Investigations sur de possibles grands centenaires français décédés (anciens et modernes)

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Denis de LALOI (1803?/1825-1918), d'Oradour-sur-Vayres (Haute-Vienne)

Message par Barti le Mer 18 Oct 2017 - 9:54

L'homme à l'origine d'une des revendications d'âge les plus élevées pour la France du XXème siècle n'est en fait qu'un escroc parmi tant d'autres.

Le Populaire du Centre du 31 mars 1918 nous apprenait le décès d'un record de longévité remarquable. Merci à Dany Chambre pour l'article.



D'après l'acte de décès, Denis de Laloi, âgé de 115 ans, né à Saint-Bazile (Haute-Vienne) le 4 Pluviose an 11 (= 24 janvier 1803), fils de Léonard et de Jeanne Mesle, veuf de Françoise Dauge, est décédé à Oradour-sur-Vayres le 23 mars 1918.

En fouillant dans les registres de Saint-Bazile, je retrouve effectivement ce qui aurait dû être le Saint Graal : Acte de naissance de Denis Laloi, fils de Léonard de la Loi et de Jeanne Mesle, né le 4 Pluviose an 11. Tout semble concorder (identité, lieu et date de naissance, nom des parents). Mais problème : Ce même Denis Laloi est mort quinze jours plus tard, le 19 Pluviose an 11 à Saint-Bazile. A moins d'avoir eu un frère jumeau non déclaré à la naissance, il ne peut pas s'agir du décédé de 1918.

L'hypothèse du frère jumeau s'effondre cependant très vite, car il nous restait un dernier indice qui va finalement nous amener à la réponse : l'épouse ! En effet, Denis de Laloi était veuf de Françoise Dauge, et le mariage du couple a été célébré le 27 avril 1852 à Cussac (Haute-Vienne). Sur cet acte, il est indiqué que Denis Delaloy est le fils de Jean Delaloy et Jeanne Faure, et qu'il est né à Saint-Bazile le 16 mai 1825. Pépé a subitement pris un coup de jeune !
Ces informations sont confirmées par le véritable acte de naissance : Le 16 mai 1825, à Saint-Bazile, est né Denis de Laloi, fils de Jean De Laloi et de Jeanne Faure.

Les parents étant différents de ceux du premier Denis de Laloi, on peut facilement en conclure que notre 'centenaire', si ce ne sont ses voisins, s'est attribué l'acte de naissance d'un homonyme et est en fait décédé à l'âge honorable, mais pas trop, de 92 ans et 10 mois.

Documents :

Naissance de l'homonyme
Décès de l'homonyme
Naissance
Mariage
Décès
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Jean PANIS (1750?/1769-1860), de Réquista (Aveyron)

Message par Barti le Dim 15 Oct 2017 - 16:05

D'après l'acte de décès, Jean Panis, âgé de cent dix ans, est décédé à Réquista le 5 avril 1860. Et... c'est tout. On n'en apprend pas plus. L'officier d'état civil n'était vraiment pas bavard.

Ah si ! Le décès a été déclaré par Jean Baptiste Panis, son fils âgé de 45 ans, chez qui il vivait à son décès. Avec un âge pareil, je me serais plus attendu à ce qu'il soit son petit-fils, mais pourquoi pas...

Par chance, Jean Baptiste Panis s'est marié à Réquista le 30 juillet 1854 avec Marie Mélanie Viala. Sur l'acte, il est indiqué que son père est un certain Jean Panis, cultivateur, "âgé de cent cinq ans" et que sa mère, Catherine Bouteille, est décédée le 10 octobre 1833 selon un registre que le maire avait sous les yeux, ce qui laisse penser qu'elle est morte dans la même commune.
Grâce à cet acte, on apprend que Jean Panis était veuf de Catherine Bouteille. L'âge qu'il déclarait en 1854 est concordant avec celui déclaré en 1860, et penche pour un vrai supercentenaire.

Catherine Bouteille est effectivement décédée le 10 octobre 1833 à Réquista. Sur l'acte de décès, on apprend qu'elle est "épouse de Jean Panis". Pour l'instant, tout colle.

Là où tout commence à flancher, c'est quand on retrouve l'acte de naissance de Jean Baptiste, le fils. D'après ce même acte, en date du 22 janvier 1813 à Réquista, Jean Panis est âgé de "quarante sept ans", ce qui nous ramènerait à une naissance en 1766 au lieu de 1750. Nous n'aurions finalement pas de supercentenaire et même pas de centenaire !

Le mariage avec Catherine Bouteille a eu lieu le 7 mars 1791 dans la paroisse voisine de Saint-Jean-Delnous. Sur cet acte, on apprend que Jean se prénomme en réalité Jean Antoine et qu'il est fils d'Antoine Panis et Catherine Bousquet, ses parents demeurant en la paroisse de Combradet (commune de Réquista). Or, sur l'acte de décès de Catherine Bouteille, on apprend que le couple avait également un autre fils prénommé Jean Antoine. C'est probablement pour éviter la confusion entre le père et le fils que Jean a abandonné son 2ème prénom. Cette information va nous permettre de localiser sans trop de difficulté l'acte de baptême.

Etant donné que c'est autour de 1766 qu'il doit se trouver, je me suis attelé à la recherche. Et le résultat est encore pire : c'est le 22 novembre 1769 à Combradet qu'est né et a été baptisé Jean Antoine, fils d'Antoine Panis et de Catherine Bousquet. Aucun autre acte ne peut correspondre.

Vous vouliez un supercentenaire français au XIXème siècle ? Passez votre chemin : Jean Panis n'est mort qu'à l'âge de 90 ans et 4 mois !

Documents :

Baptême
Mariage
Naissance de Jean-Baptiste Panis
Décès de l'épouse
Mariage de Jean-Baptiste Panis
Décès
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Marie ALIX GUIONNET (1744?/1759-1854), de Dampierre-sur-Boutonne (Charente-Maritime)

Message par Barti le Mer 11 Oct 2017 - 12:07

Je tiens tout d'abord à remercier Dany Chambre pour cette découverte et les recherches associées.

D'après l'acte de décès, Marie Alix Guionnet, âgée de cent dix ans, née à Saint-Georges département de la Charente-Inférieure, veuve de Luc Martin, fille de Michel Alix Guionnet et de [?] Rigondeau, est décédée à Dampierre le 25 octobre 1854.

Des indices supplémentaires sur cette dame nous sont rapportés par le Journal des débats politiques et littéraires du 3 août 1854 :



Ainsi, nous apprenons que la commune de naissance est Saint-Georges-de-Longuepierre (il y a plusieurs Saint-Georges en Charente-Maritime) et que sa date de naissance serait le 25 novembre 1744, ce qui nous ramènerait à un âge de 109 ans et 11 mois au décès.

Or, à Saint-Georges-de-Longuepierre, on retrouve l'acte de baptême d'une certaine Marie Alix, fille de Michel Alix et de Marguerite Blesneau, qui a été baptisée le 25 novembre 1744 soit à la même date que celle indiquée dans l'article. Il s'agit indiscutablement de notre bonne femme qui a donc failli, il y a plus de 160 ans, et à un mois près, devenir la toute première supercentenaire en mourant à l'âge extraordinaire de 109 ans et 334 jours !


...


Oui mais non.

Plusieurs choses clochent.

Premièrement, notre centenaire est censée se nommer Marie Alix Guionnet et non Marie Alix tout court, et le nom de la mère ne correspond pas du tout. De plus, on ne peut valider une centenaire de cette époque avec uniquement un acte de baptême et un acte de décès !

Il semble, grâce aux données fournies par Geneanet, que le nom de famille ALIX soit très répandu dans les environs, mais que le nom GUIONNET soit inexistant. Cependant, un des ménages de Saint-Georges-de-Longuepierre se nommait ALIX GUIONNET, ce qui porte à croire que Marie soit l'unique prénom de notre centenaire et qu'Alix Guionnet soit son nom de famille.

A Saint-Georges-de-Longuepierre, on retrouve ce qui est très probablement l'acte de mariage de Marie : Le 6 février 1786 ont été épousés Luc Martin et Marie Alix, fille "majeure" de Jean Alix et de Marie Rigaudeau.
Tiens tiens, Rigaudeau ! Mais il s'agit du nom de la mère indiqué, à un son près, sur l'acte de décès ! Et si Jean et Marie sont réellement les parents de la femme morte en 1854, alors l'acte de baptême de 1744, indiquant pour nom des parents Michel Alix et Marguerite Blesneau, ne peut lui appartenir ! Or, sur l'acte de décès, les parents sont Michel Alix et une dame Rigaudeau sans prénom précisé.
Il semble donc que les deux couples aient été mélangés, mais compte tenu du fait que Marie Alix Guionnet soit veuve de Luc Martin, il est bien plus probable que Jean et Marie Rigaudeau soient ses vrais parents. Michel Alix, quant à lui, aurait été cité sur l'acte de décès car les témoins de l'époque ont probablement recherché l'acte de baptême de Marie pour connaître sa date de naissance, et lui auraient erronément attribué celui du 25 novembre 1744.

Mais alors, quand est vraiment née Marie Alix [Guionnet] ? Le seul indice donné sur l'acte de mariage est que Marie est "majeure", ce qui la ferait donc naître avant 1761 si l'âge de 25 ans était bien considéré comme le seuil de la majorité dans cette région.

Dans la commune du Vert (Deux-Sèvres), on retrouve l'acte de mariage de Jean Alix et Marie Rigaudeau célébré le... 23 mai 1757 ! En admettant que Marie soit bien née après cette union (le contraire serait étonnant), alors elle n'aurait jamais été centenaire. La fourchette de dates logique se réduit donc et passe de 1757 à 1761.

Et, effectivement, à Saint-Georges-de-Longuepierre, on retrouve l'acte de baptême de Marie, fille de Jean Alix et de Marie Rigaudeau, née et baptisée le 27 octobre 1759.

Faux espoir : notre mangeuse d'ail (comme de nombreux autres cas de longévité) a vécu 94 ans et 363 jours, ce qui reste tout de même remarquable.

Ce cas s'inscrit dans la longue liste des présumés centenaires ayant en fait usurpé la date de naissance d'un(e) homonyme, familial(e) ou non.

Documents :

Baptême de l'homonyme
Mariage des parents
Baptême
Mariage
Décès
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Emilie CHANTE veuve DALGON (1817-1918) de Vallon (Ardèche)

Message par Cyril le Lun 9 Oct 2017 - 14:53

Bonjour à tous,

Aujourd'hui, je poste un cas authentique. Même si cette centenaire n'a pas sa place dans le top 10 de Guillaume, j'avais envie de la mettre en lumière. Parmi les 35 centenaires décédés en Ardèche avant 1968 que j'ai validés à ce jour, Emilie Chante est la 5ème plus ancienne. Elle est décédée à 3 kilomètres à vol d'oiseau de la grotte Chauvet (trois quarts de siècle avant sa découverte), manquant de 6 jours son cent-unième anniversaire et de 8 mois la fin de la grande guerre...

D'après son acte de décès, Emilie Chante, née à Vallon le 18/03/1817, fille de Jean Chante et Rose Robert, veuve de François Dalgon, est décédée le 12/03/1918 à Raveyron, dans la commune de Vallon[-Pont-d'Arc]. Le premier déclarant était son petit-fils Ernest Helly (54 ans).

Le recensement de 1911 confirme l'année de naissance de notre centenaire vallonnaise. En effet, Emilie Dalgon (née en 1817 à Vallon), vivait alors dans le quartier de Raveyron, chez son gendre Auguste Silhol (né en 1852 à Lagorce) et sa fille Emilie Silhol (née en 1853 à Vallon), avec leur petite-fille Jeanne Helly (née en 1899 à Constantine).

