-1929), de Fillinges (Haute-Savoie)

Message par Barti le Mar 28 Nov 2017 - 17:50

La mort d'Eusèbe Musy, 104 ans, dans la commune de Fillinges, nous est rapportée par Le Confédéré du 2 octobre 1929.



L'acte de décès indique qu'Eusèbe Musy, né à Fillinges le 9 juillet 1826, fils de François Musy et de Marguerite Decurzier, veuf de Marie Baudin, est décédé à Fillinges le 27 septembre 1929.
Le décès a été déclaré par son petit-fils homonyme, Eusèbe Musy, âgé de 23 ans.

Le recensement de 1911 renseigne sur la large composition du ménage dans lequel vivait notre centenaire. Ainsi, on y apprend qu'Eusèbe Musy, 84 ans, était accompagné de ses enfants Jean-Marie, Victorine et Prospérine, ainsi que de 2 belles-filles et de quelques petits-enfants dont Eusèbe Musy, 7 ans, le futur déclarant de son décès. Sa femme n'est pas présente dans le recensement et était donc en toute logique déjà décédée à cette époque.

Sa mort remonte effectivement à quelques décennies en arrière : Marie Baudin, 44 ans, "épouse de Musy Eusèbe", s'est éteinte à Fillinges le 23 août 1875.

Le mariage du couple a été célébré à Fillinges le 14 septembre 1854. Eusèbe Musy, 28 ans, natif de Fillinges, fils de François Musy et de Marguerite Decursier, a épousé Marie Baudin, 30 ans, également native de Fillinges.

Les trois documents mentionnant l'âge d'Eusèbe semblent s'accordent sur une date de naissance en 1826. Ce n'est pas l'acte de naissance qui va nous apporter confirmation de cela, mais l'acte de baptême. En effet, Fillinges faisait partie en 1826 du duché de Savoie, lequel n'a été réuni à la France qu'en 1860. Or, les savoyards de cette époque ne semblaient pas se faire enregistrer en mairie.
Toutefois, l'acte de baptême d'Eusèbe, daté du 10 juillet 1826 en la paroisse de Fillinges, confirme bien que le fils de François Musy et Marguerite Decurzier est né de la veille.

Eusèbe Musy est donc mort à l'âge de 103 ans et 80 jours.
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Marie Françoise MÊME (1809-1912), de Cinq-Mars-la-Pile (Indre-et-Loire)

Message par Barti le Lun 27 Nov 2017 - 18:18

L'Express du Midi du 22 février 1912 rapportait le décès à Cinq-Mars, près de Tours, de Françoise Mesne veuve Helbert, âgée de 103 ans.



L'acte de décès nous apprend que Marie Françoise Même, veuve en premières noces d'André Bailby et en secondes de Silvain Joseph Elie Helbert, âgée de 102 ans, née à Cinq-Mars-la-Pile le 9 mai 1809, fille de François Même et de Françoise Courvoizier, est décédée à Cinq-Mars-la-Pile le 18 février 1912.
Le décès a été déclaré par son fils Alfred Helbert (65 ans) et son petit-fils Gaëtan Helbert (23 ans).

L'acte de décès de Silvain Joseph Elie Helbert, "époux de Même Marie-Françoise", nous apprend qu'il a rendu l'âme le 18 mars 1887 à Cinq-Mars-la-Pile.

Leur fils Alfred Joseph Helbert, qui a déclaré le décès de sa maman en 1912, est né le 17 août 1846 à Cinq-Mars. Son acte de naissance le dit fils de Sylvain Joseph Elie Helbert et de Françoise Même "âgée de trente-six ans". La mère aurait dû être âgée d'un an de plus, mais les erreurs d'une année sont courantes dans ce genre d'acte.

Cette erreur semble être confirmée une première fois par l'acte du mariage du couple Helbert/Même en date du 5 mars 1845 (lol, un mariage à Cinq-Mars célébré le 5 mars Laughing ). Il y est indiqué que Marie Françoise Même, veuve d'André Bailby, fille de François Même et de Françoise Courvoizier, est bien née dans la dite commune le 9 mai 1809.

