LES GRANDS CENTENAIRES FRANÇAIS

Investigations sur de possibles grands centenaires français décédés (anciens et modernes)

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Jean Michel GAUTIER (1802-1902) du Havre (Seine-Maritime)

Message par Cyril le Jeu 29 Nov 2018 - 0:49

D'après son acte de décès, Jean Michel Gautier, 101 ans [ou presque], né à Serrières (Ardèche) le 11 nivôse de l'an X ou 01/01/1802, fils de feus Michel Gautier et Jeanne Marie Gasnier, veuf de Jeanne Pauline Gabrielle Reynaud avec laquelle il s'était marié le 10/10/1835 à Lyon (Rhône), est décédé le 19/12/1902 à 23 heures, en son domicile 18 rue Guillaume le Conquérant au Havre (Seine-Inférieure). Les déclarants étaient :
- le petit-fils du défunt, Georges Gautier, propriétaire, 37 ans, demeurant à Claville-Motteville (Seine-Inférieure) ;
- le petit-neveu du défunt, Constant Déville, docteur en médecine, 32 ans, demeurant au Havre.

Dans cette enquête où tous les acteurs avaient la bougeotte, je dois bien avouer qu'Internet m'a été d'une grande aide.

Suivons tout d'abord la piste du petit-neveu...

Son acte de mariage, dressé le 21/08/1899 au Havre, témoigne de l'union d'Alphonse Constant Louis Deville, docteur en médecine, demeurant au Havre, né le 26/08/1870 à Lyon, commune où était domicilié son père Alexandre Aimé Deville et où était décédée sa mère Annette Taponnier le 11/06/1872, d'une part, et de Louise Michel Delcroix, demeurant au Havre, née le 03/12/1879 à La Nouvelle-Orléans (Louisiane, Etats-Unis d'Amérique), fille de feu Paul Léon Delcroix (décédé le 11/09/1894 au Havre) et de présente Angèle Héloïse Soulé. Le premier témoin était Michel Gautier, "agé de quatre-vingt-vingt-dix-sept" ans, le grand-oncle de l'épouse. Malgré que l'adjoint au maire se soit un peu laissé emporter par la longueur du nombre, 97 ans est le bon âge si notre présumé centenaire est réellement né le 01/01/1802.

C'est donc du côté de Louise Michel Delcroix qu'il faut creuser. Pas moyen de mettre la main sur son acte de naissance, pas plus que sur l'acte de mariage de ses parents. Cependant, un relevé collaboratif disponible sur Généanet, concernant des publications de bans conservées au Centre d'archives diplomatiques de Nantes, indique que, les 28 octobre et 4 novembre 1877, deux promesses de mariage ont été faites à La Nouvelle-Orléans entre Paul Léon Delcroix, domicilié au Havre, né le 05/08/1847 à Lyon, fils de feus Pierre Napoléon Joseph Delcroix et Jeanne Marie Charlotte Reynaud, d'une part, et Henriette Héloise Angèle Soule, domiciliée à La Nouvelle-Orléans où elle est née le 17/09/1857, fille de Nel Soule et Angèle de Santmanat. Il existe des différences mineures entre les prénoms de la mère de Louise Michel Delcroix et ceux de la fiancée de Paul Léon Delcroix, mais il s'agit manifestement de la même personne, puisque l'acte de naissance de son futur mari puis l'acte de mariage de ses beaux-parents vont nous permettre de retomber sur nos pattes.

L'acte de naissance de Paul Léon Delcroix confirme qu'il est né le 05/08/1847 à Lyon, ses parents Pierre Napoléon Joseph Delcroix (45 ans) et Jeanne Marie Charlotte Reinaud y demeurant au n°4 de la place Saint-Clair. Ses dits parents avaient convolé en justes noces le 03/04/1839 à Lyon, comme en atteste leur acte de mariage : Pierre Napoléon Joseph Delcroix, né le 7 thermidor X [26/07/1802] à Berlaymont (Nord), fils de vivant Constant Joseph Marie Delcroix et de feue Marie Agnès Bertrand, avait ainsi épousé Jeanne Marie Charlotte Reinaud, née le 30/07/1818 à Lyon, fille de vivants Antoine Charles Reinaud et Jeanne Louise Girard, ceux-ci demeurant alors avec leur fille quai Saint-Clair à Lyon.

Suivons maintenant la piste du petit-fils, ce qui nous permettra en même temps de vérifier si Antoine Charles Reinaud et Jeanne Louise Girard étaient bien les parents de sa grand-mère paternelle, auquel cas la boucle sera bouclée...

D'après son acte de décès, Georges Michel Etienne Joseph Gautier, célibataire, domicilié à Claville[-Motteville], né le 23/07/1865 au Havre, fils de feu Etienne Jean Michel Gautier et de sa veuve Rose Marie Malliavin domiciliée au Havre, est décédé le 22/07/1923 dans le 12ème arrondissement de Paris.

Son acte de naissance confirme que Georges Michel Etienne Joseph, fils d'Etienne Jean Michel Gautier (29 ans) et de Rose Marie Malliavin (23 ans), est né le 23/07/1865 au Havre. On y apprend également que ses parents se sont mariés le 27/06/1864 à Mar[o]euil (Pas-de-Calais). L'acte de mariage associé a scellé l'union d'Etienne Michel Gautier, né le 08/08/1836 à Lyon, fils de Jean Michel Gautier (61 ans) et Jeanne Pauline Gabrielle Reinaud (47 ans), domiciliés tous trois au Havre, avec Rose Marie Malliavin, née le 22/06/1842 à Lyon, fille de Georges Malliavin (58 ans) et Jeanne Marie Malliavin (47 ans), domiciliés tous trois à Maroeuil. On remarque ici que le fils de notre présumé centenaire ne porte pas le second prénom "Jean", qu'il s'est visiblement ajouté ultérieurement.

En effet, lorsqu'il est né le 08/08/1836 à Lyon, ses parents Jean Michel Gautier (34 ans) et Jeanne Pauline Gabrielle Reinaud l'ont officiellement prénommé Etienne Michel. En revanche, quand il est décédé le 19/06/1898 au Havre, son fils Georges Gautier (32 ans) a déclaré que son père s'appelait Etienne Jean Michel Gautier. En dépit de ce prénom supplémentaire et de deux autres détails, il s'agit indubitablement de la même personne, puisque le défunt est dit né le 08/08/1837 [au lieu du 08/08/1836] à Lyon, fils de Jean Michel Gautier, rentier, et de feue Pauline Gabrielle Reinaud [dont le premier prénom, Jeanne, a été omis], et époux de Rose Marie Malliavin, avec laquelle il s'était marié le 27/06/1864 à Mar[o]euil.

La femme de notre présumé centenaire, qui est donc décédée avant son fils, l'a précédé dans la tombe de très exactement 14 ans. Son acte de décès certifie ainsi que Jeanne Pauline Gabrielle Reynaud, née le 09/02/1817 à Lyon, fille de feus Antoine Charles Reynaud et Jeanne Louise Girard, épouse de Jean Michel Gautier avec lequel elle s'était mariée le 10/10/1835 à Lyon, a rendu l'âme le 19/06/1884, en son domicile 18 rue Guillaume le Conquérant au Havre. Le premier déclarant était le fils de la défunte, Etienne Gautier (47 ans), demeurant au Havre.

Par conséquent, nous avons la confirmation que Jeanne Pauline Gabrielle Reinaud (la grand-mère paternelle de Georges Michel Etienne Joseph Gautier) et Jeanne Marie Charlotte Reinaud (la grand-mère paternelle de Louise Michel Delcroix) étaient sœurs, ce qui signifie qu'Alphonse Constant Louis Deville était bel et bien le petit-neveu -par alliance- de Jean Michel Gautier.

Venons-en à l'acte de mariage de ce dernier, lequel se trouve, comme prévu, dans les registres lyonnais à la date du 10/10/1835. Ce jour-là, Jean Michel Gautier, né le 11 nivôse de l'an X à Serrières, fils de vivants Michel Gautier et Jeanne Marie Garnier demeurant à Serrières, a épousé Jeanne Pauline Gabrielle Reinaud, née le 09/02/1817 à Lyon, fille de vivants Antoine Charles Reinaud et Jeanne Louise Girard ; le marié, la mariée et ses parents demeurant quai Saint-Clair à Lyon. Tout concorde.

Bien que je n'aie pas pu trouver de recensement mettant en scène Jean Michel Gautier, qui a probablement quitté Lyon très peu de temps après la naissance de son fils, les actes d'état-civil collectés sont cohérents sur son âge ou sa date de naissance tout au long de sa vie. La seule exception à cette règle est l'acte de mariage de son fils, qui le rajeunit de deux ans en 1864.

Il n'y a donc pas de raison de douter de la véracité de sa date de naissance. Selon l'acte correspondant, Jean Michel Gautier, fils de Michel Gautier et Jeanne Marie Garnier, est né le 11 nivôse de l'an X à 13 heures dans la commune de Serrières.

En fin de compte, Jean Michel Gautier, décédé le 19/12/1902 au Havre (Seine-Maritime), était authentiquement né le 01/01/1802 à Serrières (Ardèche), ce qui lui confère une longévité de 100 ans et 352 jours.
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Henriette BONNETON veuve FAYOLLE (1805-1902) de Montréal (Ardèche)

Message par Cyril le Mar 27 Nov 2018 - 14:27

L'Express du Midi du 28/11/1902 rapporte les funérailles, célébrées l'avant-veille à Montréal (en Ardèche, pas au Canada), d'Henriette Bonneton épouse Fayolles, 108 ans, qui serait née le 13/07/1794:


Pourtant, d'après son acte de décès, Henriette Bonneton, veuve de Joseph Fayolle, née à Chassiers, fille de feus Jean Pierre Bonneton et Catherine Court, était décédée le 21/11/1902 dans sa maison au chef-lieu de Montréal, à l'âge officiel de 99 ans. Quel dommage !

Une vingtaine d'années plus tôt, l'acte de décès de son mari nous apprend que Joseph Fayolle, 80 ans, époux d'Henriete Bonneton, né à Montréal, fils de feus Joseph Fayolle et Rose Blachère, était décédé le 16/05/1881 audit chef-lieu de Montréal.

Leur acte de mariage, dressé le 16/11/1824 à Chassiers, confirme les identités, filiations, dates et lieux de naissance des époux, puisqu'il a uni Joseph Fayolle, 23 ans, né à Montréal, fils de feu Joseph Fayolle et de vivante Rose Blachère, avec Henriette Bonnetton, 19 ans, née à Chassiers, fille de vivants Jean Pierre Bonnetton et Catherine Court. Tout au plus y a-t-il une légère divergence dans les âges de la promise, née vers 1804-1805 pour l'acte de mariage, contre 1802-1803 pour l'acte de décès.

Il est inutile de se casser la tête sur un cas aussi banal où tout concorde. L'acte de naissance est tout désigné : il certifie qu'Henriette Bonneton, fille de Jean Pierre Bonneton et Catherine Court, est née à Chassiers le 21 ventôse de l'an XIII (12/03/1805). C'est donc son acte de décès qui lui a ajouté 2 ans, soit en faveur de l'inflation de longévité habituellement observée en Ardèche -entre autres- avant la Grande Guerre, soit du fait d'une erreur de calcul due à une mauvaise conversion de sa date de naissance révolutionnaire en calendrier grégorien.

Par conséquent, il apparaît clairement qu'Henriette Bonneton veuve Fayolle, décédée le 21/11/1902 à Montréal, était née le 12/03/1805 et non 11 ans auparavant comme le prétendait la presse. Sa longévité se chiffre finalement à 97 ans et 254 jours.
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Jeanne Marie HÉBRARD (1798-1895) de Bourg-St-Andéol (Ardèche)

Message par Cyril le Lun 26 Nov 2018 - 13:10

Le Journal de Tournon du 04/01/1896 rapporte la mort de Jeanne-Marie Hébrard, survenue dans sa commune natale de Bourg-Saint-Andéol quelques jours après son centième anniversaire, qu'elle avait fêté lors d'un dîner offert par son neveu la veille de Noël :

Selon cet article, elle serait donc née le 24/12/1795.

Malheureusement, son acte de décès donne très exactement 3 ans de moins à Jeanne Marie Hébrard, célibataire, fille de feus Etienne Hébrard et Anne Moulin, décédée le 27/12/1895 "dans la maison Berrouyer située Boulevard St Denis commune de Bourg St Andéol". En effet, bien qu'une erreur de calcul l'affuble de 96 ans, il est précisé qu'elle est née à Bourg-Saint-Andéol le 4 nivôse de l'an VII, c'est-à-dire le 24/12/1798.

Le premier comparant était le neveu de la défunte, Durand Raymond Berrouyé (64 ans), vraisemblablement celui qui hébergeait Jeanne Marie Hébrard et lui avait organisé sa fête d'anniversaire. Les 4 derniers recensements effectués à Bourg-Saint-Andéol avant le décès de sa tante le confirment :
- En 1891, Marie Hebrard, 95 ans, vivait Boulevard St Denis chez son neveu Durand Raymond Berrouyer (60 ans) et sa femme Victorine Dupré (53 ans).
- En 1886, Marie Hebrard, 87 ans, domestique, vivait Boulevard St Denis chez son neveu Durand Berrouyer (55 ans), sa femme Victorine Dupré (47 ans), ainsi que leurs enfants Emmanuel Berrouyer (25 ans) et Rose Berrouyer (11 ans).
- En 1881, Marie Ebrard, 84 ans, domestique, vivait Boulevard St Denis chez son neveu Durant Berrouyé (50 ans), sa femme Helène Victorine Dupré (43 ans) et leur fille Rose Berrouyé (7 ans).
- En 1876, Marie Hebrard, 77 ans, célibataire, née à Bourg-Saint-Andéol, vivait Boulevard St Denis dans la maison Berrouyer, avec Durand Raymond Berrouyer (marié, né le 12/03/1831 à Beaucaire), Hélene Victorine Dupret (mariée, née en août 1837 à Bourg-Saint-Andéol) et Rose Brigitte Berrouyer (célibataire, née le 10/10/1874 à Bourg-Saint-Andéol).

Le lien de parenté exact de Jeanne Marie Hébrard avec son neveu est dévoilé par l'acte de mariage de celui-ci. Le 09/11/1856 à Bourg-Saint-Andéol, Durand Reymond Berrouyer, 25 ans, né à Beaucaire (Gard), fils de feu Jean Baptiste Berrouyer et de vivante Magdeleine Maubernard, a épousé Hélène Victorine Dupré, 18 ans, née à Bourg-Saint-Andéol, fille de vivants Pierre Victor Dupré et Marie Rose Hébrard. Il y a fort à parier que la doyenne bourguesane et la mère de la promise étaient sœurs. Et effectivement, l'acte de mariage de cette dernière, daté du 11/04/1831 à Bourg-Saint-Andéol, confirme qu'elles avaient les mêmes parents, puisque ce jour-là, Pierre Victor Dupré, 21 ans, avait convolé en justes noces avec Marie Rose Hebrard, 19 ans, née et domiciliée à Bourg-Saint-Andéol, fille de vivants Etienne Martin Hebrard et Anne Moulin.

Revenons-en aux recensements de Bourg-Saint-Andéol, dont Jeanne Marie Hébrard est absente de 1841 à 1872 inclus. Je ne sais pas où elle vivait alors, mais il est possible qu'elle ait quitté sa ville natale à cette époque pour un ou plusieurs postes de domestique, puisque telle était la profession qu'elle exerçait selon les recensements de 1881 et 1886.

Avant cela, une fois n'est pas coutume, c'est un véritable déluge de recensements qui viennent démontrer que Jeanne Marie Hébrard a passé toute sa jeunesse à Bourg-Saint-Andéol :
- En 1836, Jeanne-Marie Hebrard, 37 ans, célibataire, vivait chez ceux que nous savons être ses parents, Etienne Martin Hebrard (70 ans) et sa femme Marie Moulin (68 ans). [Ils sont tous deux décédés dans leur maison de la Grande rue de Bourg-Saint-Andéol, Marie Anne Moulin à 83 ans le 14/04/1851 et Etienne Martin Hebrard à 85 ans le 21/02/1852.]
- En août 1831, Jeanne Marie Hebrard, née à Bourg[-Saint-Andéol] le 4 nivôse VII, vivait dans la maison n°44, chez [ses parents] Etienne Martin Hebrard (né à Bourg le 10/11/1766) et sa femme Marie Moulin (née à Bourg le 30/01/1768), avec le couple formé par [son frère] Jacques Hebrard (né à Bourg le 10 prairial XIII) et Marguerite Philippine Nogier (née à Bourg le 22/05/1813).
- En octobre 1826, Jeanne Marie Hebrard, née à Bourg le 4 nivôse VII, vivait dans la maison n°44, chez [ses parents] Etienne Martin Hebrard (né à Bourg le 10/11/1766) et sa femme Marie Moulin (née à Bourg le 30/01/1768), avec [son frère] Jacques Hebrard (né à Bourg le 10 prairial XIII) et [sa sœur] Marie Rose Hebrard (née à Bourg le 08/07/1811). Le second ménage qui occupait la maison était composé de [son frère] Etienne Gabriel Hebrard (né à Bourg le 9 thermidor III), sa femme Marie Jeanne Elisabeth Garbel (née à Bourg le 19/09/1792) et leurs enfants. [Manifestement, à Bourg-Saint-Andéol avant 1831, les recensements étaient tenus à jour grâce à l'ajout de mentions, et ce, jusqu'à l'édition d'un nouveau recensement. Ici, la mention "mariee avec Dupré" a été ajoutée à la ligne de Marie Rose Hébrard, le mariage de Jacques Hébrard a fait l'objet d'un renvoi, de même qu'ont été signalés la naissance de la plus jeune fille d'Etienne Gabriel Hébrard le 06/08/1828 et le décès de la précédente le 13/08/1828.]
- En avril 1820, si l'on excepte les mentions, la composition des ménages de la maison n°44 ne différait de celle de 1826 que d'un détail, à savoir que l'épouse d'Etienne Martin Hébrard, bien qu'ayant conservé la même date de naissance, se prénommait Anne au lieu de Marie.
- En décembre 1818, hormis les deux premières filles d'Etienne Gabriel Hébrard qui n'étaient pas encore nées, la composition des ménages de la maison n°44 était identique à celle de 1820.
- En septembre 1816, Jeanne Marie Hebrard, née à Bourg le 4 nivôse VII, vivait dans la maison n°44, chez [ses parents] Etienne Martin Hebrard (né à Bourg le 10/11/1766) et sa femme Anne Moulin (née à Bourg le 30/01/1768), avec [ses frères et sœur] Etienne Gabriel Hebrard (né à Bourg le 9 thermidor III), Jacques Hebrard (né à Bourg le 10 prairial XIII) et Marie Rose Hebrard (née à Bourg le 08/07/1811).
- En 1813, les habitants de la maison n°44 étaient les mêmes, si ce n'est qu'Etienne Gabriel Hebrard était à l'armée et qu'un certain Gabriel Hebrard (78 ans, veuf de Marg[ueri]te Feuillet) faisait apparemment office de chef de ménage [avant d'être marqué comme décédé au moyen d'un grand "m" apposé par-dessus son nom].
- En juillet 1810, Jeanne Marie Hebrard, née à Bourg le 4 nivôse VII, vivait dans la maison n°44, chez [ses grands-parents paternels] Gabriel Hebrard (75 ans) et sa femme Marguerite Feuillet (77 ans) [laquelle a ensuite été marquée comme décédée], avec [ses parents] Etienne Martin Hebrard (né à Bourg le 10/11/1766) et sa femme Anne Moulin (née à Bourg le 30/01/1768), ainsi que [ses frères] Etienne Gabriel Hebrard (né à Bourg le 9 thermidor III) et Jacques Hebrard (né à Bourg le 10 prairial XIII) [après quoi sa sœur Marie Rose Hebrard (née à Bourg le 08/07/1811) a été ajoutée].
- En mars 1808, Jeanne Marie Hebrard, née le 4 nivôse VII, vivait dans la maison n°44, chez [ses grands-parents paternels] Gabriel Hebrard (73 ans) et sa femme Marguerite Feuillet (75 ans), avec [ses parents] Etienne Martin Hebrard (né à Bourg le 10/11/1766) et sa femme Anne Moulin (née le 30/01/1768), ainsi que [ses frères] Etienne Gabriel Hebrard (né le 9 thermidor III) et Jacques Hebrard (né le 10 prairial XIII).
- En janvier 1806, Jeanne Marie Hebrard, née à Bourg le 4 nivôse VII, vivait dans la maison n°44, chez [ses grands-parents paternels] Gabriel Hebrard (71 ans) et sa femme Marguerite Feuillet (73 ans), avec [ses parents] Etienne Martin Hebrard (né à Bourg le 10/11/1766) et sa femme Anne Moulin (née à Bourg le 30/01/1768), ainsi que [ses frères] Etienne Gabriel Hebrard (né à Bourg le 9 thermidor III) et Jacques Hebrard (né à Bourg le 10 prairial XIII).
- En brumaire de l'an XII (soit fin octobre / début novembre 1803), Jeanne Marie Hebrard, née le 4 nivôse VII, vivait dans la section Notre Dame, chez [ses grands-parents paternels] Gabriel Hebrard (69 ans) et sa femme Marguerite Feuillet (71 ans), avec Marie Hebrard (36 ans) [probablement sa tante], [ses parents] Etienne Martin Hebrard (né le 10/11/1766) et sa femme Anne Moulin (née le 30/01/1768) mariés le 21 brumaire II [soit le 11/11/1793, leur acte de mariage confirmant leurs identités et la filiation de l'époux], ainsi que [son frère] Etienne Gabriel Hebrard (né le 9 thermidor III).

La date de naissance de Jeanne Marie Hébrard, inlassablement répétée dans les recensements de 1803, 1806, 1808, 1810, 1813, 1816, 1818, 1820, 1826 et 1831, puis reprise dans son acte de de décès en 1895, est cohérente avec les recensements de 1836, 1876, 1881 (publié en janvier 1882) et 1886. Seul le recensement de 1891, le plus récent, exagère l'âge de Jeanne Marie Hébrard d'environ 3 ans, comme le fera plus tard sa nécrologie, peut-être à l'instigation du neveu de la doyenne.

Tout converge donc vers l'acte de naissance de Jeanne Marie, fille d'Etienne Hebrard et Anne Moulin, née le 4 nivôse de l'an VII (24/12/1798) à Bourg-Saint-Andéol, ses parents étant domiciliés rue de la Reynaudière dans la section Notre-Dame. La naissance a été déclarée en mairie un mois plus tard, le 5 pluviôse de la même année (24/01/1799).

En conclusion, il apparaît que Jeanne Marie Hébrard, décédée le 27/12/1895 à Bourg-Saint-Andéol, y était bel et bien née le 24/12/1798, ainsi que l'indiquait son acte de décès. Sa vie aura duré exactement 3 ans de moins que ne le disait la presse, c'est-à-dire 97 ans et 3 jours.
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Marie COTTE veuve TALLARD (1791-1886) de Cornas (Ardèche)

Message par Cyril le Dim 25 Nov 2018 - 23:38

Le Petit Journal du 11/05/1886 annonçait laconiquement la mort à Cornas (Drôme) d'une dame Tallard âgée de 101 ans :


La commune de Cornas a beau n'être séparée du département de la Drôme que par les flots tumultueux du Rhône, elle est tout de même ardéchoise, n'en déplaise au Petit Journal ! Et c'est dans cette commune ardéchoise qu'a été enregistré le décès de ladite dame Tallard, quoique l'acte officiel lui donne un âge étonnamment peu canonique : Marie Cotte, veuve de Jean Tallard, née à Cornas, fille de feu Jacques Cotte, est décédée le 07/05/1886 chez elle à Pied la Vigne dans la commune de Cornas, à l'âge déclaré de 80 ans. Le premier comparant était le fils de la défunte, Jean Victor Tallard (56 ans), de Valence (Drôme).

Le veuvage de notre présumée octogénaire remontait au 27/12/1868, date du décès de Jean André Tallard, 70 ans, époux de Marie Cotte, fils de feu André Tallard, dans sa maison de Pie la Vigne à Cornas. Dans l'acte, nous retrouvons le même témoin, Victor Tallard (40 ans), de Valence.

Or, c'est le 31/07/1829, à Cornas, qu'est venu au monde Jean Victor, fils de Jean Tallard (31 ans) et Marie Cotte (39 ans). L'âge de cette dernière implique une naissance aux alentours de 1790.

L'acte de mariage, rédigé le 26/10/1822 à Cornas, par lequel Jean Tallard, 24 ans, né à Cornas, fils de feus André Tallard et Catherine Durand, a épousé Marie Cotte, 31 ans, née et domiciliée à Cornas, fille de feu Jean Pierre Cotte et de vivante Jeanne Forest, suggère que la promise est née en 1791, ce qui est cohérent avec l'estimation précédente. Le seul élément contradictoire entre cet acte de mariage et l'acte de décès de Marie Cotte est le prénom de son père, une erreur excusable si l'on considère qu'il était mort depuis plus de 6 décennies...

Dans les registres paroissiaux catholiques de Cornas, un seul acte de baptême correspond : Marie, fille de Jean Pierre Cotte et Jeanne Fores, est née le 30/03/1791 et a été baptisée le lendemain.

Contre toute attente, c'était donc le journaliste et non la mairie de Cornas qui était le plus proche de la vérité, puisque Marie Cotte veuve Tallard, décédée le 07/05/1886, était née le 30/03/1791, c'est-à-dire 95 ans et 38 jours plus tôt.

PS : Merci à Raspou pour m'avoir fait part de ce cas, dont je n'aurais pas eu connaissance sans lui puisque les tables des successions et des absences ne mentionnent évidemment pas les âges rapportés dans la presse.
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Marie Agathe AUDELI veuve MOUNIER (1812-1901) des Nonières (Ardèche)

Message par Cyril le Sam 24 Nov 2018 - 16:11

Cette enquête et les 3 suivantes portent sur des exagérations journalistiques, autrement dit des personnes que la presse prétendait centenaires, en désaccord avec leur acte de décès.

Le Petit Journal du 22/11/1901 rapporte les funérailles de Marie Mounier, 104 ans, apparemment célébrées aux Nonières trois jours auparavant :


Même si l'enterrement paraît un peu tardif et que la presse avait relayé une longévité que l'administration ne cautionnait pas, le seul acte de décès qui puisse correspondre dit de Marie Agathe Audeli, veuve de Régis Mounier, née aux Nonières, fille de feus Jean Audeli et Marie Bard, qu'elle était âgée de 92 ans lorsqu'elle a rendu l'âme le 05/11/1901, chez elle à Astier dans la commune des Nonières.

Le recensement de 1901 aux Nonières la voit effectivement occuper l'une des deux maisons d'Astier, mais elle n'y porte pas le même prénom : Angélique Audely, 93 ans, vivait alors avec son fils Xavier Mounier (63 ans).

Elle était devenue veuve près d'un quart de siècle auparavant, le 07/03/1877, quand Régis Mounier, 77 ans, époux d'Angélique Odelin, né à Saint-Cierge[-sous-le-Cheylard], est décédé audit lieu d'Astier aux Nonières. Notons que le premier comparant était le neveu du défunt, Germain Teysseire (40 ans).

Selon l'acte de naissance du fils chez lequel notre pseudo centenaire sera recensée l'année de sa mort, Pierre Regis Xavier, fils de Régis Mounier (34 ans) et Marie Angelique Audeli (28 ans), est né le 12/05/1836 à Astier dans la commune des Nonières. Il a donc sous-estimé son âge de 2 ans en 1901.