Jeanne Helly était vraisemblablement la fille du petit-fils par alliance d'Emilie Chante [celui qui a déclaré son décès] Ernest Helly (né le 13/09/1863 à Lagorce) et d'Augusta Julie Silhol (née le 24/06/1876 à Vallon), lesquels se sont mariés le 20/03/1897 à Vallon. Augusta Julie Silhol était elle-même la fille d'Auguste Frédéric Silhol et d'Emilie Antoinette Dalgon [respectivement rajeunis de 6 ans et 1 an dans le recensement de 1911], qui se sont unis le 21/11/1874 à Vallon. Sur leur acte de mariage, Emilie Antoinette Dalgon est dite née le 10/05/1852, fille de feu François Dalgon et de vivante Emilie Chante. Son acte de naissance confirme la date de son arrivée au monde, au moment de laquelle son père était dit âgé de 50 ans et sa mère de 35 ans.

L'âge d'Emilie Chante concorde dans tous les documents dont, bien entendu, son acte de mariage : François Dalgon (41 ans) a épousé Emilie Chante (24 ans), née à Vallon, fille de Jean Chante et Rose Robert, le 18/11/1841 à Vallon. L'acte de naissance d'Emilie Chante confirme cet âge et la date de naissance donnée dans son acte de décès : Emilie Chante, fille de Jean Chante et de Rose Robert, est bien née le 18/03/1817 à Raveyron, dans la commune de Vallon.

Emilie Chante veuve Dalgon a donc vécu 100 ans et 359 jours.
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Jacques CHAUMONT (1744?/1759-1852), de Couvignon (Aube)

Message par Barti le Ven 6 Oct 2017 - 13:31

D'après l'acte de décès, Jacques Chaumont, âgé de cent huit ans, né à Chambonnet-le-Chatel, arrondissement de Clermont, département du Cantal, veuf d'Anne Joffroy, est décédé à Couvignon le 12 novembre 1852.

Les présumés centenaires de l'Aube ont jusqu'ici toujours été très prometteurs. Cependant, cet homme est né en Auvergne, ce qui accentue le risque d'imprécision et d'exagération de son âge. Il est également à noter que l'arrondissement de Clermont[-Ferrand] se situe dans le Puy-de-Dôme et non dans le Cantal, et que la commune de Chambonnet-le-Chatel n'existe pas.

Les recensements de Couvignon ne font que confirmer la probable exagération. Ainsi :

- Jacques Chaumont, scieur de long vivant seul, est dit âgé de "105 ans" en 1851
- Jacques Chaumont, scieur de long vivant avec sa fille Emélie, est dit âgé de "100 ans" en 1846
- Jaques Chaumont, "bougeois" vivant avec sa fille Emélie, est dit octogénaire en 1836 (le chiffre à côté du 8 est illisible mais ressemble à un 1 ou un 4)

Donc, Jacques serait né vers 1746 selon les recensements de 1846 et 1851, mais serait plutôt né au début des années 1750 selon le recensement de 1836. Quoiqu'il en soit, aucun de ces recensements ne semble conforter une naissance en 1744.

L'acte de décès d'Anne Joffroy, décédée le 2 avril 1833, confirme juste la situation maritale : "epouse de Jacques Chaumont scieur de long". Cependant, l'acte nous apprend également qu'elle est née à Couvignon. Il est donc probable que nos deux époux se soient mariés en cette commune ou dans une commune très voisine. Cette information semble importante quand on sait que Jacques est né à plus de 450 km de là...

On retrouve les actes de naissance des enfants à Couvignon. Je n'ai enregistré que trois d'entre eux, où l'âge de Jacques est indiqué. Ainsi, il avait :

- "52 ans" lors de la naissance d'Edmée le 28 avril 1809.
- "50 ans" lors de la naissance de Reinette le 14 juillet 1807.
- "36 ans" lors de la naissance de Germaine le 2 octobre 1794.

Ces documents diminuent à nouveau l'âge de Jacques. Selon les deux actes les plus récents, il serait né vers 1757. Selon l'acte le plus ancien, il serait né vers 1758. Pas de centenaire dans tous les cas.

L'acte de mariage paroissial, célébré comme prévu le 15 novembre 1787 à Couvignon, ne nous apprend pas l'âge de l'époux. Cependant, des informations importantes y sont indiquées. Ainsi, Jacques Chaumont demeurerait depuis 3 ans à Couvignon (sans que l'on sache pourquoi il est allé s'établir aussi loin de sa paroisse natale), serait fils de Jean Chaumont et de défunte Antoinette Lapeyre du lieu de Novacelles en Auvergne, et demeurant actuellement à Saint-Bonnet-le-Chatel. Or, ces deux communes sont bien situées dans le Puy-de-Dôme, et Saint-Bonnet-le-Chatel aurait été erronément transcrit "Chambonnet-le-Chatel" au décès de Jacques. Cependant, il semble plus probable, au vu de ces informations, que Novacelles soit sa vraie paroisse de naissance et que ses parents se soient plus tard établis à Saint-Bonnet, d'où Jacques serait parti vers 1784 pour s'installer à Couvignon.

Reste maintenant à rechercher l'acte de baptême. En ayant exploré les années de naissance les plus probables, je n'ai retrouvé qu'un acte de baptême pouvant correspondre : Le 12 mars 1759, à Novacelles, est né et a été baptisé "Jaques Chomont", fils de Jean et d'Antoinette Lapeyre.

Notre voyageur n'avait donc 'que' 93 ans et 8 mois à son décès !

Documents :

Baptême
Mariage
Naissance de Germaine Chaumont
Naissance de Reinette Chaumont
Naissance d'Edmée Chaumont
Décès de l'épouse
Recensement - Couvignon - 1836
Recensement - Couvignon - 1846
Recensement - Couvignon - 1851
Décès
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Marie DAVOUST / Françoise DEMEUDE (1747?/1770-1855), du Mans (Sarthe)

Message par Barti le Mar 3 Oct 2017 - 16:42

Voici un autre exemple d'usurpation d'identité plus facile à déceler.

D'après l'acte de décès, Marie Davoust, âgée de cent sept ans, née à Saint-Mars-du-Désert (Mayenne) le 17 juillet 1747, veuve en premières noces de Jean Leveau et en secondes d'André Papin, fille de Pierre Davoust et de Marie Guillen, est décédée au Mans le 4 février 1855.

Voici un document alléchant et prometteur. Toutefois, tout s'effondre lorsqu'on prend connaissance de la mention marginale apposée sur l'acte :
"Par jugement du tribunal civil du Mans en date du treize février mil huit cent cinquante cinq transcrit sur les registres courants le quinze mars suivant, il a été prononcé que l'acte ci-contre serait rectifié en ce sens qu'aux noms de Marie Davoust, veuve d'André Papin, on substituera ceux de Françoise Demeude née commune de Neufchatel (Sarthe) le cinq mars mil sept cent soixante dix, veuve de André Papin, fille des feus Joseph Demeude et Catherine Ragot."

Dans ce cas, une fausse identité aurait été déclarée et la vraie défunte serait âgée de 85 ans seulement ! Mais comment une telle erreur a pu être possible, et surtout, quel est le lien entre Marie Davoust (si elle a vraiment existé) et Françoise Demeude ?

La réponse nous est apportée sur l'acte de mariage d'André Papin et Françoise Demeude célébré au Mans le 27 septembre 1809 : André Papin y est dit veuf de Marie Davoust décédée à l'hôpital du Mans le 19 mars 1809. Il s'agissait donc de la première épouse Papin ! Quant à Françoise Demeude, elle est toujours dite née à Neufchatel (Sarthe) le 5 mars 1770 et fille de Joseph Demeude et Catherine Ragot.

Le vrai acte de décès de Marie Davoust nous permet aisément de faire le lien avec l'acte qui lui était erronément attribué le 5 février 1855 : elle est dite âgée de 61 ans 8 mois, née à Saint-Mars-du-Désert (Mayenne), veuve en premières noces de Jean Leveau et épouse en secondes noces d'André Papin, fille de Pierre Davoust et de Marie Guillen.

Si on est maintenant fixés sur les identités des deux épouses, reste à savoir comment Françoise Demeude a pu être confondue avec la première épouse de son défunt mari. Une hypothèse est à envisager : Françoise n'a pu, volontairement ou pas, jamais fait connaître son identité de naissance aux gens qui ont déclaré son décès et s'est toujours fait connaître sous le surnom de "la veuve Papin". Son identité aurait alors été recherchée et le premier acte de mariage d'André Papin lui aurait été attribué par erreur. Cela expliquerait comment les témoins, en 1855, ont pu détenir des informations aussi précises sur une femme décédée en 1809 qu'ils n'ont probablement jamais connue. Le 2ème acte de mariage aurait ensuite été retrouvé, ce qui aurait donné lieu à une rectification par le tribunal. Bien sûr, il ne s'agit que d'une hypothèse personnelle et nous en apprendrions probablement plus avec le jugement du tribunal en question.

Quant à l'acte de baptême de Françoise Demeude, il confirme qu'elle est née le 5 mars 1770 à Neufchatel du mariage de Joseph Demeude et Catherine Ragot. Elle avait donc 84 ans et 336 jours.

Documents :

Baptême de Françoise Demeude
Décès de Marie Davoust
Mariage d'André Papin et Françoise Demeude
Décès de Françoise Demeude (initialement nommée Marie Davoust)
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Les veuves ARSAC : Marie BARDE alias Marie Anne DURANT (1790?/1798?/1811 - 1900) des Ollières (Ardèche), une usurpation d'identité plutôt originale

Message par Cyril le Sam 30 Sep 2017 - 15:18

Mon enquête d'aujourd'hui est un peu particulière et très longue. Il s'agit d'un cas d'usurpation d'identité, un long travail de détective que je pense avoir mené à bien, en découvrant l'identité vraisemblable de l'usurpatrice...

D'après son acte de décès, Marie-Anne Durant, 102 ans, née à Saint-Maurice[-en-Chalencon], fille de Siméon Pierre Durant et Jeanne Marie Mondon, veuve de Jean Pierre Arsac, est décédée le 30/07/1900 dans la maison de Léon Vernet au lieu-dit la Traverse, dans la commune des Ollières[-sur-Eyrieux]. Elle serait donc née vers 1798.

Il existe effectivement un acte de mariage correspondant à cette dame : le 31/03/1820 à Saint-Maurice, Jean Pierre Arsac (36 ans, domicilié à Saint-Vincent-de-Durfort) a épousé Marie Anne Durand (30 ans, née à Saint-Maurice, fille de vivant Simon Pierre Durand et de feue Jeanne Marie Mondon, domiciliée à Saint-Maurice). A la vue de cet acte, mon sang n'a fait qu'un tour : Marie Anne Durant serait-elle née vers 1790 et aurait-elle eu 110 ans à son décès ? Avec un peu de chance, il pouvait s'agir d'une exagération précoce et je tenais alors une vraie centenaire ardéchoise très prometteuse...

Ma perplexité n'a fait qu'augmenter quand l'acte de naissance de sa fille et le recensement de 1851 ont confirmé son âge :
- Marie Anne Durand, épouse de Jean Pierre Arssac (48 ans), avait 42 ans lorsqu'elle a donné naissance à Marie Arssac le 29/06/1832 à Saint-Vincent-de-Durfort.
- Marianne Durand, épouse de Pierre Arsac (65 ans) et mère de Marianne Arsac (20 ans), avec lesquels elle vivait au Faure de Vaneille à Saint-Vincent-de-Durfort, avait 60 ans en 1851.