André Bailby, quant à lui, est décédé à Cinq-Mars le 13 juin 1842. Il est écrit sur l'acte de décès qu'il est "marié" mais le nom de l'épouse n'est pas indiqué. Cependant, on peut être certains qu'il s'agit de notre bonhomme car l'âge (41 ans) et les noms des parents (André Bailby et Marie Gaudin) collent parfaitement avec les informations figurant sur son acte de mariage.

Ce mariage a été célébré à Cinq-Mars le 12 septembre 1825. André Bailby, 23 ans, fils d'André Bailby et de Marie Gaudin, a épousé Marie Françoise Même, fille de François Même et Françoise Courvoizier, "agée de seize ans, quatre mois trois jours" pour être née à Cinq-Mars le 9 mai 1809. La date de naissance semble donc bien confirmée.

La confirmation finale est apportée par l'acte de naissance : Marie Françoise Même, fille de François Meme et "Fse Courvoisier", est née et a été déclarée à Cinq-Mars-la-Pile le 9 mai 1809.

Marie Françoise Même est donc décédée à l'âge de 102 ans et 285 jours.
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Clément BÉNARD (1762-1865), de Maizières-la-Grande-Paroisse (Aube)

Message par Barti le Dim 26 Nov 2017 - 11:37

L'acte de décès indique que Clément Bénard, âgé de cent deux ans et quatre mois, né à Maizières-la-Grande-Paroisse, veuf de Constance Elisabeth Peuillot, est décédé à Maizières-la-Grande-Paroisse le 15 janvier 1865 dans la maison de son gendre.
Son décès a été déclaré par ses deux fils Balthazar Bénard (76 ans) et Achille Bénard (48 ans).
L'âge indiqué ferait naître notre centenaire vers septembre 1762.

Le décès de l'épouse remonte seulement 7 ans avant le sien. Elisabeth Constance Peuillot, 75 ans, "épouse de Clément Bénard, survivant, âgé de quatre-vingt-seize ans", est décédée à Maizières le 15 avril 1858.
Son décès a été déclaré par Clément Achille Bénard, son fils de 42 ans, qui a également déclaré le décès de son père 7 ans plus tard.

L'âge de l'épouse est très inférieur à celui de l'époux, mais on peut penser qu'il s'agit d'un second mariage car Balthazar Bénard, le fils de Clément, était déjà âgé de 76 ans en 1865. S'il s'agissait également du fils d'Elisabeth Peuillot, celle-ci aurait seulement eu 6 ans à sa naissance !

L'acte de naissance de Clément Achil Bénard, né le 2 juillet 1816 à Maizières, fils de Clément Bénard et d'Elizabeth Peuillot, nous apprend que le père était âgé de 53 ans à l'époque, ce qui corrobore une naissance en septembre 1762 ou aux alentours.

Le mariage de Clément Bénard avec Elizabeth Constance Peuillot a été célébré le 19 novembre 1808 à Maizières. L'époux y est bien dit âgé de 46 ans, né à Maizières, veuf de Marie Clotilde Colin décédée à Maizières le 1er vendémiaire an XIV. Elisabeth Peuillot, quant à elle, était âgée de 25 ans et était la domestique de Clément Bénard.

Le premier veuvage est donc confirmé, et l'acte de décès de Marie Clotilde Colin, qui est bien décédée à Maizières le 1er vendémiaire an XIV (= 23 septembre 1805), nous apprend qu'elle était "épouse dudit Clément Bénard", ce dernier étant cité comme déclarant du décès et étant dit "âgé de quarante quatre ans", ce qui corrobore une naissance en 1761 et le vieillit donc d'un an !

L'acte de baptême de Damas Baltasar, né à Maizières le 6 janvier 1789 du mariage de Clément Bénard et de Marie Clotilde Colin, nous confirme qu'il était bien issu du premier lit.

Le mariage des deux époux a été célébré à Maizières le 12 février 1787. Clément y est dit fils mineur des défunts Adrien Bénard et Marie Anne Paindorge. Le terme "mineur" sous-entendant que Clément Bénard est né après le 12 février 1762, cet acte corrobore toujours une naissance en septembre 1762.