Quant à son acte de mariage, daté du 16/02/1829 à Saint-Cierge, il a uni civilement Jean François Regis Mounier, 29 ans, né à Saint-Cierge [en accord parfait avec son acte de décès], et Marie Angelique Audely, 17 ans, née aux Nonières, fille de feu Jean Audeli et de vivante Marie Bard, avec laquelle elle était alors domiciliée à Astier dans la commune des Nonières.

A première vue, deux actes de naissance pourraient faire l'affaire :
- Celui de Marie Angelique, fille de Jean Audeli (37 ans) et Marie Bard (40 ans), née le 01/03/1812 aux Nonières
- Celui de Marie Agate, fille de Jean Audeli (34 ans) et Marie Bar, née le 08/01/1809 aux Nonières

L'acte de décès de 1901 semble se référer directement à Marie Agate, puisqu'il s'agit du seul document collecté qui utilise ce prénom. Il adopte également son âge et, en cela, il rejoint le recensement de 1901 et même l'acte de naissance de Xavier Mounier en 1836, lesquels estiment que sa mère est née vers 1808. Seul l'acte de mariage de l'intéressée s'oppose à cette conclusion et pointe directement vers Marie Angélique en 1812.

Heureusement, il n'est pas difficile de démêler le vrai du faux grâce à l'acte de mariage, rédigé le 12/02/1825 aux Nonières, de Jean Pierre Teisseyre, 25 ans, né et domicilié à Saint-Prix, avec Marie Agate Audeli, 16 ans, née aux Nonières, fille de feu Jean Audeli et de vivante Marie Bard, avec laquelle elle était alors domiciliée à Astier dans la commune des Nonières. Ici, pas de doute, il s'agit bien de la véritable Marie Agate née en 1809.

On peut prouver que les deux mariages sont ceux de deux sœurs (et non deux mariages successifs d'une seule femme), en remarquant que le neveu qui a déclaré le décès de l'époux de Marie Angélique était le fils de Marie Agate. Ainsi, son acte de naissance atteste que Francois Germain, fils de Jean Pierre Teysseire (37 ans) et Marie Agathe Odelis, est né à Saint-Prix le 04/09/1836. Il avait donc effectivement 40 ans en mars 1877.

Par conséquent, Marie Angélique Audeli veuve Mounier, affublée du prénom de sa sœur Marie Agathe à son décès le 05/11/1901 et d'un âge canonique de 104 ans par la presse, était en réalité née le 01/03/1812, d'où une longévité plus modeste de 89 ans et 249 jours.
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Françoise GAUCHER veuve CELLIER (1684?/1695/1697 - 1785) de Devesset (Ardèche)

Message par Cyril le Ven 23 Nov 2018 - 21:33

D'après son acte de sépulture, Françoise Gaucher, âgée de 100 ans, veuve de Pierre Cellier, est décédée le 20/01/1785 dans la paroisse de Devesset. Dans le registre des mortuaires, elle est inscrite en tant que Framsois Gauchier, 100 ans 6 mois, ce qui implique une naissance aux alentours de juillet 1684.

Il est difficile de retracer le cheminement tortueux que j'ai suivi, à partir du dépouillement des registres paroissiaux de Devesset, pour en arriver au scénario que je vais exposer, où Françoise Gaucher et Pierre Cellier, tous deux veufs d'une première union, se seraient remariés ensemble sur le tard. Chronologiquement, voilà ce que cela donne...

Du côté de Pierre Cellier :
- Le 13/09/1723 à Devesset, Pierre Celier, fils de feu Jean Celier, a épousé Marg[ueri]te Robert.
- Le 21/06/1724 à Devesset, Pierre Celier et Marguerite Robert ont fait baptiser leur fils Louis, né le jour précédent à Devesset.
- Le 13/10/1726 à Devesset, Pierre Cellier et Marguerite Robert ont fait baptiser leur fille Marie, née le 9 dudit mois à Devesset.
- Le 21/10/1731 à Devesset, Pierre Celier et Marguerite Robert ont fait baptiser leur fils Pierre, né le 18 dudit mois au lieu de Devesset.

Parallèlement, du côté de Françoise Gaucher :
- Le 29/10/1720 à Devesset, Pierre Jaquon a épousé Françoise Gaucher. Les bans ont été publiés uniquement à Devesset, ce qui signifie que les deux époux, et probablement leurs parents, y étaient domiciliés.
- Le 07/03/1722 à Devesset, Pierre Jaquon et Françoise Gaucher ont fait baptiser leur fils Jaques, né le jour précédent à Bouchet.
- Le 08/11/1723 à Devesset, Pierre Jaquon et Françoise Gaucher ont fait baptiser leur fils Pierre, né le jour précédent au Bouchet.
- Le 26/12/1725 à Devesset, Pierre Jaquon et Françoise Gaucher ont fait baptiser leur fils Jean, né le même jour à Bouchet.
- Le 01/02/1728 à Devesset, Pierre Jaquon et Françoise Gauchier ont fait baptiser leur fille Anne, née le 28 janvier à Bouchet.
- Le 03/10/1732 à Devesset, Pierre Jaconp et Françoise Gauchier ont fait baptiser leur fille Marie, née le 1er dudit mois au lieu du Bouchet.

Entre 1731-1732 et 1748, Marguerite Robert et Pierre Jaquon doivent être décédés. Je n'ai pas trouvé leurs actes de sépulture, mais comme les registres devessets sont partiellement lacunaires à la fin des années 1730 et pendant les années 1740, cela reste plausible.

Le 07/05/1748 à Devesset, Pierre Cellier, du lieu et paroisse de Devesset, a épousé Anne Gaucher, du lieu du Bouschet dans la paroisse de Devesset. Comme la plupart des actes de l'époque en Ardèche, cet acte de mariage est des plus laconiques. Ainsi, l'omission de la filiation des mariés tenait davantage de la règle que l'exception. Il n'est pas non plus surprenant que le statut de veuf et veuve des promis ne soit pas mentionné. Ce qui est plus embêtant, c'est le changement de prénom de notre présumée centenaire...

Bien plus tard, l'acte de baptême d'une certaine Françoise Jacon, fille de Mathieu Jacon et Anne Sagnes, née le 03/12/1769 au lieu du Bouchet à Devesset et baptisée le lendemain dans cette paroisse, désigne Jacques Sagnes, son grand-père [manifestement maternel] comme parrain, tandis que sa marraine est Françoise Gaucher, sa grand-mère [logiquement maternelle]. Cette dernière filiation est confirmée par l'acte de mariage des parents de l'enfant, unis le 31/01/1769 à Devesset : Mathieu Jacon, fils de feu Pierre Jacon et de vivante Françoise Gaucher, habitant du Bouchet dans la paroisse de Devesset, a épousé Anne Saignes, fille de Jacques Saignes et Marie Borne. En outre, la présence de "jacques Et jean jacon freres Dud[it] Epoux" montre que nous avons bien affaire à la fratrie que nous connaissions déjà, malgré l'acte de baptême de Mathieu Jacon aux abonnés absents.

D'autres actes de mariage prouvent que Pierre Cellier et Françoise Gaucher ont survécu à leurs premiers conjoints respectifs. Le 13/01/1755 à Pailharès, Jean Antoine Buffat a épousé Jane Jaquon [absente de la fratrie reconstituée par mes soins ou affublée d'un surnom], fille de feu Piere Jaquon et de Francoise Gauchier, du lieu de Bouchet dans la paroisse de Devesset. Le 05/02/1760 à Devesset, Antoine Brun a épousé Marie Cellier, fille de Pierre Cellier et de feue Marguerite Roubert, du lieu et paroisse de Devesset. Pierre Jaquon a donc rendu l'âme avant 1855 et Marguerite Robert avant 1760.

Plus récemment, on découvre l'acte de sépulture de Pierre Cellier, du lieu et paroisse de Devesset, âgé de 70 ans environ, lequel a quitté ce monde le 03/11/1768. Là encore, nous manquons cruellement de détails, mais l'âge du défunt est cohérent, s'agissant théoriquement d'un homme marié pour la première fois 45 ans auparavant. Dressé le 21/01/1772 à Devesset, l'acte de mariage de Louis Changea avec Jeanne Cellier, fille de feus Pierre Cellier et Margueritte Robert, du lieu et paroisse de Devesset, confirme que l'acte précédent avait de grandes chances de concerner le veuf de Marguerite Robert.

Le véritable problème qui se pose, c'est qu'aucun document ne permet d'établir concrètement le lien entre les fratries Cellier et Jaquon d'une part, et le nouveau couple Cellier-Gaucher d'autre part. Comme de juste, les nouveaux conjoints ne sont pas cités dans les actes de mariage des enfants, et je n'ai pas trouvé d'acte mettant en scène simultanément les enfants Cellier avec Françoise Gaucher ou les enfants Jaquon avec Pierre Cellier, du moins pas d'actes citant leur parenté. Je peux à peine suggérer que les deux témoins nommés dans l'acte de sépulture de Françoise Gaucher, Paul Sagnes et Jacques Sagnes, étaient éventuellement le frère et le père -ou un autre frère- d'Anne Sagnes, la belle-fille de la défunte. Rappelons que Françoise Gaucher était la marraine d'une jeune Françoise dont le parrain était Jacques Sagnes, le père d'Anne Sagnes, tandis que son frère Paul Sagnes fut témoin de son mariage avec Mathieu Jacon en 1769.

Je n'ai donc que des faisceaux de présomptions, qui ne sont pas tellement fragiles si l'on considère que Devesset était une commune modeste de moins d'un millier d'habitants, et que ma recherche d'homonymes de Françoise Gaucher dans les paroisses alentour n'a mené qu'à la découverte d'une seule femme : une sexagénaire décédée en 1778 à Lafarre (une dizaine de kilomètres à l'est de Devesset), qui avait accouché pour la dernière fois en 1753, de son mariage avec Paul Mandon contracté en 1734. Son lieu de résidence et les dates-clés de sa vie démontrent bien que cette dame ne pouvait être ni la veuve de Pierre Jaquon ni l'épouse de Pierre Cellier.

Je ne peux pas prouver indiscutablement qu'Anne Gaucher était "notre" Françoise Gaucher, mais d'après le dépouillement aussi exhaustif que possible que j'ai entrepris, je peux assurer qu'il n'est parvenu jusqu'à nous qu'un seul acte de sépulture pouvant correspondre à la fois à Pierre Cellier veuf de Marguerite Robert (les actes de mariage de leurs enfants ne laissant que peu de doute à ce sujet) et à Pierre Cellier époux de la potentielle centenaire Françoise Gaucher. Il en va de même pour Françoise Gaucher veuve de Pierre Jaquon (dont nous savons qu'elle était toujours en vie en 1769) et Anne alias Françoise Gaucher veuve de Pierre Cellier. Par ailleurs, le couple Cellier-Gaucher semble n'avoir donné naissance à aucun enfant, que leur mère se soit prénommée Anne ou Françoise : ni acte de baptême, ni acte de mariage ultérieur.

En fin de compte, pour que mon scénario soit faux, il faudrait que :
- après 1769, la veuve de Pierre Jaquon soit partie en Haute-Loire ou dans une commune suffisamment éloignée de Devesset pour que je ne puisse pas localiser son acte de sépulture, voire que celui-ci ait été perdu ;
- Pierre Cellier et Anne Gaucher (que cette dernière soit la même personne que la précédente ou non) soient allés s'installer en Haute-Loire ou dans une commune suffisamment éloignée de Devesset pour que je ne puisse pas les retrouver, voire qu'ils soient morts sans enfant commun et que leurs deux actes de sépulture se soient égarés au cours des siècles ;
- Françoise Gaucher veuve de Pierre Cellier ne se soit installée à Devesset qu'après le décès de son mari, auquel cas elle devait venir de Haute-Loire ou d'une commune suffisamment éloignée pour que ma recherche d'homonymes ne l'ait pas décelée, sans compter que mes dépouillements n'ont pas permis de dénicher les membres de sa famille qu'elle serait logiquement venue rejoindre dans sa paroisse de décès.

C'est possible, mais je pense que ma théorie tient mieux la route.

Repartons maintenant dans le passé. Apparemment, il n'y avait qu'une seule famille Gaucher qui vivait à Devesset au début du dix-huitième siècle : Cyprien Gaucher, sa femme Anne Veilhet et leurs enfants, au lieu du Bouchet. Du moins, c'est là que la famille s'est installée, à une date indéterminée entre 1702 et 1705, après avoir déménagé plusieurs fois la décennie précédente (les parents étaient des métayers). Et c'est justement là que vivait Françoise Gaucher quand elle s'est unie à Pierre Jaquon en 1720. Or, Cyprien Gaucher, qui était vraisemblablement le père de Françoise Gaucher veuve Jaquon, inhumé à Devesset le 21/06/1735, s'est éteint audit lieu du Bouschet à l'âge d'environ 98 ans... Si cela ne s'appelle pas de l'affabulation héréditaire ardéchoise, je ne sais pas ce que c'est. Et hop, un indice supplémentaire à ajouter à mon faisceau de présomptions !

Parmi les 6 enfants de cet humble vieillard nés entre 1695 et 1705, dont j'ai collecté les actes de baptême dans 4 paroisses différentes non limitrophes, je n'ai pas trouvé d'Anne, mais il y a deux Françoise :
- Françoise, fille de Cyprian Gaucher et Anne Veillet, née le 22/01/1695 à Vaudevant
- Francoise, fille de Cyprien Gaucher et Anne Vellier, née le 17/11/1697 à Arlebosc

Malgré les nombreuses lacunes de ma démonstration, il est probable que Françoise Gaucher veuve Cellier était l'une de ces deux demoiselles. Laquelle ? Mystère... En effet, sachant qu'entre leurs deux naissances est venue au monde leur sœur Marie Gaucher, le 05/03/1696 à Vaudevant, seulement 13 mois et demi après la première Françoise, on pourrait penser que cette dernière est décédée en bas âge et que la seconde Françoise a été baptisée ainsi pour la "remplacer", comme cela se faisait à l'époque. Sinon, si la première Françoise n'est pas décédée avant l'âge de 3 ans, ces naissances d'homonymes très rapprochées pourraient s'expliquer par le fait que les parents les appelaient, dans la vie courante, par des prénoms différents. Le plus logique serait alors que l'aînée, ayant hérité d'un surnom (par exemple Anne en hommage à sa mère, ce qui éclairerait d'un jour nouveau l'acte de mariage de 1748), ait laissé le champ libre à une "vraie" Françoise. Les deux candidates ont donc le potentiel d'être la personne que nous recherchons.

J'ai fait de mon mieux avec les maigres ressources dont je disposais... Ma conclusion est discutable, mais elle me semble néanmoins cohérente : Françoise Gaucher veuve Cellier, décédée le 20/01/1785, était probablement née le 22/01/1695 ou le 17/11/1697. Par conséquent, sa longévité aurait été comprise entre 87 ans 2 mois et 89 ans 11 mois.
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Jean Jacques BERNARD (1765?/1772 - 1866) du Chambon-sur-Lignon (Haute-Loire)

Message par Cyril le Jeu 22 Nov 2018 - 23:46

D'après son acte de décès, Jean Jacques Bernard, 100 ans et 7 mois, veuf de Jeanne Morel, né à Saint-Jeure-d'Andaure (Ardèche), fils de feus Jean Jacques Bernard et Claudine Dupré, est décédé le 08/05/1866 à la Croisière dans la commune du Chambon[-sur-Lignon] (Haute-Loire). Le premier comparant son gendre, Félix Lebrat (70 ans), du même lieu.

Selon les recensements du Chambon :
- En 1856, J[ea]n Jacques Bernard, 87 ans, veuf, vivait à Lambert dans la même maison que Jacques Lebrat (42 ans), sa femme Henriette Bernard (43 ans) et leurs enfants célibataires Jeanne Elisabeth Lebrat (20 ans), Jacques Louis Lebrat (18 ans), Augustin Lebrat (15 ans), Henriette Lebrat (11 ans) et Pierre Louis Lebrat (1 an).
- En 1851, J[ea]n Jacque Bernard, 85 ans, veuf, vivait "de ses rentes" dans la même maison que Jacque Lebrat (55 ans), sa femme Henriette Bernard (36 ans) et leurs enfants célibataires Janette Lebrat (14 ans), Jacque Louis Lebrat (13 ans), Augustin Lebrat (10 ans) et Henriette Lebrat (8 ans).

Il est impossible de passer à côté des âges profondément incohérents de Jacques Lebrat, lequel a rajeuni de 13 ans entre les deux recensements au lieu de vieillir de 5 ans ! Son acte de mariage, daté du 19/09/1835 au Chambon, atteste que ledit Jacques Lebrat est né le 28 pluviôse de l'an V (16/02/1797), ce qui implique que c'est le recensement de 1851 qui était dans le vrai à son sujet. Toutefois, notre intérêt se porte avant tout sur son épouse, qui était évidemment la fille de notre présumé centenaire : Hanriette Bernard, née le 21/09/1815 au lieu de Bertoux à Devesset (Ardèche), où elle était alors domiciliée avec ses parents Jean Jacques Bernard et Jeanne Morel.

C'est également à Devesset, le 12/12/1833, qu'a été célébré le mariage d'un autre gendre de Jean Jacques Bernard, celui qui a déclaré son décès en 1866. Ce jour-là, Felix Lebrat, 25 ans, a épousé Margueritte Bernard, 23 ans, née et domiciliée à Devesset, fille de présents Jean Jacque Bernard et Jeanne Morel. Bizarrement, à l'instar de Jacques Lebrat, Félix Lebrat a déclaré des âges incompatibles, puisqu'il a apparemment vieilli de 45 ans en l'espace de seulement 33 ans.

L'acte de décès de Jeanne Morel, 70 ans, épouse de Jean Jacques Bernard ("soixante ans"), fille de feus Jacques Morel et Beatrix Morel, certifie qu'elle est décédée le 04/04/1850 à Bertoux dans sa commune natale de Devesset. Et il nomme un troisième gendre, Claude Reynaud (36 ans), dont l'acte de mariage nous tend les bras à Devesset, à la date du 15/03/1838. Ce document légitime l'union de Claude Reynaud, 23 ans, avec Marieanne Julie Bernard, 18 ans, née et domiciliée à Devesset, fille de présents Jean Jacques Bernard et Jeanne Morel. Notons que l'un des témoins était le frère de la mariée, Jacques Bernard (32 ans), domicilié à Bertoux dans la commune de Devesset.

Voilà la teneur des actes de naissance des 4 enfants connus du couple Bernard-Morel, qui ont tous vu le jour à Devesset :
- Jacques, fils de Jean Jacques Bernard (33 ans) et Jeanne Morel, est né au lieu de Bertoux le 01/08/1806.
- Margarite, fille de Jacque Berniere (36 ans) et Janne Mourelle, est née à Bertoux au mois de mars 1810, le 18 [date officielle de rédaction de l'acte] ou le 20 [date officielle de la naissance, cherchez l'erreur]. Le maire de l'époque était visiblement à la limite de l'analphabétisme. Il s'est aussi trompé sur l'année, avant de la corriger, et orthographiait cultivateur "qurtivater"...
- Henriette, fille de Jean Jacques Bernard (40 ans) et Jeanne Morel, est née au lieu de Bertoux le 21/09/1815.
- Marianne Julie, fille de Jean Jacques Bernard (50 ans) et Jeanne Morel, est née à Bertoux le 16/04/1820.

Il est inutile d'en faire davantage pour se rendre compte que Jean Jacques Bernard n'avait rien d'un centenaire, puisque un seul des 7 documents collectés pourrait accréditer sa date de naissance revendiquée (septembre-octobre 1765) :
- 87 ans dans le recensement de 1856 => Naissance vers 1768-1769
- 85 ans dans le recensement de 1851 => Naissance vers 1765-1766
- Moins de 80 ans à son veuvage en 1850 => Naissance après 1770
- 50 ans à la naissance de sa fille Marianne Julie en 1820 => Naissance vers 1769-1770
- 40 ans à la naissance de sa fille Henriette en 1815 => Naissance vers 1774-1775
- 36 ans à la naissance de sa fille Margarite en 1810 => Naissance vers 1773-1774
- 33 ans à la naissance de son fils Jacques en 1806 => Naissance vers 1772-1773

Le mot de la fin sera pour l'acte de mariage de notre pseudo centenaire, daté du 11 germinal de l'an XII (01/04/1804) à Devesset. Par son truchement, Jean Jacques Bernard, né à Saint-Jeure[-d'Andaure] le 09/11/1772, fils de feu Jacques Bernard et de Claudine Ruissas, a épousé Jeanne Morel, née le 21/02/1779 au lieu de Bertoux dans la commune de Devesset, fille de Jacque Morel et de feue Beatrix Morel. Malgré un patronyme maternel différent de celui mentionné dans l'acte de décès de Jean Jacques Bernard (une erreur mineure et classique), la date de naissance proposée correspond bel et bien à la moyenne de celles déduites des actes de naissance de ses enfants.

Jean Jacques Bernard venait d'une famille protestante, comme en témoigne la régularisation effectuée par ses parents de leur mariage et de leur descendance, en application de l'Edit de Tolérance de 1787. En l'occurrence, Jacque Bernard et Claudine Ruissas ont procédé à cette régularisation le 20/12/1788 auprès du curé de Saint-Jeure-d'Andaure, auquel ils ont déclaré avoir contracté mariage le 07/05/1754 et avoir donné naissance à 6 enfants encore vivants à la date de l'acte :
1) Piere, né le 03/09/1756
2) Marianne, née le 08/11/1759
3) Jacque, né le 24/06/1763
4) Jean Piere, né le 24/04/1765
5) Isabeau, née le 01/03/1769
6) Jean Jacques, né le 09/11/1772, dont les prénoms et la date de naissance sont en parfait accord avec l'acte de mariage de notre vrai faux centenaire

L'acte de baptême protestant est néanmoins introuvable : les archives départementales de l'Ardèche n'ont pas de registres protestants concernant Saint-Jeure-d'Andaure en 1772, tandis que les archives départementales de Haute-Loire (où l'acte est peut-être conservé dans la mesure où les pasteurs étaient itinérants) n'en ont mis aucun en ligne.

Cependant, les preuves me semblent suffisantes pour affirmer que Jean Jacques Bernard, décédé le 08/05/1866 au Chambon-sur-Lignon (Haute-Loire), était né le 09/11/1772 à Saint-Jeure-d'Andaure (Ardèche). Il a donc tiré sa révérence à l'âge de 93 ans et 180 jours.
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Jean Pierre BOSC (1779?/1788 - 1879) de Tournon (Ardèche)

Message par Cyril le Mer 21 Nov 2018 - 12:41

D'après son acte de décès, Jean Pierre Bosc, 100 ans, né en 1779 à Saint-Fortunat[-sur-Eyrieux], fils de feus André Bosc et Jeanne Faure, est décédé le 29/07/1879 "dans la demeure de son petit fils, située Rue Gourgouillon, commune de Tournon[-sur-Rhône]". Le premier comparant était justement un petit-fils du défunt, Jean Bosc (23 ans), imprimeur sur étoffes, probablement celui qui hébergeait son grand-père.

Le Journal de Tournon du 03/08/1879 donne davantage de détails :

- A la dernière ligne de la rubrique "Etat civil de la ville de Tournon", il est indiqué que Jean-Pierre Bosc est décédé à "100 ans 2 mois", ce qui signifie qu'il serait né vers mai 1779.


- Dans un court article consacré à son décès, Jean-Pierre Bosc est dit "veuf de Marie Bouvet depuis 4 ans" et "marié à Empurany au commencement d'octobre 1818, à l'âge de 39 ans".


Dans les registres tournonais, la seule naissance qui puisse correspondre au petit-fils de notre présumé centenaire est celle de son homonyme Jean Pierre, fils de Jean Baptiste Bosc (28 ans) et Marie Cecile Richard (23 ans), né le 06/10/1855. L'acte de mariage de ses parents est introuvable, mais l'acte de décès du père montre qu'il a précédé son propre père dans la tombe. En effet, Jean Baptiste Bosc, époux de Marie Cécile Richard, né à Empurany le 29/07/1826, fils de Jean Pierre Bosc (demeurant à Tournon) et de feue Marie Bouvet (demeurant à Empurany), est décédé le 22/12/1877 dans sa demeure sise rue Gourgouillon à Tournon, selon une déclaration de son beau-frère Jean Louis Morfin (51 ans) [la suite de l'enquête montrera qu'il s'agit du mari de sa sœur].

L'acte de naissance de Jean Baptiste Bosc se trouve bien à Empurany, en compagnie de ceux de ses frères et sœur :
1) Jean Jacques, fils de Jean Pierre Bosc (33 ans) et Marie Bouvet, est né le 11/03/1822 à Empurany, où il est décédé le 22/03/1822.
2) Marie Victoire, fille de Jean Pierre Bosc (40 ans) et Marie Bouvet, est née le 21/08/1823 à Empurany.
3) Jean Baptiste, fils de Jean Pierre Bosc (37 ans) et Marie Bouvet, est né le 29/07/1826 à Empurany.
4) Jean Isidore, fils de Jean Pierre Bosc (43 ans) et Marie Bouvet (45 ans), est né le 06/02/1833 à Empurany.

Les actes de mariage des enfants de rang pair, c'est-à-dire Marie Victoire (qui a épousé Jean Louis Morfin, 23 ans, le 04/11/1851 à Empurany) et Jean Isidore (qui a épousé Cathérine Bouteyre le 18/05/1857 à Annonay), s'accordent à dire que leur père Jean Pierre Bosc était encore en vie et domicilié à Empurany, tandis que leur mère Marie Bouvet était déjà décédée (dans la commune d'Empurany selon le second acte). Il semblerait donc que l'article du Journal de Tournon se soit lourdement trompé sur l'époque du trépas de Marie Bouvet, ce que confirme l'acte de décès de cette dernière : Marie Bouvet, 58 ans, épouse de Jean Pierre Bosc (55 ans), fille de feus François Bouvet et Marianne Valette, a péri le 24/05/1844 dans la maison de son mari à Empurany.

En revanche, le Journal de Tournon a presque fait mouche en ce qui concerne le mariage du couple Bosc-Bouvet, qui a effectivement été célébré à Empurany seulement un mois et demi après la date prévue, le 19/11/1818. C'est ce jour-là que Jean Pierre Bosc, 39 ans, né à Saint-Fortunat mais domicilié à Empurany, fils de feu André Bosc et de présente Jeanne Faure, a épousé Marie Bouvet, 32 ans, née à Empurany, fille de présents François Bouvet et Marianne Valette.

Récapitulons les âges revendiqués par Jean Pierre Bosc dans les actes d'état civil rédigés de son vivant :
- 55 ans à son veuvage en 1844 => Naissance vers 1788-1789
- 43 ans à la naissance de son fils Jean Isidore en 1833 => Naissance vers 1789-1790
- 37 ans à la naissance de son fils Jean Baptiste en 1826 => Naissance vers 1788-1789
- 40 ans à la naissance de sa fille Marie Victoire en 1823 => Naissance vers 1782-1783
- 33 ans à la naissance et au décès de son fils Jean Jacques en 1822 => Naissance vers 1788-1789
- 39 ans à son mariage en 1818 => Naissance vers 1778-1779

Les actes de mariage et de décès de Jean Pierre Bosc tombent d'accord sur l'année 1779, c'est vrai. Malgré cela, 4 des 5 autres actes convergent vers une naissance aux alentours de 1789, avec une constance qui serait étonnante si elle n'était fondée sur rien de tangible.