Mais tout s'est effondré lorsque j'ai découvert l'acte de décès de notre présumée centenaire, 49 ans avant la date prévue : Marianne Durand, 60 ans, épouse de Pierre Arsac, est décédée le 10/12/1851 à Vaneilles, dans la commune de Saint-Vincent-de-Durfort. Les déclarants étaient ses fils Jean Pierre Arsac (40 ans) et Louis Arsac (26 ans), de Saint-Vincent-de-Durfort. Effectivement, Louis Arsac était le fils cadet du couple Arsac-Durand, né le 08/12/1826 à Saint-Vincent-de-Durfort. Quant à Jean Pierre Arsac, il s'agissait en réalité du fils aîné du premier mariage de Jean Pierre Arsac père, né le 23/07/1810 à Saint-Vincent-de-Durfort : sa mère Marie Pouyet est décédée le 03/08/1819 à Saint-Vincent-de-Durfort, à l'âge déclaré de 40 ans.

Le recensement de 1856 à Saint-Vincent-de-Durfort confirme que Jean Pierre Arsac était bien veuf : âgé de 75 ans, il vivait chez son fils Jean Jacques Arsac (43 ans). C'est à Saint-Fortunat[-sur-Eyrieux], où son fils avait déménagé dans l'intervalle, qu'est décédé Jean Pierre Arsac (75 ans), époux de Marie Pouyet, le 28/01/1863. Le premier comparant n'était autre que son fils Jean Jacques [qui s'est fait appeler Jean Pierre sur cet acte], ce qui explique qu'il ait donné le nom de sa défunte mère et non de sa belle-mère. Mais les tables des successions et des absences réaffirment que Jean Pierre Arsac était veuf.

Il n'y a pas d'erreur sur la personne, vu que l'état de vie/mort des membres du couple Arsac-Durand concorde dans tous les actes de mariage de leurs 3 enfants :
- Jean Pierre Arsac est vivant à Saint-Vincent-de-Durfort, tandis que Marianne Durand y est dite décédée le 10/12/1851, dans le premier acte de mariage de leur fils aîné Lacombe Arsac le 27/03/1852 à Saint-Vincent-de-Durfort, ainsi que dans l'acte de mariage de leur fille Marie Arsac le 17/12/1859 à Saint-Vincent-de-Durfort. La situation est la même, sans précision de date de décès pour Marianne Durand, dans le premier acte de mariage de leur fils cadet Louis Arsac le 09/03/1860 à Saint-Cierge-la-Serre.
- Jean Pierre Arsac et Marianne Durant sont tous deux dits décédés dans le second acte de mariage de Louis Arsac le 19/03/1864 à Saint-Cierge-la-Serre, tout comme dans le second acte de mariage de Lacombe Arsac le 15/09/1877 à Saint-Vincent-de-Durfort, où il est précisé que Jean Pierre Arsac a rendu l'âme le 28/01/1863 à Saint-Fortunat et que Marianne Durand a perdu la vie le 10/12/1851 à Saint-Vincent-de-Durfort.

Tout ceci démontre bien qu'il y a eu usurpation d'identité.

Mon premier réflexe a alors été de chercher une sœur cadette à Marianne Durand. Malheureusement, aucune naissance de sa fratrie n'est inscrite dans les registres d'état-civil de Saint-Maurice après 1793. L'acte de décès de sa mère laisse à penser que Marianne était probablement la petite dernière de la famille. En effet, Jeanne Marie Mondon, épouse de Simon Pierre Durand, est dite âgée de 65 ans à son décès le 03/03/1811 à Saint-Maurice. Elle aurait donc eu environ 44 ans à la naissance de Marianne, ce qui laisse peu de place à une sœur plus jeune de 8 ans.

Ma seconde approche a été de recenser les Marie et Marianne Durand nées entre 1793 et 1822 dans les communes avoisinantes : Saint-Fortunat, Saint-Maurice, Saint-Michel-de-Chabrillanoux, Saint-Sauveur-de-Montagut, Saint-Vincent-de-Durfort et Les Ollières. Bizarrement, c'est dans cette dernière commune que j'ai trouvé le plus d'homonymes. Elles étaient 8, mais malgré la piste prometteuse d'une dame qui avait changé de prénom en cours de route et vivait tout près de chez Léon Vernet (l'homme qui hébergeait l'usurpatrice à son décès en 1900), je suis parvenu à retracer la vie de l'intégralité des suspectes jusqu'à leur décès. Chou blanc.

Ma troisième théorie était que l'identité de Marianne Durand avait pu être usurpée par sa fille ou l'une de ses belles-filles. Je me suis lancé dans cette recherche par acquit de conscience, sans réellement penser que je pourrais mettre le doigt sur la vérité 117 ans après les faits, d'autant plus que je partais avec un handicap : aucun recensement n'est disponible entre 1876 et 1911 aux Ollières, la commune où vivait l'usurpatrice...

J'ai commencé par m'intéresser aux 3 enfants du couple Arsac-Durand, mais je me suis vite rendu compte que la fille et les belles-filles de Marianne étaient hors de tout soupçon :
1) Lacombe Arsac, né le 08/09/1824 à Saint-Vincent-de-Durfort, veuf en premières noces de Marie Roumegoux qu'il avait épousée le 27/03/1852 à Saint-Vincent-de-Durfort, ayant épousé en secondes noces Marie Alexandrine Ranc le 15/09/1877 dans la même commune, y est décédé le 11/04/1886. Sa jeune épouse, de 27 ans sa cadette (qui n'aurait pas pu jouer le rôle d'une dame de 102 ans en 1900 alors qu'elle n'en avait que 49), a quitté l'Ardèche et vivait toujours à Livron (Drôme) en 1911.
2) Louis Arsac, né le 08/12/1826 à Saint-Vincent-de-Durfort, veuf en premières noces de Marianne Pouyet qu'il avait épousée le 09/03/1860 à Saint-Cierge-la-Serre, ayant épousé en secondes noces Justine dite Augustine Bois le 19/03/1864 dans la même commune, est décédé le 02/04/1901 à Saint-Vincent-de-Durfort, tandis que sa veuve s'y est éteinte le 05/01/1914. Louis était donc en vie au moment du décès de sa prétendue mère, domiciliée dans la commune voisine qui plus est, ce qui laisse à penser que cette usurpation d'identité n'était peut-être pas intentionnelle. Il pourrait aussi bien s'agir d'une erreur commise par les déclarants, non parents de la défunte, que d'un mélange plus subtil d'opportunisme de sa part et d'ignorance de la part de son voisinage...
3) Marie Arsac, née le 29/06/1832 à Saint-Vincent-de-Durfort, ayant épousé Jean Pierre Aurel le 17/12/1859 dans sa commune natale, est décédée à Privas le 02/03/1909. Elle était domiciliée au Pouzin, à une dizaine de kilomètres des Ollières, et était également en vie au moment du décès de l'usurpatrice.

L'étape finale était de s'assurer que les enfants du premier mariage de Jean Pierre Arsac et leurs conjoints étaient eux aussi irréprochables. Or, sur les 5 enfants du mariage Arsac-Pouyet, 3 sont morts en bas âge : Catherine (1814-1815), Janne (1816-1818) et Jacques (1818-1819). Voici les 2 qui ont atteint l'âge adulte :
1) Jean Pierre Arsac, né le 23/07/1810 à Saint-Vincent-de-Durfort, ayant épousé Louise Leyral le 04/10/1836 dans sa commune natale, y est devenu veuf le 29/05/1883 et y a rendu l'âme le 20/01/1887.
2) Jean Jacques Arsac, né le 01/01/1813 à Saint-Vincent-de-Durfort, ayant épousé Marie Barde le 27/03/1841 à Saint-Michel-de-Chabrillanoux, est décédé le 24/08/1871 à Saint-Fortunat. Et là, surprise ! Impossible de mettre la main sur l'acte de décès de Marie Barde. La belle-fille insaisissable serait-elle l'usurpatrice ?

Une nouvelle enquête commence, sur la vie de Marie Barde cette fois-ci...

Marie Barde, fille de Jean Barde et Jeanne Marie Bonnet, est née le 28/03/1811 à Saint-Michel-de-Chabrillanoux. Son frère et ses deux sœurs étaient tous décédés avant 1900 :
1) Isaac Jean Barde, né le 24/01/1809 à Saint-Michel-de-Chabrillanoux, resté célibataire, est décédé le 13/01/1865 aux Ollières.
2) Marguerite Barde, née le 01/02/1814 à Saint-Michel-de-Chabrillanoux, ayant épousé Pierre Dechenier le 22/03/1860 dans sa commune natale, est décédée le 30/05/1893 à Gluiras, où son époux lui a survécu 4 ans et demi.
3) Marianne Barde, née le 24/09/1816 à Saint-Michel-de-Chabrillanoux, ayant épousé Jean Pierre Martin Charensol le 08/09/1865 aux Ollières, devenue veuve le 10/06/1874 dans la même commune, y est décédée le 08/11/1874.

On constate que la commune des Ollières a accueilli certains proches de Marie Barde, mais que, dans l'hypothèse où elle aurait été l'usurpatrice, aucun membre de son cercle familial immédiat n'aurait été en vie au moment de son décès.

J'ai retrouvé 5 recensements mettant en scène Marie Barde :
- En 1851, Marie Barde (38 ans) vivait au chef-lieu de Saint-Vincent-de-Durfort avec son mari Jacques Arsac (38 ans), leur fille Euphrosine Arsac (3 mois) et 3 enfants en nourrice (un garçon de 10 ans et deux filles de 3 et 10 ans).
- En 1856, Marie Barde (43 ans) vivait au chef-lieu de Saint-Vincent-de-Durfort avec son mari Jean Jacques Arsac (43 ans), leur fille Euphroisine Arsac (5 ans), son beau-père Jean Pierre Arsac (75 ans), une fille de 2 ans en nourrice et une domestique de 15 ans.
- En 1861, Marie Barde (48 ans) vivait au lieu-dit Peley dans la commune de Saint-Fortunat, avec son mari Jean Pierre Arsac (49 ans), leur fille Euphroisine Arsac (11 ans) et son beau-père Pierre Arsac (80 ans).
- En 1872, Marie Barde veuve Arsac (58 ans, née à Saint-Michel-de-Chabrillanoux) vivait au lieu-dit la Traverse dans la commune des Ollières, avec sa fille Euphroisine Arsac (20 ans, née à Saint-Vincent-de-Durfort, célibataire). En effet, son mari, qui se faisait parfois appeler "Jean Pierre" [comme c'était le cas dans le recensement précédent, l'acte de décès de son propre père en 1863, ainsi que dans la table des successions et des absences], est décédé le 24/08/1871 à Saint-Fortunat.
- En 1876, Marie Barde (60 ans, veuve) vivait seule au lieu-dit la Traverse dans la commune des Ollières. En effet, sa fille unique, née Marie Phroisine Arsac le 08/08/1850 à Saint-Vincent-de-Durfort, restée célibataire, est décédée le 03/04/1873 aux Ollières.

En résumé, si elle est bien décédée en 1900, Marie Barde n'avait plus ni frère, ni sœur, les époux de ses sœurs étant également décédés, de même que son propre mari, le frère de ce dernier et son épouse. Les seuls survivants de sa génération auraient été la défunte épouse de son demi-frère Lacombe Arsac (partie dans la Drôme), sa demi-sœur Marie Arsac (partie au Pouzin) et son demi-frère Louis Arsac (domicilié à Saint-Vincent-de-Durfort). Malgré la proximité géographique de Louis, il est tout à fait possible qu'elle ait perdu tout contact avec lui après le décès de Jean Jacques, son défunt époux et demi-frère de Louis, en 1871. Louis, à qui il ne restait plus que 8 mois à vivre, aurait aussi pu être en mauvaise santé physique ou mentale. Marie Barde aurait donc globalement eu le champ libre pour changer de nom ou, au minimum, ses voisins auraient raisonnablement pu ignorer son identité. D'ailleurs, le fait que son mari se soit parfois fait appeler Jean Pierre Arsac, devenant alors l'homonyme de son père, aurait pu jouer en sa faveur. Sans compter qu'elle était certainement connue dans le voisinage en tant que "madame veuve Arsac" plutôt que comme "Marie Barde". Et puis, de "Marie" à "Marie-Anne", il n'y a qu'un pas...