Cela nous est confirmé par le seul acte de baptême pouvant correspondre : Clement, fils d'Adrien Benard et de Marie Anne Paindorge, a été baptisé à Maizières le 4 septembre 1762. Nous ne connaissons pas sa date précise de naissance, mais celle-ci doit être très proche voire identique à celle du baptême compte tenu de l'âge indiqué dans l'acte de décès.

Clément Bénard est donc mort le 15 janvier 1865 à l'âge fort honorable d'au moins 102 ans et 133 jours.
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Marie Hélène Joséphine FROMONT (1799-1904), de Troyes (Aube)

Message par Barti le Sam 25 Nov 2017 - 13:06

Le Petit Journal du 7 août 1901 nous apprend l'existence d'une femme nommée Joséphine Froment, veuve Prévost, qui vient de fêter ses 102 ans à Troyes, étant née à Palis (Aube) le 6 août 1799.



Un autre article, bien plus bref, paru 2 ans et demi plus tard dans l'Express du Midi du 9 janvier 1904, rapporte la mort "d'une dame Provost" à Troyes, âgée de 104 ans. Il s'agit donc probablement de la même personne.



Mais c'est grâce au n°45 de la revue Folklore de Champagne que je parviens à retrouver la date de décès de cette présumée centenaire qui est en fait morte le 15 janvier 1904, soit 6 jours après la parution de l'article qui a annoncé son décès !
(la seule explication que je trouve à cet anachronisme ou annonce anticipée est que la doyenne de l'Aube est subitement tombée malade peu avant le 9 janvier, et que les médias auraient maladroitement interprété la nouvelle comme un décès, lequel serait finalement survenu quelques jours plus tard...)

Le lien entre les personnes relatées dans les deux articles nous est confirmé par l'acte de décès : Joséphine Fromont, âgée de cent quatre ans, née à Palis (Aube), demeurant rue Charles Delaunay (la même adresse que celle indiquée dans le 1er article), veuve de Nicolas Prévost, fille d'Augustin Fromont et de Magdeleine [?], est décédée à Troyes le 15 janvier 1904.
Le décès a été déclaré par son petit-fils Alfred Prévost, "percepteur", âgé de 58 ans.

Le 1er article précisant que Nicolas Prévost serait mort quelques années avant le 58ème anniversaire de sa femme, j'ai pu retrouver son acte de décès dans la commune de Sainte-Savine, limitrophe de Troyes. Sur l'acte, il est indiqué que Nicolas Prévost, "epoux de Josephine Fromont" est mort à Sainte-Savine le 26 août 1854.

Leur mariage a eu lieu à Palis le 15 novembre 1819. Nicolas Prévost a épousé Marie Hélène Joséphine Fromont, âgée de 20 ans, née à Palis le 19 Thermidor an VII (= 6 août 1799), fille d'Augustin Fromont et de Marie Magdeleine Josèphe Courtois.

La date de naissance indiquée sur l'acte de mariage, qui apparaissait également dans le 1er article, nous est confirmée par l'acte de naissance dans lequel il est précisé que "Marie Eleine [Josphef ?]", fille d'Augustin Fromont et de Magdeleine Courtois, est née à Palis le 19 Thermidor an VII (6 août 1799) et a été déclarée en mairie le lendemain.

Passons maintenant à la confirmation de la filiation entre Joséphine et son petit-fils :

Alfred Marie Prévost, "percepteur des contributions directes", qui n'a pas survécu longtemps à sa grand-mère, est décédé à Troyes le 8 mars 1905 à l'âge de 60 ans. Sur l'acte, il est indiqué qu'il était le fils de Nicolas Alexis Prévost et de Louise Théodore Zénaïde Raison.

Or, le 3 septembre 1820 à Palis, est né Nicolas Alexis Prévost, fils de Nicolas Prévost et de son épouse Joséphine Fromont. Le lien de parenté entre Alfred Prévost et sa grand-mère est donc confirmé. Cet acte nous confirme de plus que le prénom d'usage de Marie Hélène Joséphine (dont l'identité complète n'apparaît que sur ses actes de naissance et de mariage) était bien Joséphine.