Remontons maintenant le temps jusqu'au mariage des parents de notre centenaire putatif. C'est le 05/11/1776 à Saint-Michel-de-Chabrillanoux qu'André Bosc et Jeanne Faure, dont les filiations ne sont pas précisées dans l'acte, ont convolé en justes noces. Leur premier enfant est d'ailleurs né dans cette même paroisse, avant qu'ils ne déménagent à Saint-Fortunat (ils étaient "grangiers" c'est-à-dire métayers et n'étaient donc pas propriétaires de leurs terres) :
1) Rose, fille de [bord de page non scanné] Bos et Jeanne Faure, est née le 21/09/1777 aux Sagnes à Saint-Michel-de-Chabrillanoux. [Vingt ans plus tard, c'est elle qui déclarera le décès de son père "Endres Bosc" (52 ans), survenu le 14/02/1808 à Empurany.]
2) Jean André, fils d'André Beau et Jeanne Faure, est né le 15/12/1779 au pont de Dunieres à Saint-Fortunat.
3) Marianne, fille d'André Beau et Jeanne Faure, est née le 24/08/1782 à la Traverse à Saint-Fortunat.
4) Elisabet, fille d'Andre Beau et Jeanne Faure, est née le 21/02/1785 au pont de Dunieres à Saint-Fortunat, où elle est décédée le 27/02/1785.
5) Louise, fille d'André Bos et Jeanne Faure, est née le 03/02/1786 au pont de Dunieres à Saint-Fortunat.
6) Jean Piere, fils d'André Beau et Jeanne Faure, est né le 04/06/1788 à la grange du But à Saint-Fortunat.

Par conséquent, nous avons deux candidats :
- Jean André, né en 1779 (quoique pas au mois de mai), ce qui est cohérent avec les actes de mariage et de décès de Jean Pierre Bosc, lequel ne semble pourtant jamais avoir utilisé le prénom "André" ;
- Jean Piere, né en 1788, ce qui est cohérent avec les actes de naissance de 3 de ses 4 enfants, ainsi qu'avec l'acte de décès de son épouse.

Il est difficile de statuer sur le problème de prénom que poserait l'aîné, vu que l'on pourrait argumenter dans les deux sens... D'une part, il ne serait pas logique que, si l'acte de mariage de 1818 se réfère à Jean André, son prénom officiel n'y soit pas inscrit, puisque le fiancé était tenu de produire son acte de baptême devant les autorités civiles. C'est même grâce à cela que la plupart des usurpations d'identité au sein d'une fratrie peuvent être décelées ! D'autre part, ce serait loin d'être la première fois que j'enquête sur une famille de cette époque où, le père ayant donné à son fils aîné le même prénom que lui, ce fils prenne rapidement un prénom usuel différent, quelle qu'en soit la raison.

En l'occurrence, c'est certainement ce qui s'est produit, car un acte de sépulture annonce : "Lan mil sept cent quatre vingt trois et le second jour du mois de may a eté enterré dans le cimetiere de l'eglise paroissialle de st fortunat piere Bos agé d'environ quatre ans, fils legitime d'andré Bos et de jeane faure du lieu de la traverse". Le prénom ne correspond pas, mais l'âge au décès est proche de celui de Jean André (3 ans et 4 mois), lequel était de surcroît né en 1779. Or, un calcul sommaire du type 1783 - 1779 = 4 était souvent la règle. Par ailleurs, malgré le déménagement des parents, il est fort peu probable qu'il y ait eu une autre naissance entre Rose et Jean André, compte tenu des écarts réguliers de 2 ans et demi entre les accouchements, tout à fait caractéristiques d'avant l'ère de la contraception. La seule exception, à savoir les 11 mois d'écart entre Elisabet (décédée à 6 jours) et Louise, n'en est pas réellement une. En effet, l'allaitement empêchant la plupart des femmes de retomber enceintes, le décès d'un bébé ouvre rapidement la voie à une nouvelle conception. Rose ayant déclaré le décès de son père en 1808, une telle situation n'est pas envisageable en 1778.

En fin de compte, il apparaît clairement que Jean Pierre Bosc, décédé le 29/07/1879 à Tournon, était né le 04/06/1788 à Saint-Fortunat. Il n'a donc vécu que 91 ans et 55 jours.
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Claude CHAREYRON (1721?/1729 - 1821) de St-Andéol-de-Fourchades (Ardèche)

Message par Cyril le Mar 20 Nov 2018 - 14:15

D'après son acte de décès, Claude Chareyron, âgé de 100 ans 8 mois et 28 jours, est décédé le 26/11/1821 "en sa maison à Dernepsat" dans la commune de Saint-Andéol-de-Fourchades [Darnepessac se situe aujourd'hui dans la commune du Chambon, créée en 1904]. Le premier comparant était le gendre du défunt, Jean Louis Fraysse, du même lieu.

Curieusement, l'âge revendiqué ne renvoie pas à une date existante, car si une naissance le 28/02/1721 confèrerait à Claude Chareyron une longévité excédentaire d'un jour (100 ans 8 mois et 29 jours), une naissance le lendemain (01/03/1721) ne mènerait qu'à 100 ans 8 mois et 25 jours. Un mode de calcul moins rigoureux, où l'on déterminerait le nombre de jours avant le nombre de mois, permettrait de trouver la bonne valeur à partir de la date du 26/02/1721. Toutefois, faire le calcul de cette manière au lieu de compter 100 ans 9 mois et 0 jour, me paraît vraiment aberrant.

Mais fermons cette parenthèse pseudo mathématique pour suivre notre seule piste... L'unique acte de mariage qui puisse correspondre au gendre de Claude Chareyron a été rédigé le 15/02/1808 à Saint-Michel-le-Rance [commune renommée Saint-Michel-d'Aurance en 1894]. Ce jour-là, Jean Louis Fraisse, 31 ans, né et domicilié à Saint-Andéol-de-Fourchades, fils de feus Jean André Fraisse et Marie Blanche Mathon, a épousé Marguerite Chareyron [d'âge non précisé], née et domiciliée à Saint-Michel-le-Rance, fille de présents Claude Chareyron et Catherine Bonnet, également domiciliés à Saint-Michel-le-Rance. Nous connaissons maintenant l'identité de la femme et d'une fille de notre présumé centenaire.

En ce qui concerne la femme, son acte de décès nous apprend que Cathérine Bonnet femme Chareyron, 64 ans, a péri le 18/10/1809 "en sa maison à Aurance" dans la commune de Saint-Michel-le-Rance. Comme en 1821, c'est son gendre Jean Louis Fraysse qui a déclaré le décès.

Quant à la fille, son acte de décès établit que Marguerite Chareyron, 35 ans, fille de Claude Chareyron et Catherine Bonnet [il n'est indiqué ni que son père était encore en vie ni que sa mère était morte], a rendu l'âme le 09/01/1821 dans sa maison du lieu de Darnepsat sur la commune de Saint-Andéol-de-Fourchades. La table des décès et absences constatées par jugement confirme son identité en qualifiant Marg[ueri]te Charreyron de "f[em]me fraisse".

La reconstitution de la fratrie de Marguerite Chareyron montre qu'elle était la benjamine des enfants du couple Chareyron-Bonnet (nés dans la paroisse de Saint-Michel-le-Rance) et qu'elle avait en réalité 36 ans lorsqu'elle a quitté ce monde :
7) Margueritte, fille de Claude Chareyron et Catherine Bonnet, est née le 03/03/1784 au lieu de Palliez.
6) Jean, fils de Claude Chareyron et Catherine Bonnet, est né le 02/04/1780 au lieu de Palliez.
5) Jean Pierre, fils de Claude Chareyron et Catherine Bonnet, est né le 09/03/1779 au lieu de Palliez, où il est décédé le 13/03/1779 à l'âge déclaré de 3 jours.
4) Margueritte, fille de Claude Chareyron et Catherine Bonnet, est née le 26/03/1778 au lieu de Palliez, où elle est décédée le 29/03/1778 à l'âge déclaré de 3 jours.
3) Catherine, fille de Claude Chareyron et Catherine Bonnet, est née le 05/02/1777 au lieu de Palliez, où elle est décédée le 24/02/1777 à l'âge déclaré d'environ 20 jours.
2) Marie Anne, fille de Claude Chareyron et Catherine Bonnet, est née le 23/01/1776 au lieu de Vidal, où elle est décédée le 01/02/1776 à l'âge déclaré de 7 jours.
1) Jacques, fils de Claude Chareyron et Catherine Bonne[t], est né le 12/04/1774 au lieu de Vidal.

Quatorze mois avant la naissance de Jacques Chareyron, à la date du 11/02/1773, on trouve dans les registres paroissiaux de Saint-Michel-le-Rance l'acte de mariage de notre présumé centenaire. Ce document atteste que Claude Chareyron, fils de feus André Chareyron et Marguerite Rochier, habitant au lieu de Palliez à Saint-Michel-le-Rance, a convolé en justes noces avec Catherine Bonnet, fille de feus Jean Bonnet et Catherine Liotard, native d'Aurance à Saint-Michel-le-Rance mais habitant depuis environ 2 ans à Saint-Julien-Labrousse. Malheureusement, les âges des époux ne sont pas indiqués... Cependant, si l'on se fie à l'acte de décès de Catherine Bonnet, celle-ci serait née vers 1745. Son acte de baptême le confirme : Catherine, fille de Jean Bonnet et Catherine Liotard, est née le 16/02/1745 au lieu d'Aurance à Saint-Michel-le-Rance. Mariée à quasiment 28 ans, elle a donc donné la vie pour la dernière fois à l'âge de 39 ans.

Malgré l'absence d'acte mentionnant l'âge de Claude Chareyron, on peut démontrer qu'il n'est pas devenu centenaire. En effet, ses parents se sont unis le 01/07/1728 à Saint-Jean-Roure : André Chareyron, fils de feus Vital Chareyron et Jeanne Rousse, du lieu de la Vialatte à Saint-Jean-Roure, y a épousé Marguerite Rochier, fille de vivant Claude Rochier et de feue Isabeau Teyssier, du lieu des Valès à Saint-Agrève. L'acte de sépulture de "Margueritte Roche veuve d'André Chareyron", décédée le 23/08/1760 à Aurance dans la paroisse de Saint-Michel-le-Rance, à l'âge d'environ 60 ans, confirme qu'elle était native de Saint-Agrève. André Chareyron, lui, n'était pas natif de Saint-Jean-Roure mais de Saint-Julien-Boutières, d'après son acte de sépulture qui le déclare décédé dans la nuit du 06/04/1760 au même endroit que sa femme, à l'âge d'environ 80 ans. Pour information, Saint-Jean-Roure est limitrophe de Saint-Agrève au nord et de Saint-Julien-Boutières à l'ouest, Saint-Michel-le-Rance se situant moins de 10 km au sud-est.

Le couple Chareyron-Rochier a donné naissance à 6 enfants, entre 1729 et 1737, la moitié à Saint-Jean-Roure et l'autre à Saint-Agrève. L'enfant qui nous intéresse est indubitablement l'aîné : "Claude chareyron fils de andré et de marguerite rochier mariés du lieu de la vialatte parroisse de st jean roure a esté baptisé le 10e d[']avril 1729 né le 7e dud[it]". Voilà qui clôt l'enquête.

Selon toute vraisemblance, Claude Chareyron, décédé le 26/11/1821 à Saint-Andéol-de-Fourchades, était donc né le 07/04/1729 à Saint-Jean-Roure, d'où une longévité de 92 ans et 233 jours.

PS (réponse au message précédent) : Je crois que ma motivation vient d'un mélange de plusieurs choses, les principales étant que j'ai l'impression de faire un travail réellement inédit et complet (m'arrêter aujourd'hui n'aurait pas de sens pour moi), que ce travail est consacré à mon département de cœur (où je ne peux malheureusement pas me rendre aussi souvent que je le souhaiterais), et que le résultat sera peut-être un jour intégré à quelque chose de plus grand (qui vivra verra), sans compter que la résolution des nombreux problèmes que me posent les faux centenaires ardéchois me permet de m'améliorer dans le domaine de la recherche généalogique et me servira donc pour mon propre arbre.

EDIT : Vu sous cet angle, je comprends en effet ce qui te fait avancer sans découragement. J'appelle de mes voeux que cette étude prendra place plus valorisante qu'ici car il s'agit véritablement d'un travail pharaonique. J'associe bien sûr Guillaume à ce commentaire !
Nota bene : Je me permets d'éditer tes messages pour ne pas m'intercaler entre l'étude de deux "centenaires".


Dernière édition par Arno le Mar 20 Nov 2018 - 18:45, édité 3 fois (Raison : Réponse au message précédent)
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Marianne BOURRET veuve GARNODIER (1773?/1786 - 1876) de Colombier-le-Vieux (Ardèche)

Message par Cyril le Lun 19 Nov 2018 - 13:52

D'après son acte de décès, Marianne Bourret, 103 ans, née à Saint-Victor le 22/02/1773, veuve de Jean Pierre Garnodier (cultivateur à Bozas de son vivant), fille de feus Blaise Bourret et Magdeleine Pecherot, est décédée le 21/07/1876 chez son "petit gendre" Jean Régis Saint[-]Sorny (31 ans) à la Côte de Choisine dans la commune de Colombier-le-Vieux.

Ledit petit-gendre s'était marié le 11/02/1873 à Colombier-le-Vieux. L'acte témoigne de l'union civile de Jean Régis Saint Sorny, né le 13/01/1845 à Colombier-le-Vieux, fils de présents Jean Régis Saint Sorny et Marie Françoise Dumas, avec Marie Reine Fouard, née le 20/02/1852 à Colombier-le-Vieux, fille de feu Pierre Fouard (décédé le 28/05/1870 à Colombier-le-Vieux) et de présente Marie Reine Garnodier, les époux et leurs parents étant tous domiciliés à Colombier-le-Vieux. Vu que Marianne Bourret a été mariée avec un monsieur Garnodier, il est plus que probable qu'elle était la grand-mère maternelle de Marie Reine Fouard.

L'acte de naissance de Marie Reine Fouard confirme ce que nous savons d'elle : fille de Pierre Fouard (35 ans) et Marie Reine Garnodier (40 ans), elle est née le 19/06/1852 [le 20 étant la date de rédaction de l'acte] à Colombier-le-Vieux. L'acte de mariage de ses parents apporte un petit élément de surprise en modifiant le second prénom de sa mère. En effet, le 21/02/1848 à Colombier-le-Vieux, Pierre Augustin Fouard, 30 ans, a épousé Marie Magdelaine Garnodier, 38 ans, née à Bozas, fille de feu Jean Pierre Garnodier (décédé le 02/05/1813 à Bozas) et de présente Marie Anne Bouret (domiciliée comme sa fille à Colombier-le-Vieux).

Au regard de l'état civil, le second prénom de la mère de Marie Reine Fouard était certainement Magdeleine, puisque c'est ce prénom qui figure dans son acte de décès : Marie Magdeleine Garnodier, 72 ans, veuve de Pierre Augustin Fouard, fille de feus Jean Pierre Garnodier (de Bozas) et Marie Anne Bourret (de Colombier-le-Vieux), est décédée le 25/12/1882 dans la maison de Jean Régis Saint-Sorny, à la Côte de Choisine dans la commune de Colombier-le-Vieux.

Aux lieu et date indiqués dans l'acte de mariage de Marie Magdelaine Garnodier se trouve bien l'acte de décès de Jean Garnodier, 36 ans, fils de feus Blaize Garnodier et Jeanne Girodon, mort le 02/05/1813 dans sa maison au Blachier sur la commune de Bozas. Son état matrimonial n'est pas précisé, mais la ligne qui lui est consacrée dans la table des successions acquittées du bureau de Saint-Félicien atteste qu'il n'avait que deux enfants vivants : "marie rose & madelaine garnodier". Nous connaissons déjà la cadette, dont l'acte de naissance établit que Marie Madeleine, fille de Jean Pierre Garnodier (35 ans) et Marianne Bourret, était née le 23/10/1811 à Blachier dans la commune de Bozas, ce qui est cohérent avec le reste des documents qui la mettent en scène.

Quant à l'aînée, Marie Rose, fille de Jean Pierre Garnodier (40 ans) et Marianne Bourret, elle est venue au monde le 06/02/1810 au lieu de Palisse dans la commune de Colombier-le-Vieux. Puis, le 04/05/1834 à Saint-Barthélemy-le-Pin, Marie Rose Garnaudier, 24 ans, née à Colombier-le-Vieux, fille de feu Jean Garnaudier et de présente Marie Anne Bourret (sa fille et elle étant domiciliées à Lamastre), a épousé Jean Pierre Paulin, 27 ans. C'est sous le nom de Pierre Paulin (28 ans) que ce dernier a malheureusement dû déclarer, l'année suivante, le décès de son épouse Rose Garnaudier, 25 ans, fille de feu Jean Garnaudier (de Bozas) et de vivante Marie Anne Bourret (de Macheville [commune de Lamastre]), survenu le 30/05/1835 à Saint-Barthélemy-le-Pin.

Malgré de longues recherches, je n'ai pas réussi à mettre la main sur l'acte de mariage de Jean Pierre Garnodier et Marianne Bourret, dont l'union n'a peut-être été célébrée qu'à l'église. Tout au plus peut-on supposer que cet événement hypothétique a eu lieu :
- avant le 06/02/1810, date de rédaction de l'acte de naissance de Marie Rose Garnodier, dans la mesure où Marianne Bourret y est dite "épouse" de Jean Pierre Garnodier ;
- après le 08/01/1809, date de la seconde publication des bans à Colombier-le-Vieux d'un mariage qui n'a manifestement jamais été officialisé, entre Jean Pierre Garnodier, 34 ans, domicilié à Palisse, fils de Blaise Garnodier et Jeanne Girodon [une enquête menée sur ce couple prouve qu'ils n'ont eu qu'un seul fils prénommé Jean Pierre, à savoir l'époux de Marianne Bourret], et Marianne Bouchardon, 25 ans, domiciliée à Dairas, fille de Jean Pierre Bouchardon et Jeanne Lacroix [malgré un patronyme proche, la fiancée a des parents apparemment bien distincts de ceux de Marianne Bourret].

Jusque là, mes investigations ont échoué à découvrir un élément qui permettrait de juger de la pertinence de la date de naissance revendiquée par l'acte de décès de Marianne Bourret. Fort heureusement, l'étude de sa fratrie va être d'un grand secours... En effet, j'ai pu y recenser 8 enfants, tous nés dans la paroisse de Saint-Victor entre 1768 et 1786, parmi lesquels se trouvent deux filles prénommées Marianne :
- L'acte de baptême de la plus âgée ne comporte aucune date, mais il est pris en sandwich entre un baptême du 19/02/1773 et un autre du 20/02/1773. Il rapporte la naissance de Marianne, fille de Blaize Bourret et Magdeleine Pecherot, de Blanquet [dans le village de Deyras]. C'est clairement à elle que l'acte de décès de 1876 fait référence en citant la date du 22/02/1773. Toutefois, il y a un obstacle de taille, puisque cet acte comporte la mention marginale "obiit die 1a martis 1773", qui signifie que cette Marianne Bourret est décédée en bas âge le 01/03/1773.
- L'acte de baptême de la sœur cadette certifie que Marianne, fille de Blaise Bourret et Magdeleine Pecherot, est née le 14/06/1786 à Deyras. Il n'y a qu'elle qui puisse correspondre à notre pseudo centenaire.

Je conclus de ce qui précède que Marianne Bourret veuve Garnodier, décédée le 21/07/1876 à Colombier-le-Vieux, était née le 14/06/1786 à Saint-Victor, ce qui lui confère une longévité de 90 ans et 37 jours seulement.

EDIT : Comment parviens-tu à conserver de la motivation devant ce peuple de faux centenaires ?! J'avoue que cela est pour moi un grand mystère...
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Marie ÉTIENNE veuve ARZAILLER (1763?/1782 - 1870) de Thueyts (Ardèche)

Message par Cyril le Dim 18 Nov 2018 - 22:54

D'après son acte de décès, Marie Etienne veuve Arzailler, 107 ans, née à Montpezat[-sous-Bauzon] le 15/04/1763, fille d'Etienne et de Magdeleine, est décédée le 12/11/1870 "dans sa maison située a Luzet commune de Thueyts" (prononcer /ty.ei/ = "tueille"). Aucun des deux comparants n'était apparenté à la défunte, mais il est précisé que le décès "[a] été certifié en outre par Jean Philippe Arzailler son petit-fils prop[riétai]re a Luzet agé de trente sept ans", lequel a signé "Arzallier".

La table des successions et des absences apporte des renseignements complémentaires :
- Marie Etienne était "v[euv]e de F[ranç]ois Prat et v[euv]e de Arzalier Jean Etienne".
- Elle avait pour héritière "Prat Marie f[emm]e Arzalier à Thueyts".

Commençons par son petit-fils. Il est facile de mettre la main sur l'acte de naissance de Jean-Philippe Arzallier, qui nous informe que le fils de Jean Baptiste Arzallier (30 ans) et Marie Prat (20 ans) est né le 28/10/1833 à Luzet dans la commune de Thueyts. Son grand-père paternel Jean Etienne Arzallier (70 ans), du  même lieu, faisait partie des témoins. Notons que cette piste fusionne avec celle de la fille et héritière de notre présumée centenaire.

Examinons maintenant l'acte de mariage des parents de Jean-Philippe, dressé en mairie de Montpezat le 16/02/1830 à 14h. Ce jour-là, Jean Baptiste Arzalier, 27 ans, né et domicilié à Thueyts, fils de présent Jean Etienne Arzalier et de feue Marie Mounier, a épousé Marie Prat, 17 ans, née et domiciliée à Montpezat, fille de feu François Prat (décédé le 12/02/1827) et de présente Marie Etienne.

Une heure plus tôt, un autre mariage avait été célébré dans cette même mairie de Montpezat : le remariage de la mère de Marie Prat... avec le père de son fiancé ! Ainsi, le même jour à 13h, Jean Etienne Arzalier, 63 ans, veuf de Marie Mounier, né et domicilié à Thueyts, fils de feus Etienne Arzalier et Cecile Durand, a épousé Marie Etienne, 54 ans, née et domiciliée à Montpezat, fille de feus Jean Etienne et Marie Gonthier. Bien que les prénoms des parents de Marie Etienne ne correspondent pas à ceux de son acte de décès, ses deux maris sont ceux qui étaient nommés dans la table des successions et des absences, donc il s'agit bien de notre centenaire putative. Malheureusement, un âge de 54 ans en 1830 implique une longévité d'environ 94 ans seulement.

L'acte de décès de François Prat, époux de Marie Etienne, confirme qu'il est décédé le 12/02/1827. C'est dans sa maison au lieu de Chalias sur la commune de Montpezat que cet homme de 74 ans, fils de feus Jean Prat et Françoise Angeras, a rendu l'âme. Le premier comparant était le "Beaufrère du défunt" [donc logiquement le frère de Marie Etienne], Joseph Etienne (62 ans), du même lieu.

C'est justement Joseph Etienne qui a déclaré les décès de ses deux parents :
- celui de Marie Gontier, 72 ans, veuve de Jean Etienne, fille de feus Charles Gontier et [prénom inconnu] Perier, survenu le 13/07/1820 à Montpezat ;
- celui de Jean Etienne, 80 ans, survenu le 01/02/1807 dans sa maison de Chalias à Montpezat [l'autre déclarant étant son gendre François Prat].

Quant au second veuvage de notre pseudo doyenne, il est rapporté par l'acte de décès de Jean Etienne Arzallier, 76 ans, marié en secondes noces avec Marie Estienne, fils de feu Jean Etienne Arzallier. Ce sont ses fils Baptiste Arzallier (35 ans) [manifestement l'époux de Marie Prat] et Jean Etienne Arzallier (32 ans) qui ont déclaré que leur père avait péri le 30/03/1837 dans sa maison de Luzet à Thueyts.

Marie Prat (la fille de notre possible centenaire) étant dite âgée de 17 ans en 1830, sa venue au monde devrait être consignée dans le registre des naissances montpezatien de l'année 1813, ce qui est le cas. L'acte établit qu'elle est née le 07/05/1813 à Chalias, fille de François Prat (57 ans) et Marie Etienne.

Remontons encore un peu le temps, jusqu'à la première union de notre centenaire -ou plutôt nonagénaire- supposée, le 11 messidor de l'an XI (30/06/1803) à Montpezat. Son acte de mariage révèle que François Prat, né le 01/10/1752 au lieu de Chalias à Montpezat, fils de Jean Prat et de feue Françoise Robert [le patronyme de sa mère est différent de celui proposé dans son acte de décès en 1827, une erreur néanmoins peu significative pour un septuagénaire], a épousé Marie Etienne, également née au lieu de Chalias à Montpezat, fille de Jean Etienne et Marie Gontier. Bizarrement, l'acte ne mentionne ni l'âge ni la date de naissance de la promise : on sait seulement qu'elle était "majeure", c'est-à-dire âgée d'au moins 21 ans. Si l'on se fie à son second acte de mariage, elle devait avoir environ 27 ans en 1803, soit plus d'une vingtaine d'années d'écart avec son premier mari. En l'absence de recensements et d'enfants nés après 1831 (année à laquelle les actes de naissance de Montpezat ont commencé à mentionner l'âge de la mère), il ne semble pas possible d'obtenir un autre document citant l'âge de Marie Etienne.

Nous pouvons cependant étudier sa fratrie, issue du mariage -béni le 17/02/1767 à Montpezat- de Jean Etienne (fils de feus Jean Etienne et Marie Tirant) avec Marie Gontier (fille de Charlés Gontier et de feue Antoinette Perrier) :
1) Joseph, fils de Jean Etienne et Marie Gontier, né le 20/04/1768 [qui a déclaré les décès de son père en 1807, de sa mère en 1820 et de son beau-frère François Prat en 1827]
2) Jean, fils de Jean Etienne et Marie Gontier, né le 25/03/1770
3) Elisabeth, fille de Jean Etienne et Marie Gontier, née le 09/03/1772
4) Marianne, fille de Jean Etiene et Marie Gontier, née le 27/06/1774
5) Magdelaine, fille de Jean Estienne et Marie Gonttier, née le 19/03/1779
6) Marie, fille de Jean Estienne et Marie Gautier, née le 30/03/1782
7) François, fils de Jean Etienne et Marie Gontier, né le 11/10/1784
8) François, fils de Jean Etienne et Marie Gontier, né le 02/01/1789

Sur 8 enfants, lesquels sont tous nés au lieu de Chalias à Montpezat, on dénombre 4 filles. Marianne, quoiqu'elle soit la plus proche en âge de l'épouse de Jean Etienne Arzalier selon leur acte de mariage de 1830 [un an de plus que les 54 ans revendiqués], peut être éliminée. En effet, elle est décédée au lieu de Chalias à Montpezat, dont elle est dite native, le 18/08/1855 à l'âge déclaré de 77 ans [81 ans en réalité], en tant que Marie-Anne Etienne, épouse de Jean Baptiste Laurent, fille de feus Jean Etienne et Marie Gonthier.

Il ne reste donc que Marie, 6ème enfant du couple et plus jeune fille de la fratrie, qui était effectivement majeure le jour du mariage avec François Prat (elle avait 21 ans et 3 mois), mais qui se serait ajouté 7 ans à son remariage en 1830 (réduisant ainsi un peu l'écart avec son nouvel époux). Quant à la date de naissance portée sur l'acte de décès de Marie Etienne, outre le fait qu'elle est antérieure de 5 ans au mariage de ses parents, elle ne correspond à aucun baptême dans les registres paroissiaux catholiques de Montpezat (où je n'ai trouvé aucune homonyme en 1763).