Cette usurpation d'identité aurait-elle été motivée par la notoriété dont jouissaient les centenaires à l'époque ? Ou résultait-elle tout simplement d'une erreur commise par les déclarants à son décès ?

Le fait est qu'au moment où je m'apprêtais à clore mon enquête, je suis tombé sur un dernier argument qui semblait prouver cette usurpation d'identité. Dans une ultime tentative de retrouver un acte de décès au nom de Marie Barde, j'ai décortiqué une trentaine d'années de tables des successions et des absences, pour les 4 cantons qui encadrent la commune des Ollières. Et là, j'ai découvert le décès de la dernière personne que je m'attendais à trouver : Marie Barde !

Marie Barde aurait-elle donc son propre acte de décès en règle quelque part ? Pas du tout, car elle a été enregistrée dans les tables des successions et des absences sans âge ni date de décès, simplement en tant que Marie Barde, veuve de Jean Jacques Arsac, décédée aux Ollières. L'absence de date prouve bien qu'aucun acte de décès n'a été dressé, mais on peut estimer la date de ce décès grâce à :
- La ligne suivante, qui fait état du décès de Victoire Barbe aux Ollières le 24/09/1900, date postérieure au décès de Marie Barde car l'ordre chronologique est généralement respecté pour une commune donnée (le décès précédent d'une personne au patronyme commençant par "B" aux Ollières est daté du 19/04/1900, date logiquement antérieure au décès de Marie Barde) ;
- La date d'enregistrement du testament de Marie Barde (25/08/1900), testament dont la découverte a vraisemblablement provoqué l'inscription du nom de Marie Barde dans les tables des successions et des absences, même si personne n'a eu la présence d'esprit d'effectuer des corrections dans l'état-civil ou à la lettre "D" de la table des successions et des absences.

Dans les tables des successions et des absences, la date d'enregistrement des testaments est toujours postérieure au décès. On peut en déduire que Marie Barde est décédée aux Ollières peu avant le 25/08/1900. La date du 30/07/1900 apposée sur l'acte de décès de la soi-disant Marie-Anne Durant semble coller parfaitement !

J'en conclus que la véritable Marianne Durand veuve Arsac, née vers 1790 à Saint-Michel-de-Chabrillanoux, est décédée le 10/12/1851 à Saint-Vincent-de-Durfort, âgée de 61 ans environ, tandis que Marie Barde veuve Arsac, la femme du fils cadet issu du premier mariage de l'époux de la précédente, née le 28/03/1811 à Saint-Michel-de-Chabrillanoux, est décédée le 30/07/1900 aux Ollières, âgée de 89 ans et 124 jours.
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Charlotte RONGAU (1777?/1779-1879), de Boucau (Pyrénées-Atlantiques)

Message par Barti le Jeu 28 Sep 2017 - 18:13

L'acte de décès précise que Charlotte Rongau, âgée de cent deux ans, née à Tarnos (Landes), veuve de Bernard Etcheto, est décédée à Boucau le 2 septembre 1879.

A Tarnos, on retrouve à la date du 17 novembre 1807 le mariage d'Arnaud Etcheto avec Charlotte Rongau, née à Tarnos le 4 mars 1779, fille de Pierre Rongau et de Marie Behoteguy. Si le prénom de l'époux ne correspond pas, les autres informations (nom de famille, identité de l'épouse, lieu de naissance de l'épouse) sont concordantes, et dans le cas où il s'agisse de la même personne, notre centenaire se serait vieillie de 2 ans.

Au même lieu, on retrouve l'acte de baptême qui nous confirme la date de naissance : Le 4 mars 1779, à Tarnos, est née et a été baptisée Charlotte Rongau, fille de Pierre Rongau et de Marie Behauteguy.

Prouvons maintenant qu'il s'agit de la bonne personne :

L'acte de mariage de leur fils Joseph Etcheto, célébré le 25 janvier 1851 à Tarnos, nous apprend qu'Arnaud Etcheto et Charlotte Rongau étaient tous deux encore en vie et étaient cette fois domiciliés à Anglet dans le département des Basses-Pyrénées. Charlotte avait donc quitté Tarnos et est décédée en ou après 1851, ce qui réduit considérablement le champ des possibles dates de décès.

L'acte de naissance de Jean Etcheto, un autre de leurs fils, nomme ses parents Arnaud Etcheto et Charlotte Rongau. Toutefois, son acte de décès, survenu à l'asile des aliénés de Pau le 14 octobre 1868, les nomme "Bernard Etcheto" et "Charlotte Rongo". Il semble donc qu'Arnaud Etcheto se soit fait appeler Bernard à la fin de sa vie pour des raisons inconnues.
Dans ce dernier acte, il n'y a malheureusement aucune information sur le statut des parents à l'époque.

Malgré l'impossibilité de retrouver l'acte de décès d'Arnaud/Bernard Etcheto, tout semble prouver que Charlotte Rongau est née le 4 mars 1779 et est décédée le 2 septembre 1879. Elle n'avait donc pas 102 ans mais tout de même 100 ans et 182 jours.

Documents :

Baptême
Mariage
Naissance de Jean Etcheto
Mariage de Joseph Etcheto
Décès de Jean Etcheto
Décès
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Benoîte BACHELET (1802?/1812-1908), de Neuilly-en-Donjon (Allier)

Message par Barti le Mer 27 Sep 2017 - 17:14

Cette fausse centenaire est probablement déjà connue de certains, mais personne n'en a parlé sur le forum jusqu'ici. Alors, voici toute la lumière sur une usurpation de date de naissance un peu plus facile à deviner que les autres.

D'après l'acte de décès, Benoîte Bachelet, âgée de cent six ans, née à Briant (Saône-et-Loire), veuve d'Emery Papillon, fille de Pierre Bachelet et de Jeanne Marie Rajot, est décédée à Neuilly-en-Donjon le 22 juin 1908.
Le décès a été déclaré par Benoît Coudrier et François Lerret, ses petits-fils.

Selon l'Impartial du 18 mars 1908 (ci-dessous), elle serait née le 18 avril 1802 (28 Germinal an X). Selon la carte postale (postée à la fin du message), elle serait née le 8 Germinal an X (29 mars 1802).



Sur les registres de la commune de Briant, on retrouve bien l'acte de naissance de "Benoite Bachelé" née le 18 avril 1802. Si l'on se fie à la date de naissance indiquée par la presse, il s'agirait bien de notre bonne femme. Cependant, les parents du nouveau-né s'appelent "Jean Bachelé" et "Gabriel[le] Merlle". Ces identités ne correspondent pas à celles indiquées sur l'acte de décès.

Dix ans plus tard, on retrouve la naissance d'une autre Benoite Bachelet à Briant : Celle-ci, née le 20 janvier 1812, a pour parents Jean-Marie Bachelet et Jeanne Rajaud.
Si pour celle-ci, le prénom du père ne correspond pas non plus, le prénom de la mère est lui concordant. Alors, s'agirait-il de la bonne Benoite Bachelet ?

C'est l'acte de mariage qui va nous apporter la réponse : Le 31 décembre 1830, à Briant, ont été unis Emery Papillon et Benoite Bachelet, âgée de... 19 ans, fille de Jean Marie Bachelet et de Jeanne Marie Rajaud ! La suite de l'acte nous apprend que son acte de naissance est daté du 21 janvier 1812. Il s'agit donc bien de la 2ème !

Il s'agit ici de l'usurpation de date de naissance d'une homonyme qui ne faisait pas partie de la même famille. Cette confusion, probablement créée par des contemporains ayant recherché l'acte de naissance sur le tard, est d'autant plus bizarre que la supercherie aurait pu être devinée en comparant simplement les noms des parents. En effet, contrairement à la plupart des usurpations de ce genre, l'identité des parents de l'homonyme n'a pas été erronément recopiée sur l'acte de décès, ce qui permettait de deviner très rapidement l'escroquerie pour les chercheurs qui se seraient penchés sur l'authentification de sa longévité.

Benoite Bachelet n'était donc ni centenaire ni fille de chanteur et est décédée à l'âge de 96 ans et 154 jours seulement !

Documents publics :

Naissance
Naissance de l'homonyme
Mariage

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Jacquine DELAUNAY (1760?/1767-1865), de Beaupréau (Maine-et-Loire)

Message par Barti le Mar 26 Sep 2017 - 14:33

J'ai déjà un peu parlé de cette dame par le passé, mais voici maintenant le compte-rendu final.

D'après l'acte de décès, Jacquine Delaunay, âgée de cent cinq ans, née à Jallais (Maine-et-Loire), fille de René Delaunay et de mère non déclarée, veuve de Michel Chupin, est décédée à Beaupréau le 15 octobre 1865. L'écho saumurois du 26 octobre 1865 relate son décès :



Sur les registres de Jallais, on retrouve l'acte de décès de Joseph Michel Chupin, âgé de 64 ans, "époux de Jacquine Délaunay", qui est décédé le 24 avril 1826.

Le mariage fut célébré dans la même commune le 26 mai 1789. Michel Chupin, majeur, a épousé Jacquinne Delaunai, fille mineure de René Delaunai et de Jacquinne Chéné.
L'utilisation du terme "mineure" sous-entend que Jacquine était âgée de moins de 25 ans. Pourtant, son acte de décès et l'article de l'Echo saumurois suggèrent une naissance en 1760. S'agit-il d'une erreur du curé ?

L'hypothèse de l'erreur est confortée par un acte de baptême de la paroisse de Jallais. Le 8 décembre 1760 est née et a été baptisée Jacquine, fille de Renée Delaunay et de Jacquine Chesné. Il s'agirait donc de notre bonne femme qui aurait vécu 104 ans et 10 mois.

Mais cette hypothèse s'est rapidement effondrée. En effet, prouver qu'il s'agissait de la bonne personne nécessitait de rechercher la présence d'homonymie. Et surprise : Le 12 janvier 1765, à Jallais, est décédée Jacquine Delaunay, fille de René Delaunay et de Jacquine Chesné, âgée de quatre ans. Il est donc impossible que la Jacquine de 1760 soit celle qui se soit mariée en 1789 et décédée en 1865, puisqu'elle est décédée en 1765 !

Du coup, une 2ème Jacquine a dû voir le jour du mariage du même couple. Et parmi les actes restants de la paroisse de Jallais, un seul peut correspondre à une soeur homonyme : Jacquine, fille de René Delaunai et de Jacquine Chesné, est née et a été baptisée le 16 novembre 1767. D'autre part, cette date de naissance confirmerait le statut de mineure de la mariée lors de son mariage.

Jacquine Delaunay a donc très probablement revendiqué la date de naissance de sa soeur morte un siècle auparavant, et s'est en fait "endormie" à l'âge de 97 ans et 333 jours.