On peut donc en conclure que Marie Hélène Joséphine Fromont veuve Prévost, née le 6 août 1799, est morte le 15 janvier 1904 à l'âge de 104 ans et 162 jours, et était l'une des dernières personnes vivantes nées dans les années 1700.
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Victoire TARIEL (1809-1912), de Saint-Jean-des-Bois (Orne)

Message par Barti le Ven 24 Nov 2017 - 10:30

La Croix du 14 septembre 1912 nous informe, sous un angle original, du décès de Mme veuve Legot, 103 ans, à Saint-Jean-des-Bois (Orne).



L'acte de décès indique que Victoire Tariel, âgée de cent deux ans, née à Saint-Georges-des-Groseillers (Orne) le 14 septembre 1809, fille de Jean Tariel et d'Anne Poulin, veuve de Jean Charles Le Got, est décédée à Saint-Jean-des-Bois le 3 septembre 1912.

A Saint-Jean-des-Bois, je parviens à retrouver notre bonne dame sur 2 recensements :

- En 1901, Victoire Tariel, fileuse, est âgée de 90 ans.
- En 1881, Victoire Tariel, fileuse, est âgée de 72 ans.

Dans les deux cas, Victoire ne vivait plus avec son époux, qui était donc probablement déjà décédé.

Effectivement, celui-ci a rendu l'âme bien plus tôt, le 15 février 1859 à Saint-Jean-des-Bois. Sur l'acte de décès, il est indiqué que Jean Charles Got était "époux de Victoire Tariel".

Leur mariage a eu lieu le 17 avril 1839 dans la commune voisine de Tinchebray. Jean Charles Le Got y a épousé Victoire Tariel, âgée de trente ans, née à Saint-Georges-des-Groseillers le 14 septembre 1809, fille de vivants Jean Tariel et Anne Poulin.

Les documents sont globalement concordants, et la dernière date est confirmée par l'acte de naissance : Victoire, fille de Jean Tariel et d'Anne Poulain, est née et a été déclarée à Saint-Georges-des-Groseillers le 14 septembre 1809.

Victoire Tariel est donc morte à l'âge de 102 ans et 355 jours.

Ses parents n'étaient déjà pas inconnus du monde des centenaires anciens. En effet, Marie Anne Poulain, veuve de Jean Tariel, est décédée à Tinchebray le 13 août 1871 à l'âge de 101 ans et 250 jours. La mère et la fille faisaient donc toutes deux partie du probable top 10 des personnes les plus âgées de France à leur décès, ce qui n'est pas sans rappeler Julie Montabord qui marche actuellement sur les traces de sa mère...
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Louise Marie Thérèse de MIRBECK (1827-1931), de Saint-Brieuc (Côtes-d'Armor)

Message par Barti le Jeu 23 Nov 2017 - 10:30

L'Ouest-Éclair du 21 janvier 1931 fait part de la mort de la "doyenne des Briochines et peut-être des Françaises", Mme Louise de Mirebec veuve Halna du Fretay, à l'âge de "103 ans et 10 mois", étant née le "5 avril 1827".



L'acte de décès indique que Louise Marie Thérèse de Mirbeck, née à Barbas (Meurthe) le 29 avril 1827, fille d'Alexandre Joseph Nicolas de Mirbeck et de Hermine Christine Louise de Chailly de Bellecroix, veuve de Joseph Charles Halna du Frétay, est décédée à Saint-Brieuc le 20 janvier 1931.
Le décès a été déclaré par Maurice Halna du Frétay, qui, à la lecture de son nom de famille, même s'il n'est nulle part indiqué une filiation avec la centenaire, peut être considéré comme l'un de ses très probables proches.

L'article précisant que Louise de Mirbeck demeurait depuis longtemps à Saint-Brieuc, il n'est pas difficile de confirmer l'information à travers l'acte de décès de Joseph Charles Halna du Frétay, "époux de Louise Marie Thérèse de Mirbeck" qui est décédé à Saint-Brieuc le 17 mai 1881, soit 50 ans avant son épouse.

Le couple s'est marié à Constantine (Algérie) le 3 juillet 1848, mais l'acte de mariage a été transcrit sur les registres de Barbas (commune de naissance présumée de Louise). Il y est indiqué que Joseph Charles Halna du Fretay a épousé Louise Marie Thérèse de Mirbeck, née le 30 avril 1827 à Barbas (Meurthe), fille de Pierre Joseph Alexandre Nicolas de Mirbeck et de Christine Hermine de Chailly de Belle Croix.