Même si j'aurais adoré pouvoir authentifier une doyenne ardéchoise exceptionnelle de 107 ans, je dois me rendre à l'évidence et rendre mon triste verdict : Marie Etienne veuve Arzallier, décédée le 12/11/1870 à Thueyts, était née le 30/03/1782 à Montpezat. Par conséquent, sa longévité n'a été que de 88 ans et 227 jours.
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Margueritte PONS veuve LARMANDE (1725?/1736 - 1827) de Viviers (Ardèche)

Message par Cyril le Sam 17 Nov 2018 - 22:31

D'après son acte de décès, Margueritte Pons, née le 05/03/1725 à Viviers, veuve d'Antoine Larmande, fille de feus Antoine Pons et Catherine Feuiller, est décédée le 02/12/1827 dans sa maison à Viviers, rue de la Robine, à l'âge déclaré de "cent deux ans huit mois vingt sept jours". Les comparants étaient son "beau fils" Gregoire Jarniat (60 ans) et son "beau frère" Antoine Larmande cadet (80 ans), demeurant tous les deux à Viviers.

Le gendre, qui a quelque peu exagéré son âge en 1827, s'était marié le 30 vendémiaire de l'an XIV (22/10/1805) à Viviers. Ce jour-là, Grégoire Jarnias (30 ans) a épousé Catherine Larmande, 27 ans, veuve, née et domiciliée à Viviers, fille de feu Antoine Larmande "profession de fontanier" et de Margueritte Pons domiciliée à Viviers.

Bien que son acte de décès ne précise pas son état matrimonial, ce document atteste qu'Antoine Larmande ainé, 59 ans, fontanier, fils de feus Jacques Larmande et Suzanne Reynaud, est décédé le 2 fructidor de l'an XIII (18/08/1805) dans sa maison à Riquet sur la commune de Viviers. Sa profession peu répandue et la comparution de son "frère" Antoine Larmande cadet confirment qu'il s'agirait bel et bien du mari de notre présumée centenaire.

En fouillant dans les registres de Viviers, j'ai pu retrouver la trace du premier mariage de Catherine Larmande, puis remonter jusqu'à son acte de baptême :
- C'est le 25 thermidor de l'an IX (13/08/1801) qu'a été scellée l'union de Charles Barbier, cordonnier, né à Viviers le 26/04/1778, fils d'André Barbier et de feue Jeane Moyron, avec Catherine Larmande, née à Viviers le 08/06/1776, fille d'Antoine Larmande et Marguerite Pons, les époux et leurs parents étant tous domiciliés à Viviers.
- Ce mariage n'aura duré que 2 ans, puisque Charles Barbier est décédé le 10 brumaire de l'an XII (02/11/1803) à Viviers, à l'âge déclaré de 25 ans. L'acte confirme ce que nous connaissons de lui, à savoir qu'il était cordonnier, né à Viviers et fils d'André Barbier (lequel est d'ailleurs intervenu en tant que premier déclarant) et de feue Jeanne Moiron. Comme ce sera le cas pour son beau-père deux ans plus tard, l'état matrimonial du défunt a été passé sous silence.
- Acte de baptême à l'appui, il s'avère que Catherine Larmande, fille légitime d'Antoine Larmande et Margueritte Ponts demeurant à Riquet [le futur lieu de décès dudit Antoine Larmande], est effectivement née le 08/06/1776 à Viviers, où elle a été baptisée le lendemain.

Les parents de Catherine ont convolé en justes noces 15 ans avant sa naissance, puisque c'est le 26/05/1761 à Viviers qu'ont été conjoints en mariage, d'une part, Antoine Larmande, fils de Jacques Larmande et Susanne Reynaud, "dix sept ans environ" [d'où un décès à environ 61 ans, un âge proche des 59 ans déclarés], et d'autre part, Margueritte Pons, fille de feu Antoine Pons et de Catherine Feulher. A l'origine, la fiancée avait été inscrite sous le double prénom "Marie Margueritte" et affublée de "trente ans environ", mais les mots "Marie" et "trente" ont été abondamment gribouillés... Au-dessus du second pâté, on peut désormais lire le texte de remplacement, "vingt six" (quoique le second mot soit difficile à déchiffrer), ce qui implique que Margueritte Pons était née aux alentours de 1735.

Comme on aurait pu s'y attendre, les registres paroissiaux de Viviers contiennent les actes de baptême de deux sœurs homonymes. Le premier a manifestement été utilisé pour rédiger l'acte de décès de 1827 : "L'an mil sept cent vingt cinq et le 6eme du mois de mars a esté baptisée marguerite estant née le cinquieme du courant fille légitime a anthoine pons et de catherine fe[uiller] mariés". Quant au second, il dit : "Le 17e avril 1736 a 10 h du matin est née et bap[tisée le] 18e marguerite pons fille a antoine travailleur [de] terre et catherine feuiller du sarazin".

Je n'ai découvert ni l'acte de sépulture de la sœur aînée, ni la preuve qu'elle a éventuellement pu atteindre l'âge adulte... Cependant, étant donné qu'elle aurait eu 36 ans au mariage avec Antoine Larmande [au lieu des 26 indiqués] et 51 ans à la naissance de Catherine Larmande [un âge relativement improbable pour accoucher], contre respectivement 25 ans et 40 ans pour la sœur cadette, il est évident que c'est cette dernière qui correspond à la défunte Margueritte Pons de 1827.

Il résulte de ce qui précède que Margueritte Pons veuve Larmande, décédée le 02/12/1827 à Viviers, y était née le 17/04/1736, soit une longévité de 91 ans et 229 jours.
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Jeanne REYNAUD veuve NOYER (c.1794-1883) d'Issarlès (Ardèche)

Message par Cyril le Ven 16 Nov 2018 - 13:35

D'après son acte de décès, Jeanne Reynaud, 100 ans, née aux Estables (Haute-Loire), veuve de Jean Antoine Noyer, fille de feus Antoine Reynaud et Magdeleine Giraud, est décédée le 02/07/1883 "dans la maison de Baptiste Testud, son gendre, située au lieu des Combes, commune d'Issarlès". Le premier comparant était le "petit fils de la défunte", Baptiste Testud (22 ans), du même lieu.

Comme on pouvait s'y attendre, le gendre et le petit-fils étaient père et fils. En effet, selon son acte de naissance, Jean Baptiste, fils de Baptiste Testud (42 ans) et Magdeleine Noyer (33 ans), est né le 10/10/1861 aux Combes dans la commune d'Issarlès.

Les actes de décès respectifs de ses parents nous apprennent que :
- Baptiste Testud, époux de Magdeleine Noyer (68 ans), né au Béage, fils de feus Jean Testud et Magdeleine Bourdelin, est décédé le 22/04/1889 aux Combes dans la commune d'Issarlès, à l'âge déclaré de 72 ans.
- Madeleine Noyer, veuve de Baptiste Testud, née à Freycenet-la-Cuche (Haute-Loire), fille de feus Antoine Noyer et Jeanne Durand, est décédée le 30/05/1893 aux Combes dans la commune d'Issarlès, à l'âge déclaré de 68 ans.

L'état civil de Madeleine Noyer va poser des problèmes... Le premier, nous venons de le rencontrer, c'est que son acte de décès donne à sa défunte mère le patronyme "Durand". Pourtant, il n'y a pas d'erreur sur la personne, il s'agit bien de la veuve de Baptiste Testud. Deux de leurs enfants sont comparus en mairie d'Issarlès pour déclarer, l'un le décès de son père (c'était Louis Testud, 30 ans en 1889), l'autre celui de sa mère (c'était Victor Testud, 23 ans en 1893). Or, leurs actes de naissance sont sans équivoque :
- Louis, fils de Baptiste Testud (40 ans) et Magdeleine Noyer (31 ans), est né le 20/10/1859 aux Combes dans la commune d'Issarlès.
- Jean Louis Victor, fils de Baptiste Testud (60 ans) et Magdeleine Noyer (42 ans), est né le 18/12/1869 au lieu des Combes dans la commune d'Issarlès.

Leur grand-père maternel n'est pas décédé à Issarlès mais au Béage, la commune qui en est limitrophe à l'est. L'acte correspondant indique qu'Antoine Noyer, 68 ans, époux de Jeanne Reynaud (66 ans), né au Béage, fils de feus Antoine Noyer et Marguerite Philippot, a rendu l'âme le 22/11/1859 "dans sa maison située a Braye commune du Béage". Le second comparant était le "beau fils du défunt", Louis Leydier (35 ans), du même lieu.

En posant les hypothèses que beau-fils signifiait gendre, que les jeunes filles se mariaient le plus souvent dans leur commune de naissance et que la femme de Louis Leydier était probablement née au même endroit que sa sœur Magdeleine Noyer, j'ai pu localiser facilement l'acte de mariage dont j'avais besoin. En l'occurrence, c'est le 29/02/1848 à Freycenet-la-Cuche que Louis Leydier, né le 25/08/1823, a épousé Marie Noyer, née le 08/04/1827 à la Gitade dans la commune de Freycenet-la-Cuche, fille de présents Antoine Noyer et Jeanne Reynaud, "demeurant tous trois au mas de la Gitade". La venue au monde de Marie Noyer n'avait manifestement pas fait l'objet d'une déclaration en mairie, puisque l'adjoint au maire a noté que ses date et lieu de naissance étaient attestés par "un acte de notoriété, dressé par Mr le juge de paix du canton du Monastier, le vingt quatre de ce mois, dument enregistré, homologué à la requête du citoyen procureur de la république, suivant un jugement rendu par le tribunal civil séant au puy, le vingt six du même mois, & dont un extrait est demeuré annexé aux présentes".

Bizarrement, l'acte de naissance de Magdeleine Noyer ne se trouve pas non plus dans les registres de Freycenet-la-Cuche.

Les deux plus anciens recensements disponibles de Freycenet-la-Cuche permettent de visualiser la famille Noyer dans son ensemble :
- En 1851, Antoine Noyer (55 ans) et sa femme Jeanne Reynaud (54 ans) vivaient à la Gitade avec leur gendre Louis Leydier (27 ans), sa femme Marie Noyer (23 ans), leurs filles Marie Leydier (2 ans) et Jeanne Leydier (8 mois), ainsi que deux domestiques.
- En 1846, Antoine Noyer (55 ans) et sa femme Jeanne Reynaud (52 ans) vivaient au "hameau de la gitade" [dont ils constituaient le seul ménage] avec leurs filles Magdelaine Noyer (23 ans) et Marie Noyer (21 ans).

La disparition de Magdelaine du foyer familial entre 1846 et 1851 serait-elle synonyme d'épousailles ? Oui, mais son acte de mariage comporte une énorme coquille, ou plutôt l'écho d'une énorme coquille. En effet, ce document daté du 03/02/1848 à Freycenet-la-Cuche témoigne de l'union de Baptiste Testud, né au Béage le 15/06/1812, fils de présent Jean Testud et de feue Magdelaine Bourdelin [mêmes parents et même commune de naissance que sur son acte de décès, qui le rajeunit néanmoins de 4 ans], avec Magdelaine Noel, née le 17/11/1825 aux Ruches dans la commune des Estables, fille de présents Jean Antoine Noel et Jeanne Reynaud, "demeurant tous trois au Mas de la Gitade". L'époux est bien celui que nous connaissons. Quant à la mariée et à ses parents, ils correspondraient tout à fait si seulement leur patronyme n'était pas Noel mais Noyer. Sachant que le mas de la Gitade n'abritait qu'une seule famille, en 1846 comme en 1851, il ne peut pourtant s'agir que d'eux !

D'où vient donc ce "Noel" ? Ainsi que l'indique son acte de mariage, Magdelaine n'est pas née à Freycenet-la-Cuche mais aux Estables, la commune qui en est limitrophe à l'est. Selon cet acte de naissance, Magdelaine, fille d'Antoine Noel (30 ans) et Jeanne Reynaud (30 ans), a effectivement vu le jour le 17/11/1825 "au ruches" dans la commune des Estables. Ceci explique son patronyme d'emprunt dans son acte de mariage : à moins d'un jugement rectificatif, l'adjoint au maire n'avait pas le droit d'altérer les informations fournies par l'acte de naissance. Certes, cela ne fait que reculer le problème... Pourquoi cet acte de naissance est-il erroné ? Je l'ignore, mais je pense que cela peut être lié au fait que le père et les deux témoins étaient illettrés.

Une autre donnée va être remise en question par l'acte de mariage de notre centenaire putative, dressé le 11/11/1824 au Béage. En effet, ce document a scellé l'union d'Antoine Noyer, 33 ans, né au Béage mais "domicilié au lieu des Ruses commune des Estables", fils de feus Antoine Noyer et Margarite Philippot [mêmes parents et même commune de naissance que sur son acte de décès, qui lui donne un âge parfaitement cohérent], avec Jeanne Raynaud, 31 ans, née et domiciliée au Béage, fille de feu Mathie Raynaud (domicilié de son vivant à Freycenet-la-Cuche) et de présente Magdelaine Cortial, domiciliée à Présailles (Haute-Loire) [la commune limitrophe à l'ouest de Freycenet-la-Cuche]. Il semble donc que Jeanne Reynaud ne soit pas née aux Estables, contrairement à ce qu'a déclaré son petit-fils en 1890, mais au Béage. Ce jeune homme était visiblement mal renseigné, puisqu'il ne connaissait pas non plus les identités de ses arrière-grands-parents : il a seulement fait mouche pour le prénom de sa bisaïeule, se trompant sur son nom de jeune fille ainsi que sur le prénom de son bisaïeul.

Récapitulons les âges déclarés du vivant de Jeanne Reynaud :
- 66 ans à son veuvage en 1859 => Naissance vers 1793
- 54 ans au recensement de 1851 => Naissance vers 1797
- 52 ans au recensement de 1846 => Naissance vers 1794
- 30 ans à la naissance de sa fille aînée en 1825 => Naissance vers 1795
- 31 ans à son mariage en 1824 => Naissance vers 1793

L'ensemble est cohérent et la moyenne, qui désigne l'année 1794, ne contredirait pas l'acte de mariage, pour peu que le maire du Béage ait arrondi par excès l'âge d'une Jeanne Reynaud alors dans sa 31ème année.

Malheureusement, il n'est pas possible de retrouver l'acte de naissance de Jeanne Reynaud, parce qu'il existe une lacune colossale dans les registres du Béage, de 1765 à l'an VIII inclus. Par sûreté, j'ai également fait des recherches aux Estables, mais sans succès.

A l'issue de cette enquête, je conclus que Jeanne Reynaud veuve Noyer, décédée le 02/07/1883 à Issarlès, est vraisemblablement née vers 1794 au Béage. Sa vie a donc duré environ 89 ans.
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Rose TESTUD veuve ASTIER (1797-1884) de Lachapelle-Graillouse (Ardèche)

Message par Cyril le Jeu 15 Nov 2018 - 15:39

D'après son acte de décès, Rose Testud, 100 ans, née à Lafarre (Haute-Loire), veuve de Jean Astier, est décédée le 29/09/1884 dans sa maison à Chanteperdrix sur la commune de Lachapelle-Graillouse. Le premier comparant était son petit-fils Régis Astier (25 ans), du même lieu.

Le seul acte de naissance pouvant correspondre audit petit-fils à Lachapelle-Graillouse indique que Jean François Regis, fils de Jean François Regis Astier (35 ans) et Henriette Villesèche (34 ans), est né le 07/07/1859 à Chanteperdrix. L'acte de mariage de ses parents atteste qu'ils se sont unis le 14/02/1855 à Coucouron. Ce jour-là, Jean Baptiste Astier, 29 ans, né à Lafarre, fils de feu Jean Astier (décédé le 24/01/1848 à Lachapelle-Graillouse) et de présente Rose Testut (domiciliée à Lachapelle-Graillouse), a épousé Henriette Villesèche, 31 ans. Le prénom du marié ne correspond pas, mais je peux dire d'expérience qu'en Ardèche au XIXème siècle, c'était une erreur courante que de donner au père le même prénom qu'à son fils sur un acte de naissance...

L'acte de décès du mari de Rose Testud est relativement laconique, puisqu'il se contente de nous informer que Jean Astier, 80 ans, "epoux de Testud" et fils de feu Louis Astier, est décédé dans sa maison de Chanteperdrix à Lachapelle-Graillouse. Aucun témoin apparenté n'a signé.

Le couple Astier-Testud a donné naissance à 7 enfants dans 3 communes limitrophes différentes :
1) Hanriette, fille de Jean Astier (39 ans) et Marie-Rose Testud, née le 04/12/1817 à Villeverte dans la commune de Coucouron [mariée avec François Pialat le 05/01/1844 à Lachapelle-Graillouse, en tant qu'Henriette Astier, 26 ans, née à Coucouron, fille de présents Jean Astier et Rose Testud domiciliés au lieu de Chanteperdrix]
2) Bruno, fils de Jean Astier (40 ans) et Rose Testud, né le 28/09/1820 à Villeverte dans la commune de Coucouron [décédé le 11/01/1823 au lieu de Largier dans la commune de Lafarre, à l'âge déclaré de 2 ans]
3) Rozalie, fille de Jean Astier (40 ans) et Rose Testut, née le 17/05/1823 au lieu de Largier dans la commune de Lafarre
4) Jean Baptiste, fils de Jean Astier (43 ans) et Rose Testut, né le 19/12/1826 au hameau de Largier dans la commune de Lafarre [le futur époux d'Henriette Villesèche et père de Jean François Regis Astier]
5-6) Régis et Felicité Cristine, enfants jumeaux de Jean Astier (45 ans) et Rose Testud, nés le 18/01/1829 au lieu de Largier dans la commune de Lafarre
7) Claude, fils de Claude Astié (45 ans) et Roze Testud (38 ans), né le 12/10/1831 à Chanteperdrix dans la commune de Lachapelle-Graillouse

Une erreur identique à celle commise sur l'acte de naissance de naissance de Jean François Regis Astier en 1859 avait donc déjà été perpétrée sur celui de son oncle Claude Astié en 1831 ! J'en veux pour preuve que l'acte de mariage de Claude Astier (avec Adélaïde Allemand), daté du 10/06/1866 à Coucouron, le dit à la fois "né le douze octobre dix huit cent trente et un à La Chapelle Graillouse" et fils de "feu Astier Jean [...] et de Rose Testud [...] le père étant décédé le vingt quatre du mois de janvier mil huit cent quarante huit à La Chapelle Graillouse".

C'est le 17/02/1817 à Lafarre, 9 mois et demi avant la naissance de leur fille aînée, que se sont unis Jean Astier, 38 ans, fils de Jean Antoine Astier et Anne Geneis "domiciliés au lieu de ville verte commune de Coucouron", et Marie Rose Testut, 20 ans, fille de feu Charles Testut et de vivante Agnes Roche "du mas Dumas de la Sucheyre commune [de] Lafarre". Le mariage a donc été célébré dans la commune du fiancé, dont le lieu de résidence est devenu celui du couple et l'est resté jusqu'à la naissance de son deuxième enfant.

Quant au lieu de résidence de la fiancée, c'est justement l'endroit où elle est née, près de 20 ans plus tôt. En effet, en accord avec son acte de décès qui la disait native de Lafarre, son acte de baptême certifie que Rose, fille de Charles Testut et Agnes Roche [les prénoms des parents ont été réécrits par-dessus d'autres mots qui ne ressemblent pas à des prénoms] "du mas de la Suchere" commune de Lafarre, y est née le 10/12/1797.

Rose était donc dans sa vingtième année quand elle s'est mariée en tant que Marie Rose Testut, 20 ans, devançant son anniversaire de 10 mois. Elle n'a réutilisé ce prénom composé que dans l'acte de naissance de sa fille aînée, après quoi elle semble l'avoir abandonné, comme en témoignent l'acte de mariage de ladite fille et tous les autres documents collectés. Le fait que Rose Testud soit dite âgée de 38 ans à la naissance de son plus jeune fils (alors qu'elle était sur le point d'en avoir 34) est une erreur mineure, dans la mesure où les liens familiaux établis par les différents actes sont solides et ne permettent pas d'envisager sérieusement des problèmes d'homonymie.

Je conclus de ce qui précède que Rose Testud veuve Astier, décédée le 29/09/1884 à Lachapelle-Graillouse, était née le 10/12/1797 à Lafarre. Elle n'a par conséquent vécu que 86 ans et 294 jours.
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Jean CRESPY (1794-1883) de Devesset (Ardèche)

Message par Cyril le Mer 14 Nov 2018 - 15:19

D'après son acte de décès, Jean Crespy, 100 ans, né au Chambon[-sur-Lignon] (Haute-Loire), veuf de Catherine Berthou[se], est décédé le 03/05/1883 "dans la maison de son gendre située à Montel commune de Devesset". Le premier comparant n'était autre que ledit gendre, Jean Pierre Bard (48 ans).

Notre centenaire putatif était veuf depuis moins de 5 ans. En effet, c'est le 24/08/1878 que Cathérine Bertouze, 82 ans, née à Devesset, épouse de Jean Crespy (85 ans), fille de feus Pierre Bertouze et Marie Cellier, est décédée "dans la maison de son mari située aux Besséas commune de Devesset". Mari qui était apparemment plus jeune que prévu d'une dizaine d'années...

C'est également à Devesset qu'a été célébré le mariage du gendre de Jean Crespy. Selon l'acte, le 26/02/1859, Jean Pierre Bard, 25 ans, s'y est uni à Marie Créspy, 25 ans, née à Devesset, fille de présents Jean Créspy et Cathérine Bertouze.

Marie était l'avant-dernière d'une fratrie de 7 enfants nés à Devesset :
1) Marie, fille de Jean Crespy (22 ans) et Catherine Bertouze, née le 12/05/1817 à Sagnard
2) Jean Pierre, fils de Jean Crespy (26 ans) et Catherine Bertouze, né le 01/01/1821 à la Bertouze
3) Marie, fille de Jean Crespy (38 ans) et Catherine Bertouze, née le 11/11/1822 à Ruelle
4) Thereze, fille de Jean Crespy (33 ans) et Catherine Bertouze, née le 08/11/1827 à Badel
5) Anne, fille de Jean Crespy (37 ans) et Catherine Bertouze (35 ans), née le 19/06/1831 à Badel
6) Marie, fille de Jean Crespy (40 ans) et Catherine Bertouze (40 ans), née le 25/07/1833 à Badel
7) Jean, fils de Jean Crespi (42 ans) et Catherine Bertouze (42 ans), né le 15/12/1837 aux Besseas

Leurs parents se sont mariés le 26/10/1816 à Devesset, seulement 6 mois et demi avant la naissance de l'aînée. L'acte correspondant a scellé l'union de Jean Crespy, 23 ans, natif du lieu de Chavagnac, fils de présent Jean Antoine Crespy et de feue Caterine Fay, avec Marie Bertouze, 19 ans, native du lieu de la Bertouze [commune de Devesset], fille de présents Pierre Bertouze et Marie Cellier. Si la mariée a bien les mêmes parents que la Cathérine Bertouze décédée en 1878 et que leurs âges sont cohérents, les prénoms divergent. Heureusement, on remarque dans la seconde publication des bans, en date du 13/10/1816, que la promise a d'abord été inscrite en tant que "Catherine Bertouze" avant que son prénom ne soit barré et que "Marie" soit écrit au-dessus. Il s'agit certainement d'un cas classique de conflit entre prénom officiel et prénom usuel.

Hormis l'acte de naissance de sa seconde fille Marie, où Jean Crespy a manifestement hérité d'une décennie supplémentaire par erreur, tous les documents collectés entre 1816 et 1878 s'accordent sur une naissance aux alentours de 1793-1795. En revanche, ses actes de décès et de mariage s'opposent en déclarant Jean Crespy respectivement natif du Chambon (la commune altiligérienne limitrophe de Devesset à l'ouest) et du lieu de Chavagnac (apparemment un lieu-dit de Saint-Agrève, la commune ardéchoise limitrophe de Devesset au sud).

Contre toute attente, les recherches menées à Saint-Agrève et Devesset sont restées vaines, tandis que celles entreprises au Chambon ont porté leurs fruits. En effet, son acte de naissance atteste que Jean et sa sœur jumelle Marie, enfants de Jean Antoine Crespy et Catherinne Fay, sont nés le 7 brumaire de l'an III (28/10/1794) au lieu des Tavas dans la commune du Chambon.

En fin de compte, Jean Crespy, décédé le 03/05/1883 à Devesset, était né le 28/10/1794 au Chambon. Il n'a donc vécu que 88 ans et 187 jours.
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Jean Paul VEY (c.1795-1890) de St-Romain-le-Désert (Ardèche)

Message par Cyril le Mar 13 Nov 2018 - 18:57

D'après son acte de décès, Jean Paul Vey, 102 ans, né à [Mazet-]Saint-Voy (Haute-Loire), veuf de Marie-Anne Bard, fils de feus Jacques Vey et Marie-Anne Masse, est décédé le 23/04/1890 "dans la maison de son fils Hippolyte Vey située à Sarcillac commune de St-Romain-le-Désert" [rebaptisée "Mars" en 1909]. Le premier comparant était le gendre du défunt, Hippolyte Cellier (41 ans), du lieu de Maisonnis à Saint-Romain-le-Désert.

Selon les recensements de Saint-Romain-le-Désert :
- En 1886, Jean Paul Vey, 94 ans, vivait à l'Aubepin chez son fils Hippolyte Vey (37 ans), sa femme Sophie Cellier (35 ans), leurs fils Hippolyte Vey (11 ans), Théophile Vey (8 ans) et Gustave Vey (4 ans), avec un domestique.
- En 1872, J[ea]n Paul Vey, 78 ans, veuf, vivait à Chabrias chez Jacques Abrial (33 ans) dont il était le "beau père", avec la femme de ce dernier Marie Anne Vey (35 ans), tous trois étant dits nés dans la commune.
- En 1866, Jean Paul Vey, 75 ans, veuf, vivait à Saint Romain avec son fils marié Auguste Vey (27 ans), la femme de celui-ci Judiht Morel (23 ans), et ses autres enfants célibataires Marie Anne Vey (29 ans), Marie Vey (19 ans) et Hippolyte Vey (17 ans), ainsi qu'un domestique.

Trois des enfants de notre présumé centenaire ont convolé en justes noces en mairie de Saint-Romain-le-Désert :
- Entre les recensements de 1866 et 1872, Marie Anne s'est mariée, ce que confirme un acte daté du 22/04/1871. Celui-ci atteste que Mariannette Vey, née le 11/01/1836 au Chambon[-sur-Lignon] (Haute-Loire), fille de présent Jean-Paul Vey (domicilié à Saint-Romain-le-Désert) et de feue Marie-Anne Bard (décédée le 17/01/1860 à Saint-Julien-Boutières), a épousé Jacques Abrial, né le 21/07/1841. Parmi les témoins se trouvaient trois frères de Mariannette : Jean-Louis Vey (32 ans), Jean-Paul Vey (40 ans) et Hippolite Vey (21 ans), tous domiciliés à Saint-Romain-le-Désert.
- Le plus jeune des trois, que nous avons déjà rencontré dans les recensements de 1866 et 1886, s'est marié l'année suivante. Ainsi, le 12/10/1872, Hippolite Vey, né le 28/03/1849 à Saint-Julien-Boutières, fils de présent Jean-Paul Vey (domicilié à Saint-Romain-le-Désert) et de feue Marie-Anne Bard (décédée le 17/01/1860 à Saint-Julien-Boutières), a épousé Sophie Cellier, née le 20/06/1851, fille de feu Jean Jacques Cellier et de vivante Elizabeth Filit. Parmi les témoins se trouvait Hippolite Cellier (32 ans), le frère de la promise.
- Ce dernier était aussi depuis peu le gendre de Jean Paul Vey, manifestement celui qui allait déclarer le décès de son beau-père en 1890 (en dépit d'un âge sous-estimé de 8 ans à ce moment-là). En effet, le 22/03/1872, Hippolite Cellier, né le 06/01/1841, fils de feu Jean-Jacques Cellier et de vivante Elizabeth Filit, a épousé Marie Vey, née le 03/06/1847 à Saint-Julien-Boutières, fille de présent Jean-Paul Vey (domicilié à Saint-Romain-le-Désert) et de feue Marie-Anne Bard (décédée le 17/01/1860 à Saint-Julien-Boutières).