Documents :

Baptême
Baptême de la soeur
Sépulture de la soeur
Mariage
Décès de l'époux
Décès
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Françoise CHATELA[RD] veuve GAGNAIRE (v.1755-1850) de Villevocance / Annonay (Ardèche)

Message par Cyril le Lun 25 Sep 2017 - 21:48

D'après son acte de décès, Françoise Chatela, née à Saint-Julien-Vocance, fille de François Chatela et Jeanne Desgache, veuve de Claude Gagnaire, domiciliée à Villevocance, est décédée le 28/06/1850 à Annonay, à l'âge de 100 ans 1 mois et 7 jours. Elle serait donc née le 21/05/1750.

Je n'ai pas trouvé l'acte de décès de Claude Gagnaire, qui est dit vivant dans les actes de mariage de deux de ses filles :
- Le 01/07/1811 à Villevocance, Jean Antoine Courtial a épousé Jeanne Gagnaire, 21 ans, née à Villevocance, fille de Claude Gagnaire et Françoise Chatellard
- Le 21/09/1820 à Villevocance, Jean Julien a épousé Catherine Gagnaire, 25 ans, née à Villevocance, fille de Claude Gagnaire (62 ans) et Françoise Chatellard

Le mariage de notre présumée centenaire a été célébré le 09/05/1775 à Villevocance : Claude Gagnaire, âgé d'environ 26 ans, a épousé Françoise Chatelard, âgée d'environ 20 ans, fille de François Chatelard et Jeanne Dégasches. Le couple a donné naissance à 9 enfants à Villevocance entre 1776 et 1799, mais l'âge de Françoise Chatelard n'est jamais précisé dans les actes.

Malgré des recherches dans les registres de Saint-Julien-Vocance et des paroisses avoisinantes, je n'ai pu retrouver que les actes de baptême de deux des frères de Françoise Chatelard :
- Jaque Chatellard, né le 06/07/1765 à Saint-Julien-Vocance
- Josephs Chatellard, né le 14/01/1771 à Saint-Julien-Vocance, dont la marraine était justement sa sœur Francoise

Si l'on se fie à son acte de mariage, Françoise Chatelard serait née, non pas en 1750, mais plutôt vers 1755, ce qui semble plus raisonnable étant donné qu'elle a eu son dernier enfant en 1799. Par ailleurs, ses parents François Chatelar et Jeanne Gaches, ainsi qu'ils sont nommés dans leur acte de mariage à Rochepaule, ne se sont unis que le 7 ou 8 janvier 1754. Si Françoise était leur aînée, elle aurait pu naître le 21/05/1755 par exemple.

Bien entendu, aucun acte de baptême pouvant correspondre à Françoise Chatelard n'existe aux alentours du 21/05/1750.

Ma conclusion est que Françoise Chatelard veuve Gagnaire est née vers 1755 et a vécu environ 95 ans.
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Nicolas MARTIN (1789?/1795-1892), de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique)

Message par Barti le Lun 25 Sep 2017 - 18:10

Encore un centenaire de notre ami Dany que je me vois contraint d'invalider.

L'acte de décès précise que Nicolas Martin, âgé de cent trois ans, ancien cantonnier de Saint-Nazaire, né à Lorient (Morbihan), veuf de Jeanne Marguerite Michel, est décédé à Saint-Nazaire le 8 septembre 1892.

Sans avoir réussi à retrouver l'acte de décès de l'épouse à Saint-Nazaire, je me suis attelé à l'acte de mariage dans les communes de naissance et de décès de Nicolas. C'est ainsi que j'ai facilement retrouvé ce document qui change la donne.

En effet, c'est le 9 mai 1827 à Lorient que se sont unis Jeanne Marguerite Michel et Nicolas Martin, né à Lorient "le deux mars mil sept cent quatre vingt quinze", fils de Guillaume Martin et Jacquete Le Didu.

Cette date est confirmée par l'acte de naissance : Le 12 Ventose an 3 (2 mars 1795) est né à Lorient Nicolas, fils de Guillaume Martin et d'Yvonne Le Didu. Tout correspond sauf le nom de la mère car Jacquette était en fait le prénom de sa tante qui apparaît comme témoin dans l'acte.

Nicolas Martin est donc mort à l'âge de 97 ans et 190 jours.

Documents :

Naissance
Mariage
Décès
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Madeleine MESCHIN (1781?/1784-1885), de Coulongé (Sarthe)

Message par Barti le Dim 24 Sep 2017 - 15:44

Pendant quelques jours, je vais rejoindre les rangs de notre ami Cyril en dévoilant quelques cas de centenaires faux ou exagérés. Et pour entamer cette liste, commençons gentiment par une dame qui, bien qu'elle ne soit pas morte à un âge suffisant pour intégrer notre liste, a tout de même atteint son siècle d'existence avant de s'éteindre.

L'acte de décès précise que Madeleine Meschin, âgée de cent trois ans, née à Lavernat (Sarthe) le 21 septembre 1781, fille de Charles Meschin et de Jacquine Serpin, veuve de Jean Beuvier décédé à Vaas, est décédée à Coulongé le 23 avril 1885, au domicile de son gendre Julien Hérisson. Lui et son fils, le petit-fils de Madeleine, ont déclaré le décès de cette dernière.

Lorsque j'ai voulu rechercher directement l'acte de baptême aux date et lieu indiqués, je n'ai absolument rien trouvé. Mais en recherchant les documents de mi-vie, j'ai vite compris pourquoi :

Premièrement, l'acte de décès de Jean Beuvier, décédé à Vaas le 3 novembre 1867, indique qu'il était "époux de Meschin Madeleine, âgée de quatre-vingt-trois ans". Le calcul nous ramène donc à une naissance en 1784 plutôt qu'en 1781. Mais il pouvait s'agir d'une erreur.

Malheureusement, ça n'en était pas une, et c'est l'acte de mariage qui nous le confirme : Le 31 août 1812 à Vaas, Jean Beuvier a épousé Madelainne Meschin, fille de Charles Mechin et Jacquine Serpin, native de "L'Avernat Département de la Sarthe [...] étant née le vingt un septembre mil sept cent quatre vingt quatre". Elle serait donc née pile trois ans plus tard.

L'acte de baptême ne manque pas de faire son apparition : Le 21 septembre 1784 est née à Lavernat et a été baptisée "Marie Madelaine", fille de "Charle Mechin" et de "Jacotte Serpin". Il est indiqué sur l'acte que la petite fille a été préalablement ondoyée en la maison de ses parents car la sage-femme craignait la mort du bébé.

Finalement, ce bébé a survécu et n'a daigné quitter ce monde que 100 ans et 214 jours plus tard. Il faut croire que le monde lui plaisait et qu'elle (ou sa famille ?) aurait souhaité vivre trois ans de plus...

Documents :

Baptême
Mariage
Décès de l'époux
Décès

Merci à Dany Chambre pour cette découverte !
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Catherine MICHEL veuve BARROT et ARNAC (1814-1906) d'Allègre (Gard)

Message par Cyril le Dim 24 Sep 2017 - 0:00

D'après son acte de décès, Catherine Michel, 102 ans, née à Saint-Laurent-les-Bains (Ardèche), veuve de Simon Arnac, est décédée le 08/10/1906 à Allègre (Gard). Sa filiation est malheureusement inconnue.

Etant donné que très peu de documents d'état-civil gardois sont disponibles en ligne et que je n'ai rien trouvé dans ceux d'Allègre, j'ai pris le problème à l'envers... Dans les tables décennales des naissance de Saint-Laurent-les-Bains, il n'y a qu'une seule Catherine Michel, fille de Pierre Michel et Margueritte Talagrand, née le 25/03/1814 au lieu-dit Costelonge. S'il s'agit bien de la veuve Arnac, elle se serait vieillie d'une décennie à son décès.

Le 24/01/1839 à Saint-Laurent-les-Bains, notre jeune Catherine Michel épouse Jean Barrot, domicilié à Naves (Ardèche). Le couple donnera naissance à 5 enfants :
1) Jean Clement Barot, né le 09/11/1839 à Naves
2) Auguste Barot, né le 31/08/1841 à Naves, décédé le 28/01/1845 aux Vans (Ardèche)
3) Marie Philomene Barrot, née le 15/10/1842 à Chambonas (Ardèche), décédée le 04/02/1845 aux Vans
4) Rose Barrot, née le 29/09/1844 aux Vans, décédée le 17/02/1845 aux Vans
5) Rose Marie Barrot, née le 12/05/1846 aux Vans

Catherine Michel est vieillie de 5 ans sur l'acte de naissance de son fils aîné, contre 2 ans sur ceux de ses trois filles. L'acte de naissance d'Auguste Barot n'a pas été numérisé.

Suite au décès de son époux Jean Barrot aux Vans le 02/05/1846 (10 jours avant la naissance de sa fille Rose Marie), Catherine Michel se remarie dans la même commune le 22/09/1847, avec un veuf de 43 ans : Jean-Simon Arnac, né et domicilié à Robiac (Gard).

A Robiac, le couple donne naissance à 2 filles : Marie Adèle (25/10/1848) et Marie Constance (13/11/1849). Catherine Michel est dite âgée de 42 ans sur les deux actes de naissance, ce qui correspond à une exagération de 7 à 8 ans.

Du fait de l'indisponibilité de la quasi-totalité des registres gardois, j'ai perdu la trace de Catherine Michel après 1849, mais sa tendance précoce à exagérer son âge, ainsi que le nom de son second mari, semblent prouver qu'il s'agit bel et bien de la même personne que celle qui est décédée à Allègre le 08/10/1906.

Certes, l'article publié le 20/10/1906 dans le Journal et feuille d'avis du Valais (ci-dessous) affirme que la "dame Arnac" a été mariée 4 fois (au lieu de 2) et que sa fille aînée est âgée de 80 ans (alors que sa fille potentiellement vivante la plus âgée, Rose Marie Barrot, n'en avait que 60), mais l'exagération de son âge (103 ans) est une preuve que le journaliste avait tendance à gonfler les chiffres !



J'en conclus que Catherine Michel est décédée à l'âge de 92 ans et 197 jours.
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Marianne ORIOL veuve JULIEN (v.1849-1943) d'Annonay (Ardèche)

Message par Cyril le Sam 23 Sep 2017 - 0:36

D'après son acte de décès, Marianne Oriol, "présumée née en 1840", fille de Pierre Oriol et Marie Marmey, veuve d'Antoine Julien, est décédée le 25/09/1943 à Toissieux, dans la commune d'Annonay.

Dans le recensement de 1911 à Annonay, on retrouve une certaine "Marianne Jullien", âgée de 63 ans, vivant à Toissieux avec son fils Antoine (38 ans), sa belle-fille Marie (39 ans), ainsi que leurs enfants Emile (2 ans) et Marie Louise (4 ans).

L'acte de mariage du fils de Marianne n'est pas disponible car trop récent, mais on peut s'assurer qu'il s'agit bien de notre présumée centenaire grâce à :

- L'acte de décès d'Antoine Julien ["Jullien" a été barré et remplacé par "Julien"], 58 ans, né à Annonay, fils de Jean Julien et Marianne Fanget, décédé le 11/06/1900 à Toissieux

- L'acte de mariage d'Antoine Julien (27 ans, né à Toissieux, fils de Jean Julien et Marianne Fanget) avec Marianne Oriol (20 ans, née à Toissieux, fille de Pierre Oriol et de Marie Marmey), célébré le 10/01/1870 à Annonay

- Les actes de naissance de leurs enfants :
1) Marie Augustine Josephine, fille d'Antoine Julien (29 ans) et Marie Anne Oriol (22 ans), née le 09/11/1871 à Toissieux (Annonay)
2) Antoine Pierre, fils d'Antoine Julien (31 ans) et Marie Anne Oriol (23 ans), né le 31/01/1873 à Toissieux (Annonay) [manifestement le fils de Marianne qui vivait avec elle en 1911]
3) Marie Julie, fille d'Antoine Julien (39 ans) et Marianne Oriol (32 ans), née le 21/08/1881 à Toissieux (Annonay)

Les âges portés sur ces documents permettent de se rendre compte que Marianne Oriol s'est vieillie à la fin de sa vie :


D'après son acte de mariage et les actes de naissance de ses enfants, Marianne Oriol serait plutôt née vers 1849. Malgré toutes mes recherches, je n'ai pas été en mesure de retrouver son acte de naissance.