Nous avons donc, à ce stade, 3 dates de naissance différentes :

- 5 avril 1827 selon l'article
- 29 avril 1827 selon l'acte de décès
- 30 avril 1827 selon l'acte de mariage

Finalement, l'acte de naissance va donner raison à celui de mariage : Louise Marie Thérèse, fille de Pierre Joseph Alexandre Nicolas de Mirbeck et de Christine Hermine de Chally de Belle Croix, est née et a été déclarée le 30 avril 1827 à Barbas.

Louise Marie Thérèse de Mirbeck est donc morte à l'âge de 103 ans et 265 jours.
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Charlote Eléonore HARDY (1824-1927), de Genouillé (Charente-Maritime)

Message par Barti le Mer 22 Nov 2017 - 11:02

L'Éclair du 7 septembre 1927 nous annonce la mort, à Genouillé (Charente-Maritime), de "Mme de Scholling, née Hardey de Blanzay" morte à 103 ou 104 ans, selon la définition que le journaliste donnait à la "104e année".



L'acte de décès précise que Charlote Eléonore Hardy, née à Genouillé le 15 février 1824, fille de Fabien Hardy et de Marie Eléonore Ernestine Elisabeth Pallet, veuve d'Alfred François Schelling, est décédée à Genouillé le 1er septembre 1927. Elle aurait donc eu 103 ans et demi.
La déclarante du décès était Suzanne Gouin née Gouraud, 63 ans, sa nièce.

Le mariage des deux époux a eu lieu à Genouillé le 16 juin 1857. Alfred François Schelling a épousé Charlote Eléonore Hardy, née le 15 février 1824 à Genouillé, fille de Fabien Hardy et de Marie Eléonore Ernestine Elisabeth Pallet de Blanzay.

Cette dernière date est confirmée par l'acte de naissance, dans lequel il est indiqué que Charlote Eléonore Hardy, fille de Fabien Hardy et de Marie Eléonore Ernestine Elizabeth Pallet, est née et a été déclarée à Genouillé le 15 février 1824.

Devant l'impossibilité de retrouver l'acte de décès de l'époux, j'ai dû combler le manque de documents entre 1857 et 1927 en prouvant le lien de parenté de Charlote avec Suzanne Gouraud, la présumée nièce qui a déclaré son décès.

Son âge indiqué dans l'acte de décès de Charlote nous ramène à l'acte de naissance de Suzanne Marie Caroline Gouraud, née à Genouillé le 8 novembre 1863 du mariage de Daniel Charles Gouraud et de Marie Bénigne Ernestine Hardy.

Or, dans l'acte de mariage des deux époux, célébré à Genouillé le 20 août 1849, il est indiqué que Marie Ernestine Hardy était fille de Fabien Hardy et de Marie Eléonore Ernestine Elizabeth Pallet de Blanzais. Il s'agissait donc de la soeur de Charlote, et cette dernière était donc bien la tante de Suzanne Gouraud.

Tous ces documents indiquent donc que Charlote Eléonore Hardy est décédée le 1er septembre 1927 à l'âge de 103 ans et 198 jours.
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Jean Constant (1649?-1763)

Message par Arnaud56 le Mar 21 Nov 2017 - 23:06

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Merci

Message par Amzer le Mar 21 Nov 2017 - 20:26

Merci Arnaud, je ne passais pas par là pour avoir accès a cette rubrique, mais j'ai réussi à avoir accès à toutes les bases, c'est très bien fait. Je vais y jeter un coup d’œil.
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Etrange !

Message par Arnaud56 le Mar 21 Nov 2017 - 19:24

Amzer a écrit:Bonjour,
Je me doutais que tu l'avais, mais je préférais être sur. Par contre, c'est quoi la base 4 ? Excusez-moi pour mon ignorance Wink
Cher Amzer,
N'est-ce pas cet index-là qui s'affiche sur ton ordinateur ? affraid
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Re: Investigations sur de possibles grands centenaires français décédés (anciens et modernes)

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