Comme ces trois actes l'indiquent, la femme de Jean Paul Vey a trépassé le 17/01/1860 à Saint-Julien-Boutières, l'ancienne commune de résidence du couple, ce qui explique que la famille soit absente des recensements de Saint-Romain-le-Désert antérieurs à 1866. D'après son acte de décès, Marie Anne Bard, 56 ans, épouse de Jean Peaul Vey, fille de feus Jean Bard et Marie Valla (demeurant de leur vivant au Chambon), est décédée à la date dite "dans sa maison située au lieu de Beauveil commune de St Julien Boutières". Le premier comparant était le fils de la défunte, Jean Louis Vey (30 ans), du même lieu.

Au total, le couple Vey-Bard a eu au moins 9 enfants, dont seuls les deux derniers sont nés à Saint-Julien-Boutières :
9) Hipolyte, fils de Jean Paul Vey (55 ans) et Marianne Bart (45 ans), né le 28/03/1849 au hameau de Beauvey [le futur époux de Sophie Cellier, recensé avec son père en 1866 et 1886]
8) Marie, fille de Jean Paul Vey (56 ans) et Marie Anne Bard (42 ans), née le 03/06/1847 à Beauveil [la future épouse d'Hippolyte Cellier, recensée avec son père en 1866]

Leurs enfants précédents sont nés dans la commune altiligérienne du Chambon :
7) Henriette, fille de Jean Paul Vay (49 ans) et Marianne Bard (39 ans), née le 08/04/1844 à la Chare de la Grange
6) Augustin, fils de Jean Paul Vay (46 ans) et Marianne Bard (36 ans), né le 11/11/1839 au Riou [le futur époux de Judith Morel, recensé avec son père en 1866]
5) François, fils de Jean Paul Vay (52 ans) et Marianne Bard (33 ans), né le 22/04/1838 aux Basties
4) Marianette, fille de Jean Paul Vey (44 ans) et Anne Bard (30 ans), née le 11/01/1836 aux Baties [la future épouse de Jacques Abrial, recensée avec son père en 1866 et 1872]
3) Jean Pierre, fils de Jean Paul Vey (31 ans) et Marianne Bard (30 ans), né le 26/11/1833 aux Batties
2) Jean Paul, fils de Jean Paul Vey (37 ans) et Marie-Anne Bard (26 ans), né le 06/06/1831 à Grabillon [témoin au mariage de sa sœur Mariannette en 1871]
1) Jean Louis, fils de Jean Paul Vey (33 ans) et Marie Anne Bard, né le 22/04/1829 à Grabillon [comparant au décès de sa mère en 1860]

C'est également au Chambon, le 18/06/1828, qu'a été célébré le mariage de Jean Paul Vey, 32 ans, fils de feu Jacques Vey et de vivante Marianne Masse, avec Marie Anne Bard, 23 ans, fille de feu Jean Bard et de vivante Marie Valla, les époux et leurs mères étant tous les quatre domiciliés dans la commune.

Malheureusement, mes recherches ne m'ont pas permis de localiser l'acte de baptême ou de naissance de Jean Paul Vey, ni au Chambon, ni à Saint-Voy. Par ailleurs, je ne lui ai découvert qu'un seul frère : Pierre Louis Vey, né le 25 nivôse de l'an XII (16/01/1804) à Saint-Voy, puis marié le 18/08/1831 au Chambon avec Justine Rause. Bien que l'acte de mariage de Jean Paul Vey ne cite pas son lieu de naissance, il est plus probable qu'il soit né à Saint-Voy (comme son jeune frère), ce que soutient son acte de décès, plutôt qu'à Saint-Romain-le-Désert (où il ne semble pas avoir habité avant les années 1860), ce que prétend le recensement de 1872, qui se trompe déjà sur la commune d'origine de sa fille Mariannette Vey.

L'acte de mariage de Pierre Louis Vey certifie que Jacques Vey, son père et celui de Jean Paul Vey, a quitté ce monde le 27/03/1806. Bien que l'acte de décès dudit père soit censé avoir été "produit" devant le maire du Chambon, je n'ai pas pu mettre la main dessus. Quant à leur mère, Marianne Masse, son acte de décès témoigne que la veuve de Jacques Vey a perdu la vie le 23/04/1837 à Milliard dans la commune du Chambon, à l'âge déclaré de 80 ans [avec peut-être une petite exagération, son fils Pierre Louis Vey n'étant né que 33 ans plus tôt]. Le premier comparant était son fils Jean Paul Vey (42 ans), domicilié au même lieu.

L'insaisissable acte de décès du père donne à penser qu'il est possible que la famille Vey n'ait déclaré qu'une partie de ses événements d'état-civil les plus anciens en mairie, se contentant de l'église pour les autres. Cela expliquerait pourquoi la venue au monde de Jean Paul Vey n'a pas été inscrite dans le registre des naissances de Saint-Voy...

L'ensemble des documents collectés sur lesquels apparaît l'âge de notre centenaire potentiel permet d'établir le graphique suivant :

Même en considérant la présence de 3 points aberrants (un rajeunissement et un vieillissement aussi brutaux que temporaires à la naissance de Jean Pierre et François Vey en 1833 et 1838, sans oublier l'acte de décès), il est difficile de faire une estimation totalement satisfaisante de l'année de naissance de Jean Paul Vey. En effet, si le calcul d'une simple moyenne donne 1793, l'âge indiqué dans l'acte de mariage implique plutôt 1796-1797. Or, l'acte de mariage me semble être l'outil le plus fiable dans ce type de cas, vu que le code civil exige des mariés qu'ils présentent une preuve de leur âge depuis 1803.

Dans l'impossibilité de trancher, je propose de couper la poire en deux et de choisir 1795. Je suis conscient que ce n'est pas très rigoureux, mais l'impact de ce choix est minime, dans la mesure où mes investigations montrent que Jean Paul Vey n'a manifestement jamais été centenaire.

Je conclus de ce qui précède que Jean Paul Vey, décédé le 23/04/1890 à Saint-Romain-le-Désert, était vraisemblablement né vers 1795 à Saint-Voy, ce qui lui a valu de vivre environ 95 ans.
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Barthélemy FAURE (1800-1887) de Lachapelle-sous-Chanéac (Ardèche)

Message par Cyril le Lun 12 Nov 2018 - 10:30

D'après son acte de décès, Barthelemy Faure, 105 ans, ancien marchand, veuf de Magdeleine Crespy, né à Grenoble [Isère], est décédé le 29/05/1887 "dans la maison de sa fille située a Pailherets commune d[e] Lachapelle[-sous-Chanéac]". Le premier comparant était le petit-fils du défunt, Marius Chanut (27 ans), dudit Pailherets.

Selon les recensements de Lachapelle :
- En 1886, Louis Faure, 100 ans, veuf, vivait au village de Pailherets chez Chfélicite Chalencon (55 ans, veuve) dont il était le "beau père", et ses fils Marius Chanut (25 ans) et Régis Chanut (15 ans).
- En 1881, Barthélemy Faure, 80 ans, vivait à Pailherets chez Joseph Chanut (60 ans) dont il était le "beau-père", sa femme Félicité Faure (55 ans) et leur fils Régis Chanut (11 ans).

Hormis la présence attendue de Marius Chanut et la revendication de l'état de centenaire de monsieur Faure, le recensement de 1886 est déconcertant. Si Marius Chanut était le fils de "Chfélicite" Chalencon, comment pouvait-il être le petit-fils de Barthélemy Faure ? En outre, notre présumé centenaire, prénommé ici Louis, est censé être le "beau père du chef de ménage", c'est-à-dire de "Chfélicite" Chalencon. Pourtant, il ne peut pas être le père de feu son époux, car son patronyme devait être le même que celui de ses fils : Chanut. De plus, il est supposé vivre chez sa fille...

Ce sac de nœuds se dénoue avec le recensement de 1881, qui présente manifestement le même ménage. Marius Chanut en est absent, mais son frère Régis est là, et leur père Joseph Chanut est encore vivant à l'époque. Cette fois encore, Barthélemy Faure, lequel a récupéré son prénom et perdu un joli paquet d'années, est qualifié de "beau-père du chef de ménage", à ceci près que ledit chef n'est pas le même : il s'agit de Joseph Chanut, époux de Félicité Faure. J'ignore où l'agent recenseur de 1886 est allé pêcher le patronyme Chalencon, mais le "Ch" de "Chfélicite" est manifestement une tentative avortée d'écrire son nom dans la case réservée au prénom, tandis que l'âge et les liens qui unissent Félicité aux enfants de Joseph Chanut sont parfaitement cohérents d'un recensement à l'autre. Barthélemy Faure était donc manifestement le père de Félicité Faure épouse Chanut.

Comme on pouvait s'y attendre, l'acte de décès du gendre se trouve dans les registres de Lachapelle entre les années 1881 et 1886. En l'occurrence, Joseph Chanut, 62 ans, né aux Vastres (Haute-Loire), époux de Felicité Faure, fils de feus Joseph Chanut et Jeanne Marie Sanial, y a rendu l'âme le 04/05/1885 dans sa maison à Pailherets.

L'acte de naissance du petit-fils Marius Rémy Chanut, fils de Joseph Chanut (37 ans) et Félicité Faure (32 ans), né le 08/10/1861 à Palheyrets sur la commune de Lachapelle, confirme son âge et sa filiation.

Le mariage de ses parents a été célébré le 03/05/1855 à Lachapelle, unissant Joseph Chanut, 31 ans, né aux Vastres mais domicilié à Lachapelle, fils de feus Joseph Chanut et Jeanne Marie Sanial [en parfait accord avec son acte de décès], avec Thérèse Félicité Faure, 24 ans, née aux Vastres mais domiciliée à Saint-Martin[-de-Valamas], fille de présent Barthelemi Faure (marchand) et de Magdeleine Crespy, domiciliés dans la même commune que leur fille.

La mère de Thérèse Félicité Faure est décédée l'année suivante à Saint-Martin-de-Valamas. Selon l'acte, Magdeleine Crespy, 56 ans, épouse de Barthelemy Faure (marchand âgé de 60 ans), fille de feus Jacques Crespy et Magdeleine Crouzet (demeurant de leur vivant à Vastres), a perdu la vie le 07/04/1856 "dans la maison de son mari" au bourg de cette commune.

Comme prévu, l'acte de naissance de la mère de Marius se trouve aux Vastres : Therese Félicité, fille du marchand Barthelémi Faure (28 ans) et de son épouse Magdelaine Crespy, y a vu le jour le 16/11/1829 au lieu de Seignebesses.

Ses propres parents avaient préalablement contracté mariage le 20/02/1829 aux Vastres. Du côté de la promise, pas de surprise : Magdelaine Crespy, 28 ans, fille de Jacques Crespy (72 ans) et Marguerite Crouzet, est dite née et domiciliée avec ses parents à Vastres. Quant au fiancé, il semble que son petit-fils ait été fort mal renseigné sur son lieu de naissance : Barthelemi Faure, 28 ans, fils de feus Etienne Faure et Anne Bleyn respectivement décédés les 10/01/1807 et 03/09/1817, est dit né et domicilié au lieu de Ville dans la commune de L'Argentière (Hautes-Alpes). Grenoble, L'Argentière... Ce sont des localités qui ont pour points communs d'être relativement célèbres et situées loin, là-bas, de l'autre côté du Rhône, quelque part dans ces montagnes que l'on appelle les Alpes !

Récapitulons les âges de monsieur Faure :
- En 1887, Barthelemy Faure est censé être décédé à l'âge de 105 ans => Naissance vers 1781-1782
- En 1886, Louis Faure est recensé à l'âge revendiqué de 100 ans => Naissance vers 1785-1786
- En 1881, Barthélemy Faure est recensé à l'âge revendiqué de 80 ans => Naissance vers 1800-1801
- En 1856, Barthelemy Faure devient veuf à l'âge déclaré [par ses voisins] de 60 ans => Naissance vers 1795-1796
- En novembre 1829, Barthelémi Faure devient père à l'âge déclaré de 28 ans => Naissance vers 1800-1801
- En février 1829, Barthelemi Faure se marie à l'âge déclaré de 28 ans => Naissance vers 1800-1801

Il n'est pas nécessaire d'analyser la situation longtemps pour s'apercevoir que l'âge de Barthélemy Faure a brutalement gonflé entre 1881 et 1886, d'environ deux décennies...

Son acte de naissance se trouve exactement là où son acte de mariage le laissait entendre, puisque Barthelemy Faure, fils d'Etienne Faure et Anne Blein domiciliés au hameau de Ville dans la commune haute-alpine de L'Argentière, y a vu le jour le 11 brumaire de l'an IX (02/11/1800 en calendrier grégorien).

Par conséquent, Barthélemy Faure, qui est décédé à l'âge revendiqué de 105 ans le 29/05/1887, était en réalité né le 02/11/1800. Il n'a donc vécu que durant 86 ans et 208 jours.

PS : Merci beaucoup pour le compliment sur l'enquête précédente ! Il m'a fait très plaisir Very Happy
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Antoine ARGAUD (1793-1890) de St-Laurent-du-Pape (Ardèche)

Message par Cyril le Jeu 1 Nov 2018 - 21:52

D'après son acte de décès, Antoine Argaud, 103 ans, veuf de Marie Maneval, né à Saint-Apollinaire-de-Rias, fils de feus Pierre Argaud et Marie Argaud, est décédé le 06/08/1890 "dans sa maison située à Pierrechargeat commune de St Laurent du pape". Le premier comparant était le "beau fils du défunt" Frédéric Giles [qui a signé "Gilles"], 36 ans, de Saint-Laurent-du-Pape.

Les actes de naissance et de mariage dudit Frédéric Gilles nous apprennent que :
- Frédéric, fils de Délubac Gilles (29 ans) et Marie Maleval (21 ans), est né le 10/01/1854 au lieu de Pierre-Chargea à Saint-Laurent-du-Pape.
- Le 15/03/1883 à Saint-Laurent-du-Pape, Frédéric Gilles, né le 10/01/1854 à Saint-Laurent-du-Pape, fils de présents Délubac Gilles et Marie Maleval, a épousé Louise Irma Brunel, née le 27/12/1857 à Saint-Fortunat[-sur-Eyrieux], fille de présents Jean Pierre Brunel et Louise Mounier, tous les six étant domiciliés à Saint-Laurent-du-Pape.

Frédéric Gilles était donc bel et bien âgé de 36 ans révolus au décès d'Antoine Argaud. Ces informations indiquent que le lien qui existait entre ces deux hommes passait vraisemblablement par la mère de Frédéric Gilles (Marie Maleval), dont le nom ressemble étrangement à celui de feue l'épouse d'Antoine Argaud (Marie Maneval). D'ailleurs, mes tentatives visant à localiser une femme qui lui corresponde avec un patronyme orthographié "Maneval" se sont soldées par des échecs. Quoi qu'il en soit, ici, "beau-fils" ne peut pas signifier "gendre", vu qu'Antoine Argaud n'était ni le père, ni même le grand-père de Louise Irma Brunel.

Qu'en est-il de Marie Maleval ? Son acte de mariage témoigne que, le 18/03/1853 à Saint-Laurent-du-Pape, Delubac Gilles, 28 ans, né à Gluiras mais domicilié à La Voulte[-sur-Rhône], fils de présents Jean Pierre Gilles et Suzanne Bernard, s'est uni civilement à Marie Maleval, 20 ans, née à Saint-Laurent-du-Pape, fille "de père inconnu" et de Marie Maleval, la mère et la fille étant domiciliées au lieu de Pierre Chargeat. Selon son acte de naissance, Marie, fille naturelle "de père non déclaré" et de Marie Maleval veuve Argaud (39 ans), est née le 09/12/1832 à Planche sur la commune de Saint-Laurent-du-Pape. Marie Maleval était donc veuve d'un monsieur Argaud... Cependant, cela ne pouvait pas être Antoine Argaud, puisqu'il est décédé 37 ans après elle.

L'acte de décès de ladite Marie Maleval met en scène son gendre Delubac Giles (34 ans) dans le rôle du premier comparant. Selon ce document, Marie Maleval, veuve de Jacques Argaud, fille de feus Jacques Maleval et Elisabeth Sacharnoux, a quitté ce monde le 01/02/1860 dans sa maison située à Pierre Chargea sur la commune de Saint-Laurent-du-Pape, à l'âge déclaré de 68 ans. Il est ensuite possible de remonter jusqu'à son acte de mariage, daté du 01/05/1816 à Silhac. Ce jour-là, Jacques Argaud, 26 ans, né et domicilié à Saint-Jean-Chambre, fils de feu Pierre Argaud et de présente Marie Laquet (domiciliée aux Moulins sur la commune de Silhac), a convolé en justes noces avec Marie Malleval, 22 ans, née à Silhac, fille de présent Jacques Malleval et de vivante Jeane Marie Chassernoux.

Ce mariage s'est achevé avec la mort du mari, dont l'acte de décès affirme que Jacques Argot, 41 ans, époux de Marie Maleval, fils de feu Pierre Argot et de vivante Marie Lacquet (demeurant à Saint-Jean-Chambre), est décédé le 14/03/1831 à Planche sur la commune de Saint-Laurent-du-Pape. Le premier comparant était le frère du défunt, un certain Antoine Argot (38 ans) demeurant au Bousquet [un quartier de Saint-Laurent-du-Pape]. Serait-ce notre présumé centenaire ? Si oui, Frédéric Gilles aurait été, non pas son beau-fils, mais le petit-fils de sa belle-sœur ! Quoique...

J'ai réalisé l'arbre généalogique de la famille de Jacques et Antoine Argot, ce qui n'a pas été sans mal car il semble que leur père et leur beau-père, non contents d'être homonymes l'un de l'autre, étaient apparemment protestants. Par conséquent, en dehors de la régularisation des dates de naissance des 3 enfants du premier mariage de leur beau-père (effectuée le 20/02/1789 à l'église de Saint-Jean-Chambre), aucun acte antérieur à l'instauration de l'état civil n'a pu être collecté. L'énergie colossale qu'il aurait fallu dépenser pour dépouiller les documents rédigés pour les protestants pendant les 5 années suivant l'Edit de Tolérance de 1787, documents qui ne sont classés ni par date, ni par commune, ni par nom, n'en aurait pas valu la chandelle.

Voilà la partie intéressante de l'arbre généalogique en question :

Marie LAQUET (Monteil, 05/07/1762 - Saint-Jean-Chambre, 09/05/1837)
x (1er mariage) avec Pierre ARGAUD (né vers 1756 - Saint-Jean-Chambre, 28/10/1794)
|
|_ _ Pierre (militaire déclaré absent le 07/01/1822 à La Voulte)
|
|_ _ Jacques (Saint-Jean-Chambre, vers 1790 - Saint-Laurent-du-Pape, 14/03/1831)
|      x (Silhac, 01/05/1816) avec Marie MALEVAL (Silhac, vers 1794 - Saint-Laurent-du-Pape, 01/02/1860)
|      |
|      |_ _ Antoine dit Jacques (né le 25/03/1818 à Saint-Laurent-du-Pape)
|      |      x (Saint-Laurent-du-Pape, 25/02/1837) avec Marie CHAREIRE (née vers 1816 à Saint-Laurent-du-Pape)
|      |
|      |_ _ Antoine (né le 03/03/1822 à Saint-Laurent-du-Pape)
|      |      x (Livron (Drôme), 17/04/1850) avec Louise OULLIER (née le 12/05/1827 à Livron)
|      |
|      |_ _ Frédéric (né le 21/04/1827 à Saint-Laurent-du-Pape)
|
|_ _ Pierre Antoine (né le 11/03/1793 à Saint-Jean-Chambre)
|      x (Saint-Jean-Chambre, 09/02/1815)
|      |  avec Marie DURIOU (Saint-Jean-Chambre, vers 1780 - Saint-Jean-Chambre, 27/11/1848)
|      |
|      |_ _ Marie (Saint-Jean-Chambre, 16/09/1815 - Saint-Jean-Chambre, 07/01/1878)
|      |      x (Saint-Jean-Chambre, 01/04/1841)
|      |      |  avec Jean Jacques LAFORET (Saint-Jean-Chambre, 31/07/1808 - Lamastre, 06/03/1895)
|      |      |
|      |      |_ _ Marie (Saint-Jean-Chambre, 20/03/1842 - Saint-Jean-Chambre, 27/07/1860)
|      |      |
|      |      |_ _ Noête (Saint-Jean-Chambre, 09/03/1846 - Lamastre, 17/05/1925)
|      |             x (Gluiras, 15/04/1882)
|      |                avec Eugène THEROND (Gluiras, 14/03/1852 - Thio (Nouvelle-Calédonie), 27/04/1898)
|      |
|      |_ _ Fragine (Saint-Jean-Chambre, 02/10/1822 - Saint-Jean-Chambre, 26/10/1823)
|
|_ _ Marie (née le 28/03/1795 à Saint-Jean-Chambre)
|
x (2ème mariage le 31/12/1800 à Saint-Jean-Chambre)
|  avec Pierre ARGAUD (Le Chambon[-sur-Lignon] (Haute-Loire), 20/06/1751 - Saint-Jean-Chambre, 16/07/1830)
|
|_ _ Pierre (Saint-Jean-Chambre, 16/05/1801 - Saint-Laurent-du-Pape, 23/02/1885)
|      x (Silhac, 19/03/1826) avec Marie LODIE (Saint-Jean-Chambre, vers 1802 - Saint-Jean-Chambre, 16/02/1843)
|
|_ _ Jean Pierre (Saint-Jean-Chambre, 01/02/1807 - Saint-Jean-Chambre, 11/12/1848)
       x (Saint-Jean-Chambre, 14/12/1833) avec Marie JUSTON (née vers 1797 à Saint-Jean-Chambre)

Le second époux de Marie Laquet avait également été marié auparavant, par contrat de mariage passé le 21/05/1777, avec Elizabeth Quintal dont il était vraisemblablement déjà veuf le 20/02/1789, laquelle lui avait donné 3 enfants :
1) Marianne (Saint-Jean-Chambre, 26/04/1779 - Livron (Drôme), 24/05/1854), qui s'est mariée le 18/04/1808 à Royas avec Jacques Antoine Chareire (Pranles, vers 1772 - Saint-Laurent-du-Pape, 25/10/1821)
2) Jacques (Saint-Jean-Chambre, 21/08/1781 - Vernoux[-en-Vivarais], 10/11/1855), qui s'est marié le 04/03/1811 à Saint-Apollinaire-de-Rias avec Suzanne Bard (Saint-Apollinaire-de-Rias, vers 1783 - idem, 03/03/1839)
3) Jeanne Marie (née le 11/09/1784 à Saint-Jean-Chambre), qui s'est mariée le 22/03/1817 à La Voulte avec Antoine Vignal (né vers 1792 à Rompon)

Dans les cantons de Saint-Laurent-du-Pape et Vernoux-en-Vivarais, je n'ai trouvé aucun autre couple pouvant correspondre à "Pierre Argaud et Marie Argaud". Nous avons toutes les raisons de penser que Marie Laquet épouse Argaud était bien la mère de notre pseudo centenaire. En effet, son patronyme de naissance pouvait parfaitement être ignoré de Frédéric Gilles en 1890, puisqu'il est né 17 ans après le décès de celle qui n'était, à bien y réfléchir, que la belle-mère de sa grand-mère. Par ailleurs, sur les années 1780-1810, le seul Argaud à avoir été déclaré à Saint-Apollinaire-de-Rias, Jean François Régis, était le fils de Jeanne, une mère célibataire, donc rien ne s'oppose à ce qu'Antoine Argaud soit né à Saint-Jean-Chambre, la commune limitrophe à l'ouest.

Or, le seul des 5 fils de Marie Laquet à ne pas être relié directement à un acte de décès, c'est Pierre Antoine Argaud. Son acte de naissance témoigne que Pierre Antoine, fils de Pierre Antoine Argaud et Marion Laquet, est né le 11/03/1793 à Saint-Jean-Chambre, dans la section de la Combe douce. Ses parents se prénomment "Pierre" et "Marie" dans tous les autres actes, qu'ils soient liés à lui ou à son frère Jacques, donc il ne s'agit que d'une variation isolée. Plusieurs actes confirment en outre que le Jacques Argaud décédé en 1831 était le frère de "Pierre Antoine" ou "Antoine" (suivant les documents), ce qui ne laisse aucun doute quant à son appartenance à cette famille.

Selon son acte de mariage, daté du 09/02/1815 à Saint-Jean-Chambre, Pierre Antoine Argaud, 22 ans, né à Saint-Jean-Chambre, fils de feu Pierre Argaud et de présente Marie Laquet, s'est uni à Marie Duriou, 35 ans, née à Saint-Jean-Chambre, fille de présent Paul Duriou et de feue Marie Maisonneuve, les époux et leurs parents survivants étant domiciliés aux Moulins sur la commune de Saint-Jean-Chambre.