Parmi les enfants de Jean Pierre Oriol et Marie Anne Marmet, ainsi qu'il sont nommés dans leur acte de mariage du 13/02/1836 à Annonay, aucun ne peut correspondre à Marianne. Il semble logique qu'elle soit née entre son frère Antoine Oriol (né le 05/01/1847 à Toissieux) et sa sœur Marie Augustine Oriol (née le 07/02/1852 à Toissieux).

Mes recherches dans les registres des communes des alentours d'Annonay n'ayant rien donné non plus, j'en conclus que Marianne Oriol est née vers 1849 à Annonay, sans avoir été déclarée en mairie, et est décédée à environ 94 ans.
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Jean Claude HÉMERY (1806-1911), du Raincy (Seine-Saint-Denis)

Message par Barti le Ven 22 Sep 2017 - 15:37

Un nouveau possible doyen homme s'ajoute à notre liste.

L'acte de décès précise que Claude Hémery, âgé de cent quatre ans et dix mois, né à Champeaux, commune de Saint-Léger-de-Fourches (Côte-d'Or) le 15 mars 1806, fils de Claude Hémery et de Marie Griveaux, veuf de Jeanne Ronneau, est décédé le 22 janvier 1911 au Raincy. Le décès a été déclaré par Paul Gérard, son petit-fils fumiste de 31 ans.

Le nom actuel de la commune de naissance est Champeau-en-Morvan. Le village de Saint-Léger-de-Fourches a depuis pris le nom de son hameau principal : celui où serait né Claude Hémery.

D'après les différents articles que j'ai pu recueillir sur notre centenaire, il est arrivé à Paris à l'âge de 14 ans comme garçon de café puis est revenu vivre dans son village natal à la mort de son père pour élever ses 6 frères et soeurs. Puis il se maria et fonda une famille avant de partir travailler à la compagnie des forges de Châtillon-Commentry et Neuves-Maisons, près de Précy, où il eut les doigts de la main droite broyés en 1857. Enfin, en 1891, il vint s'installer chez son petit-fils au Raincy, où sa fille âgée de 73 ans vivait également en 1909.

N'ayant pas pu trouver dans quelle commune précise a travaillé notre bonhomme, je n'ai pu retrouver des documents qu'au Raincy et à Saint-Léger-de-Fourches :

Le 12 février 1828, Jean Claude Hémery, fils de Claude Hémery (décédé le 1er novembre 1827) et de Jeanne Griveaux (décédée le 10 septembre 1818), né le 15 mars 1806 à Saint-Léger-de-Fourches, s'est uni à Jeanne Ronneau dans sa commune natale.
Les 3 premiers recensements de Saint-Léger-de-Fourches confirment que le ménage y vivait encore, et confirme également la date de naissance de l'époux, à savoir que :

- En 1836, Claude Hémery (30 ans) vivait avec sa femme Jeanne Ronneau (28 ans) et 2 de ses enfants
- En 1841, Claude Hémery vivait avec sa femme Jeanne Ronneau et ses 2 mêmes enfants
- En 1846, Claude Hémery (40 ans) vivait avec sa femme Jeanne Ronneau (36 ans), ses 5 enfants et un enfant de l'hospice

En 1851, le ménage ne vivait plus à Saint-Léger-de-Fourches, et avait donc probablement déménagé pour satisfaire au travail aux forges de Claude, cité dans plusieurs articles.

Ces informations me permettent de retrouver l'acte de naissance de notre présumé centenaire : Jean Claude, fils de Claude Hémery et de Jeanne Griveau, est né le 15 mars 1806 à Saint-Léger-de-Fourches. Tout semble correct pour conclure que Claude avait bien 104 ans et 10 mois à sa mort, mais il me manque des documents entre 1846 et 1909 pour le prouver.

L'un des enfants cité dans tous les recensements est Françoise Hémery, qui avait 4 mois en 1836 et 11 ans en 1846. Selon le registre des naissances de Saint-Léger-de-Fourches, il s'agirait d'Edmée Émery, née le 8 février 1836 du mariage de Claude Émery (30 ans) et de Jeanne Ronneau. Or, l'un des articles de 1909 mentionne la fille du centenaire, âgée alors de 73 ans, ce qui la ferait naître en 1836. Il s'agirait donc de la même personne.

Dans le registre des décès du Raincy, que nous avons consulté le 17 août dernier aux archives de Seine-Saint-Denis avec Cyril, se trouve justement l'acte de décès d'une certaine Edmée Hémery décédée le 19 décembre 1919. Le nom des parents n'a pas été précisé, mais on peut être sûrs qu'il s'agit bien d'elle grâce à de multiples renseignements :

- Elle est morte au 9, avenue du Chemin de fer, comme Claude Hémery.
- Elle est dite née à Champaud (Côte-d'Or) le 3 février 1836. Or, notre Edmée Hémery trouvée plus haut est née au même lieu cinq jours plus tard. Il n'y a pas d'autre acte pouvant correspondre.
- Le déclarant du décès est Paul Gérard, fumiste de 41 ans, neveu de la défunte. Il s'agit du petit-fils de Claude Hémery qui a déclaré son décès 8 ans plus tôt !

Avec cet acte, nous avons donc confirmation que Jean Claude Hémery, né le 15 mars 1806 à Saint-Léger-de-Fourches et Claude Hémery, décédé le 22 janvier 1911 au Raincy, sont les mêmes personnes. Notre centenaire est donc décédé à l'âge remarquable pour l'époque de 104 ans et 313 jours.

Documents publics :

Naissance
Mariage
Naissance d'Edmée Hémery
Recensement - Saint-Léger-de-Fourches - 1836
Recensement - Saint-Léger-de-Fourches - 1841
Recensement - Saint-Léger-de-Fourches - 1846

L'acte du décès du père et de la fille sont dispos en privé à tout requérant.
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Jacques CEDAT (v.1776-1870) de Labégude (Ardèche)

Message par Cyril le Jeu 21 Sep 2017 - 21:54

D'après son acte de décès, Jacques Cédat, 102 ans, né au Chambon dans la commune de Lanarce, mendiant de filiation et de femme non déclarées, est décédé le 08/12/1870 à Labégude.

Avec ces maigres données, ne trouvant rien à Labégude, je me suis rabattu sur Lanarce, sachant que les mendiants avaient tendance à changer souvent de commune. Là, je découvre l'acte de décès d'un autre Jacques Cédat, 55 ans, né à Lespéron, époux de Marie Bonnefoy, dont le père Jacques Cédat était toujours vivant le 01/09/1867 au mas de Chambon.

Les recensements de Lanarce m'ont permis de remettre la main sur notre présumé centenaire :
- En 1861, Jacques Cédat, veuf de 90 ans, vivait chez son fils Jacques Cédat (50 ans) et son épouse Marie Bonnefoy (48 ans), avec leurs 9 enfants, au lieu-dit Chambon
- En 1851, Jacques Cédat, veuf de 84 ans, vivait avec Jacques Cédat (40 ans), Marie Bonnefoy (37 ans) et leurs 7 enfants
- En 1846, Jacques Cedat, veuf de 60 ans [son âge a manifestement été mal enregistré], vivait avec son fils Jacques Cedat (40 ans), sa femme Marie Bonnefoi (30 ans) et leurs 5 enfants, au lieu-dit Trespies
- En 1836, Jacques Cedat, veuf de 60 ans, vivait avec ses filles célibataires Margueritte (32 ans) et Ursulle (30 ans)

En 1866, Jacques Cédat père était absent du recensement de Lanarce, sans qu'aucun acte de décès ou une entrée dans les tables des successions et des absences puisse lui correspondre, ce qui semble démontrer qu'il s'agit bel et bien du mendiant décédé à Labégude le 08/12/1870.

Jacques Cédat fils a épousé Marie Bonnefoi le 08/11/1835 à Lespéron. Sur son acte de mariage, il est dit né le 06/09/1811 à Mauras [un lieu-dit de Lespéron], fils de Jacques Cedat du mas du Chambon [donc domicilié à Lanarce] et de feue Anne Pomier de la plaine de Mouret [dans la commune de Lavillatte]. En effet, à Lavillatte, on retrouve l'acte de décès d'Anne Pomier (60 ans), épouse de Jacques Cedat (60 ans), décédée le 28/03/1832 à la Plaine.

L'acte de mariage de Jaques Cedat (fils de Mathieu Cedat et Jeanne Martin) avec Anne Pomier (fille de Pierre Pomier et Marie Forestier) est enregistré dans une table comprenant les filiations, à la date du 11/03/1798 (21 ventôse VI) à Lanarce. Malheureusement, l'acte lui-même a soit été perdu, soit n'a pas été numérisé.

Du côté des enfants, le couple Cédat-Pomier a donné naissance dans plusieurs communes : d'abord à Lanarce en 1798-1803, puis à St-Paul-de-Tartas (Haute-Loire) en 1809, et enfin à Lespéron en 1811-1814. Je n'ai pas trouvé où était née Margueritte Cédat, donc je pense qu'elle est née dans une 4ème commune, entre Lanarce et Saint-Paul-de-Tartas. Les seuls actes de naissance où l'âge de Jacques Cédat est précisé sont ceux de son fils Jacques le 07/09/1811 (45 ans) et de sa fille Anne Marie le 16/01/1814 (48 ans, même s'il est inexplicablement prénommé "Louis" au lieu de "Jacques").

Le dernier acte d'état-civil où j'ai réussi à trouver mention de l'âge de notre présumé centenaire est l'acte de mariage de son frère Claude Sedat (31 ans) avec Anne Robert, le 10/10/1809 à Mazan. Jacques Sedat y est dit âgé de 33 ans.

L'ensemble des âges indiqués dans les documents cités permet de construire le graphique suivant, où le trait rouge figure le mariage des parents de Jacques, Mathieu Cedat et Jeanne Martin, célébré le 30/05/1770 à Coucouron :


On constate que plusieurs documents situent la naissance de Jacques Cédat avant le mariage de ses parents. Pourtant, rien n'indique que l'un ou l'autre ait pu être marié ou avoir eu des enfants naturels avant leur union. J'aurais tendance à penser que, sur les actes de naissance de ses enfants en 1811 et 1814, Jacques Cédat a été involontairement vieilli de 10 ans, et que, sur les actes plus récents, il s'agit simplement d'un phénomène classique d'inflation de longévité.

Si l'on accepte mes hypothèses, Jacques Cédat serait mathématiquement né vers 1776. Deux éléments semblent aller dans le sens de cette déduction :
1) Jacques Cédat ne serait pas l'aîné de sa fratrie, car sa sœur Jeanne est née le 06/03/1771 à Coucouron (9 mois après le mariage de ses parents) et qu'il n'y a pas de lacune dans les registres avant la naissance de son autre sœur Marie le 20/04/1773 dans la même paroisse. Lanarce n'était pas une paroisse à l'époque, et Jeanne comme Marie sont nées au lieu-dit Trespis, qui semble plus ou moins confondu avec le Chambon de Lanarce.
2) Dans l'acte de mariage de son frère Claude en 1809, ce dernier est dit âgé de 31 ans et Jacques de 33, ce qui sous-entendrait que Jacques aurait environ 2 ans de plus que lui. Or, contrairement à l'âge de Jacques, celui de Claude reste remarquablement constant au cours du temps, ce qui voudrait dire qu'il est réellement né vers 1778. Par voie de conséquence, si leur écart d'âge était fiable, Jacques serait également né vers 1776. Malheureusement, malgré des recherches dans les paroisses des environs, je n'ai pu mettre la main sur l'acte de baptême d'aucun des deux frères.