Voilà ce que nous apprennent les actes d'état civil ultérieurs citant notre pseudo centenaire dans son contexte familial :
- Le 16/09/1815, Pierre Antoinne Argeaud habitait au lieu des Moulins à Saint-Jean-Chambre quand sa femme Marie Duriou y a donné naissance à leur fille Marie.
- Le 02/10/1822, Pierre Ant[oi]ne Argaud (28 ans) demeurait "au Moulins" à Saint-Jean-Chambre quand sa femme Marie Duriou y a donné naissance à leur fille Fragine.
- Le 26/10/1823, Pierre Antoine Argaud demeurait toujours "au Moulins" à Saint-Jean-Chambre quand Fragine, sa fille et celle de Marie Duriou, y est décédée à l'âge déclaré -bien qu'exagéré- de 17 mois.
- Le 25/02/1837, Antoine Argaud (43 ans) était domicilié à Saint-Laurent-du-Pape quand il a comparu comme témoin au mariage de Jacques Argaud, 18 ans, né et domicilié à Saint-Laurent-du-Pape, fils de feu Jacques Argaud et de présente Marie Malleval, avec Marie Chareire, 21 ans, née et domiciliée à Saint-Laurent-du-Pape, fille de feu Antoine Chareire et de présente Marianne Argot. Il est dit "oncle de l'Epoux", lequel était effectivement le fils de son frère Jacques Argaud décédé en 1831. Pour l'anecdote, si le père du marié était issu du premier mariage de Marie Laquet, la mère de la mariée, elle, était une fille du premier mariage de Pierre Argaud. Les jeunes époux n'avaient donc aucun grand-parent en commun, mais ils ont tout de même vécu jusqu'en 1830 une situation familiale où la grand-mère du futur fiancé était mariée au grand-père de la future fiancée.
- Le 01/04/1841, Pierre Antoine Argaud était domicilié à Saint-Laurent-du-Pape quand il s'est présenté à Saint-Jean-Chambre au mariage de sa fille Marie Argaud, née à Saint-Jean-Chambre le 16/09/1815, domiciliée comme sa mère Marie Duriou aux Moulins à Saint-Jean-Chambre, avec Jean Jacques Laforet, né le 31/07/1808 à Saint-Jean-Chambre, fils de feu Ettienne Laforet et de présente Anne Coste.
- Le 27/11/1848, Pierre Antoine Argaud est cité sur l'acte de décès de Marie Duriou, 72 ans, fille de feus Paul Duriou et Marie Maisonneuve, qui a perdu la vie dans sa maison aux Moulins à Saint-Jean-Chambre, la défunte étant qualifiée de "femme séparée de pierre-Antoine argaud". Le second comparant était son gendre Etienne Chomis (40 ans), lequel avait épousé, le 27/03/1840 et sous le nom d'Ettienne Chaumier, 33 ans, une certaine Izabeau Ducros, née le 10/08/1809 à Saint-Jean-Chambre, fille de Marie Duriou issue d'un précédent mariage avec Ettienne Ducros (décédé le 28/02/1809).
- Le 07/01/1878, l'acte de décès de sa fille Marie Argaud, rédigé d'après les déclarations de son époux Jean Jacques Laforet (69 ans) qui faisait office de premier comparant, comporte des erreurs évidentes puisque la titulaire y est dite "fille de défunt pierre-antoine Argaud en son vivant profession d'agriculteur demeurant aux dits Moulins et de défunte marie Duriou en son vivant profession de ménagère demeurant à St Laurent du Pape". Dans la mesure où les domiciles des parents ont été échangés [le père ayant quitté Saint-Jean-Chambre avant 1831 et la mère n'ayant apparemment jamais vécu à Saint-Laurent-du-Pape], il serait légitime de se demander si le mari endeuillé n'aurait pas pu commettre une erreur supplémentaire. Toutefois, même si l'erreur ne venait pas de lui, ce ne serait pas la première fois que les parents d'une sexagénaire ardéchoise seraient inscrits d'office, et au détriment de la réalité, comme défunts sur l'acte de décès de leur fille. C'est exactement ce qui s'est passé quand Marie Angéline Berthier (1891-1957) a perdu la vie, alors que sa mère Marie Marguerite Rosalie Traversier (1868-1974) lui a survécu, ce que le déclarant -le gendre de la défunte- avait peu de chances d'ignorer. Dans le cas qui nous préoccupe, une erreur administrative serait d'autant plus compréhensible que, bien que son beau-père ait été présent à son mariage, rien ne prouve que Jean Jacques Laforet l'ait jamais revu : ils habitaient à 25 km l'un de l'autre mais surtout, vu qu'Antoine Argaud était séparé de Marie Duriou depuis longtemps (entre 1823 et 1831) et que cette dernière vivait au même endroit que sa fille, il semble évident -compte tenu des mœurs de l'époque- que c'est elle qui l'a élevée. Des tensions familiales ne sont pas à exclure, le "mauvais rôle" ayant pu échoir au père, a fortiori si les hypothèses que je vais maintenant exposer recèlent une part de vérité...

Etudions, d'une part, la descendance de Marie Maleval engendrée après le décès de son mari Jacques Argaud le 14/03/1831. Cette descendance repose sur la naissance de sa fille naturelle Marie, laquelle a vu le jour près de 2 ans après son veuvage :

Marie MALEVAL (Silhac, vers 1794 - Saint-Laurent-du-Pape, 01/02/1860)
|
|_ _ Marie (Saint-Laurent-du-Pape, 09/12/1832 - Saint-Laurent-du-Pape, 19/03/1917)
      x (Saint-Laurent-du-Pape, 18/03/1853)
      |  avec Délubac GILLES (Gluiras, vers 1825 - Saint-Laurent-du-Pape, 20/01/1885)
      |
      |_ _ Frédéric (né le 10/01/1854 à Saint-Laurent-du-Pape)
      |      x (Saint-Laurent-du-Pape, 15/03/1883) avec Louise Irma BRUNEL (née le 27/12/1857 à Saint-Fortunat)
      |      |
      |      |_ _ Léonie Louise (Saint-Laurent-du-Pape, 25/11/1883 - Bourg-lès-Valence (Drôme), 14/11/1973)
      |      |      x (Saint-Laurent-du-Pape, 17/08/1908) avec Emile Siméon JULIEN
      |      |
      |      |_ _ Gaston Frédéric (Saint-Laurent-du-Pape, 25/12/1884 - Saint-Laurent-du-Pape, 06/11/1950)
      |      |
      |      |_ _ Marie Eugénie (Saint-Laurent-du-Pape, 22/04/1886 - Beauvallon (Drôme), 25/09/1964)
      |      |
      |      |_ _ Emma Elisa (Saint-Laurent-du-Pape, 12/05/1887 - Saint-Laurent-du-Pape, 16/10/1887)
      |      |
      |      |_ _ Fernand Louis (Saint-Laurent-du-Pape, 25/09/1888 - Valence (Drôme), 05/09/1956)
      |             x (Saint-Laurent-du-Pape, 14/05/1921) avec Emma Victorine REYNE
      |
      |_ _ Isaac (Saint-Laurent-du-Pape, 06/02/1863 - Saint-Laurent-du-Pape, 01/07/1863)
      |
      |_ _ Emile (né le 26/08/1868 à Saint-Laurent-du-Pape)
             x (Gluiras, 22/01/1900) avec Augusta Louise FAURE (née le 13/07/1880 à Gluiras)

Cet événement, sans être exceptionnel pour l'époque, suggère néanmoins que les mœurs de Marie Maleval veuve Argaud n'étaient pas des plus strictes. Or, Antoine Argaud lui aussi semble avoir fait preuve de quelque légèreté, à une occasion au moins. J'en veux pour preuve l'acte de naissance de Rosalie, fille d'Antoine Argaud (40 ans) et "de mère non déclarée" [une configuration inhabituelle], qui atteste que cet "enfant naturel" est né le 02/03/1834 à Planche sur la commune de Saint-Laurent-du-Pape, où il a malheureusement rendu l'âme 18 jours plus tard.

Ceci a fait naître dans mon esprit l'hypothèse un peu folle que, en supposant que Frédéric Gilles n'affabulait pas totalement en se prétendant "beau fils" d'Antoine Argaud ou en le qualifiant de "veuf de Marie Maneval", on pourrait rapprocher les morceaux du puzzle en faisant du second le concubin de la grand-mère du premier ! Ainsi, même si Antoine Argaud et Marie Maleval ne vivaient qu'en union libre, Frédéric Gilles pourrait être considéré comme le beau-petit-fils de notre pseudo centenaire.

Voilà comment je conçois l'enchaînement des faits :

I) Le 11/03/1793, Pierre Antoine Argaud naît à la Combe douce (Saint-Jean-Chambre).

II) Le 09/02/1815, Pierre Antoine Argaud, âgé de 22 ans [21 ans et 11 mois en réalité], est domicilié aux Moulins (Saint-Jean-Chambre) quand il épouse Marie Duriou.

III) Entre 1815 et 1823, toujours domicilié aux Moulins avec son épouse, il devient père par deux fois, puis enterre sa fille cadette. Il déclare invariablement s'appeler "Pierre Antoine" et dit être âgé de 28 ans le 03/10/1822 [au lieu de 29 ans].

IV) Entre 1823 et 1831, Pierre Antoine Argaud et Marie Duriou se séparent. Lui déménage à Saint-Laurent-du-Pape, tandis qu'elle continue d'élever leur fille Marie aux Moulins.

V) Le 14/03/1831, Marie Maleval devient veuve de Jacques Argot, dont le frère Antoine, âgé de 38 ans [ce qui est exact], vit au Bousquet (Saint-Laurent-du-Pape).

VI) Le 09/12/1832, Marie Maleval donne naissance à sa fille naturelle Marie à Planche (Saint-Laurent-du-Pape). Il n'est pas exclu que Pierre Antoine Argaud en soit le père biologique.

VII) Le 03/03/1834, Antoine Argaud, âgé de 40 ans [ce qui est exact], déclare la naissance de sa fille naturelle Rosalie à Planche, où elle mourra avant la fin du mois. Il n'est pas exclu que Marie Maleval en soit la mère biologique.

VIII) Le 25/02/1837, Antoine Argaud, âgé de 43 ans [ce qui est exact], vit toujours à Saint-Laurent-du-Pape lorsque s'y marie son neveu Jacques, le fils de Marie Maleval, elle aussi toujours domiciliée dans cette commune.

IX) Le 01/04/1841, Pierre Antoine Argaud est bien domicilié à Saint-Laurent-du-Pape, loin de son épouse légitime, quand sa fille se marie à Saint-Jean-Chambre.

X) Le 11/01/1842, Antoine Argaud, âgé de 48 ans [ce qui est exact], demeure au Bousquet quand il comparaît en mairie de Saint-Laurent-du-Pape pour déclarer un décès (celui de Marie Anne Bruyer, 64 ans).

XI) Le 27/11/1848, Pierre-Antoine Argaud devient veuf de Marie Duriou, dont il est écrit noir sur blanc qu'ils étaient séparés.

XII) Les 31 janvier et 4 février 1851, Antoine Argaud, âgé de 60 ans [57 ans et 10 mois en réalité], demeure à Pierre Chargea (Saint-Laurent-du-Pape) quand il comparaît en mairie de son domicile pour déclarer les décès de trois de ses voisines (Marie Françoise et Louise Faugier, 9 et 12 ans, ainsi que leur mère Marie Françoise Chabal, 38 ans).

XIII) Le 19/03/1853, Antoine Argaud, âgé de 61 ans [60 ans en réalité], vit toujours à Pierre Chargea quand il comparaît en mairie de Saint-Laurent-du-Pape pour déclarer le décès du père de Délubac Gilles (Jean Pierre Gilles, 62 ans).

XIV) Le 01/02/1860, Marie Maleval décède à Pierre Chargea. Son petit-fils Frédéric Gilles n'a que 6 ans, mais il est possible que ses parents (Délubac Gilles et Marie Maleval) et lui aient vécu -ou continué à vivre- avec Pierre Antoine Argaud, après ce qui sera ultérieurement présenté par Frédéric Gilles comme un veuvage.

XV) Le 06/08/1890, Antoine Argaud décède à 103 ans [97 ans en réalité] à Pierrechargeat.

Il existe suffisamment de connexions entre Pierre Antoine Argaud (tel qu'on l'appelait à Saint-Jean-Chambre) et Antoine Argaud (tel qu'on le surnommait à Saint-Laurent-du-Pape), sans compter que les âges revendiqués sont presque toujours identiques ou très proches de ce qui est attendu, pour affirmer qu'il s'agit d'une seule et même personne, au minimum de 1793 à 1860. Une fois "veuf", notre pseudo centenaire a cessé de comparaître en mairie de Saint-Laurent-du-Pape. Par conséquent, je ne peux pas produire de document contredisant l'acte de décès de sa fille Marie, qui le présente comme défunt en 1878. Le fait qu'il vivait au même endroit, sans que je lui aie trouvé d'homonyme dans la commune, et dans le même contexte familial montre qu'il s'agissait pourtant de lui. Dans sa famille, ses seuls homonymes étaient les fils de Jacques Argaud et Marie Maleval, ses cadets de 25 et 29 ans, qui auraient difficilement pu se faire passer pour des centenaires, mais surtout... pour veufs de leur propre mère !

Outre les déclarations de Frédéric Gilles et le fait que Pierre Antoine Argaud et Marie Maleval ont vécu simultanément à Planche puis à Pierre Chargeat, un dernier argument joue en faveur de ma théorie selon laquelle ils étaient en couple. Ainsi, dans le volume 89 du registre des comptes hypothécaires de l'arrondissement de Privas, sont enregistrés côte à côte "Argaud Antoine, de St Laurent du pape" (case 241) et "Maleval Marie, de St Laurent du pape / veuve Argaud" (case 242). Et il se trouve que ces deux personnes n'ont participé qu'à deux transactions immobilières au cours de leur vie dans l'arrondissement de Privas, transactions qu'ils ont justement effectuées ensemble (non pas l'un au bénéfice de l'autre, mais conjointement) :
- un acquêt d'un montant de 2000 francs, transcrit le 23/09/1845 sur le registre des formalités hypothécaires
- une vente d'un montant de 4000 francs, transcrite le 21/08/1858 sur le registre des formalités hypothécaires

L'identité de la contractante ne fait aucun doute : il s'agit de Marie Maleval, veuve de Jacques Argaud et grand-mère de Frédéric Gilles. En effet, je ne vois pas d'événement successoral qui expliquerait que sa fille ait investi 2000 francs à l'âge de 12 ans, ses grands-parents de Silhac étant déjà décédés depuis plusieurs années. Quand au cocontractant, bien qu'il puisse théoriquement s'agir de l'un des fils de Marie Maleval et Jacques Argaud, je n'y crois pas. Malgré l'absence handicapante de recensements, mes investigations semblent indiquer que ceux-ci ont quitté Saint-Laurent-du-Pape assez jeunes : je n'ai pas pu retrouver la trace de Jacques après 1841, tandis qu'Antoine était déjà installé dans la Drôme avant de s'y marier en 1850.

Par conséquent, je pense que Marie Maleval et Pierre Antoine Argaud ont certainement acheté une maison ensemble en 1845. Peut-être l'ont-ils revendue en 1858 pour aller vivre chez les Gilles ? Mystère. Pierre Antoine Argaud était-il le grand-père biologique de Frédéric Gilles ? Mystère. Marie Maleval était-elle la mère de la petite Rosalie Argaud ? Mystère. Il restera beaucoup de zones d'ombre dans cette histoire, mais je crois quand même avoir associé l'acte de décès de 1890 au bon acte de naissance.

En conclusion, je pense qu'Antoine Argaud, décédé le 06/08/1890 à Saint-Laurent-du-Pape, était né sous le nom de Pierre Antoine Argaud le 11/03/1793 à Saint-Jean-Chambre. Il a donc vécu durant 97 ans et 148 jours.

EDIT : Respect pour cette enquête !! Je note également la présentation particulièrement esthétique des arbres généalogiques par ailleurs très coûteuses en efforts !
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Jean Pierre SERRE (c.1795-1890) de Labatie-d'Andaure (Ardèche)

Message par Cyril le Ven 26 Oct 2018 - 19:26

D'après son acte de décès, Jean-Pierre Serre, 100 ans, veuf de Catherine Porte, né à Labatie-d'Andaure, est décédé le 05/12/1890 "dans la maison de son fils Serre Pierre située aux Razes de Malfragnier commune de Labâtie-d'Andaure". C'est un autre fils du défunt, Jean-Antoine Serre (63 ans), demeurant également aux Razes de Malfragnier, qui est cité comme premier comparant sur l'acte.

Une fois n'est pas coutume, je vais présenter les recensements de Labatie-d'Andaure dans l'ordre chronologique :
- En 1836, J[ea]n Pierre Serre, 41 ans, marié, vivait avec Catherine Porte f[emm]e Serre (38 ans, mariée), J[ea]n Serre (12 ans) et J[ea]n P[ier]re Serre (2 ans).
- En 1851, J[ea]n Pierre Serre, 50 ans, marié, vivait à Velaye d'Yssartial avec ses fils célibataires J[ea]n Antoine Serre (23 ans) et J[ea]n Pierre Serre (18 ans), deux orphelines de 3 et 7 ans, ainsi que sa femme Marianne Cros (35 ans) [mais le veuf de 55 ans cité après elle appartient au ménage suivant].

Euh... Stop ! D'où sort cette Marianne Cros ? Bon, il s'agit tout simplement de la seconde épouse de notre présumé centenaire. En effet, il est devenu veuf le 05/05/1839, quand Catherine Porte, 40 ans, épouse de Jean Pierre Serre (45 ans), fille de feus Pierre Porte et Marie Astier, est décédée dans sa maison à Malfragnier sur la commune de Labatie-d'Andaure. Puis il s'est remarié le 25/11/1842 à Labatie-d'Andaure, d'après un acte unissant Jean Pierre Serre, 51 ans, veuf de Catherine Porte, né à Labatie-d'Andaure et domicilié dans ladite commune à Razes, fils de feus Pierre Serre et Françoise Gocenet, avec Marianne Cros, 28 ans, née à Rochepaule mais domiciliée à Lalouvesc, fille de feus Pierre Cros et Marie Gounon. En marge, il est notamment précisé que :
- Catherine Porte est décédée à Labatie-d'Andaure le 05/05/1839 [ce qui est exact] ;
- Pierre Serre est décédé à Labatie-d'Andaure le 04/08/1814 [cette date est en réalité celle de la déclaration du décès de Pierre Serre, 70 ans, fils de feus Joseph Serre et Claudine Maison, décès survenu au lieu de Malfrenier] ;
- Françoise Gocenet est décédée à Labatie-d'Andaure le 27/07/1804 [son décès, introuvable dans les registres d'état civil comme dans les tables des successions et absences des cantons de Lamastre et Saint-Agrève, n'a probablement été enregistré qu'à l'église] ;
- Jean Pierre Serre est né à Labatie-d'Andaure le 03/04/1789.

Mais cette date de naissance est un peu trop belle pour être vraie... En effet, si Jean Pierre Serre est réellement né le 03/04/1789, pourquoi son acte de mariage le prétend-il âgé de 51 ans en novembre 1842 ? On s'attendrait à voir écrit "53 ans", non ? Cet acte se contredit donc lui-même. Et, plus tôt le même mois, la publication des bans à Lalouvesc rajeunit encore notre homme : Jean Pierre Sert, veuf de Catherine Porte, fils de feus Pierre Sert et Françoise Gauchenet, y est dit âgé de 45 ans seulement !

Poursuivons notre exploration des recensements de Labatie-d'Andaure :
- En 1856, J[ea]n Pierre Serre, 60 ans, vivait au village de [grignoté par des souris] avec sa femme J[ean]ne Marie Roche (54 ans), son fils à lui J[ea]n Pierre Serre (23 ans, célibataire), son fils à elle Jean Delhorme (19 ans, célibataire) et une enfant trouvée de 13 ans [l'orpheline de 7 ans du recensement de 1851].

Arrêtez tout ! Où est passée Marianne Cros ? Eh bien, elle a fait comme Catherine Porte et elle a laissé sa place à la suivante... En effet, son acte de décès atteste que Marie Anne Cros, 45 ans, épouse de Jean Pierre Serre (60 ans), fille de feus Pierre Cros et Marie Gauchenet [une belle confusion de la part du veuf entre les patronymes de sa mère et de sa belle-mère], a perdu la vie le 03/01/1855 dans sa maison à Raze sur la commune de Labatie-d'Andaure. Notre centenaire putatif s'est à nouveau remarié un an plus tard, le 23/01/1856 à Labatie-d'Andaure. Ce jour-là, Jean Pierre Serre, 62 ans, né à Labatie-d'Andaure et domicilié dans ladite commune à Raze, fils de feus Jean Pierre Serre et Françoise Gauchenet, a ainsi convolé en justes noces avec Jeanne Marie Roche, 53 ans, née et domiciliée à Labatie-d'Andaure, fille de feus Pierre Roche et Anne Serpoulet. De la même manière que sur l'acte de mariage précédent, des éléments d'état civil sont détaillés en marge :
- Cathérine Porte est décédée à Labatie-d'Andaure le 05/05/1839 [nous savons qu'elle était la première épouse du titulaire, mais l'acte ne la cite pas] ;
- Marie Anne Cros est décédée à Labatie-d'Andaure le [aucune date n'est inscrite et cette seconde épouse n'est pas non plus citée dans l'acte] ;
- Pierre Serre est décédé le 04/08/1814 à Labatie-d'Andaure [cette mention ignore le fait que le père du marié est prénommé "Jean Pierre" dans l'acte] ;
- Françoise Gauchenet est décédée le 23/07/1804 à Labatie-d'Andaure [soit 4 jours plus tôt que dans l'acte de mariage avec Marianne Cros] ;
- Jean Pierre Serre est né le 3 avril 1789 ou 1799 [le "8" et le "9" sont écrits l'un sur l'autre] à Labatie-d'Andaure.

Là encore, l'âge de Jean Pierre Serre est incohérent. S'il était né le 03/04/1789 ou le 03/04/1799, l'acte devrait le dire âgé de 56 ou 66 ans, alors qu'il l'affuble de 62 ans. Quant aux publications des bans à Labatie-d'Andaure, elles réussissent l'exploit de contredire l'acte de mariage associé rédigé dans la même commune, chose que je ne crois pas avoir jamais observée, en donnant 60 ans à Jean Pierre Serre dix jours auparavant...

Mais nous n'en avons pas terminé avec les recensements de Labatie-d'Andaure :
- En 1861, J[ea]n Pierre Serre, 64 ans, vivait à Raze avec sa femme Jeanne Marie Roche (60 ans), à côté du ménage formé par J[ea]n Pierre Serre (34 ans), sa femme Marie Rochedix (25 ans) et leurs enfants.
- En 1866, J[ea]n Pierre Serre, 69 ans, vivait à Raze avec sa femme J[ean]ne Marie Roche (66 ans), à côté du ménage formé par J[ea]n Antoine Serre (37 ans), sa femme Marie Rochedy (30 ans) et leurs enfants.
- En 1872, J[ea]n Pierre Serre, 75 ans, vivait à Malfraigner avec sa femme Jeanne Marie Roche (72 ans), tous deux étant nés dans le département, plus un enfant de 10 ans en nourrice, à côté du ménage formé par J[ea]n Antoine Serre (43 ans), sa femme Marie Rochedy (36 ans), tous deux étant également nés dans le département, et leurs enfants.
- En 1876, Jean-Pierre Serre, 81 ans, vivait à Razes avec sa femme Janne Roche (75 ans), à côté du ménage formé par Antoine Serre (55 ans), sa femme Marie Rochedy (35 ans) et leurs enfants.
- En 1881, Jean Serre, 90 ans, vivait seul à côté du ménage formé par Antoine Serre (56 ans), sa femme Marie Rochedy (48 ans) et leurs enfants.
- En 1886, Jean-Pierre Serre, 90 ans, vivait à Malfragner chez son fils Jean Serre (45 ans).

La disparition de Jeanne Marie Roche entre les recensements de 1876 et 1881 nous oriente droit vers son acte de décès. Ce dernier affirme que Jeanne Marie Roche, 75 ans, épouse de Jean Pierre Serre, née à Labatie-d'Andaure, fille de feus Pierre Roche et Anne Serpolet, a rendu l'âme le 25/05/1879 dans sa maison à Razes sur la commune de Labatie-d'Andaure.

Même si leurs âges sont chaotiques et leurs prénoms parfois versatiles, les deux fils qui apparaissent tout au long de la vie de notre centenaire potentiel sont, sans le moindre doute :
- Jean Antoine, fils de Jean Pierre Serre (35 ans) et Catherine Porte (30 ans), né le 27/05/1828 à Malfragnier dans la commune de Labatie-d'Andaure [12 ans au recensement de 1836, 23 ans au recensement de 1851, 34 ans au recensement de 1861, 37 ans au recensement de 1866, 43 ans au recensement de 1872, 55 ans au recensement de 1876, 56 ans au recensement de 1881 et 63 ans au décès de son père en 1890]
- Jean Pierre, fils de Jean Pierre Serre (38 ans) et Catherine Porte (35 ans), né le 03/03/1833 à Malfragnier dans la commune de Labatie-d'Andaure [2 ans au recensement de 1836, 18 ans au recensement de 1851, 23 ans au recensement de 1856 et 45 ans au recensement de 1886]

Ils étaient issus du premier mariage de Jean Pierre Serre, ce qui explique que Jean Antoine Serre ait déclaré son père "veuf de Catherine Porte", sans signaler ses unions suivantes. Ainsi, le plus ancien des 3 actes de mariage, daté du 04/02/1821 à Labatie-d'Andaure, stipule que Jean Pierre Serre, 26 ans, né et domicilié à Labatie-d'Andaure, fils de feus Pierre Serre et Françoisse Gassonnet, a pris pour épouse Catherinne Porte, 23 ans, née et domiciliée à Labatie-d'Andaure, fille de présent Pierre Porte et de feue Marie Astie.

Cette première union a donné au moins 3 autres enfants :
1) Rosaly, fille de Jean Pierre Serre (31 ans) et Catherine Porte, née le 22/11/1825 au lieu de Malfragnier à Labatie-d'Andaure, où elle est décédée le 23/02/1827 à l'âge déclaré -et très exagéré- de 5 ans, son père Jean Pierre Serre étant dit âgé de 30 ans
2) Marie, sa sœur jumelle, née le même jour au même endroit, où elle est décédée le 15/02/1828 à l'âge déclaré de 3 ans, son père Jean Pierre Serre étant dit âgé de 34 ans
5) François, fils de Jean Pierre Serre (40 ans) et Catherine Porte, décédé le 03/05/1838 au Malfragnier dans la commune de Labatie-d'Andaure, à l'âge déclaré de 2 ans [il semble ne pas avoir été titulaire d'un acte de naissance]

Un dernier acte de naissance fait état de la venue au monde d'un fruit du mariage suivant : Marie Mélanie, fille de Jean Pierre Serre (50 ans) et Marianne Crox (35 ans), née le 12/12/1847 à Malfragner dans la commune de Labatie-d'Andaure.

Si j'ai poussé mes investigations jusqu'à collecter 25 documents mentionnant l'âge de Jean Pierre Serre, c'est bien parce que son acte de naissance est introuvable... En effet, ses parents n'ont jamais déclaré d'enfant en mairie de Labatie-d'Andaure. Pourtant, il est peu probable que Jean Pierre Serre soit né ailleurs, puisque les baptêmes de ses aînés ont bien été enregistrés dans la paroisse de Labatie-d'Andaure, que sa mère est censément décédée audit Labatie-d'Andaure fin juillet 1804 sans que son trépas ait été signalé en mairie, et qu'aucune des sources que j'ai découvertes ne situe la naissance de Jean Pierre Serre ailleurs qu'à Labatie-d'Andaure.

Dans les registres paroissiaux de Labatie-d'Andaure, si l'acte de baptême de Joseph, fils de Pierre Serre et Françoise Gocenet, né le 09/12/1791 au lieu de Malfragniers, nous intéresse peu, celui du frère précédent explique bien des choses. En l'occurrence, Jean Pierre, fils de Pierre Serre et Françoise Gocenet, est né le 03/04/1789 audit lieu de Malfragniers : c'est sa date de naissance qui est apposée en marge des 2ème et 3ème mariages de notre présumé centenaire ! Quel dommage que le Jean Pierre Serre à qui appartenait cet acte de baptême soit mort bébé... Son acte de sépulture atteste que Jean Pierre Serre, fils de Pierre Serre et Francoise Gocenet, est décédé le 12/07/1789 au lieu de Malfragnier, à l'âge déclaré "denviron deux mois et demy".

La date de naissance du 03/04/1789 ayant été écartée et la venue au monde de notre pseudo centenaire n'ayant -de toute évidence- pas été déclarée aux autorités civiles, il ne reste plus qu'à calculer une année de naissance probable à partir des documents collectés. Voici le traditionnel graphique de synthèse, où les deux points rouges figurent les mentions de la date de naissance de son frère et homonyme décédé en bas âge :

Que l'on retire les points aberrants ou non, la moyenne reste fixée sur l'année 1795.

Je conclus de ce qui précède que Jean Pierre Serre, décédé le 05/12/1890 à Labatie-d'Andaure, est probablement né dans cette même commune vers 1795. Sa vie a donc duré environ 95 ans.
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Marie VEDEL veuve BOLZE (1794-1887) de Valgorge (Ardèche)

Message par Cyril le Jeu 25 Oct 2018 - 0:36

D'après son acte de décès, Marie Vedel, 101 ans, veuve de Noë Bolze, née à Beaumont, est décédée le 15/03/1887 "dans la maison Deydier située au lieu de St Martin commune de Valgorge". Cette maison Deydier est vraisemblablement celle du premier comparant et gendre de la défunte, Victor Deydier (54 ans).

L'acte de mariage dudit gendre, daté du 28/04/1864 à Dompnac [juste au sud de Valgorge], a scellé l'union de Jean Victor Deydier, 32 ans, né et domicilié à Valgorge, avec Marianne Bolze, 28 ans, née et domiciliée à Dompnac, fille de feu Noé Bolze (décédé le 08/01/1848) et de vivante Marie Védel.

C'est effectivement le 08/01/1848 qu'a été déclaré le décès de Noé Bolze en mairie de Dompnac. L'époux de Marie Védel, fils de feus Jean Bolze et Marianne Jouve, y avait trépassé la veille, dans sa maison du lieu de Pourcharesse, à l'âge déclaré de 53 ans.

Leurs 10 enfants, dont Marianne (au 9ème rang), sont nés à Dompnac :
1) Sophie, fille de Noë Bolze (27 ans) et Marie Vedel, est née le 11/04/1819.
2) Jean Bruno, fils de Noé Bolze (27 ans) et Marie Vedel, est né le 11/02/1821.
3) Marianne, fille de Noé Bolze dit Miraude (27 ans) et Marie Vedel, est née le 09/01/1823.
4) Anne Marie, fille de Noël Bolze (31 ans) et Marie Vedel, est née le 25/02/1825.
5) Appollonie, fille de Noë Bolze (36 ans) et Marie Vedel, est née le 08/10/1827.
6) Louis Bazile, fils de Noë Bolze (36 ans) et Marie Vedel (29 ans), est né le 20/08/1829 à Pourcharesses.
7) Marie Anne Melanie, fille de Noë Bolze Meyraude (40 ans) et Marie Vedel (34 ans), est née le 01/01/1832 à Pourcharesses.
8) Susanne, fille de Noë Bolze (40 ans) et Marie Vedel, est née le 09/09/1834 à Pourcharesse.
9) Marianne [la future madame Deydier], fille de Noë Bolze (40 ans) et Marie Vedel, est née le 15/04/1836 à Pourcharesse.
10) Eugène, fils de Noë Bolze (45 ans) et Marie Vedél, est né le 29/12/1838 à Pourcharesse.

Le mariage du couple Bolze-Vedel a également été enregistré à Dompnac, le 18/12/1817. L'acte civil témoigne de l'union de Noe Bolze, 23 ans, né et domicilié à Dompnac, fils de présents Jean Antoine Bolze et Marianne Jouve, avec Marie Védel, 22 ans, née et domiciliée à Beaumont, fille de feu Laurent Védel (domicilié de son vivant à Beaumont) et de présente Marianne Deydier (domiciliée à Valgorge).

L'acte de décès de Marianne Deydier atteste qu'elle a perdu la vie à Valgorge le 09/07/1825, à l'âge déclaré de 60 ans. Sur ce document, elle est dite mariée avec Antoine Michel, mais la table des successions et des absences nomme Augustin Vedel comme son héritier. Son identité est définitivement confirmée par un acte de mariage, contracté le 4 prairial XIII (24/05/1805) à Valgorge entre Antoine Michel, 36 ans, et Marianne Deydier, 50 ans, fille de feu Jean Deydier et Marie Mathieu [également cités sur le précédent acte de décès], veuve de Laurent Vedel.

La mère de notre présumée centenaire a porté le deuil près d'une décennie. En effet, selon son acte de décès, Laurens Vedel, 50 ans, époux de Marianne Deydier, est mort le 11 prairial V (30/05/1797) dans sa maison au lieu de la Roche sur la commune de Beaumont. Les déclarants étaient ses fils Augustin Vedel (23 ans) et Jean Vedel (21 ans), le premier étant manifestement le futur héritier de sa mère en 1825. Les âges d'Augustin et Jean indiquent que le couple Vedel-Deydier était déjà un vieux couple, ce dont atteste leur acte de mariage, daté du 12/02/1774 à Valgorge : ce jour-là, Laurent Vedel, fils d'Antoine Vedel et Marie Dumas, du lieu de la Roche dans la paroisse de Beaumont, a convolé en justes noces avec Mari-Anne Deydier, fille de Jean Deydier et Marie Mathieu, du lieu du Chalas dans la paroisse de Valgorge.

Finalement, je n'ai réussi à dénicher que 3 actes mentionnant l'âge de Marie Vedel de son vivant :
- 34 ans à la naissance de sa fille Marie Anne Melanie Bolze en janvier 1832 => Née vers 1797
- 29 ans à la naissance de son fils Louis Bazile Bolze en août 1829 => Née vers 1799-1800
- 22 ans à son mariage avec Noé Bolze en décembre 1817 => Née vers 1795

Son père Laurent Vedel étant mort en mai 1797, la seconde estimation est aberrante. C'est l'acte de mariage qui s'approche le plus près de la vérité. En effet, Marie Vedel était la petite dernière de sa fratrie, n'ayant aucun frère ou sœur né après la mise en place de l'état civil. D'après son acte de naissance, Marie, fille de Laurant Vedel et Marianne Deidier, a vu le jour le 27 frimaire III (17/12/1794) dans la section de la Roche sur la commune de Beaumont. Elle avait donc fêté ses 23 ans la veille de son mariage.

En conclusion, il apparaît que Marie Vedel, décédée le 15/03/1887 à Valgorge, était née le 17/12/1794 à Beaumont, soit une longévité de 92 ans et 88 jours.
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Joseph NURY (c.1796-1893) de St-Andéol-de-Fourchades (Ardèche)

Message par Cyril le Mer 24 Oct 2018 - 1:24

D'après son acte de décès, Joseph Nury, 103 ans, veuf d'Anne Redon [ou Rose Redon d'après la table des successions et des absences], né à Saint-Andéol-de-Fourchades, fils de feus Jacques Nury et Rose Riou, est décédé le 20/03/1893 à Pras dans la commune de Saint-Andéol-de-Fourchades.

Selon les recensements de Saint-Andéol-de-Fourchades :
- En 1886, Joseph Nury, 90 ans, rentier, vivait à Pras chez son fils Joseph Nury (48 ans), la femme de celui-ci Sophie Lafont (31 ans) et leurs 7 enfants âgés de 2 mois à 13 ans, ainsi qu'un domestique.
- En 1881, Joseph Nury, 85 ans, cultivateur, vivait à Prat chez son fils Joseph Nury (41 ans), sa femme Sophie Laffont (27 ans) et les 4 "enf[an]t[s] du chef" âgés de 6 mois à 8 ans, ainsi qu'une servante.
- En 1872, Joseph Nury, 70 ans, cultivateur, vivait à Pras avec sa femme Rose Redon (60 ans), dans la même maison que le ménage formé par Joseph Nury (32 ans), sa femme Henriette Faure (29 ans) et leurs 2 filles de 16 mois et 3 ans, ainsi que 2 domestiques, tous étant dits nés dans la commune.
- En 1866, Joseph Nury, 69 ans, cultivateur, vivait à Pras avec sa femme Rose Redon (67 ans), leurs 2 fils célibataires Joseph Nury (28 ans) et Victor Nury (19 ans), le frère du chef de ménage Régis Nury (64 ans, célibataire) et une bergère.
- En 1856, Joseph Nury, 60 ans, cultivateur, vivait aux Granges avec sa femme Rose Rédon (48 ans), leurs 6 enfants célibataires Victoire Nury (20 ans), Enriète Nury (19 ans), Joseph Nury (16 ans), Sophie Nury (15 ans), Tavie Nury (12 ans) et Victor Nury (10 ans), ainsi qu'un domestique.
- En 1851, Joseph Nury, fermier cultivateur, 40 ans, vivait aux Granges de Joux avec sa femme Rose Redon (40 ans), leurs 9 enfants célibataires Anne Nury (21 ans), Julie Nury (17 ans), Tavie Nury (16 ans), Sophie Nury (14 ans), Henriette Nury (11 ans), Victoire Nury (8 ans), Silvie Nury (6 ans), Anastasie Nury (5 ans) et Joseph Nury (4 ans), ainsi que le frère du chef de ménage Régis Nury (43 ans, célibataire).

Rose Redon ayant disparu des recensements entre 1872 et 1881, son acte de décès doit logiquement se trouver dans les registres de Saint-Andéol-de-Fourchades à cette époque. En effet, c'est le 12/03/1878 que Rose Redon, 72 ans, épouse de Joseph Nury, née à Saint-Martial [contrairement à ce qui est indiqué dans le recensement de 1872], fille de Louis Jacques Redon et Marie Soulier, est décédée "dans la maison de son mari située à Pras commune de Saint-Andéol-de-Fourchades".

En 1846, la famille Nury n'a pas été recensée à Saint-Andéol-de-Fourchades. Elle vivait alors à Saint-Martial, où les registres des naissances témoignent de la venue au monde des 11 enfants du couple Nury-Redon :
1) Anne, fille de Joseph Nury (34 ans) et Anne Redon (23 ans), née le 18/11/1829 au mas de la Croze
2) Marie Rose, fille de Joseph Nury (33 ans) et Rose Redon (28 ans), née le 31/05/1831 à la Croze
3) Jean Jacques Louis, fils de Joseph Nury (33 ans) et Rose Redon (26 ans), né le 11/08/1832 à la Croze [décédé le 26/04/1838 à Tredos, en tant que Louis Nury, fils de Josephe Nury (40 ans) et Rose Redon, à l'âge déclaré de 6 ans]
4) Julie, fille de Joseph Nury (32 ans) et Rose Redon (27 ans), née le 24/10/1833 à la Croze
5) Marie Victoire, fille de Joseph Nury (36 ans) et Marie Rose Redon (32 ans), née le 31/12/1836 au mas de la Croze
6) Henriette, fille de Joseph Nury (40 ans) et Rose Redon (30 ans), née le 11/09/1837 à Tredos
7) Joseph Martin, fils de Joseph Nury (36 ans) et Rose Redon (29 ans), né le 13/03/1839 à Treydos
8) Sophie, fille de Joseph Nury (32 ans) et Rose Redon (30 ans), née le 17/03/1841 à Treydos
9) Marie Octavie, fille de Joseph Nury (40 ans) et Rose Redon (37 ans), née le 25/09/1843 à Treydos
10) Henri Victor, fils de Joseph Nury (42 ans) et Rose Redon (39 ans), né le 14/08/1845 à Treydos [décédé le 13/09/1845 audit Treydos]
11) Joseph Victor, fils de Joseph Nury (43 ans) et Rose Redon (33 ans), né le 27/09/1846 à Treydos

C'est également à Saint-Martial qu'a été célébré le mariage du couple Nury-Redon. Ainsi, le 25/02/1829, Joseph Nury, 33 ans, né à Saint-Martial [en contradiction avec son acte de décès et le recensement de 1872] où il était domicilié à Treidos, fils de feus Jacques Nury et Rose Riou, a épousé Anne Redon, 20 ans, née et domiciliée à Coudas dans la commune de Saint-Martial, fille de présent Jacques Redon (domicilié à Saint-Martin-de-Valamas) et de feue Marie Soulier. Les bans publiés à Saint-Martin-de-Valamas ne divergent, de façon minime, que sur deux points : l'orthographe du patronyme de la promise (Redond) et l'âge du fiancé (32 ans).

Concernant le prénom de l'épouse de Joseph Nury :
- celui indiqué dans la table des successions et des absences en 1893, à savoir "Rose", était manifestement son prénom usuel, puisqu'on le retrouve sur tous les recensements, ainsi que dans les actes de naissance de ses 10 derniers enfants ;
- celui inscrit sur l'acte de décès de son mari, c'est-à-dire "Anne", n'a visiblement été utilisé que deux autres fois (dans son acte de mariage et l'acte de naissance de sa fille aînée), ce qui signifie que c'était probablement son prénom légal, sachant qu'il existe un acte de naissance correspondant où Anne Redon, fille de Jaques Redon et Marie Soulier, naît le 09/01/1809 au mas de Deux Eaux à Saint-Martial [ce qui implique qu'elle aurait bien été âgée de 20 ans au 25/02/1829].

A Saint-Martial, j'ai découvert les actes de naissance de ceux qui étaient probablement les plus jeunes frères et sœur de notre centenaire potentiel :
- Regis, fils de Jeacques Nury et Roze Riou, né le 25 prairial XI (14/06/1803) à Pravaletez [recensé chez son frère Joseph en 1851 et 1866, il est décédé le 28/05/1878 à Pras sur la commune de Saint-Andéol-de-Fourchades, en tant que Régis Nury, 74 ans, célibataire, né à Saint-Martial, fils de feu Louis Jacques Nury]
- Alexis, fils de Jeacques Nury et Roze Riou, né le 4ème jour complémentaire de l'an XIII (21/09/1805) à Pravaletez [il a épousé Marie Feroul le 21/04/1841 au Cheylard, en tant qu'Alexis Nury, 35 ans, né à Saint-Martial, fils de feus Jacques Nury et Rose Riou anciennement domiciliés à Saint-Andéol-de-Fourchades]
- Marie Rose, fille de Jaques Nury et Rose Riou, née le 21/12/1807 à Lavallette [elle a épousé Claude Dalard le 24/02/1832 à Saint-Martial, en tant que Marie Rose Nury, 25 ans, née et domiciliée à Saint-Martial, fille de feus Jacques Nury et Rose Riou]

Auxquels il convient d'ajouter un frère plus âgé, que j'ai identifié grâce à son acte de mariage avec Marie Rose Philibert, célébré le 05/05/1825 à Saint-Andéol-de-Fourchades. Il s'agit de Pierre Nury, alors dit âgé de 27 ans, né à Saint-Martial, fils de feus Jacque Nury et Rose Riou, "ledit perre Decedé depuis quatorze ans Et ladite mere decedée aussi depuis quatorze ans".

Les informations données sur les parents sont confirmées par le registre des décès de Saint-Andéol-de-Fourchades :
- Jacques Nury, époux de Rose Riou, est décédé le 10/08/1811 au lieu de Joux, à l'âge déclaré de 48 ans.
- Rose Riou, veuve de Jacque Nury, est décédée le 02/10/1811 au lieu de Joux, à l'âge déclaré de 42 ans.

Les actes de naissance de (Jean) Pierre et Joseph Nury, de même que l'acte de mariage de leurs parents sont restés introuvables. Le fait que les registres paroissiaux et d'état civil de Saint-Martial soient lacunaires de janvier 1790 à septembre 1798 n'y est certainement pas étranger, même si ce n'est pas la seule commune que j'ai vérifiée.

Les documents collectés mentionnant l'âge de Joseph Nury permettent de dresser le graphique suivant :

Ces âges sont extrêmement dispersés, mais on peut remarquer une période de "rajeunissement" global entre le mariage en 1829 et le recensement de 1851, où Joseph Nury n'a vieilli -administrativement- que de 8 ans en l'espace de 22 ans (un phénomène artificiel que Rose Redon a aussi subi dans une moindre mesure), puis un retour à la normale avec 4 recensements cohérents sur 5 entre 1856 et 1886, pour finir sur un âge manifestement exagéré au décès en 1893.

Avant de faire une moyenne, je me suis permis de retirer 4 points que je juge aberrants : l'acte de décès, les deux documents qui impliquent une naissance en 1808 et 1810 (alors qu'aucun autre ne donne une estimation supérieure à 1803) et le recensement de 1872 (qui est totalement incohérent par rapport aux deux qui l'ont précédé et aux deux qui l'ont suivi). Le résultat suggère une naissance aux alentours de 1798-1799.

Cependant, une fois n'est pas coutume, je crois qu'il serait possible de faire une estimation "raisonnée" en fonction du contexte. Tout d'abord, étant donnée la lacune observée dans les registres de Saint-Martial, où l'acte de mariage de Joseph Nury le prétend né et où les autres membres de sa fratrie sont également venus au monde, notre pseudo centenaire doit être né avant septembre 1798. De plus, vu que les recensements de 1856, 1866, 1882 et 1886 sont cohérents, non seulement entre eux mais aussi avec l'acte de mariage de Joseph Nury, lequel est supposé avoir été dressé en présence de son acte de naissance (selon l'article 70 du code civil en vigueur depuis 1803), il semble raisonnable de penser que ces documents sont les plus fiables en termes d'âges. Un nouveau calcul remonterait l'époque de naissance de Joseph Nury jusque début 1796.

En conclusion, même si Joseph Nury n'a manifestement jamais été centenaire, il est probablement né vers 1796 à Saint-Martial et a ainsi vécu durant environ 97 ans.
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Cathérine MALOSSE veuve CHANAL (1797-1891) de Dornas (Ardèche)

Message par Cyril le Dim 21 Oct 2018 - 0:24

D'après son acte de décès, Cathérine Malosse, 100 ans, veuve de Jacques Chanal, née à Borée, fille de feus Jean Louis Malosse et Anne Chareyre, est décédée le 07/05/1891 dans sa maison à Dornas.

En l'absence de recensements, les seuls indices exploitables sont les identités des parents et de l'époux. L'acte de décès de ce dernier se trouve à Borée, la commune d'origine de sa femme. Jacques Chanal, 42 ans, "epoux de Rose Malosse Catherine menagere agée de quaran[te ? ans]", fils de feus Pierre Chanal et Anne Prat demeurant de leur vivant à Borée, y est décédé au chef-lieu le 13/01/1844. Le premier comparant était le beau-frère du défunt, Claude Malosse (41 ans), du lieu de Prévenchères à Borée.

C'est aussi dans la commune de Borée que le couple a donné naissance à ses 6 enfants :
1) Marie Rose, fille de Jacques Chanal (44 ans) et Cathérine Malosse (32 ans), née le 13/12/1830 à Lioussac
2) Anne, fille de Jacques Chanal (31 ans) et Catherine Malosse (30 ans), née le 17/12/1831 à la Mûre
3) Rosalie, fille de Jacques Chanal (33 ans) et Cathérine Malosse (32 ans), née le 20/01/1834 à la Mure [et décédée le 05/02/1838 au lieu d'Eschamps, à l'âge déclaré de 4 ans]
4) Pierre, fils de Jacques Chanal (38 ans) et Cathérine Malosse (34 ans), né le 09/10/1835 à Sémeclause sous Eschamp
5) Louis, fils de Jacques Chanal (38 ans) et Cathérine Malosse (34 ans), né le 08/01/1838 à Eschamps [et décédé le 12/03/1841 au lieu de Larmurier, à l'âge déclaré de 3 ans]
6) Marie Philomène, fille de Jacques Chanal (39 ans) et Catherine Malosse (37 ans), née le 09/11/1840 à Issartel

Leur fille aînée s'est mariée le 26/09/1860 à Dornas avec Joseph Defour (26 ans), en tant que Rose Chanal, 28 ans, née à Borée, fille de feu Jacques Chanal domicilié à Borée et de présente Catherine Malosse domiciliée à Dornas. Elle est décédée du vivant de sa mère, le 27/03/1888 à Dornas, sous l'identité de Marie Rose Chanal, 56 ans, célibataire [en réalité veuve depuis le 19/09/1879], née à Borée, fille de Chanal décédé et de Cathérine Malosse demeurant à Dornas.

Le seul acte de mariage qui puisse correspondre à notre présumée centenaire est daté du 21/02/1830 à Borée. L'acte en question a entériné l'union de Jacques Chanal, 35 ans, veuf d'Elizabeht Reynaud, né au lieu de Liaussac à Borée, fils de feu Pierre Chanal et de présente Anne Prat, avec Marie Rose Malosse, 23 ans, célibataire, née au lieu de Prévenchères à Borée, fille de de présents Jean Louis Malosse et Anne Charreyre. Certes, la mariée s'appelle "Marie Rose" au lieu de "Catherine", mais cela explique justement pourquoi l'acte de décès de Jacques Chanal prénommait son épouse "Rose" avant que ce prénom ne soit barré et remplacé par "Catherine".

Les parents de Cathérine Malosse sont décédés peu avant leur gendre :
- Sa mère Anne Chareyre, 74 ans, épouse de Jean Louis Malosse, fille de feus Claude Chareyre et Marianne Chabal anciennement domiciliés à Saint-Martial, a rendu l'âme le 06/02/1835 au village de la Rochette à Borée.
- Son père Jean Louis Malosse, 81 ans, veuf d'Anne Charreyre, fils de feus Jean Louis Malosse et Marie Madelaine Chapus, a quitté ce monde le 12/12/1843 à Chalisson dans la commune de Saint-Martial. Son décès a été déclaré par ses fils Jean Louis Malosse (58 ans), du même lieu [chez lequel il vivait manifestement, la maison "appartenant à l'Epouse dudit jean louis malosse"], et Jean Claude Malosse (41 ans), demeurant à la Batie sur la commune de Borée.

C'est le 05/02/1782 à Borée qu'a été béni le mariage de Jean Louis Mallosse, fils de Jean Louis Mallosse et de feue Marie Magdellaine Chapus du lieu de Prévenchères à Borée, avec Anne Chareyre, fille de Claude Chareyre et Marianne Chabal du mas de la Cesse à Saint-Martial. Leur descendance est difficile à répertorier dans son intégralité, à cause d'une lacune de 4 ans et demi dans les registres paroissiaux et d'un enfant -au moins- non déclaré à l'état civil :
1) Marianne, fille de Jean Louis Malosse et Anne Chareyre, née le 19/04/1784 au lieu de Prévenchères
2) Jean Louis, fils de Jean Louis Malosse et Anne Chareyre, né le 18/12/1785 au lieu de Prévenchères
?) Des enfants potentiels dont les actes de baptême dateraient de la lacune des registres de Borée d'avril 1786 à décembre 1790
3) Jojeph, fils de Jean Louis Malosse et Anne Chareyre, né le 04/01/1791 au lieu de Prévenchères
4) Jean François Regis, fils de Jean Louis Mallosse et Anne Chareyre, né le 12 germinal III (01/04/1795) au lieu de Prévenchères
5) Catherine, fille de Jean Louis Malosse et Anne Chareyre, née le 1er nivôse VI (21/12/1797) au lieu de Prévenchères
6) Jean Claude, né vers 1800 [il est dit âgé de 29 ans le 17/02/1828, puis de 41 ans les 13/12/1843 et 14/01/1844] au lieu de Prévenchères [selon son acte de mariage]
7) Marie Roze, fille de Jean Louis Malosse (60 ans) et Anne Chareyre, née le 02/08/1808 au lieu de Prévenchères

A première vue, Cathérine Malosse s'étant mariée sous le prénom de "Marie Rose" en 1830, à l'âge déclaré de 23 ans, il pourrait s'agir de la benjamine de la fratrie, née en 1808. Mes recherches démontrent que ce n'est pas le cas, puisque malgré des fluctuations ahurissantes de son âge, ladite benjamine :
- Marie Rose Malosse, 44 ans, née à Prévenchères sur la commune de Borée, fille de vivant Jean Louis Malosse et de feue Anne Charreyre, a épousé Antoine Chambon (53 ans) le 13/10/1836 à Borée ;
- Rose Malosse est devenue veuve d'Antoine Chambon (76 ans) le 24/11/1852 à Chanéac ;
- Marie Rose Malosse, 52 ans, [veuve d'Antoine Chambon d'après les bans publiés à Arcens], fille de Louis Malosse décédé à Saint-Martial et d'Anne Chareyre décédée à Borée, s'est remariée avec Jean Jacques Blanchard (60 ans) le 29/05/1857 à Chanéac ;
- Rose Malosse, 50 ans, [épouse de Jean Jacques Blanchard d'après la table des successions et des absences], est décédée le 10/02/1860 à Arcens.

Ces 4 actes concernent indubitablement la même personne, laquelle s'est -étrangement- vieillie de 16 ans à son premier mariage et de 4 ans à son second mariage, pour finalement être rajeunie d'un an sur son acte de décès. Cathérine Malosse, décédée le 07/05/1891, était donc une personne distincte de Marie Roze Malosse, née le 02/08/1808, bien qu'il ne soit pas exclu qu'elle ait utilisé l'identité de cette dernière pour se marier. Le cas échéant, j'avoue que je n'en saisirais pas le motif, s'il s'avérait qu'elle possédait bien un acte de naissance (celui de Catherine Malosse née le 21/12/1797). Ceci dit, c'est exactement ce qu'a fait Anne Mounier en 1849, donc c'est malgré tout possible.

Les âges revendiqués par notre présumée centenaire de son vivant, dans les documents collectés où elle se prénommait "Catherine", impliquent qu'elle serait née :
- vers 1798 d'après l'acte de naissance de sa fille Marie Rose en 1830
- vers 1801 d'après les actes de naissance de ses enfants Anne, Rosalie et Pierre en 1831, 1834 et 1835
- vers 1803 d'après les actes de naissance de ses enfants Louis et Marie Philomène en 1838 et 1840
- entre 1794 et 1803 d'après l'acte de décès de son mari, dont il manque une bande à droite empêchant de lire la fin de l'âge qui nous intéresse, rendant cet acte inutilisable pour estimer une année de naissance

On constate que l'âge inscrit sur son acte de mariage (23 ans en 1830) est totalement incohérent avec le reste des documents. Il ne rentre même pas dans la fourchette d'une décennie délimitée par l'acte de décès incomplètement numérisé de son mari. En outre, il est peu probable qu'Anne Chareyre, qui n'avait apparemment pas eu d'enfant depuis environ 8 ans et était âgée de 46 ans révolus à la venue au monde de Marie Roze [elle était née le 08/03/1762 à Saint-Martial], ait accouché d'une autre fille l'année précédente dans ces conditions.

Etant donné que 1° l'âge déclaré à la naissance de sa fille aînée est compatible avec la date du 21/12/1797 [Catherine n'aurait effectivement soufflé sa 33ème bougie -pour peu qu'elle ait eu connaissance de sa date d'anniversaire- qu'une semaine plus tard], que 2° je ne lui ai pas trouvé d'homonyme à Borée ni à Dornas, et que 3° la moyenne des années de naissance déduites des documents collectés (1801) reste raisonnablement proche de cette date, j'en conclus que l'acte de naissance de Catherine Malosse, 5ème enfant répertorié de la fratrie, était vraisemblablement celui de notre pseudo centenaire.

Par conséquent, Cathérine Malosse, décédée le 07/05/1891 à Dornas, était certainement née le 21/12/1797 à Borée, soit une longévité réelle de 93 ans et 137 jours.
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Marie COUDÈNE veuve GANDON (c.1799-1891) de Burzet (Ardèche)

Message par Cyril le Ven 19 Oct 2018 - 1:12

D'après son acte de décès, Marie Coudène, 103 ans, veuve d'André Gandon ("quand vivait, cultivateur, à Burzet"), née à Montpezat[-sous-Bauzon], fille de feus Jean Louis Coudène et Marie Volle, est décédée le 06/03/1891 "dans sa maison située à Belvézet commune de Burzet". Le premier comparant était son fils André Gandon (62 ans), du lieu d'Andrieux à Burzet.

Dans les registres des décès de Burzet, le seul acte qui puisse correspondre à son mari atteste qu'André Gandon, 92 ans, "époux de Françoise Coudène, âgée de quatre vingt seize ans", né à Burzet, fils de feus Jean Gandon et Marie Saugue, est décédé le 12/03/1887 "dans sa maison située à l'Esperit commune de Burzet". Ici également, le premier comparant était son fils André Gandon (58 ans), du même lieu.