Dans tous les cas, Jacques Cédat ne peut pas avoir été centenaire. J'estime son âge réel à 94 ans environ.
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Catherine BADIEU veuve MICHEL (1776-1870) de Saint-Amans (Lozère)

Message par Cyril le Jeu 21 Sep 2017 - 15:27

D'après son acte de décès, Catherine Badieu, 107 ans, née à Saint-Etienne-de-Lugdarès (Ardèche), fille de Louis Badieu et Marie-Anne Chazalon, veuve d'André Michel, est décédée le 05/10/1870 à Saint-Amans (Lozère). Le premier comparant était son fils Laurent Michel, 74 ans, dont Guillaume a localisé l'acte de décès à Saint-Amans le 25/09/1888 : né à Saint-Etienne-de-Lugdarès (orthographié "Saint-Etienne de Luc d'Arez"), veuf de Catherine Bouquet, il aurait été âgé de 93 ans à sa mort.

L'acte de mariage de Jean Laurens Michel (27 ans, né à Saint-Etienne-de-Lugdarès, fils d'André Michel et Catherine Badier) avec Catherine Bouquet est daté du 06/10/1826 à Saint-Amans. Il serait donc un peu plus jeune que prévu : 89 ans en réalité. En effet, d'après son acte de naissance, Jean Laurans Michel est né le 18/04/1799 (29 germinal VII). C'était le second enfant du couple Michel-Badieu, qui s'est uni le 21/12/1795 (30 frimaire IV) à Saint-Etienne-de-Lugdarès. Sur l'acte de mariage, Catherine Badieu, fille de Louis Badieu et Jeanne Chazalon, est dite âgée de 19 ans, 1 mois et 3 jours.

Comme souvent, ce calcul mène à la date du baptême : Catherine Badieu, fille de Louis Badieu et de Jeanne Chazalon, a été baptisée le 18/11/1776, étant "née le jour d'hier", c'est-à-dire le 17. Par conséquent, elle n'était âgée que de 93 ans et 322 jours à son décès.
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Louis Nicholas Baker

Message par Sailor Haumea le Jeu 21 Sep 2017 - 3:21

Quelqu'un d'entre vous pourrait-il enquêter sur la revendication de l'émigré de Louis Nicholas Baker, née le 15 septembre 1845 en Alsace-Lorraine et décédée le 17 janvier 1957 dans l'État américain d'Oklahoma?

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Pierre MATHEVET (1769-1871), de Sury-le-Comtal (Loire)

Message par Barti le Dim 17 Sep 2017 - 15:08

Le département de la Loire change d'avis et décide de nous présenter enfin un centenaire digne de ce nom.

L'acte de décès précise que Pierre Mathevet, âgé de cent deux ans et demi, veuf de Magdelaine Martin, beau-père de Jean-Baptiste Brot (comparant au décès), est décédé le 6 novembre 1871 à Sury-le-Comtal.
Le lieu de naissance n'est pas précisé mais nous le retrouverons un peu plus tard.

N'ayant pu le retrouver dans le recensement de 1856, je me suis permis d'enregistrer ceux de 1861 et 1866 à Sury, où Pierre Mathevet était à chaque fois domicilié dans un lieu différent, ce qui porte à croire qu'il a beaucoup déménagé au cours de sa vie. Ainsi :

- En 1866, Pierre Mathevet (98 ans), "doyen", rentier, était domicilié avec Pierre Menu (59 ans) et Marguerite Mathevet (63 ans). Le lien de parenté n'est pas précisé.
- En 1861, Pierre Mathevet (92 ans), rentier, était domicilié seul à une autre adresse.

Pour l'instant, les recensements concordent avec une possible naissance début 1769. Voici la suite :

Le 24 octobre 1833 se sont mariés à Sury Jean Baptiste Brot et Marguerite Mathevet (née à Sury le 26 décembre 1809), fille de vivant Pierre Mathevet et de défunte Magdelaine Martin décédée à Sury le 12 septembre 1824.
Cet acte confirme la filiation de M. Mathevet avec M. Brot, qui a déclaré son décès en 1871.

Le 26 novembre 1827 se sont mariés à Sury Jean Menu et Marguerite Mathevet (née à Sury le 1er Nivose an 12), fille de vivant Pierre Mathevet et de défunte Magdelaine Martin décédée à Sury le 12 septembre 1824.
Cet acte confirme la filiation de Pierre avec Jean Menu et la 2ème Marguerite Mathevet, avec qui il résidait en 1866.

Les deux actes de mariage mentionnent également la date et le lieu de décès de Magdelaine Martin. Son acte de décès nous apprend que le 12 septembre 1824, Pierre Mathevet a déclaré le décès de son épouse Magdelaine Martin, morte "d'hier" : c'est donc en fait le 11 septembre qu'a eu lieu le triste événement.

Le mariage a quant à lui eu lieu le 9 janvier 1803 à Sury : Pierre Mathevet, né à Sury le 15 août 1769, fils d'Antoine Mathevet et de Marie Vier, a épousé Magdeleine Martin, née à Sury le 22 mai 1784.

L'acte de baptême confirme tout cela : Le 16 août 1769 a été baptisé Pierre, fils d'Antoine Mathevet et de Marie Vier, "né d'hier".

Pierre Mathevet est donc né le 15 août 1769 et est décédé 102 ans et 83 jours plus tard.

Documents :

Baptême
Mariage
Décès de l'épouse
Mariage de sa fille Marguerite Mathevet (cadette)
Mariage de sa fille Marguerite Mathevet (aînée)
Recensement - Sury-le-Comtal - 1861
Recensement - Sury-le-Comtal - 1866
Décès

Merci à Dany Chambre pour cette trouvaille !
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Charlotte Vincente DURAND (1785-1888), de Hénanbihen (Côtes-d'Armor)

Message par Barti le Jeu 14 Sep 2017 - 19:47

Nos amis bretons commençaient peut-être à tirer la gueule à force de ne voir aucun compte-rendu concernant un de leurs 'corégionnaires' centenaires des temps anciens. Certes, il n'y en a pas beaucoup, mais il suffisait de patienter : Voici une ancienne doyenne de l'actuelle Bretagne.

Son acte de décès précise que Charlotte Durand, née à Pléboulle (Côtes-du-Nord), âgée de cent trois ans ("cent deux ans" barrés), domestique célibataire, fille de Jean Durand et de Jeanne Dubois, est décédée à Hénanbihen, hameau de Lorgerie, le 20 avril 1888.

Or, un article du Figaro, daté du 8 septembre 1888, fait mention d'une servante, née le 12 août 1785 au service de "la famille de Lorgeril". Charlotte Durand est certes morte plusieurs mois auparavant, mais la profession et le nom "Lorgeril" font irrésistiblement penser à elle dans le sens qu'elle fut servante à Lorgerie. De plus, la date de naissance correspondrait à l'âge déclaré (un "cent deux ans" remplacé par un "cent trois ans", peut-être car les cent deux ans étaient révolus depuis assez longtemps).



L'âge auquel cette servante est rentrée au service est également cohérent avec les recensements trouvés pour Charlotte Durand, à savoir que cette dernière exerçait déjà au hameau de Lorgerie en 1836. Ainsi on y retrouve :

- En 1876, Charlotte Durand (91 ans), domestique
- En 1866, Charlotte Durand (80 ans), domestique
- En 1856, Charlotte Durand (70 ans), domestique
- En 1846, Charlotte Durand (61 ans), domestique
- En 1836, Charlotte Durand (51 ans), domestique

A noter que Charlotte est la seule personne à figurer sur l'intégralité de ces recensements de Lorgerie, et que l'âge indiqué conforte à chaque fois une naissance en 1785.

Dans les registres de Pléboulle, je ne trouve qu'un acte de baptême pouvant correspondre à notre présumée centenaire. Le vendredi 12 août 1785 est née et a été baptisée Charlote Vincente, fille de Jean Durand et de Michelle Briand. La date de naissance correspond précisément à celle donnée sur l'article. Le seul bémol étant le nom de la mère qui est différent de celui de l'acte de décès. Mais compte tenu du statut de servante célibataire de Charlotte, et du fait qu'elle est décédée dans une commune différente de celle où elle est née, on peut conjecturer que les déclarants ne connaissaient pas bien le nom de ses parents. Aussi, sur l'acte de baptême, on s'aperçoit que la marraine est une certaine Vincente Dubois, qui est devenue plus tard la seconde femme de son père, d'où probablement la confusion entre les deux noms de famille.

L'ensemble des documents localisés tend donc à prouver que Charlotte Vincente Durand est morte à l'âge de 102 ans et 252 jours.

Documents :

Baptême
Recensement - Hénanbihen - 1836
Recensement - Hénanbihen - 1846
Recensement - Hénanbihen - 1856
Recensement - Hénanbihen - 1866
Recensement - Hénanbihen - 1876
Décès

Merci à Dany Chambre pour l'acte de décès.

Je posterai prochainement les comptes-rendus d'authentification respectifs d'un homme de 102 ans décédé au XIXème siècle, et d'un homme de 104 ans décédé au début du XXème siècle. Je m'attaquerai ensuite à une longue série de centenaires exagérés ou faux. De quoi être solidaire avec l'Ardèche. La vérité va triompher !
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Benoit SARRE (1800-1902), de Saint-Marcel (Saône-et-Loire)

Message par Barti le Mer 13 Sep 2017 - 18:55

L'acte de décès précise que Benoit Sarre, âgé de cent deux ans, né à Saint-Marcel, veuf de Jeanne Brondeault, fils de Benoit Sarre et d'Anne Colot, est décédé à Saint-Marcel le 5 août 1902.

Deux articles de presse que j'ai pu trouver à propos de cet homme (un de début 1901 et l'autre annonçant sa mort) datent sa naissance au 9 Pluviose an 8, ce qui correspondrait au 29 janvier 1800.

Parmi les extraits de recensement que j'ai recherché, j'ai enregistré celui de 1886 à Saint-Marcel. Benoit Sarre, qui vivait seul, y est dit âgé de 86 ans, ce qui est cohérent avec sa date de naissance présumée.

Grâce aux relevés Geneanet, je trouve la trace de deux de ses fils à Lyon lors de leur mariage. Ainsi :

- Le 6 février 1866, Pierre Sarre, né le 5 mai 1835 à Sassenay (Saône-et-Loire), fils de vivant Benoit Sarre domicilié à Saint-Marcel et de défunte Jeanne Brondeault, s'est marié dans le 4ème arrondissement.
- Le 23 août 1866, Jean Louis Sarre, né le 28 décembre 1832 à Sassenay, fils de vivant Benoit Sarre domicilié à Saint-Marcel et de défunte Jeanne Brondeault, s'est marié dans le 1er arrondissement.

Il ne m'a pas été très difficile de retrouver ensuite l'acte de décès de l'épouse : Jeanne Brondeault, "épouse de Benoît Sarre", est décédée à Sassenay le 10 mai 1857.

Quant aux deux fils sus-nommés, j'ai pu retrouver facilement leurs actes de naissance où l'âge du père est toujours mentionné :

- Jean Louis Sarre, fils de Benoit Sarre (33 ans) et de Jeanne Brondeault (23 ans) est né le 28 décembre 1832 à Sassenay.
- Pierre Sarre, fils de Benoit Sarre (35 ans) et de Jeanne Brondeault (25 ans) est né le 5 mai 1835 à Sassenay.