Cette dualité entre les prénoms "Marie" et "Françoise" durait depuis bien longtemps, mais le seul moment de la vie de notre présumée centenaire où les deux se sont côtoyés, c'était à l'époque de son mariage :
- Elle se prénomme "Marie" dans son acte de mariage daté du 04/03/1821 à Burzet, lequel a scellé l'union d'André Gandon, 24 ans, né à Burzet, fils de présent Pierre Gandon et de Marie Saugues domiciliés au lieu d'Autuches [commune de Burzet], avec Marie Coudène, 33 ans, née à Montpezat, fille de présents Andre Coudène et Catherine Vole domiciliés aux Oulettes [commune de Burzet]. On ne peut que déplorer la valse des prénoms du père du marié ("Pierre" au lieu de "Jean") et des parents de la mariée ("Andre" et "Catherine" au lieu de "Jean Louis" et "Marie"), une information par trop inconstante dans cette famille...
- Elle se prénomme "Marie Francoise" dans les bans (le premier ayant été publié exactement un mois plus tôt, le 04/02/1821 à Burzet), puisque ceux-ci annonçaient le mariage prochain d'André Gandon, 24 ans, domicilié à Autuche sur la commune de Burzet, fils de Jean Gandon et Marie Saugues, avec Marie Francoise Coudene, 24 ans, domiciliée à Oulettes sur la commune de Burzet, fille d'André Coudene et Catherine Vole. Ici, bizarrement, le père du marié a récupéré son prénom, ce qui suggère que "Pierre" était son prénom légal et "Jean" son prénom d'usage. Quant aux parents de la mariée, considérant qu'ils ont perdu la vie 6 décennies avant leur fille, il est excusable que leurs prénoms aient été oubliés par leur petit-fils André Gandon. En l'occurrence, André Coudene, époux de Catherine Volle, a rendu l'âme à Montpezat le 05/06/1830 à l'âge déclaré de 96 ans, tandis que Catherine Volle, veuve de Jean André Coudene, a perdu la vie à Montpezat le 18/04/1832 à l'âge déclaré de 75 ans.

Deux prénoms concurrents et deux âges concurrents entre la publication des bans et le mariage ? C'est une situation que nous avons déjà rencontrée -un peu trop souvent à mon goût- chez de présumés centenaires ardéchois. Cela signifie une probable usurpation d'identité au sein de la fratrie ! Et en effet, si Marie Coudène, dite âgée de 33 ans à son mariage en 1821 et de 103 ans à son décès en 1891 [des âges parfaitement concordants], c'est son alter ego Françoise Coudène qui prend le pas dans tous les actes d'état civil dont elle n'est pas la titulaire, à savoir principalement les actes de naissance, mariage et décès de ses enfants, lesquels indiquent que :
1) Rosalie, fille d'André Gandon (25 ans) et Françoise Coudène, est née le 29/12/1821 à Autuche sur la commune de Burzet. Elle s'est mariée avec Joseph Gandon le 06/11/1847 à Burzet, en tant que Rosalie Gandon (25 ans), "native de Burzet, domiciliée à Autuches, Burzet", fille de présents André Gandon et Françoise Coudène domiciliés audit Autuches.
2) Marie, fille d'André Gandon (27 ans) et Francoise Coudene, est née le 03/04/1824 à Autuche sur la commune de Burzet.
3) Antoine, fils d'Antoine Gandon (26 ans) et Françoise Coudene, est né le 15/02/1827 à Autuches sur la commune de Burzet, hameau dans lequel il est décédé le 24/05/1828, en tant que fils d'André Gandon (32 ans) et Françoise Coudene, à l'âge déclaré -et exact- de 15 mois. Les identités incohérentes du père dans les deux actes constituent une preuve supplémentaire que les prénoms étaient particulièrement changeants dans cette famille.
4) André, fils d'André Gandon (36 ans) et Françoise Coudène (26 ans), est né le 29/03/1829 à Autuches sur la commune de Burzet. Il s'est marié avec Marie Brigitte Etienne le 26/11/1856 à Burzet, en tant qu'André Gandon (27 ans), "natif d'Autuches (Burzet)", fils de présents André Gandon et Françoise Coudène domiciliés audit Autuches. Agé de 58 ans en 1887 et de 62 ans en 1891, c'est indiscutablement lui qui a déclaré les décès de ses deux parents en mairie de Burzet.
5) Jean, fils de Jean André Gandon (35 ans) et Françoise Coudène (32 ans), est né le 31/12/1831 à Autuches sur la commune de Burzet. Il s'est marié avec Nathalie Labrot le 30/09/1861 à Burzet, en tant que Jean Gandon (29 ans), "natif d'Autuches (Burzet)", fils de présents Jean André Gandon et Françoise Coudène domiciliés audit Autuches.
6) Françoise, fille d'André Gandon (37 ans) et Françoise Coudène (35 ans), est née le 14/02/1835 à Autuches sur la commune de Burzet. Elle est décédée le 01/07/1896 "dans sa maison située à Belvézet, commune de Burzet", en tant que Françoise Gandon (66 ans), veuve en secondes noces de Cyprien Blachère et mère de Jacques Fargier (36 ans), "née à Autuche, commune de Burzet", fille de feus André Gandon et Françoise Coudène.
7) Marie Sophie, fille d'André Gandon (40 ans) et Françoise Coudène (41 ans), est née le 01/03/1838 à Autuches sur la commune de Burzet. Elle s'est mariée avec Pierre Berton le 07/10/1863 à Burzet, en tant que Sophie Gandon (25 ans), "native d'Autuches (Burzet)", fille de présents André Gandon et Françoise Coudène domiciliés audit Autuches.

Le dépouillement des registres paroissiaux et d'état civil de Montpezat dévoile les actes de baptême ou de naissance de seulement 4 des membres de la fratrie de notre pseudo centenaire :
1) Marie, fille d'André Coudeine et Catherine Volle, née le 16/04/1788 au Pont Lagleige [le hameau d'origine de la mère, d'après mes recherches]
2) Jean Baptiste, fils d'André Coudene et Chaterine Volle, né le 25/12/1789 au lieu de Chambis [le hameau d'origine du père, d'après mes recherches]
3) Entoine, fils de Jean André Coudeine et Catherine Volle, né le 05/01/1792 au Pont Lagleige [qui était le premier comparant sur l'acte de décès de son père en 1830]
4) Jean André, fils de Jean André Coudene (42 ans) et Catherine Volle (30 ans), né le 16 nivôse II (05/01/1794) au lieu de Chambis

Si l'on s'en tient là, Marie fait une candidate idéale : née en 1788, elle aurait effectivement eu 33 ans en 1821 et 103 ans en 1891. Cependant, même en supposant qu'elle ait eu pour surnom "Françoise", je ne vois aucune raison pour qu'elle se soit rajeunie de 9 ans à la publication des bans, puis de 9 à 15 ans sur les actes de naissance de ses 4 derniers enfants.

Malheureusement, une partie des enfants de (Jean) André Coudène et Catherine Volle manque à cette liste, comme le prouve l'examen des registres d'état civil des communes alentour :
- Un acte de mariage rédigé le 19 fructidor XII (06/09/1804) à Usclades[et-Rieutord] a scellé l'union de Joseph Ceyte (23 ans) avec une certaine Marie Coudenne, née à la Thullerie [probablement un lieu-dit de Sainte-Eulalie, paroisse dont dépendait Usclades avant 1792] le 12/05/1777, fille de Jean Andre Coudenne et Catherine Volle. Elle a accouché de tous ses enfants à une époque où l'âge de la mère n'était jamais mentionné dans les actes de naissance ardéchois, sa benjamine étant Marie, fille de Joseph Ceyte (34 ans) et Marie Coudaine, née le 09/01/1817 au lieu des Houlettes à Burzet. Elle est décédée le 23/03/1850 au lieu de Chalias à Montpezat, en tant que Marie Coudène, 65 ans, épouse de Joseph Ceytte (70 ans), fille de feus André Coudène et Catherine Volle. Joseph Ceytte vivait au même endroit que sa belle-mère quand il a déclaré son décès en 1832, à savoir au lieu de Plantades à Montpezat, ce qui laisse à penser qu'il l'a peut-être hébergée sur ses vieux jours.
- Un autre acte de mariage, daté du 23/08/1826 à Burzet, a officialisé les épousailles de Jean Baptiste Volle (33 ans) et d'une dénommée Catherine Coudene, 27 ans, née à Montpezat, fille de présents Andre Coudene et Catherine Volle. Les publications des bans effectuées à Meyras et Montpezat la rajeunissent toutefois de 2 ans. Elle est décédée le 26/09/1834 aux Houlettes à Burzet, en tant que Catherine Coudene, 28 ans, épouse de Baptiste Volle, fille de feus André Coudene et Catherine Volle, le premier comparant étant son beau-frère Jacques Fargier (46 ans) [en l'occurrence le premier mari de sa sœur Françoise].

Le fait que l'acte de baptême de Marie Coudène épouse Ceytte soit introuvable, tant à Sainte-Eulalie qu'à Burzet ou Montpezat ne prouve pas que sa date de naissance soit fausse, puisqu'elle n'aurait eu que 39 ans à la naissance de sa plus jeune fille. Néanmoins, l'âge mentionné sur son acte de décès renvoie à une naissance aux environs de 1785, sans compter que son mari y est plus âgé qu'elle de 5 ans. Or, mes recherches démontrent que Joseph Ceytte était né le 06/04/1783 à Sainte-Eulalie. Par conséquent, il est tout à fait plausible que Marie Coudène épouse Ceytte soit en réalité la Marie Coudeine née le 16/04/1788 à Montpezat, mais je manque d'éléments concrets pour le prouver : le seul acte de mariage -presque illisible- qui semble correspondre au couple Coudène-Volle, enregistré le 13/02/1787 à Montpezat, prénomme le fiancé "Jean Antoine" au lieu de "Jean André", ce qui sème le doute... Quoi qu'il en soit, que sa sœur aînée Marie se soit vieillie de 11 ans à son mariage (devenant ainsi une femme de 27 ans au lieu d'une jeune fille de 16 ans) ou non, la défunte soi-disant âgée de 103 ans en 1891 n'était clairement pas née en 1788. D'ailleurs, si ses parents ont "oublié" de déclarer la naissance de leur fille Catherine en mairie, pourquoi n'auraient-ils pas également oublié Françoise ?

Les âges déclarés dans les documents collectés permettent de construire le graphique suivant, où les points bleus correspondent à Françoise Coudène sous sa présumée identité de naissance, les points rouges à son alter ego Marie Coudène, et le point fuchsia à la publication des bans de Marie Françoise Coudène :

Mathématiquement, si l'on retire les points rouges (où le remplacement de l'identité de la titulaire par celle de sa sœur est flagrante) et le point correspondant à son veuvage (où l'on observe une inflation classique de l'âge dû à la recherche du prestige des doyens), il reste 5 points dont la moyenne indique une naissance vers 1799.

Avant de conclure, je voudrais essayer de prendre la défense de tous ces ardéchois qui, n'ayant pas d'acte de baptême ou de naissance à leur nom, ont usurpé les identités de leurs frères ou de leurs sœurs au moment de se marier, tout au long du XIXème siècle. Nous n'en voyons que la partie émergée de l'iceberg : ceux qui ont atteint un âge suffisamment avancé pour que leur fraude débouche sur une conséquence imprévue, en les promouvant au titre de centenaires. Mais ceux qui sont décédés plus jeunes devaient être légion ! Pourquoi ont-ils fait ça ?

Voici l'article 70 du Code civil, tel qu'il est entré en vigueur le 21/03/1803 : "L'officier de l'état civil se fera remettre l'acte de naissance de chacun des futurs époux. Celui des époux qui serait dans l'impossibilité de se le procurer, pourra le suppléer en rapportant un acte de notoriété délivré par le juge de paix du lieu de sa naissance, ou de celui de son domicile." L'article 71 précisait alors : "L'acte de notoriété contiendra la déclaration faite par sept témoins de l’un ou de l’autre sexe, parens ou non parens, des prénoms, nom, profession et domicile du futur époux, et de ceux de ses père et mère, s’ils sont connus ; le lieu, et, autant que possible, l'époque de sa naissance, et les causes qui empêchent d'en rapporter l'acte. Les témoins signeront l'acte de notoriété avec le juge de paix ; et s'il en est qui ne puissent ou ne sachent signer, il en sera fait mention." C'était une procédure plutôt contraignante, qui n'a pas été révisée avant la loi du 7 février 1924 (laquelle a réduit le nombre de témoins de 7 à 3).

Etre contraints de traîner 7 de leurs connaissances devant le juge de paix, lequel siégeait potentiellement assez loin, en cheminant le long de routes pas particulièrement carrossables, voire carrément impraticables à certaines saisons (à cause de la neige, des bourrasques de vent sur le plateau ardéchois, des pluies torrentielles des "épisodes cévenols"), où l'on pouvait faire des rencontres mortelles (le couple Martin de l'auberge rouge à Lanarce, Louis Brun dit l'Enfer à Meyras, et bien d'autres malandrins moins célèbres mais tout aussi dangereux), ce n'était certainement pas une perspective très amusante, sans oublier que c'était une journée de perdue... "Emprunter" l'acte de naissance d'un frère ou d'une sœur, éventuellement avec la bénédiction d'un officier de l'état civil, c'était tellement plus simple !

Pour ce qui est du cas qui nous intéresse aujourd'hui, Françoise Coudène s'étant mariée un 2 mars (en hiver) dans la montagne, et sachant qu'elle n'était pas née dans sa commune de résidence, même si celle-ci avait abrité un juge de paix, il lui aurait vraisemblablement fallu se déplacer à Montpezat pour y quérir de bonnes âmes. Ce n'était pas la pire configuration possible, mais la perte de temps aurait été bien réelle (pour elle comme pour ses 7 témoins), de même que la probabilité de conditions météorologiques hostiles.

Je conclus de ce qui précède que Marie Coudène, qui est décédée le 06/03/1891 à Burzet, est probablement née sous le nom de Françoise Coudène vers 1799 à Montpezat. Elle aurait ainsi vécu environ 92 ans.
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Catherine MALLEVAL (1794-1887) de Chalencon (Ardèche)

Message par Cyril le Mer 17 Oct 2018 - 15:36

D'après son acte de décès, Catherine Malleval, 100 ans, "née à Tournailloux sur la commune de Silhac", fille de feus Jacques Malleval et Madelon Quinson, est décédée le 16/02/1887 dans sa maison à Chalencon. Le premier comparant était le "fils naturel de la défunte" Jean Pierre Escleine (68 ans), fabricant de guêtres, de Chalencon. La table des successions et des absences confirme que Catherine Malleval était célibataire.

Selon le recensement de 1886 à Chalencon, Catherine Malleval, 97 ans, vivait dans le quartier du Temple, chez son fils Jean Pierre Escleine (67 ans, fabricant de guêtres), sa femme Jeanne Valette (66 ans), leur fille Jeannette Escleine (30 ans, couturière) et le fils naturel de cette dernière Henri Escleine (7 ans).

Je ne sais pas dans quelle commune notre centenaire présumée a été recensée de 1866 à 1881, mais les recensements antérieurs la situent à Silhac :
- En 1861, Catherine Meleval, 67 ans, célibataire, vivait seule.
- En 1856, Catherine Malleval, 60 ans, célibataire, vivait avec sa fille Jeanne Malleval (21 ans, célibataire).
- En 1846, Catherine Malleval, 60 ans, célibataire, vivait avec Marie Malleval (6 ans), dans la même maison qu'une veuve et deux enfants apparemment sans lien de parenté avec elles.
- En 1841, Catherine Malleval, célibataire, vivait avec Jeanne Malleval, également célibataire.

A défaut d'avoir pu découvrir qui était Marie Malleval, j'ai établi que Jeanne Malleval a quitté sa mère après 1856 pour aller travailler comme moulinière à Lyon. Elle y est décédée le 21/07/1868 en tant que "Jeanne Malleval, âgée de trente quatre ans, native de silliac (ardèche)". Bizarrement, elle est alors dite "fille de Marguerite". C'est également ce qui est inscrit dans son acte de naissance, selon lequel Jeanne, fille naturelle de père non déclaré et de Margueritte Malleval (40 ans), est née le 09/07/1834 au chef-lieu de la commune de Silhac. Pourtant, à Silhac, il n'est nulle Marguerite Malleval qui puisse correspondre à sa mère, que ce soit dans l'état civil ou les recensements. Il s'agit donc vraisemblablement soit d'une coquille, soit d'un surnom.

Comme prévu, 68 ans avant le décès de Catherine Malleval, un acte de naissance atteste que son fils Jean Pierre, "enfant naturel" de Jean Pierre Esclaines (26 ans) et de Catherine Malleval "sa pretendue" [autrement dit sa fiancée], est né le 02/11/1819 au lieu de Gelibert dans la commune de Silhac. Sa fiancée ? Oui, car un mois auparavant, plus précisément les 26 septembre et 3 octobre 1819, ont été publiés les bans de mariage entre Jean Pierre Esclaines (25 ans) domicilié à Gelibert [commune de Silhac], fils de Jean Jacques Esclaines et Marianne Dejours, avec Catherine Malleval (25 ans) domiciliée à la Coste [commune de Silhac], fille de Jacques Malleval et Magdelaine Quinson.

Mais alors, que s'est-il passé ? Ces promesses de mariage ont été rompues, pour une raison que nous ne connaîtrons jamais, peut-être l'opposition tenace de l'un des parents... Toujours est-il que le fiancé éconduit -ou "éconducteur"- ne s'est pas laissé abattre : le 11/11/1820 à Silhac, quelques jours après le premier anniversaire de son fils, il a finalement convolé en justes noces avec une autre femme, Thereze Veron, dont il était veuf au moment où lui-même est décédé, à l'âge déclaré de 60 ans, le 28/01/1855 à Silhac. Les recensements révèlent qu'il a eu l'idée vachement originale Laughing d'appeler son fils légitime, né le 17/09/1822 à Silhac, exactement comme son fils naturel ! Il n'en a pas renié celui-ci pour autant, puisqu'il était présent à son mariage, contracté avec Jeanne Vallette le 05/11/1853 à Chalencon, où l'un des témoins était justement le [demi-] "frère de l'epoux", Jean Pierre Esclaine (31 ans). Catherine Malleval, elle, dite "domiciliée à Silhac" en accord avec les recensements, n'était pas à la mairie. Y aurait-il eu des tensions dans la famille ?

En résumé, voilà les âges revendiqués par Catherine Malleval dans les documents rédigés de son vivant :
- En 1886, le recensement de Chalencon la dit âgée de 97 ans, donc née vers 1789.
- En 1861, le recensement de Silhac la dit âgée de 67 ans, donc née vers 1794.
- En 1856, le recensement de Silhac la dit âgée de 60 ans, donc née vers 1796.
- En 1846, le recensement de Silhac la dit âgée de 60 ans, donc née vers 1786.
- En 1834, l'acte de naissance de sa fille la dit âgée de 40 ans, donc née vers 1794.
- En 1819, les publications des bans la disent âgée de 25 ans, donc née vers 1794.

Néanmoins, tous ne sont pas nécessairement dignes de confiance :
- Le recensement de 1886 ne précède le décès de Catherine que d'un an, ce qui n'a pas empêché la défunte de vieillir administrativement de 3 ans entre les deux documents, preuve qu'une inflation de longévité est intervenue sur ses vieux jours => Recalé !
- Le recensement de 1846, situé chronologiquement avant deux recensements et après deux actes qui concordent tous à seulement 2 ans près, vieillit transitoirement Catherine Malleval d'une décennie => Recalé !

Les documents restants, qu'importe que l'acte de naissance de Jeanne Malleval soit considéré comme pertinent ou non, s'accordent sur le fait que Catherine Malleval est née entre 1794 et 1796, avec une probabilité maximale pour 1794. Pourtant, les registres d'état civil de Silhac ne contiennent que les actes de naissance de deux de ses frères :
- Francois, fils de Jaque Malavas et Magdeleine Quinson, né le 13 frimaire XII (05/02/1803)
- Jacques, fils de Jacques Maleval (50 ans) et Magdelaine Quinson, né le 20 messidor VI (08/07/1798)

Heureusement, une étude plus approfondie de la famille va nous donner une information capitale... Les actes de décès des parents de Catherine Malleval, à savoir celui de son père Jacques Malleval, décédé le 05/11/1825 à Silhac à l'âge déclaré de 81 ans, et celui de sa mère Madeleine Quinson décédée le 15/04/1839 à Silhac à l'âge déclaré de 75 ans, mettent tous les deux en scène leur fils Etienne Malleval (alors âgé de 31 et 45 ans respectivement) dans le rôle du comparant. Or, une fois localisé l'acte de mariage d'Etienne Malleval, par lequel il s'est uni à Magdelaine Serres le 02/03/1832 à Silhac, on peut y lire que l'époux est né -36 ans plus tôt- dans la commune des Ollières[-sur-Eyrieux]. En supposant que leurs parents y aient été domiciliés auparavant, sa sœur Catherine pourrait aussi y avoir vu le jour.

Dans les registres des Ollières, on découvre les actes de naissance de :
- Etienne, fils de Jean Maleval [mauvais prénom] et Magdelaine Quinson, né le 15 fructidor III (01/09/1795) au mas des Sagnes
- Catherine, fille de Jacques Maleval et Magdelaine Moulin [mauvais patronyme], née le 22 ventôse II (12/03/1794) au mas des Sagnes

Si l'erreur de prénom du père d'Etienne Maleval ("Jean" au lieu de "Jacques") ne constitue qu'une coquille mineure, vite balayée par le fait que l'acte qui la recèle est daté de 1795 alors que l'on s'attendait justement à le trouver aux Ollières entre 1794 et 1796, le patronyme erroné de la mère de Catherine Maleval ("Moulin" au lieu de "Quinson") est plus problématique, quoique beaucoup de gens de l'époque avaient des surnoms. Cependant, considérant que 1° les erreurs d'état civil étaient fréquentes en Ardèche dans les premières années de la République, que 2° les deux enfants sont nés dans la même maison -ou ferme- et que 3° j'avais préalablement estimé que notre pseudo centenaire devait être née en 1794, il semble vraisemblable que cet acte de naissance lui appartenait.

J'en conclus que Catherine Malleval, décédée le 16/02/1887 à Chalencon, était née le 12/03/1794 aux Ollières. Elle a donc vécu durant 92 ans et 341 jours.
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Jeanne VIGNE veuve NOHARET (c.1801-1892) de Mariac (Ardèche)

Message par Cyril le Mar 16 Oct 2018 - 13:09

D'après son acte de décès, Jeanne Vigne, 103 ans, veuve de Louis Noharet, née à Dornas, fille de feus Louis Vigne et Marie Fraysse, est décédée le 30/07/1892 "dans sa maison d'habitation située au Pont commune de Mariac". Le premier comparant était le neveu de la défunte, Eugène Chapond (45 ans), du même lieu.

Selon les recensements de Mariac :
- En 1891, Eugène Chapond (45 ans) vivait au Pont de Fromentière avec son épouse Marie Farge (43 ans), ses filles Eugénie Chapond (8 ans) et Célestine Chapond (5 ans), ainsi que sa tante Jeanne Mercier (100 ans).
- En 1886, Eugène Chapond (38 ans) vivait au Pont de Fromentière avec sa femme Victoire Farge (32 ans), leur fils Eugène Chapond (4 ans) et "leur tante" Jeanne Vigne (90 ans).
- En 1872, Louis Noharet (78 ans) vivait au Pont de Fromentière avec sa femme Jeanne Vigne (75 ans) et leur nièce Marie Farge (23 ans, célibataire), tous trois étant dits nés dans le département.
- En 1861, Louis Noharet (60 ans) vivait au Pont Fromentière avec sa femme Jeanne Vigne (60 ans) et sa nièce Victoire Farge (12 ans).
- En 1856, Louis Noharet (60 ans) vivait au Pont Fromentière avec sa femme Jeanne Vigne (58 ans).
- En 1851, Louis Noharet (50 ans) vivait au Pont Fromentière avec sa femme Jeanne Vigne (50 ans).
- En 1846, Louis Noharet (48 ans) vivait au Pont Fromentière avec sa femme Jeanne Vigne (44 ans).
- En 1836, Louis Noharet (40 ans) vivait au Pont Fromentière avec sa femme Jeanne Vigne (35 ans).

J'ignore pourquoi Jeanne Vigne a été recensée sous le nom de Jeanne Mercier l'année précédant son décès... Quoi qu'il en soit, l'important est que son âge a augmenté un peu trop rapidement au cours des 3 dernières décennies de sa vie, puisqu'elle a vieilli de 40 ans entre 1861 et 1891, avant de gagner 3 ans supplémentaires à son décès l'année suivante.

Son mari a disparu des recensements entre 1872 et 1886. C'est bien à cette période que se trouve son acte de décès dans les registres de la commune de Mariac. Ainsi, Louis Noharet, 86 ans, époux de Jeanne Vigne, né à Accons, fils de Jean Antoine Vigne et Anne Hanora, est décédé le 29/01/1876 "dans sa maison d'habitation située au Pont fromantière commune de Mariac".

C'est à Dornas, sa commune d'origine, que notre pseudo centenaire s'est mariée le 17/01/1826. Ce jour-là, Louis Noharret, 28 ans, né à Accons, fils de feus Antoine Noharret et Anne Honnorat, a convolé en justes noces avec Jeanne Vigne, 25 ans, née à Dornas, fille de présent Jean Louis Vigne et de feue Marie Fraisse, les deux époux étant déjà domiciliés "à Pont fromentière com[mu]ne de mariac". Cet acte confirme que l'âge de Jeanne Vigne, laquelle serait donc née vers 1801, a été exagéré d'une bonne dizaine d'années sur son acte de décès.

Par ailleurs, tout indique que le couple Noharet-Vigne est resté sans descendance.

Les parents de Jeanne Vigne, quant à eux, se sont mariés le 30 fructidor IV (16/09/1796) à Dornas. Les registres des naissances de la commune font état de la venue au monde de 4 enfants issus de ce couple :
1) Jean Victor, fils de Jean Louis Vigne et Marie Fraïsse, né le 8 floréal VI (27/04/1798)
2) Therese, fille de Jean Louis Vigne et Marie Fraysse, née le 19 ventôse XI (10/03/1803) [mariée avec Antoine Duffaut le 25/08/1825 à Dornas]
3) Marie, fille de Jean Louis Vigne (29 ans) et Marie Fraysse, née le 25/01/1808 au lieu d'Eyriac [mariée avec Joseph Farge le 11/02/1833, union dont est née Marie Victoire Farge le 15/06/1849 à Arcens, laquelle a épousé Jean François Régis Eugène Chapond le 19/02/1879 à Mariac]
4) André, fils de Jean Louis Vigne (32 ans) et Marie Fraysse, né le 07/03/1810 au lieu d'Eyriac

Malheureusement, la naissance de Jeanne Vigne semble ne pas avoir fait l'objet d'une déclaration en mairie. Afin d'estimer son année de naissance, j'ai compilé les âges de l'ensemble des documents collectés dans le graphique suivant (où les lignes rouges figurent les naissances de Jean Victor et Thérèse Vigne, assorties d'intervalles de non-parturition de plus ou moins 9 mois en pointillés) :

On constate que, jusque dans les années 1860, l'âge de Jeanne Vigne était cohérent et conduisait à une naissance située, entre celles de son frère Jean Victor et de sa sœur Thérèse, autour de 1801. Seul le recensement de 1856 la vieillit de 3 ans par rapport à cette référence.

Ma conclusion est que Jeanne Vigne, décédée le 30/07/1892 à Mariac, était née vers 1801 à Dornas. Sa vie a donc duré environ 91 ans.
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