Malgré une recherche dans de multiples communes de Saône-et-Loire proches de Saint-Marcel et Sassenay, y compris dans ces deux dernières communes et dans celle assez lointaine de Chauffailles (Saône-et-Loire) où est décédé le père de l'épouse, il m'a été impossible de retrouver leur acte de mariage. J'émets l'hypothèse qu'il n'a peut-être jamais eu lieu et que le couple s'est fait passer pour marié peut-être pour éviter des problèmes d'illégitimité avec leurs enfants.

Cependant, l'acte de mariage nous sera peu utile car tous les documents confortent une naissance en 1799/1800. Finalement, un seul acte de naissance peut correspondre à notre bonhomme : Le 9 Pluviose an 8 (= 29 janvier 1800) est né à Saint-Marcel un fils du mariage de Benoit Sarre et d'Anne Collot prénommé Benoit. La date de naissance est la même que celle indiquée dans les articles, et les noms des parents sont également cohérents avec ceux de l'acte de décès.

Benoit Sarre a donc vraisemblablement vécu 102 ans et 188 jours.

Documents :

Naissance
Naissance de Jean Louis Sarre (fils)
Naissance de Pierre Sarre (fils)
Décès épouse
Extrait du mariage de Pierre Sarre
Extrait du mariage de Jean Louis Sarre
Recensement - Saint-Marcel - 1886
Décès

Ci-dessous une photo prise lors de son 100ème anniversaire.

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Jean Causeur

Message par Barti le Mar 12 Sep 2017 - 12:03

Sailor Haumea a écrit:
Il est donc possible qu'il soit un supercentenaire (bien sûr, pas 130), mais les documents sont perdus dans le temps?

Je me souviens d'un document sur les centenaires débutants mentionnant un document indiquant un âge de 109 ans pour lui.

Je suis toujours désireux de trouver de nouveaux centenaires avant 1826 - ou peut-être ceux nés entre le 20 janvier 1736 et le 20 mars 1740! Il est amusant de tracer le «plus vieux vivant du monde» aussi loin que possible, mais Jožef Kenda présente un problème (s'il n'avait que trois jours de plus, j'aurais une ligne continue de centenaires remontant à 1823!)

Je soupçonne également que George Stocking n'était pas le premier centenaire.

En fait, il est peu probable qu'il ait été supercentenaire. Son premier mariage avec Marie Le Hir, daté du 8 juin 1690, mentionne les deux époux comme "décrétés de justice", ce qui signifie qu'ils avaient tous deux moins de 25 ans lors de leur union. Jean Causeur avait probablement exagéré son âge lors de son 2ème mariage car son épouse devait être plus âgée que lui et cela devait être mal vu dans la région (d'après ce que j'ai compris). L'épouse se serait même rajeunie de son côté.
Jean Causeur ne serait donc pas né avant juin 1665, et en faisant le calcul, il avait donc au maximum 108 ans et 10 mois. C'est de ce document dont tu as sans doute entendu parler. Mais il s'agit encore d'un âge maximum. Il pourrait avoir été encore plus jeune. Cependant, je pense qu'il est raisonnable de penser que lors de son second mariage, Jean Causeur avait dépassé la vingtaine. Donc il serait mort à au moins 104 ans. Tout cela en admettant évidemment que Louise Halscouet soit bien son épouse, ce qui est encore à prouver.

Quant aux documents, ils sont manquants pour la paroisse de Ploumoguer de 1661 à 1675, soit dans la fourchette probable de naissance de Causeur ! Cela ne signifie pas pour autant qu'ils ont été détruits, car il est toujours possible que ces documents existent encore dans les archives personnelles d'un particulier, qui les auraient acquis de génération en génération, et qui ne les aurait pas remis aux archives départementales. Depuis plusieurs années, de nombreux registres paroissiaux considérés comme perdus ont été retrouvés sur des brocantes voire même sur des sites d'achat en ligne, et restitués ensuite aux archives départementales !
Il nous faudra quand même beaucoup de chance, si Causeur est bien né dans cette fourchette de dates, pour que nous arrivions un jour à retrouver son acte de baptême. Il est plus probable que le registre ait été détruit que simplement volé et caché.

Effectivement, il serait intéressant de remonter les WOP aussi loin que possible. Pour l'instant, les organismes officiels se bornent à remonter cette liste jusqu'à 1955, et le traçage des WOP antérieurs est à l'état de projet depuis trop longtemps.

T'es-tu déjà renseigné auprès des chercheurs des autres pays pour savoir si leurs centenaires anciens étaient fiables et n'étaient pas trop rapidement validés comme en France ? Nous ne sommes pas à l'abri d'erreurs et je pense qu'il faut être très prudent avec des centenaires ayant vécu lors d'époques où il était extrêmement facile d'usurper ou de fausser une identité.

En ce qui concerne le tout premier centenaire, je pense qu'il a vécu, au plus tard, dans l'Antiquité.
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Dossier complet sur Jean Causeur

Message par TheMan le Mar 12 Sep 2017 - 0:13

Barti a écrit:
Sailor Haumea a écrit:
Des efforts ont-ils été réalisés pour découvrir l'âge réel de Jean Causeur, aurait-il environ 130 ans à son décès en 1774?

De notre côté, pas grand chose. Mais de nombreuses recherches, y compris lors de son vivant, ont été réalisées par des chercheurs curieux de connaître la vérité sur ce vieillard.

Voici deux articles qui pourront t'intéresser ainsi que les autres membres du forum. Le premier, publié le 13 mars 1772 (deux ans avant sa mort) fait mention de Jean Causeur qui déclarait déjà avoir 130 ans à l'époque. Il est également fait mention des premières recherches effectuées pour retrouver son acte de baptême.
Le deuxième, publié en 1893, mentionne toutes les recherches réalisées jusqu'alors pour reconstituer sa vie et localiser des documents permettant de vérifier son âge. Il y a 24 pages en tout, écrites en français. Si tu t'ennuies ce soir, tu pourras t'amuser à les passer sous Google Traduction pour en lire le contenu. Ne me remercie pas, j'adore trouver aux gens de quoi s'occuper !

Annonces, affiches, nouvelles et avis divers de l'Orléanois - 13 mars 1772
Bulletin de la Société archéologique du Finistère - 1893

Ce qui est intéressant en confrontant les deux articles, c'est que l'on peut en tirer une conclusion incroyable. En effet, selon son acte de sépulture transcrit, Jean Causeur aurait été veuf de Louise Aléouet. Or, un acte daté du 19 octobre 1692 mentionnerait le mariage d'un certain Jean Causeur, veuf de Marie Le Hir, "âgé d'environ trante ans", avec une certaine Louise Halscouet. S'il s'agit bien de la même épouse, alors Jean Causeur aurait eu environ 112 ans à sa mort.
Malheureusement, on se heurte à trois problèmes :
- L'acte de mariage avec Louise Halscouet a été localisé en 1772. Or, rien n'indique qu'il s'agisse bien du sien. Le nom de cette épouse a potentiellement pu être reporté erronément deux ans plus tard sur l'acte de sépulture de Causeur, en se référant à cet acte de mariage, alors qu'il s'agissait du mariage d'un autre.
- On apprend dans le 2ème article que l'âge indiqué dans l'acte de mariage était peut-être déjà exagéré, bien que cette exagération ne soit probablement pas suffisante pour remettre en question son statut de (au moins) centenaire.
- Si Causeur est bien né entre 1662 et 1674, son acte de baptême n'existe plus, et il sera donc impossible de déterminer son âge exact.

Aucun de ces actes transcrits n'est actuellement en ligne. On pourra essayer, le moment venu, de confirmer l'identité de son épouse en remontant sa généalogie depuis celle de son petit-fils, Philippe Lisop, et de celle de son arrière-petit-fils Yves Le Bras, qui étaient présents à son enterrement.

Bonne lecture.

Si je me rappelle bien, il y a un dossier complet sur Jean Causeur dans les archives de CG

A voir, quand j'y serais

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Message par Sailor Haumea le Mar 12 Sep 2017 - 0:02

Barti a écrit:
Sailor Haumea a écrit:
Des efforts ont-ils été réalisés pour découvrir l'âge réel de Jean Causeur, aurait-il environ 130 ans à son décès en 1774?

De notre côté, pas grand chose. Mais de nombreuses recherches, y compris lors de son vivant, ont été réalisées par des chercheurs curieux de connaître la vérité sur ce vieillard.

Voici deux articles qui pourront t'intéresser ainsi que les autres membres du forum. Le premier, publié le 13 mars 1772 (deux ans avant sa mort) fait mention de Jean Causeur qui déclarait déjà avoir 130 ans à l'époque. Il est également fait mention des premières recherches effectuées pour retrouver son acte de baptême.
Le deuxième, publié en 1893, mentionne toutes les recherches réalisées jusqu'alors pour reconstituer sa vie et localiser des documents permettant de vérifier son âge. Il y a 24 pages en tout, écrites en français. Si tu t'ennuies ce soir, tu pourras t'amuser à les passer sous Google Traduction pour en lire le contenu. Ne me remercie pas, j'adore trouver aux gens de quoi s'occuper !

Annonces, affiches, nouvelles et avis divers de l'Orléanois - 13 mars 1772
Bulletin de la Société archéologique du Finistère - 1893

Ce qui est intéressant en confrontant les deux articles, c'est que l'on peut en tirer une conclusion incroyable. En effet, selon son acte de sépulture transcrit, Jean Causeur aurait été veuf de Louise Aléouet. Or, un acte daté du 19 octobre 1692 mentionnerait le mariage d'un certain Jean Causeur, veuf de Marie Le Hir, "âgé d'environ trante ans", avec une certaine Louise Halscouet. S'il s'agit bien de la même épouse, alors Jean Causeur aurait eu environ 112 ans à sa mort.
Malheureusement, on se heurte à trois problèmes :
- L'acte de mariage avec Louise Halscouet a été localisé en 1772. Or, rien n'indique qu'il s'agisse bien du sien. Le nom de cette épouse a potentiellement pu être reporté erronément deux ans plus tard sur l'acte de sépulture de Causeur, en se référant à cet acte de mariage, alors qu'il s'agissait du mariage d'un autre.
- On apprend dans le 2ème article que l'âge indiqué dans l'acte de mariage était peut-être déjà exagéré, bien que cette exagération ne soit probablement pas suffisante pour remettre en question son statut de (au moins) centenaire.
- Si Causeur est bien né entre 1662 et 1674, son acte de baptême n'existe plus, et il sera donc impossible de déterminer son âge exact.

Aucun de ces actes transcrits n'est actuellement en ligne. On pourra essayer, le moment venu, de confirmer l'identité de son épouse en remontant sa généalogie depuis celle de son petit-fils, Philippe Lisop, et de celle de son arrière-petit-fils Yves Le Bras, qui étaient présents à son enterrement.

Bonne lecture.
Il est donc possible qu'il soit un supercentenaire (bien sûr, pas 130), mais les documents sont perdus dans le temps?

Je me souviens d'un document sur les centenaires débutants mentionnant un document indiquant un âge de 109 ans pour lui.

Je suis toujours désireux de trouver de nouveaux centenaires avant 1826 - ou peut-être ceux nés entre le 20 janvier 1736 et le 20 mars 1740! Il est amusant de tracer le «plus vieux vivant du monde» aussi loin que possible, mais Jožef Kenda présente un problème (s'il n'avait que trois jours de plus, j'aurais une ligne continue de centenaires remontant à 1823!)

Je soupçonne également que George Stocking n'était pas le premier centenaire.

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